Les nuages s’accumulent autour des investisseurs en immobilier locatif qui comptent sur Airbnb et plus généralement sur la rentabilité de la location meublée saisonnière pour rentabiliser leur investissement immobileir. Tous les jours ou presque, le maire d’une ville touristique se plaint dans les médias des méfaits d’Airbnb sur la crise du logement et sur sa ville.
Airbnb, c’est toujours plus de logements qui profitent aux touristes … et donc des logements qui ne peuvent accueillir des habitants à l’année. Selon ces maires, Airbnb serait donc à l’origine d’une augmentation des loyers du fait d’une raréfaction de l’offre de logements loués à l’année.
Hier, c’est Anne Hildago, Maire de Paris, qui réclamait une loi pour réduire le nombre de jour pendant lesquelles le propriétaire d’une résidence principale pouvait mettre son logement en location meublée saisonnière, voir même pour interdire la location Airbnb dans certains arrondissements parisien. Aujourd’hui, le propriétaire d’une résidence principale peut louer son logement jusqu’à 120 jours par an sans être inquiété. Anne Hidalgo demande une loi pour donner le pouvoir aux maires de moduler cette période entre 30 et 120 jours et surtout pour interdire Airbnb dans certains quartier.
Il semble qu’un amendement soit déposé dans le cadre du prochain projet de loi de finances pour 2020.
En réalité deux arguments sont mis en avant pour justifier cette chasse à la location meublée saisonnière ; Le premier, nous venons de l’évoquer, est l’argument de la crise du logement et du manque de logements disponibles pour les habitants à l’année. Cet argument est incontestable, mais il ne concerne plus Paris et les grande villes dans lesquels la compensation de commercialité rend impossible l’exploitation légale d’une location meublée saisonnière (cf »Quelles conditions pour faire de la location meublée saisonnière en toute légalité ? Quid des droits de commercialité.). Cette tendance à réguler Airbnb via cette procédure de changement d’usage est une arme légale qui se propage à de nombreuses villes (« L’investissement en location meublée saisonnière victime de la chasse anti-airbnb ?« ).
Le second argument, qui justifie l’attaque récente d’Anne Hidalgo, concerne la concurrence déloyale vis à vis du secteur hôtelier. Les loueurs en location meublée saisonnière ne sont ils pas, après tout, des hôteliers comme les autres ? Bien évidemment, la législation fiscale en la matière permet de faire la distinction entre location meublé et hôtellerie par la nature des services qui accompagnent la location meublée, mais dans les faits, il s’agit bien de deux activités qui concerne une même population, une même cible : les touristes !
D’ailleurs, il est intéressant de constater les tentatives légales pour rapprocher les exploitants d’une location meublée saisonnière d’une activité hôtelière. Depuis 2017, par exemple, ces derniers sont affiliés à la sécurité sociale des indépendants dès lors que leurs recettes excèdent 23 000€ dans l’année (attention, on parle de recettes et non de bénéfices), comme nous vous l’expliquons dans cet article « Les locations meublées doivent elles payer des cotisations sociales à l’URSSAF ou SSI ?« .
Bref, Airbnb est menacé d’interdiction ou, du moins, pourrait être fortement régulé dans les prochains mois. Il semble important, pour ceux qui croyaient avoir trouvé le moyen d’un rendement locatif très élevé, de revoir leur stratégie d’investissement immobilier. Il ne semble pas raisonnable de construire une stratégie de long terme sur la location meublée saisonnière… sauf à accepter de devenir hôtelier (et toutes les contraintes législatives qui vont avec).
 

 
 


 
 
A suivre …

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