L’IA va très bien. Merci pour elle.

Le FMI estime que l’IA pourrait augmenter d’environ 1 % le niveau de productivité en Europe en cinq ans.

Et jusqu’à 60 % des emplois des économies avancées seraient exposés à l’IA.

La productivité, dit comme ça, c’est formidable.

En français : faire plus avec moins. Moins de temps. Moins de salariés. Moins de bureaux.

Celui qui produit davantage avec moins s’enrichit.

Celui qui devient inutile dans l’équation apprécie généralement moins le concept.

Le problème, c’est le décalage

L’IA porte déjà une partie de l’économie mondiale. Les biens nécessaires à l’IA ont représenté 42 % de la croissance du commerce mondial de marchandises en 2025.

Investissements, puces, data centers, profits : le boom est là.

Mais surtout ailleurs.

L’Europe utilise l’IA. Elle la produit beaucoup moins.

Nous profiterons donc de cette révolution. Probablement énormément.

Mais après.

À court terme, nous pourrions surtout profiter de sa capacité à faire la même chose avec moins de monde.

Et la France pédale

La Banque de France n’attend plus que 0,4 % de croissance en 2026.

Dette : 119,3 % du PIB cette année, 121,7 % en 2027.

Malgré 54 milliards d’euros d’efforts budgétaires.

Nous ne nous endettons pas pour financer le boom de l’IA.

Nous nous endettons surtout pour maintenir notre train de vie, pas celui de l’état, le nôtre. Nos retraite, notre sécurité sociale, nos aides sociales, notre solidarité non financée.

Et les marchés commencent à présenter l’addition : le spread France-Allemagne dépasse 100 points de base.

Nous avons quand même une carte

L’IA dévore de l’électricité.

Et la France en a : 95,2 % de notre production électrique était décarbonée en 2025, avec une production largement supérieure à nos besoins.

Nous n’avons pas Nvidia. Nous n’avons pas OpenAI.

Mais nous avons des centrales.

Ce n’est déjà pas si mal.

Le passage difficile

À terme, les gains de productivité de l’IA peuvent ouvrir une nouvelle période de croissance.

Mais il y aura peut-être un passage entre les deux mondes.

Pour ceux qui produisent l’IA, le boom a déjà commencé.

Pour ceux qui l’achètent, la première étape pourrait être moins sympathique : restructurations, emplois supprimés, tensions sociales et, pour les États déjà fragiles, davantage de dette.

L’avenir sera peut-être formidable. L’IA est une formidable révolution, mais en attendant, nous sommes dans la phase destruction de la destruction-créatrice de schumpeter.

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