Il s’agit presque d’une question philosophique : Ce qui est gratuit peut il encore avoir de la valeur ? Voilà la question qui devrait tous nous préoccuper : Oui, les taux de crédit immobilier baissent et continuent de baisser à des niveaux de nous croyions inimaginable, il y a quelques années, mais cette faiblesse excessive des taux de crédit immobilier ne cache t’elle pas au contraire une inflation monétaire inquiétante ?
Cette anomalie des taux négatifs n’est elle pas le signe que nous allons au devant d’une mutation économique et sociale de grande ampleur ? Si tel était le cas, croyez vous prudent de profiter de ces taux excessivement bas pour vous endetter de manière non raisonnable ? Êtes vous certain de pouvoir rembourser vos dettes lorsque la conjoncture sera moins favorable ? Car, si la faiblesse du taux des crédits immobilier (cf »barème des meilleurs taux de crédit immobilier actuellement« ) réduit le montant des intérêts à rembourser, il faudra toujours rembourser le capital emprunté.
Si les conditions semblent actuellement idylliques pour l’investisseur immobilier, il semble prudent d’envisager cette situation avec une retenue nécessaire. Les anomalies ne sont pas faites pour être éternelles. Ce n’est qu’une question de temps avant le retour à la normale de long terme.
 

Il faut toujours se méfier de ses certitudes. Les conditions actuelles semblent idylliques pour investir dans l’immobilier mais seul l’avenir nous le confirmera.

D’un côté, il y a ceux qui croient que cette situation idyllique va durer : Taux de crédit immobilier au plus bas, inflation faible, croissance faible mais positive, endettement des états illimités grâce au taux bas, hausse des salaires…. Si vous croyez que cette situation sous contrôle des banques centrales peut durer, vous devez chercher à vous endetter massivement pour profiter des taux excessivement bas avant que les prix de l’immobilier n’augmentent (cf « Les taux d’intérêt négatifs à l’origine d’une forte hausse des prix de l’immobilier et des marchés actions ?« ).
Ce scénario est magique pour l’emprunteur qui se fait rembourser son crédit par l’inflation, la hausse des salaires et globalement la croissance de l’économie et qui profite d’une hausse prévisible des prix de l’immobilier. Malheureusement, le scénario n’est il trop beau pour être déroulé aussi facilement. La perspective n’est elle pas trop consensuelle pour être réaliste. 
D’expérience, il faut toujours se méfier de ses certitudes. 
D’un autre côté, il y a ceux qui croient que cette situation idyllique n’est pas normale et ne peut donc se prolonger éternellement : Les taux d’intérêt excessivement faibles et l’inflation monétaire qui en découle détruisent la valeur de la monnaie relativement aux autres monnaies ; La guerre des changes qui se profile n’augure rien de bon pour nos économies dépendantes du commerce mondial (cas notamment de l’Allemagne qui semble entrer en récession dans un contexte de remise en cause de la mondialisation et en présence d’un marché intérieur faible – Cf cette analyse passionnante de Patrick ARTUS sous le titre « La régionalisation des chaînes de valeur est une évolution très importante« ), et qui ont pleinement tiré profit de la désinflation importée depuis 20 ans grâce à la sous-traitance dans les pays émergents. (cf »[Réflexion] Et si TRUMP avait raison ? Le protectionnisme est il une solution ? »).
C’est le désir d’un développement économique durable, respectueux de l’environnement qui devrait permettre de justifier le recul de la mondialisation, notamment des chaines d’approvisionnement ou de production mondiales. (cf »La révolution du développement durable est inflationniste et pourrait inverser le sens des valeurs. »). La semaine dernière, la nouvelle présidente de la commission Européenne a confirmé l’idée d’une taxe carbone aux frontières « pour s’assurer que les entreprises puissent se faire concurrence à armes égales sans qu’elles aient à déménager dans d’autres pays européens pour échapper aux prix du carbone ; L’idée derrière une telle taxe est de lier la protection du climat aux intérêts économiques et de maintenir la compétitivité de l’économie nationale face à des normes environnementales toujours plus élevées. (source : « Von der Leyen se range à la vision française sur la taxe carbone aux frontières« )
 
Le scénario idyllique du moment (taux très faible, inflation modérée, croissance économique relativement forte, hausse des salaires) pourrait n’être alors que temporaire. L’inflation des biens et services, sans inflation des salaires et de la rémunération est souhaitée par la majorité de nos gouvernants libéraux (la réforme du chômage, de la retraite par répartition, réforme du droit du travail, de la fonction publique en France, illustre parfaitement cette idée de la recherche d’une baisse de la rémunération des actifs).
C’est alors qu’une dynamique moins favorable pourrait se mettre en place pour l’investisseur immobilier qui a excessivement profité des taux bas pour s’endetter et investir dans l’immobilier. Le retour de l’inflation des prix des biens et services sans augmentation des salaires pourrait contraindre le pouvoir d’achat immobilier de nos concitoyens et ainsi réduire leur capacité à accepter des hausses de loyers ou à payer les mensualités de leur crédit immobilier, souscrit pour plus de 40% d’entre eux sur 25 ans et plus – Crédit immobilier : Est il raisonnable d’emprunter sur 25 ans ou plus ? – ).
 
Au final, si les conditions actuelles semblent idylliques pour investir dans l’immobilier, et notamment l’immobilier locatif, il ne faut pas oublier les fondamentaux et ne pas céder à l’euphorie qui peut vous faire prendre des risques non raisonnables ! Seul l’avenir nous le confirmera.
A suivre.

Besoin d'un conseil ? Découvrez nos services :
Conseil & services 
Bilan patrimonial
Abonnement patrimonial
Formation
Au service de vos projets de vie 
MonImmoLocatif.fr
MonPatrimoine.io
IA Patrimoniale