BPCE a annoncé la disparition définitive de l’enseigne Crédit FONCIER dans les prochains mois ! Plus qu’un symbole, j’y vois la conséquence d’une évolution majeure du marché immobilier et une nécessaire lutte contre le surendettement immobilier des ménages !

Le crédit Foncier, et les professionnels et praticiens qui me lisent pourront le confirmer dans les commentaires, c’est la banque de dernier ressort ! Le crédit foncier acceptait de prêter à tous ceux qui ne parvenaient pas à se financer dans les banques de dépôt traditionnelles. Faute d’apport insuffisant, durée d’emprunt trop long, taux d’endettement trop élevé, … Tous ces profils « hors normes » parvenaient à se financer, à taux élevé, au crédit foncier.

Les emprunteurs du Crédit Foncier acceptaient de payer un taux d’intérêt, plus élevé que le marché, par ce qu’ils n’avaient pas le choix : Aucune banque n’acceptait de les financer pour cause de risque excessif.

Bref, la disparition du crédit foncier, filiale de BPCE (Banque Populaire Caisse d’épargne), est bien plus qu’un symbole, c’est le signe que les banques de dépôt ne veulent plus prendre des risques excessifs pour le crédit immobilier.

Le Crédit Foncier n’était pas une banque de dépôt. Il n’était pas possible d’épargner au crédit foncier. Le crédit foncier prêtait de l’argent qu’elle empruntait sur les marchés obligataires. Le crédit foncier était une banque de refinancement.

 

Quelle conséquence sur le marché immobilier ?

La disparition du Crédit foncier, et donc l’impossibilité pour ses emprunteurs « hors normes bancaires » de financer leur projet immobilier pourrait avoir une conséquence non négligeable sur le marché immobilier : Une partie non négligeable de la population va être exclue du crédit immobilier.

En effet, le crédit foncier avait une activité non négligeable. En 2017, c’est 11 milliards de crédit immobilier octroyé (sur un total en France de 178 milliards, soit 6.20% de parts de marché) et 2500 salariés, mais c’est surtout :

– 25% de part de marché pour les prêt à taux zéro ;

– 3 milliards d’euros consacré à prêt à l’accession sociale ;

 

En effet, avec la disparition de Crédit Foncier, qui va financer ceux qui ne rentrent pas dans les cases traditionnelles du crédit immobilier des banques de dépôt ? N’allons nous pas assister à un assèchement de la demande ? Faute de crédit immobilier, les candidats acheteurs devront annuler leur projet d’acquisition.

 

Du côté de l’investissement dans le neuf, le crédit foncier, c’est 25% de part de marché dans le financement des investissements locatifs PINEL ? 

Nous pourrions assister à une baisse considérable de la demande en PINEL car n’oubliez pas que le crédit foncier ne prêtait qu’à ceux qui ne parvenaient pas à trouver un financement dans une autre banque !

 

 

Au final la disparition du crédit foncier est elle un bonne chose pour assainir le marché ?

N’est il pas une bonne chose à long terme que les candidats investisseurs immobiliers « hors normes » ne trouvent plus de crédit immobilier ?

Le crédit foncier n’avait il pas une activité proche du soutien abusif qui encourageait l’endettement sur des durée déraisonnable (30 ans) pour des profils qui ne devraient pas s’endetter ?

Quid de la responsabilité du crédit foncier dans le surendettement immobilier ? 

Devenir propriétaire de sa résidence principale est un rêve … mais tout le monde doit il avoir les moyens de devenir propriétaire grâce à un crédit immobilier déraisonnable ? Exclure certaines personnes du crédit immobilier n n’est ce pas leur rendre service ?

N’est il pas plus sage que ces profils n’aient plus accès au crédit immobilier ?

Une solution pour réduire la demande et donc faire baisser les prix de l’immobilier ?




49 Comments

  1. Bonjour,

    j’ai fait beaucoup de courtage, notamment avec le Crédit Foncier.
    De mon expérience, les profils un peu « borderline » mais avec un projet « classique » comme l’acquisition d’un résidence principale, trouvent à se financer auprès des banques de dépôt, même sur du très long terme.

