Assurance vie et gestion de patrimoine

Si la question des taux d’intérêt réels négatifs est délicate à gérer pour les détenteurs de patrimoine qui voient progressivement leur pouvoir d’achat baisser au gré de rémunérations de l’épargne inférieures au taux d’intérêt naturel composé de l’inflation + taux de croissance, il en est tout autre pour ceux qui ont la chance d’être dans une période de leur vie ou ils construisent leur patrimoine.

Si les taux d’intérêt réels négatifs seront l’euthanasie des épargnants, ils seront aussi la richesse des emprunteurs dont le taux du crédit (et notamment du taux du crédit immobilier) sera inférieur à ce même taux naturel.



Il faut en profiter car cette situation est par nature temporaire et trouve son explication dans une politique monétaire de la banque centrale Européenne excessive dont on attend l’échéance proche.

 

 

Les taux d’intérêt réels négatifs, sont la mort de l’épargnant.

Le taux de rendement naturel, c’est le taux de rendement neutre de l’épargne qui permet de maintenir la valeur relative de votre patrimoine. De manière intuitive, ce taux d’intérêt naturel devrait être actuellement, net de frais et d’impôt sur le revenu, proche de 3% (cf « L’épargne est une erreur, débarrassez vous en avant qu’il ne soit trop tard ! pour mieux comprendre).

Ce taux de 3% est obtenu par la somme du taux de croissance anticipé (-+1.50%) et du taux d’inflation (-+1.50%).

En d’autres mots, cela signifie que celui dont le rendement de l’épargne est inférieur à -+ 3% net se voit grignoter la valeur relative de son épargne. Celui qui obtient une rendement supérieur à 3% s’enrichit relativement.

Alors que 35% de l’épargne des Français est investie dans le fonds euros du contrat d’assurance dont le rendement net s’approche inévitablement de 1%, on comprend mieux le basculement qui est en cours au détriment des épargnants.

Depuis le début de la crise, nous affirmons que ce seront les épargnants qui paieront ! C’est le cas avec les taux d’intérêt réels négatifs – et cela sans que personne ne s’en aperçoive. C’est une analyse que nous vous proposons régulièrement depuis début 2016, et notamment dans cet article « Les taux d’intérêt négatifs sont ils la nouvelle euthanasie des rentiers ?« .



 

Nous vivons depuis le retour de l’inflation et de la croissance, c’est à dire depuis début 2016, une période particulièrement néfaste pour les épargnants qui doivent se contenter d’un rendement médiocre et surtout inférieur au taux de rendement naturel qui permet une valorisation de votre patrimoine juste. 

 

 

Mais les taux d’intérêt réels négatifs feront la richesse future des emprunteurs.

Il ne faut pas toujours voir le verre à moitié vide. La contrepartie positive des taux d’intérêt réels négatifs, ce sont des taux de crédit immobilier inférieurs à ce même taux d’intérêt naturel. 

Imaginez la situation exceptionnelle du moment pour les emprunteurs et notamment pour les investisseurs immobiliers (car les particuliers ne peuvent pas s’endetter pour autre chose que l’immobilier) : Le taux du crédit immobilier, dont les meilleurs peuvent atteindre 1.30% sur 20 ans comme en atteste notre comparateur de meilleurs taux de crédit immobilier, sont très largement inférieurs au taux d’intérêt naturel.

Cela signifie tout simplement que la croissance + inflation devraient naturellement être la source de la valorisation du patrimoine des emprunteurs. C’est une analyse que nous vous proposons depuis quelques mois et notamment cet article publié en Septembre 2016 : « Pour ne pas subir les taux d’intérêt négatifs, il faut s’endetter et investir…« .

 

 

Sans rien faire, croissance et inflation rembourseront les crédits immobiliers. 

Il est donc urgent de profiter de cette situation exceptionnelle pour s’endetter, souscrire un crédit immobilier afin de profiter des taux d’intérêt réels négatifs pour valoriser son patrimoine sans effort (cf  » barème des meilleurs taux de crédit immobilier actuellement).



 

 

Mais attention il ne faut pas acheter n’importe quoi au seul motif que les taux immobilier sont excessivement bas.

Attention, il ne s’agit surtout pas de vous encourager à faire n’importe quoi et de profiter des taux excessivement bas pour acheter n’importe quoi et participer à la constitution d’une bulle spéculative dont l’éclatement serait fatal.

Comme nous vous l’exprimons depuis quelques mois, notamment dans cet article « Faut il se précipiter pour investir avant la possible hausse des taux d’intérêt ?« , il serait absurde de profiter des taux immobilier très bas pour investir dans un bien immobilier dont la valeur est manifestement excessive.

C’est alors qu’il convient de se plonger dans l’analyse micro-économique du marché immobilier. Le marché immobilier est dual entre :

  • Paris, l’île de France et quelques grandes métropoles comme Lyon ou Bordeaux, dont les prix ont très fortement explosé depuis 2009 (Paris, +45% depuis 2009)

et

 

Utiliser les taux immobiliers très bas pour investir dans un bien immobilier dont la valeur a baissée depuis les excès de 2008 – 2001, apparaît comme une stratégie pleine de bon sens pour l’épargnant qui saura se transformer en investisseur et profiter des taux d’intérêt réels négatifs pour valoriser son patrimoine avec un moindre effort. 

