Dans un article récent, je vous expliquais que les droits de succession allaient augmenter. Depuis, les médias nationaux tournent en boucle sur la question de la taxe Zucman.
À croire qu’il suffirait de taxer les hyper-riches pour récupérer les 4/5 milliards qu’il nous manque pour assainir les finances publiques. Que de gaspillage de temps de parole à défendre des mesures anecdotiques (cf. « Taxe Zucman : rendement réaliste d’environ 5 milliards/an face à l’évasion et l’exil fiscal — comment la conception et la coordination internationale changent la donne« )
Oui, il est probablement nécessaire de faire contribuer davantage les très grosses fortunes. Cela semble être le consensus national, mais non, cela ne suffira pas à régler le problème des finances publiques.
On en oublierait presque l’impérieuse nécessité de réduire les dépenses publiques. L’annonce de la fin des privilèges des ex-premiers ministre aura, à ce titre, permit de mieux cerner les ordres de grandeur. Si réduire le train de vie de l’état est indispensable, au moins en guise de symbole, on se rend compte que ce ne sera pas suffisant.
Oui, ça fait toujours plaisir de se venger en réduisant les avantages de ceux que l’on jalouse, mais ça ne règlera pas vraiment le problème (je ne dis pas qu’il ne faut pas le faire, je dis que ce sera sans effet majeur sur la baisse des dépenses).
Réduire les dépenses publiques passera inévitablement par la baisse des retraites ou des prestations de sécurité sociales. Il n’y a pas d’autres solutions.
Deux graphiques vous permettront de vous en convaincre :
On ne pourra pas sérieusement réduire le déficit public si on ne s’attaque pas à ces deux postes majeurs des dépenses publics. Cela me semble inévitable : 45% des dépenses de l’état sont au bénéfice du paiement des pensions retraites et des remboursements de santé.
Bref, sur cette question, il faut s’y préparer. Il n’y a aucune alternative.
Néanmoins, réduire les retraites ou les prestations de Sécurité sociale est très difficile en France.
Les citoyens ne sont pas prêts à l’accepter. C’est impossible ! On le voit tous les jours.
Nos gouvernants vous alors devoir utiliser des subterfuges dont le plus connu est « je te donne d’une main et te reprends de l’autre ».
Dans un premier temps, on va très légèrement s’attaquer aux retraites et aux remboursements SECU en n’indexant pas les prestations sur l’inflation. Lentement, mais surement, l’inflation est le moyen le plus efficace pour réduire les dépenses. C’est efficace, mais long en période d’inflation faible. Quel dommage qu’Emmanuel Macron n’ai pas saisi la forte inflation post COVID pour s’attaquer à cette question. Il est évident que nous n’en serions pas là si les retraites n’avaient pas augmenté de 5% en 2022 et à nouveau 5% en 2023. On aurait pu faire en 2 ans, ce que l’on va maintenant faire en 5 ans, mais avait-il vraiment le choix ?
Dans un second temps, on va donc chercher à mettre en œuvre la stratégie « « je te donne d’une main et te reprends de l’autre ». Il s’agit de réduire le niveau réel des prestations retraites, c’est-à-dire après impôt : En augmentant les impôts de ceux qui perçoivent des prestations sociales, on réduit leur niveau réel.
Les impôts des retraités vont augmenter. Les retraités vont devoir contribuer davantage à la solidarité nationale. C’est une manière insidieuse de réduire le niveau réel des pensions retraites.
En France, c’est avec l’impôt sur l’on réduit module les acquis sociaux.
La suppression de l’abattement forfaitaire de 10% ou encore la remise an cause CSG au taux réduit dont bénéficient les retraités s’inscrit directement dans cette dynamique.
Idem pour la taxation du patrimoine via le retour de l’ISF ou l’augmentation des droits de succession : Dès lors que le patrimoine est détenu par les retraités, augmenter l’impôt sur le patrimoine vise à augmenter l’impôt sur les retraités !
A suivre.