    De mon point de vue, le Crédit Foncier intervient quand les autres banques ne savent pas faire, parce qu’il s’agit d’un montage un peu compliqué ou d’un projet un peu hors norme.

    Pour moi, le plus inquiétant ce n’est pas que les moins riches ne puissent plus se financer. La preuve étant que les banques de dépôt n’hésitent pas à leur octroyer des crédits conso, quitte à les noyer sous des dettes inutiles. Le problème c’est que si les banques classiques ne forment pas mieux leurs conseillers, ce sont les investisseurs qui vont en pâtir.

    • « De mon point de vue, le Crédit Foncier intervient quand les autres banques ne savent pas faire, parce qu’il s’agit d’un montage un peu compliqué ou d’un projet un peu hors norme. »

      Auriez vous des exemples pour nous permettre de mieux comprendre.

      De mon côté, j’ai davantage le sentiment que le crédit foncier faisait ce que les autres banques ne veulent pas faire ! Ce ne me semble pas une question de compétence … mais de volonté.

      • J’aurais pas mal d’exemples à vrai dire. Notamment lorsque les clients ont des sources de revenus un peu disparates, malgré de gros revenus. Ou encore pour mettre en place un prêt gigogne (des prêts sur différentes durées qui s’imbriquent), ou encore pour financer des projets qui demandent à se projeter, type reconfiguration d’immeubles ou changement de destination d’un bien.
        J’ai souvent été confronté à une espèce de panique auprès des autres banques, quand le Crédit Foncier comprenait parfaitement le dossier.

        • Ça dépend complètement du banquier…
          Peut importe la banque. Je suis personnellement tombé sur des incompétents là-bas et cette fermeture ne me dérange pas plus que ca.

      • Benrhouma says:

        Bonjour à toutes et à tous,
        Je confirme le ccf finançait une grande partie des clients qui se voyaient refuser leur crédit par leur propre banque, régulièrement pour un taux d endettement trop élevé.
        Le ccf finançait les frais de notaire et autres frais de dossier avec un pseudo prêt conso.
        Et pour finir pour le calcul du taux d endettement il ne tenait pas compte de l assurance ????
        Le CIF et maintenant le CCF rien d étonnant à mon goût !

        • Le problème du CFF n’est pourtant pas au niveau de la solvabilité. Preuve de l’incompétence des banques qui pourtant vont pouvoir récupérer des clients à cause des taux bas.

  2. Bonjour,

    Je trouve votre article très peu argumenté et orienté !
    Le CFF a des critères de profils clients plus contraignants que la plupart des banques, que la maîtrise les process d’investissement, leur efficacité, rapidité dans la prise de décision est sans pareil, qu’ils détiennent une expertise peu rencontrer dans les banques de détail.
    La fermeture du CFF détruit 2500 postes en interne. La moitié sera reclassée, les autres partiront en pré-retraite ou feront partie d’un PSE.
    Que deviennent tous les correspondants indépendants ? Plus de 2000 entreprises vont devoir revoir leur stratégie ou fermer pour des questions de profits?? Que deviennent leurs salariés ?

    Une banque qui existe de plus de 150 ans, n’impose pas de domicile bancaire et se refinance sur le marché obligataire …. N’est ce pas ça qui gêne au final…?

    • « Le CFF a des critères de profils clients plus contraignants que la plupart des banques, que la maîtrise les process d’investissement, leur efficacité, rapidité dans la prise de décision est sans pareil, qu’ils détiennent une expertise peu rencontrer dans les banques de détail. »

      ==> Peut être, mais la conclusion est la même : Les emprunteurs du crédit foncier sont ceux qui ne pouvaient pas emprunter dans les autres banques.

      • J’ajouterai quand même que la raison n’est pas le risque excessif mais le manque d’expertise de ces autres banques. Mais c’est normal, le Crédit Foncier est spécialisé, ils ne font que ça et rien d’autre, quand les conseillers d’autres banques font tout, jusqu’à vendre des abonnements téléphoniques.
        Je suis un peu dur là 😉

      • ==> Peut être, mais la conclusion est la même : Les emprunteurs du crédit foncier sont ceux qui ne pouvaient pas emprunter dans les autres banques