Celui qui profitera des taux immobilier très bas pour acheter un bien immobilier dont la valeur est manifestement excessive, ou du moins encore plus élevée qu’au summum de la crise de 2008, fera probablement un très mauvais investissement.

 

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10 Comments

  1. Bonjour Guillaume,

    Je ne comprends pas (mais pas du tout) ton concept de taux d’intérêt naturel de 3% en dessous duquel l’épargnant s’appauvrit.
    Il existe bien un taux d’intérêt naturel inventé par un Suédois du nom de Wicksell.
    Il est censé déterminer le taux d’intérêt réel qui permet de maintenir l’inflation stable dans un environnement de prix variables.
    Apparemment, ce taux n’existe pas en l’état et relève d’une estimation basée sur des modèles statistiques.
    Je ne sais pas si c’est à ce taux que tu fais allusion.
    Pour moi, et pour faire simple : le taux réel de mes placements = taux d’intérêt effectif net (déduction faite de la fiscalité) – taux d’inflation (actuel ou anticipé).
    100 € placés à 5% net avec 1% d’inflation = 4% de taux réel.

    • Merci pour cette question. Cette idée du taux de rendement neutre de l’épargne est une question que je travaille depuis quelques temps.

      La première fois que je l’ai évoqué c’était dans cet article « La bulle globale va t’elle éclater ou continuer de grossir ? Comment épargner dans un monde aussi complexe ? »

      A long terme, le rendement de l’épargne doit être au moins supérieur à l’inflation + taux de croissance de l’économie afin de permettre à l’épargnant de conserver la valeur relative de son patrimoine.

      Imaginons, un épargnant qui place durablement son épargne à un taux proche de l’inflation alors que l’économie affiche un taux de croissance de x%. Alors, son capital perdra du pouvoir d’achat par rapport à la croissance de l’économie.

      Qu’en pensez vous ?

    • Avec 4% de rendement net d’inflation…

      – Vous vous enrichissez si la croissance économique est de 2% (vous créez plus de valeur que l’économie et donc vous valorisez votre patrimoine relativement à l’économie)

      – Vous vous appauvrissez si la croissance économique est de 6% (vous créez moins de valeur que l’économie et donc vous dévalorisez votre patrimoine relativement à l’économie)

  2. Mais… inflation et croissance sont liés, et déterminent les taux d’intérêt, donc le rendement de mes placements qui dépendront de ces taux pour la fraction obligataire de ceux-ci, ou de la valorisation des valeurs mobilières pour la fraction action de mes placements…
    Mes gains sur mes placements dépendront de l’inflation, mais profiteront de la croissance.
    Oui/Non?

    • Normalement, oui, le taux d’intérêt sont fonction de l’inflation, de la croissance et du risque… mais ça c’était avant la politique monétaire non conventionnelle qui casse cette théorie. C’est l’euthanasie du rentier par les taux d’intérêt réels négatifs !

      • Là, d’accord… Ce, d’ailleurs, contre quoi les Allemands, Wolfgang Schäuble en tête, hurlent!
        On est dans une anomalie… qui n’est pas appelée à durer! Suffit de voir le plongeon de la bourse depuis que la BCE a avancé l’idée d’une réduction de sa politique monétaire accommodante.

  3. Fredy Gosse says:

    Et en cas de stagflation ?

  4. Fredy Gosse says:

    j’ajoute quelques lignes:empruntez c’est bien , mais, comme dit le slogan un emprunt doit être remboursé…..et pour cela faut des revenus….donc.si des malfaisant politiques arrivant fortuitement au pouvoir détruisent fiscalement ou économiquement votre pari investissement,que se passe t il ??
    cette situation est elle impossible dans notre « vieux pays « comme a pu dire De Villepin? moi j’ajouterai complètement déboussolé à la fois par l’ampleur des problèmes,le refus de leur faire face et l’amateurisme du personnel politique

  5. Vraiment chapeau bas Guillaume, je ne pensais pas que de tels raisonnements puissent être possibles: ajouter des %, des rapports, des ratios, quoi!
    On ne sait pas précisément ce qu’il y a au numérateur ni au dénominateur, peu vous chaut! on somme, on différence sans état d’âme!

    « Ce taux de 3% est obtenu par la somme du taux de croissance anticipé (-+1.50%) et du taux d’inflation (-+1.50%). »

    Je suis certain que vous avez voulu me titiller, me souhaiter de bonnes vacances 🙂 merci beaucoup je vous renvoie la pareille.

    Pour être sérieux, je comprends votre démarche, qui n’est pas dénuée de sens, en tant qu’ordre de grandeur, qu’orientation, même si mathématiquement elle n’est pas sérieuse.

    Je dirais plus modestement ne pas savoir exactement le « rendement » de mes investissements immobiliers, et entre nous, je m’en fiche, à partir du moment où ils produisent du cash en quantité suffisante.
    Je suis par contre certain d’une chose, ces investissements ne sont pas bons, dans le sens que d’autres pourraient produire plus de revenus. Dans le temps jadis, je me souviens d’annotations sur mon carnet de notes, que Fredy a connues du genre: « peut mieux faire ».

    Il est trop tard pour moi! 🙁

    Et en conclusion, je retourne une question aux lecteurs: l’objectif est-il vraiment de valoriser son patrimoine ou de valoriser ses revenus? Vous connaissez ma réponse.

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