Les élections présidentielles de 2027 se préparent dès maintenant. Face au constat d’un modèle fiscal et social Français à bout de souffle, il apparaît clairement que les élections présidentielles de 2027 seront l’occasion de grandes propositions qui feront avancer les réflexions qui permettront peut-être de refonder le modèle fiscal et social français.
Constat : Les salaires nets sont trop faibles. Les salariés, mais aussi les petits entrepreneurs, ne gagnent pas suffisamment, car une part importante de leur valeur ajoutée est « captée » par le financement du modèle social.
Aujourd’hui, le financement du système social français repose majoritairement sur le travail. Ce sont les cotisations sociales, salariale et patronale, sur le travail qui finance le système social français.
Ce n’est plus possible. On le voit, on va dans le mur. Les salariés et plus généralement les actifs sont rincés. La rémunération du travail est beaucoup trop faible en France. Nous sommes au bout de ce modèle.
Les salaires doivent augmenter.
C’était déjà le message des #giletsjaunes en 2018 : Il faut que le travail paye mieux. Le problème ne vient pas d’un manque de productivité ou d’une fainéantise des français qui ne veulent pas travailler, mais d’une différence trop importante entre le salaire BRUT (= salaire brut = rémunération réelle du salarié) et le salaire NET après financement du modèle social.
Deux solutions peuvent être envisagées :
- Réduire les prestations sociales : Baisser les retraites, réduire les remboursements SECU, réduire les aides au logement, prime d’activité… En réduisant les prestations sociales, on réduit les charges qui pèsent sur le travail, mais on appauvrit ceux qui recevaient ces prestations sociales. Cela n’est pas sérieusement envisageable, ou alors simplement à la marge. Nous sommes en France, impossible de réduire les dépenses sociales. Attaquons-nous déjà au train de vie de l’état, ce sera formidable. Mais attention aux désillusions, les marges ne sont probablement pas aussi importantes que les populistes le pensent. Aux États-Unis, Elon MUSK avait promis 2000 milliards d’économie à la tronçonneuse, au final, ce devrait être 150 milliards. Tout ça pour pas grand-chose.
- Modifier de financeur du modèle social. Aujourd’hui, le modèle social est financé par des cotisations sur le travail. Et si on supprimait une partie de ces cotisations sociales, salariale et patronale, pour faire financer le modèle social par d’autres moyens ? C’est probablement le sujet à creuser. C’est en tout cas la proposition faite par l’U2P, l’Union des Entreprises de Proximité dans une récente étude : « Refonder la société française sur le travail«
Le constat de l’U2P est simple (et collectivement partagé) : C’est le travailleur qui finance le modèle social et fiscal.
L’U2P suggère donc un bigbang fiscal et social en supprimant la CSG-CRDS sur les revenus d’activité.
L’U2P explique :
Il n’y a que deux manières d’augmenter la rémunération du travail de plus de 100 milliards d’euros : baisser l’impôt sur les revenus du travail ou baisser les contributions sociales.
La forme la plus juste et la plus efficace serait une baisse de cotisations salariales de 10 points, ou de CSG-CRDS de 9,7 points, soit 2 points par an pendant cinq ans.
Pourquoi une baisse de cotisations salariales ou de CSG-CRDS plutôt qu’une baisse de l’impôt sur le revenu ? Pour une raison simple mais décisive : une baisse de l’impôt sur le revenu n’aiderait pas les 10 millions de foyers dans lesquels au moins une personne travaille, et dont le revenu est égal ou légèrement supérieur au Smic (pour un célibataire sans enfant), et qui ne paient pas d’impôt sur le revenu. On laisserait donc 1 travailleur sur 3 sur le bord de la revalorisation du travail, qui plus est les moins bien rémunérés
.
Supprimer la CSG-CRDS sur les revenus d’activité (pas sur les revenus du patrimoine).
Selon l’U2P, « Cela représente une augmentation de salaire ou de rémunération nette de plus de 22% en cinq ans, pour les 28 millions de travailleurs en France (et qui pourra monter jusqu’à 25 à 30% en prenant en compte la participation, l’intéressement et les primes, et selon les secteurs)«
Une telle mesure permettrait d’augmenter considérablement les salaires. Toute la question est ensuite de s’intéresser à qui va compenser ce manque à gagner. Il ne s’agit pas de réduire les prestations sociales, mais de transférer le paiement sur d’autres acteurs.
L’U2P suggère trois pistes :
- Solliciter la rente financière et immobilière au-delà de la taxation actuelle de 30% : « On peut donc remonter le PFU de quelques points sans faire baisser le niveau des investissements » / « la fiscalité ne peut pas, comme aujourd’hui, encourager les Français à gagner de l’argent en louant des appartements plutôt qu’en travaillant » ==> Augmentation de la flat-tax (PFu) de 30% et de l’impôt sur les plus-values immobilières,
- Accroître la contribution des retraités les plus aisés en ne revalorisant pas les retraites supérieures à 2500€ pendant 5 ans et en supprimant l’abattement de 10% pour frais professionnels,
- Faire appel aux héritiers les plus chanceux en révisant le pacte DUTREIL pour le réserver vraiment aux transmissions d’entreprises et en instaurant un plancher de droits de succession minimal à 10% ou 20% afin de limiter les effets des stratégies d’optimisation fiscale via notamment de l’assurance-vie.
- Réviser (à la hausse) les taux de TVA.
Bref,
Un bigbang fiscal et social qui vise à augmenter les salaires et les revenus des chefs d’entreprises et à faire porter le financement du système social davantage sur la consommation (TVA), mais également les retraités et plus globalement ceux qui possèdent un patrimoine (PFU, plus-values immobilières et droits de succession).
Je crois que c’est le sens de l’histoire.
Il faut s’y préparer à court ou moyen terme : Les héritages seront plus taxés à l’avenir, les retraites moins revalorisées sur l’inflation, les plus-values immobilières probablement moins favorablement imposées et la flat-tax pourrait bien augmenter.