        –> Absolument pas, il ne faut pas généraliser.
        Peut être que via le CFF certains ont pu acheté leur RP grâce à la durée de 30 ans, c’est vrai? Est ce vraiment un mal ?
        Pour les critères de financement, ils sont plus regardants, renseignez vous …

      • Quand on voit que le déclin du CFF est dû à l’incurie des gouvernants déjà en 1914 et encore aujourd’hui …ainsi que de sa mono-spécialisation…

        https://www.la-croix.com/Economie/Entreprises/Le-declin-Credit-Foncier-remonte-premiere-guerre-mondiale-2018-06-28-1200950875

      • Je ne suis pas d’accord avec vous sur ce point. Les conditions du Crédit Foncier n’ont rien de borderline. Il exigeait 10% du montant en épargne ou en apport, et le taux d’endettement était calculé en fonction des revenus in concreto et non in abstracto comme le font beaucoup de banques. Ex : je loue un bien que j’ai acheté à crédit, le loyer est de 800 € par mois charges déjà déduites, la mensualité de crédit est de 1 200 €. Pour le Crédit foncier, votre endettement est égal à la différence donc 400 €. Pour beaucoup de banques, votre endettement est de 1 200 €. C’est un risque, je vous l’accorde, car s’il n’y a pas de locataire pendant un certain temps votre endettement passe de 400 à 1 200 €. Toutefois, on ne peut pas dire que l’on finance ainsi des clients atypiques.

    • C’est de la « Destruction Créatrice » !
      Plus sérieusement, si le Crédit Foncier prête à des taux plus élevés que ses concurrents, c’est probablement parce qu’ils ont un taux de défaut plus important liés au « profil » de ses clients. Jouer avec le feu, en prenant des risques supérieurs, certes rémunérés, amène un jour ou l’autre à des problèmes.
      Je me souviens d’un CF, dans les années 80, où les taux frisaient les 15%, qui m’a prêté la où les autres refusaient ou alors avec des taux encore supérieurs. C’était à cette époque « l’institution » des prêts immobiliers « des pauvres » ! une autre époque.

      • Nous vivons une époque hygiéniste dans laquelle il ne faut plus prendre de risque, mais la seule chose qui explique la disparition du CF ce n’est pas les conditions de crédit mais le fait qu’il n’y ait pas de dépôt et que le refi ne se fasse que sur les marchés.
        Du coup on a un bénéfice en baisse mais surtout un risque maximum de perte de rentabilité des crédits qui sont consentis aujourd’hui en raison d’une très probable remontée des taux.

  3. dark vador says:

    bonjour,
    que de raccourcis comme bien souvent d’ailleurs !!
    le CFF applique des taux qui sont bien souvent plus bas que ceux des banques de dépôts, sans domiciliation, sans frais de dossier et avec des exigences sur la qualité du dossier plus contraignantes que la plupart des établissements bancaires classiques…
    et il est totalement faux d’affirmer que se sont uniquement ceux qui ne peuvent pas se faire financer dans les autres banques qui s’orientent vers le crédit foncier…
    quelle analyse tronquée……!!!

  4. çà risque de chauffer pour les SCPI… le Crédit Foncier était je pense le plus gros financeur de SCPI.
    je lisais un article qui disait que le Crédit Foncier est bénéficiaire mais que le ROE était trop faible..
    Pour les mandataires ça doit être la douche froide…Malheureusement les taux bas n’ont pas que du bon.

    Guillaume,
    J’ai l’impression que le crédit foncier avait deux profils: de l’accession sociale mais aussi les investisseurs.

    Un client crédit foncier.

    • Oui, ils finançaient les SCPI à crédit (sans trop regarder) et les défiscalisations immobilières notamment pour les emprunteurs qui pouvaient avoir besoin d’un différé pour tenir compte des réductions d’impôt et temps de construction de l’immeuble avant perception des premiers revenus.

  5. dark vador says:

    par ailleurs, si un taux sur 25 ans à 1,75%, sans frais de dossier, avec modulation des échéances, délégation d’assurance, sans IRA est considéré, par vous (et cela n’engage que vous) comme un taux au dessus de ce que peuvent faire les établissements de dépôt classiques……alors oui, votre article est juste….
    1,75 % sur 25 ans est un très bon taux sur cette durée…….

