La loi de finance pour 2011, un vrai casse tête.

Que la fiscalité du patrimoine est compliquée à suivre !!

Pour reprendre précisément le projet de loi de finance pour 2011 concernant la fiscalité des plus-values immobilière et pour essayer de comprendre l’histoire nous allons analyser les faits depuis le début :

L’histoire se déroule en deux temps :
  1. L’assemblée nationale fait voter, sur proposition de M Gilles CARREZ, un amendement rendant les plus-values immobilière taxables aux prélèvements sociaux dès le premier euros.
  2.  Le Sénat revient sur cet amendement en faisant voter un amendement annulant la disposition de l’assemblée nationale

Ainsi, l’état actuel des choses, il semble que l’imposition des plus-values immobilières ne soit pas affectée par la loi de finance pour 2011.

La fiscalité de la plus value immobilière risque bien de connaître de nombreux changements lors des prochains mois. Nous vous donnons quelques clef de réflexion pour Anticiper la réforme fiscale du patrimoine pour protéger son patrimoine.

Pour le moment rien de change, mais lors de la présentation de l’amendement voté au SENAT les explications du sénateur MARINI sont claires et doivent attirer toute notre attention :

« Cet amendement vise à supprimer la soumission à la CSG dès le premier euro des plus-values immobilières et des plus-values professionnelles portant sur des immeubles, bénéficiant d’un abattement de 10 % à compter de la sixième année.
En effet, la mesure proposée par l’Assemblée nationale n’entre pas dans le cadre du financement de la réforme des retraites.
Elle devrait donc être examinée lors de la révision de la fiscalité du patrimoine qui doit être effectuée au cours du premier semestre 2011.
Il importe de préparer la réforme de la fiscalité du patrimoine, mais pas de la préempter. »
Le Senat renonce donc à appliquer cette disposition avant la discussion sur « réforme de la fiscalité du patrimoine » qui devrait intervenir au printemps prochain.
Ainsi, je ne pense pas qu’il faille précipiter des ventes avant le 31 décembre car dorénavant la fiscalité des plus-values immobilières devrait rester en l’état. Pour autant, il faudra être particulièrement prudent lors du premier semestre : le SENAT repousse l’application de cet amendement au printemps mais ne remet pas en cause le principe même de cette nouvelle disposition.
A ce titre, il est intéressant de consulter les propositions de la commission des finances du SENAT pour compenser la suppression de l’ISF :
Extrait du Rapport général n° 111 (2010-2011) de M. Philippe MARINI, fait au nom de la commission des finances, déposé le 18 novembre 2010.

« Quelle que soit la forme que prendra la réforme de l’ISF, celle-ci devra être complétée par de nouvelles ressources qui en assureront l’équilibre financier.

D’une part pour des raisons budgétaires, l’Etat ne pouvant se permettre de perdre une nouvelle fois des recettes importantes.

D’autre part, parce que l’exercice ne consiste pas à favoriser une catégorie de contribuables aisés mais bien à adapter la fiscalité de sorte qu’elle ne puisse plus présenter de caractère confiscatoire.

Dans l’hypothèse étudiée ci-dessus d’une réforme de l’ISF coûtant 2 milliards d’euros et d’une suppression conjointe du bouclier fiscal engendrant une économie de 700 millions d’euros, il s’agit de trouver environ 1,3 milliard d’euros de recettes de substitution.

