
Alors que le schéma fiscal de la plus value immobilière était clairement inscrit dans les esprits des investisseurs immobiliers : c’est à dire une totale exonération après 15 ans de détention, la remise en cause de ce principe d’abattement par année de détention a pour première conséquence de casser tous les repères ( Cf article : Suppression de l’abattement pour durée de détention pour les plus values immobilières. et Plus value immobilière : Quelles solutions pour éviter la nouvelle fiscalité ?)
Les vendeurs sont donc dans l’attente …
l’attente de savoir à quelle sauce ils vont bien pouvoir être mangé ? Or, L’attente, le doute, l’expectative sont les pires ennemies de la croissance économique qui a besoin au contraire de lisibilité et de confiance en l’avenir pour croître.
La difficulté n’est pas tant de payer un impôt supplémentaire, même si cette perspective semble peu réjouissante pour beaucoup et on les comprend, mais surtout de ne pas connaître le montant de cette imposition. Face au manque d’information, les spéculations les plus noires hantent les pensées des investisseurs et les vendeurs ne peuvent décemment signer un compromis de vente sans connaitre avec précision le montant de l’impôt qu’ils auront à régler.
C’est d’ailleurs dans cette optique de meilleure compréhension que nous avons réalisé ce simulateur de plus value immobilière dû à partir du 25 Août 2011.
Pour preuve de cette attentisme , voici ci après quelques messages laissés sur le blog :
Un agent immobilier :
Pour notre profession qui commençait a repartir un peu suite à une forte baisse des ventes l’an dernier, cette loi est le coup de Grâce!
nous allons perdre toutes les ventes des résidences secondaires,soit ils ne vendront plus, soit ils ne voudront pas payer en plus une agence, soit les dessous de table vont revenir!
Ou encore un investisseur :
Si du jour au lendemain vous vous faisiez voler, par des bandits cravaté (communistes) 33% du patrimoine que vous avez mis toute votre vie à construire après des années de sacrifice. Alors je pense que vous seriez des nôtres.
Des plus values, je suis d’accord pour les payer mais uniquement si le calcul de l’inflation se fait à partir du prix des péages autoroutier. Car dans ces conditions j’obtiendrai certainement un crédit d’impôts
Un autre investisseur :
Faites comme moi: prix de vente augmenté de 30% |..] je ne suis absolument pas pressé de vendre on verra avec le passage au sénat ou … en 2012.
Côté vendeur, c’est la paralysie et pour beaucoup c’est également l’obligation de mettre en pause quelques projets qui devaient être financés avec ces fonds et notamment le financement d’un complément de retraite. En effet, selon une étude du ministère du logement, les vendeurs de biens immobiliers net, c’est à dire l’âge à partir les investisseurs se séparent de leur bien immobilier sans réinvestir, est de 56 ans. L’actuelle réforme devrait donc toucher en majorité les jeunes retraités qui pouvaient compter sur ces fonds pour financer leur retraite ou aider leur enfant dans leur installation.
Côté acheteur… L’espoir d’une baisse des prix n’encourage pas l’investissement.
Côté acheteur, les belles années ou l’investissement immobilier était principalement motivé par la certitude d’enregistrer une plus value « exceptionnelle » et de s’enrichir aisément grâce à l’immobilier semblent bien passées.
Conscient que les prix atteignent des sommets déraisonnables, atteint par des taux d’intérêts bien supérieurs à leur niveau de fin 2010 et surtout craintif quant à l’évolution de la conjoncture économique, les acheteurs sont loin de l’euphorie et certain préfèrent attendre des jours meilleurs.
Face à cette attentisme et cette inquiétude des acheteurs, le dernier baromètre Seloger/Lavieimmo/JDD constate une très légère hausse des prix mais surtout un premier repli des prix dans les villes les plus chères. Ainsi, dans les villes les plus chères, les vendeurs sont contraints de baisser leur prix de mise en vente au risque de ne pas vendre leur bien.
Selon Roland Tripard, président directeur général de SeLoger.com,
il ne fait guère de doute, malgré le rebond de l’indice global, que « nous assistons […] à un ralentissement marqué de la hausse des prix » de mise en vente. Celui-ci devrait « s’accélérer dans les prochains mois ». En effet, « Le contexte économique incertain et la hausse des taux d’intérêts provoquent une situation d’attente pour les acheteurs », poursuit le dirigeant, aussi, « les vendeurs vont devoir réduire leurs exigences, au risque de voir le marché se gripper ».