  6. Bonjour,

    Dans un autre domaine, celui de la « transition énergétique » (ou réduction énergétique), la disparition du Crédit Foncier pourrait poser problème.
    Je m’explique, par ma propre expérience de syndic bénévole d’une copropriété : pour faciliter les travaux de réduction de la consommation d’énergie tels que ITE, remplacement de portes-fenêtres, isolation de toitures, il existe un dispositif de prêt appelé éco-Prêt à Taux Zéro Copropriété mis en place par un gouvernement antérieur. Aucune banque commerciale ne propose ce dispositif car aucune n’a signé la convention avec l’Etat. Seul le CF, de gré ou de force je ne sais pas, a signé cette convention et donc fournit ce prêt. Qu’en sera-t-il demain ? BPCE va-t-elle signer la convention ?

  7. Patrick D says:

    J’ai eu affaire au CFF pour des prêts légèrements atypiques. Les taux et les conditions ont été durement discutés et seulement parce qu’une autre banque me suivait sinon, le CA.
    Une fois les prêts octroyés, plus personne pour discuter, plus de relais ou toujours changeant, plus d’évolutions possibles des emprunts ou seulement en force. Beaucoup de temps perdu et une relation difficile et fatiguante.
    Bref, je ne suis pas vraiment étonné que le CFF disparaisse.
    Je ne suis pas très inquiet pour le trou qu’il laisse : il sera vite comblé par d’autres banques qui y verront des gains potentiels, c’est la nature qui veut cela. J’espère pour tout le monde qu’elles ne feront pas les mêmes bétises que le CFF.

    Pour les employés du CFF, c’est toujours triste. Mais s’ils ne voulaient pas que cela arrive, pourquoi l’avoir fait ?
    Pour ma part, si les employés du CFF avaient été compétents, j’y serai encore, comme beaucoup d’autres clients du CFF je pense.
    J’ai un dicton pour cela :  » En bon ou en mauvais, on finit toujours par avoir ce qu’on mérite « .

  8. dark vador says:

    c’est curieux….pas de réponse de notre donneur de leçons……

  9. Gilles.DR315 says:

    Je paye 980 euros de loyers actuellement. C’est la seule banque qui a accepté de financer notre projet de 440 ke sur 25 ans. Nous avons injecté 50% d’apport.
    Les autres banques ont toutes refusés de nous financer pour une mensualité de crédit de 1000 euros par mois A.C
    Motif : Mr en recherche d’emploi (suite rupture conventionnelle pour rapprochement de conjoint). Profession de Mme. (fonctionnaire)
    Aujourd’hui j’ai retrouvé un emploi.

    Donc oui le crédit foncier était bel et bien la roue de secours.
    A noter aussi, que ce sont eux qui ont fait le meilleur taux. 1.45% sur 25 ans.

    C’est le modèle économique et la faible rentabilité qui est mise en cause.

    • « C’est le modèle économique et la faible rentabilité qui est mise en cause »
      Exactement!
      J’y ajouterais que c’est le risque dû à la remontée des taux à l’été 2019 qui est en cause.
      Pourquoi? Parce-que le CFF se finance sur les marchés et non avec des comptes de dépôt.

  10. Lorsqu’un acteur économique important disparait, c’est toujours triste et dommageable. le CFF était un poil à gratter pour les autres banques parce qu’il savait traiter des dossiers que les autres banques ne voulaient pas prendre ( In fine, restructuration, revenus réèls mais complexes…) il n’y a donc aucune raison de trouver là un avantage. Si l’on veut faire baisser les prix de l’immobilier en asséchant le crédit, alors oui imposons 50% d’apport, limitons à 20 ans… Plus de crédits, plus de ventes, baisse des prix: drôle de raisonnement.

  11. Bonjour,
    Le CFF était indispensable dans le paysage immobilier français. D’une part, les conseillers et mandataires étaient des experts des prêts immobiliers avec une offre très diversifiée et c’était la seule banque qui permettait d’emprunter sans avoir à changer de banque, sans avoir à souscrire à des assurances hors de prix. CFF « banque des pauvres », c’est une information complètement fausse, c’était plutôt la banque des clients exigeants.
    Ce démantèlement exigé par ceux auxquels elle faisait de l’ombre est une très grosse perte.