La création d’une tranche supérieure à l’impôt sur le revenu est à la fois nécessaire et légitime
Le sénateur Philippe Marini est convaincu que la création d’une tranche supplémentaire d’impôt sur le revenu est indispensable dans un tel scénario. Comme indiqué précédemment, c’est bien la voie dans laquelle s’est orientée l’Allemagne quand ce pays a supprimé son impôt sur le patrimoine.
De fait, l’impôt sur le revenu est un levier financier important. Ainsi, la création d’une tranche au-delà de 100 000 euros de revenu imposable (par part du foyer fiscal) taxée à un taux supérieur de 5 points à celui de l’actuelle tranche supérieure (soit 41% + 5% = 46%), rapporterait un milliard d’euros, soit une grande partie des ressources nouvelles à recouvrer.
Par ailleurs, ce surcroît d’imposition serait une mesure légitime, qui frapperait les revenus des plus aisés de nos concitoyens. En outre, au niveau retenu, ce ne sont plus vraiment des revenus du travail qui seraient ainsi taxés mais, en pratique, les revenus de cadres supérieurs, de cadres dirigeants et de mandataires sociaux dont la rémunération reflète notamment le réseau de relations et le niveau élevé de responsabilités.
A l’inverse, imposer les seuls revenus du patrimoine présenterait le défaut d’offrir moins de marges de manœuvre financières et de compenser des pertes de recettes réelles par des gains théoriques, des taux d’imposition trop élevés étant de nature à orienter davantage d’épargne vers des produits à fiscalité privilégiée (assurance-vie, plan d’épargne en actions, etc.) afin d’échapper aux taxes ainsi majorées.

Un complément à trouver sur le patrimoine ou les revenus du patrimoine
Le solde, soit environ 300 millions d
‘euros, devrait toutefois provenir soit du patrimoine soit des revenus qu’il crée.
Deux pistes principales pourraient convenir :
  • soit une légère majoration des droits de succession, qui resteraient à un niveau bien inférieur à la situation en vigueur avant l’adoption de la loi TEPA précitée ;
  • soit une nouvelle majoration des plus-values mobilières (160 millions d’euros par point) et immobilières (87 millions d’euros par point), en retouchant éventuellement les conditions d’exonération de ces plus-values afin d’éviter un changement de comportement trop important des contribuables.

En outre, si la réforme de l’ISF était plus coûteuse que ce qui est envisagé supra, un outil plus puissant tel que la suppression de la déductibilité de la contribution sociale généralisée (CSG) pour les revenus du patrimoine, pourrait être utilisé, la recette associée étant estimée à 673 millions d’euros.

Des dispositifs internes à l’ISF lui-même, comme une révision des paramètres de la réduction d’impôt au titre des investissements dans les PME ou au titre des dons, pourraient également être adoptés. Logiquement, un ISF réduit devrait être débarrassé de ses « niches »…
En tout cas, votre rapporteur général considère que lorsque viendra le temps de ce débat, le Parlement devra disposer de toutes les marges de manœuvre nécessaire pour agir sans hypothéquer les comptes publics. C’est pourquoi il ne pourra approuver les mesures qui, au sein du présent projet de loi de finances, anticipent ce débat ou reviennent à utiliser d’ores et déjà tel ou tel levier.
Enfin, le besoin de réforme fiscale de notre pays ne saurait se résumer à l’évolution de la seule fiscalité patrimoniale, pour importante qu’elle soit. Le débat de 2011 et, au-delà, le rendez-vous de la prochaine campagne présidentielle doivent également permettre d’aborder l’ensemble de la matière fiscale, tant pour les personnes physiques que pour les entreprises, dans un souci d’équité, d’efficacité et de compétitivité. »
En tout état de cause, je vous encourage vivement à consulter régulièrement nos publications sur afin de suivre au plus près l’actualité de la loi de finance pour 2011 et de la future loi de finance rectificative pour 2011.
Aussi, vous pouvez également vous inscrire gratuitement à la « Lettre du Patrimoine » en cliquant ici . Il s’agit d’une lettre d’information quotidienne qui reprend l’intégralité de nos articles. Vous recevrez la lettre du patrimoine tous les matins. 
 
Besoin d'un conseil ? Découvrez nos services :
Conseil & services 
Bilan patrimonial
Abonnement patrimonial
Formation
Au service de vos projets de vie 
MonImmoLocatif.fr
MonPatrimoine.io
IA Patrimoniale