  12. De toute façon, les politiques et l’imobilier en France, identiques sous Sarkozy, Hollande et Macron ont déjà fait de très gros dégâts dans ce domaine.

  13. Miss Tip says:

    C’est bizarre d’entendre dire que le CC était la banque des pauvres, mais en 2007, le CFF a refusé d’étudier ma demande de prêt immobilier en raison de la faiblesse de mes revenus alors que la Caisse d’épargne l’a fait et m’a accordé un prêt gigogne sans aucun difficulté.

    Je me demande si le CFF ne disparaît pas, simplement parce qu’il est devenu redondant avec la CE et que les taux bas ne favorisent pas son modèle économique…

    Remarque : le seul moyen pour les salariés dont les métiers sont mal payés d’augmenter à terme leur pouvoir d’achat (à part changer de métier) est de devenir propriétaire de sa résidence principale (même s’il s’agit d’un appartement de type HLM…) : mieux vaut payer 400 euros de mensualités de crédit pendant 20 ans, que 400 euros de loyer en HLM pendant 50 ans. En effet, au bout de 20 ans, vous avez 400 euros de charges en moins par mois et êtes propriétaire d’un bien que vous pouvez léguer à vos descendants…

    Par contre, je suis d’accord que tout le monde (riche ou pauvre) ne peut pas devenir propriétaire (si l’on gère mal ses ressources), n’y a pas intérêt (si l’on déménage souvent) et que le montant des mensualités doit être raisonnable au regard de la manière de gérer de la personne (non tout le monde ne peut pas s’acheter une villa…)

  14. Bonjour,
    Je trouve aussi un peu caricatural cette vision du crédit foncier. Regardez la grille et les offres réelles du Crédit Foncier de France par rapport à la BNP depuis au moins 1 an : 60 à 100 points de base plus intéressant. Le CFF n’est donc pas la banque vers qui je me tourne après tous les autres, mais plutôt dans la premier tiers.
    Je suis totalement d’accord avec Adrien : avec le CFF, nous perdons des gens qui prenaient le temps d’analyser un dossier.
    Du côté CGP, nous ne travaillons assez peu avec des gens sans moyens financiers, je n’aborderais donc pas le sujet.
    Par contre, je soulève plusieurs autres problématiques.
    Avec les renégociations de crédit, les banques n’avaient plus faim. Les courtiers étaient donc devenus la 5ème roue du carrosse. De nombreux CGP ne faisant pas du crédit leur métier principal (par définition) étaient déréférencés des banques traditionnelles.
    Or le CFF n’avait pas cette politique, c’est donc un autre partenaire potentiel qui va encore disparaître.
    Là vous générez 3 problèmes :
    – assèchement de la demande de crédit : certains CGP n’utilisent plus ce levier, incapables de prouver qu’ils peuvent avoir assez d’offres pour effectuer un choix éclairé car ils sont censés être devenus les chantres de l’omniscience par obligation légale,
    – assèchement du crédit : car le CGP montait le crédit et savait le présenter, donc taux de réussite meilleur,
    – impact sur l’économie consécutif car : qui dit crédit, dit vente immobilière (vous indiquiez notamment 25% du Pinel), que ce soit en direct ou via des SCPI.
    Certes, ça devait faire plaisir à ces messieurs des impôts ou de la cours des comptes qui se focalisent sur le seul avantage fiscal qu’ils appellent « perte de recette », mais avec une vision globale et moins partisane, on s’aperçoit que c’est toute l’économie qui en pâtis.
    – emploi,
    – TVA,
    – CSG/CRDS + impôt sur les revenus fonciers futurs (pour ceux qui n’ont pas une vision court-termiste),
    – maintien de la qualité du parc immobilier (offre de logement supérieure = plus de concurrence),
    – limitation de la hausse des prix pour les mêmes raisons de concurrence.
    Heureusement, ce n’est, a priori, pas une disparition prévue, mais ce serait plus une réintégration des agences avec obligation de souscription à l’offre bancaire maison (Caisse d’Epargne ou Banque Populaire).
    Cependant, nous allons vite trouver la problématique de la concurrence et de la soi-disant sacro-sainte protection du consommateur pour les investisseurs en immobilier. S’ils sont dépendant de leur banque pour leur emprunt résidence principale, ils ne pourront (sauf à perte en période de hausse des taux) partir dans une autre banque pour leur prêt investisseur.
    En résumé, la totalité des mouvements actuels vont dans le sens des intérêts du lobby bancaire :
    – limitation de l’offre,
    – recentrage sur les banques traditionnelles,
    – captation et emprisonnement du client.
    … et je ne suis pas sûr que le crowfunding soit la solution idéale pour palier à cette défaillance du marché.

  15. Patrick D says:

    Si la disparition du CFF pouvait empécher certains de faire du Pinel sans en avoir les moyens, ce ne serait peut-être pas un mal quand je vois l’explosion de la vacance locative.

  16. L’article est bien trop orienté! Le CFF est un spécialiste du crédit immobilier avec une expertise indéniable. Ce sont les banques traditionnelles qui ne prennent aujourd’hui aucun risque et refusent de financer des dossiers plus « atypiques » sans pour autant être borderline (le CFF avait des critères plutôt stricts!) qui poussaient à aller les voir. Idem pour les prêts infine ou on pouvait nantir tous les contrats existants, même 100% UC (avec des conditions à respecter bien évidemment) plutôt que de se retrouver à nantir les contrats maison des banques totalement inoptimisés!

    • Je lis avec attention tous vos commentaires qui saluent la capacité du crédit foncier à prêter là ou les autres banques ne veulent pas prêter !

      Durer 30 ans, pas d’apport, calcul des loyers nets de crédits pour le calcul du taux d’endettement, … Ce que vous appelez « compétences et expertises », je le nomme « prise de risque excessive et non rentable ». Nous disons la même chose avec des mots différents !

      Je comprends votre déception à perdre un allié de poids qui vous permettait de financer nombreuses opérations que les autres banques refusaient.

      • En réalité, la règle des 33% d’endettement n’a aucun fondement autre qu’arbitraire. A partir de là, vous êtes libre de décider de votre méthode de calcul comme bon vous semble. Il y a une méthode plus risquée que l’autre, mais ce risque peut être limité et géré. Voilà, les banques préfèrent la méthode la moins risquée d’une manière générale.

        • Oui, mais lorsque la majorité adopte un système et qu’un seul acteur est déviant de la norme … et affiche une rentabilité faible, il y a lieu de s’interroger.

          • Il n’y a pas de norme et l’activité crédit d’une manière générale n’est pas rentable pour les banques en période de taux bas.
            Seulement, la différence est que les banques ont un modèle économique selon lequel elles se financent avec les dépôts bancaires pour une grande partie.

          • Plusieurs banques ont la même pratique et les mêmes exigences que le CFF en termes de calcul de l’endettement.
            Au sein d’une même banque, vous pouvez même avoir des méthodes de calcul différentes en fonction du conseiller à qui vous avez à faire.

          • Il n’y a pas lieu de s’interroger puisqu’on sait pourquoi la rentabilité est si faible. C’est uniquement une question de choix du modèle économique.
            Un établissement de crédit sans domiciliation bancaire ne peut pas survivre sur le long terme avec des taux bas, c’est la seule conclusion qu’on peut en tirer. Vous verrez désormais la multiplication des souscription de PEL suite à des prêts en 2018!

            • @I

              C’est exactement cela , les taux bas l’ont tué.

              Un peu d’histoire: la banque patrimoine et immobilier BPI a sombré il y a environ 5 ans pour les mêmes raisons, sur un créneau un peu plus haut de gamme.

              On parle d’expertise pour le CFF :

              – il est vrai qu’il finançait des dossiers « patrimoniaux » que les banques de réseau sont incapables de faire eu égard à l’effondrement des compétences des analystes et « conseillers » (patrimoniaux = plus de 4 biens immobiliers en patrimoine), voire des RP difficiles à passer, sans oublier nos chères scpis

              – il est vrai qu’il finançait des prêts copro qui aidaient bien, alors que les banques de réseaux ne voulaient pas y toucher.

              – mais que de papiers à fournir et surtout, surtout, quel back-office des plus lamentables, erreurs, oublis, mauvaise foi, personne au téléphone….erreur de taux et renégociation d’assurance ultra-compliquées de surcroît….

              Cherchez sur internet,les plaintes argumentées et nombreuses sont légion

              Pour ces dernières raisons, je ne pleurerai pas son extinction, qui synthétise en un gros bloc le devenir bancaire à venir :
              fermetures d’agences, chute radicale de compétences, valeur ajoutée bien réduite.

              La banque d’aujourd’hui sert elle encore à quelque chose eu égard aux services proposés?

          • pour toutes les banques, le crédit est un produit d’appel.
            baser son modèle sur un produit d’appel est forcément risqué..

            Crédit Foncier n’est pas plus déviant que les autres.
            Pour faire du Crédit, qui est plus déviant une banque qui finance avec 50% même si les revenus sont faibles ou une banque qui finance 110% car les revenus sont semble il confortables ?
            Je suis d’accord avec Damien la règle des 33% ne veut rien dire ce qui compte c’est l’apport et la capacité de la banque à se récupérer en revendant le bien.
            On pourrait avoir du in-fine sur une résidence principale beaucoup de pays le font mais pas nous..

  17. En toute honnêteté, il ne faut pas regarder beaucoup plus loin que le bout de son nez pour comprendre que l’absorption du CFF par le groupe BPCE n’est simplement que la mise à mort d’un modèle qui gène : celui qui prouve qu’on peux prêter avec succès sans bancariser de force ni forcément que les clients aient des profils excellents.

    La manœuvre est transparente et ne consiste guère qu’a récupérer un encours de prêt et le ventiler au sein de différentes structures afin d’améliorer leurs marges.

    le deuxième effet bonus de cette MnA comme diraient nos amis (ou pas) les avocats d’affaires c’est de mettre fin a un réseau de distributeurs indépendants. ces fameux courtier & co qui embête tant les banques en favorisant la concurrence et donc en limitant la possibilité des banques de voler leurs clients en toute impunité.

    J’imagine aussi que vous êtes fan de cet aspect de la disparation du CFF ?

    En tout cas je suis extrêmement déçu de voir un article aussi creux qui aurait pu émaner du service de communication corporate du groupe bpce sur un blog qui paraissait relativement sérieux et impartial jusque la.

  18. Sinon, Monsieur Guillaume Fonteneau, faites quoi dans la vie ?
    Article creux, racoleur qui se réjouit de la disparition d’un organisme bancaire qui vous a fait grassement vivre.

    • Guillaume fait ce qui l’intéresse et ce qui le fait vivre comme chacun d’entre nous je pense et a tout à fait le droit de penser ce qu’il veut du CFF !!!
      Cela n’en fait pas une vérité et du moment qu’il laisse ses détracteurs et autres mécontents s’exprimer librement sur ce blog SANS aucune censure, il n’y a pas lieu, me semble t-il de s’interroger ou critiquer sa vie privée!

    • Je pense que vous connaissez mal ce blog et encore moins Guillaume.
      Il pose des questions pour amener à débattre sur des sujets difficiles dont peu de personnes parlent. Les commentaires sont d’ailleurs aussi intéressant que l’article, ce qui montre bien qu’il s’agit d’une oeuvre participative.
      Et vous quelle est votre contribution dans cette construction ?

  19. Guillaume,

    Michel
    Guillaume part du postulat est que le marché immobilier français est surévaluée. Le fait que le CFF arrête son activité confirme son postulat de base. je ne trouve pas son article racoleur mais plutôt droit dans ses bottes.
    mais bon, depuis 2010 celui qui a investit dans Paris a eu raison alors que Guillaume a eu tort. comme le dit Michel chacun peut penser ce qu’il veut 🙂

    • D’accord avec vous SAM, vous semblez « sage » dans vos raisonnements.
      Ceci étant, je suis plutôt en phase avec Guillaume sur le marché de l’immobilier surévalué et notamment à Paris, et s’il a eu tort sur Paris (et semble t-il uniquement sur Paris car les autres régions et villes seraient en phase de retournement) ces 3 ou 4 dernières années, il n’en sera peut-être pas de même les prochaines, vous savez les performances passées etc…
      Je suis inquiet pour ceux qui y ont investi très récemment car l’immo c’est du long terme et en 15/20 ans il peut (et il va à mon sens) s’en passer des choses !
      Cordialement

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