Le confinement est une épreuve pour notre économie tant il s’agit d’un moment inattendu et totalement opposé à la frénésie de la vie d’avant. Engagé dans une frénésie de consommation superfétatoire, le confinement est une pause qui nous oblige à réfléchir à la réalité de nos besoins.
Depuis un mois que nous sommes redevenu des citoyens et que nous avons perdu notre statut de consommateur, nous avons le temps de nous interroger sur le sens des choses et de ce besoin de consommer que l’on croyait impérieux et que l’on découvre superflus.
Cette prise de conscience à la fois massive et soudaine pourrait profondément notre rapport à la société : Le citoyen qui a réussi à se détacher de son statut de consommateur ne va t’il pas prendre goût à cette liberté retrouvée et chercher à la conserver après le confinement ? C’est là un sujet très important qui pourrait être à l’origine d’une modification profonde du monde d’après.
Dans une société construite autour de la consommation superfétatoire, des citoyens qui renoncent à leur statut de consommateur de l’inutile, c’est une société qui doit se réinventer, ce reconstruire autour de nouvelles valeurs.
Ces valeurs sont à inventer mais si on se contente de prolonger les tendances d’ores et déjà observée, on doit pouvoir s’attendre à l’exigence d’une consommation respectueuse de l’environnement et gage d’un développement durable de l’économie :

  • Moins de consommation inutile et un acte de consommer responsable qui privilégie le mieux disant au détriment du moins disant ; Payer toujours moins cher est destructeur de l’environnement et de l’économie ; L’acte d’achat doit intégrer la satisfaction du besoin à long terme qu’est la capacité de vivre ensemble dans la cité.
  • Une préférence pour une production locale plus respectueuse de l’environnement et surtout bénéfique pour l’économie ; Il ne s’agit pas d’abandonner la mondialisation, mais simplement d’en réduire les excès qui apportent du pouvoir d’achat immédiat … mais surtout qui le détruisent à long terme ;
  • Une forme de protectionnisme devrait être la norme pour freiner les excès du libéralisme et de la mondialisation. 
  • … Bref, rien de nouveau pour celui qui observe le monde. La crise du coronavirus ne fait qu’accélérer les mutations engagées depuis de long mois. Pour vous en convaincre, il suffit de relire ce que nous écrivions au moment de l’élection de TRUMP ou même des gilesjaunes, dans cet article par exemple : « [Réflexion] Et si TRUMP avait raison ? Le protectionnisme est il une solution ? :

« Toute ma réflexion part d’un constat que nous partageons depuis de nombreuses années maintenant : Chômage de masse, déficit public, dette publique toujours plus importante, incapacité à rendre le peuple heureux malgré une croissance redevenue élevée, populisme grandissant.

La France semble s’appauvrir et nous ne trouvons pas de solution pour mettre fin à ce cercle vicieux. L’exemple du moment est parfait : Nous sommes en pleine croissance avec des niveaux supérieurs au potentiel de long terme, pourtant, aucune euphorie, aucune joie. Les #giletsjaunes nous montrent à quel point les Français ne sont pas heureux. Ont ils raison de se plaindre ? Je ne sais pas, mais une certitude, une part importante de nos concitoyens souffrent et ne sont pas heureux.

Pourquoi assistons nous à une paupérisation rampante des travailleurs ? et surtout, qui va payer ? Comment peut on espérer durablement vivre dans un pays dans lequel un part de plus en plus importante de la société n’a plus d’utilité économique ?

Cette main d’œuvre ne trouve plus le travail qui lui permette de vivre. Il est facile de trouver du travail et ainsi mettre fin au chômage de masse, il suffit de remplacer les chômeurs par des travailleurs pauvres, mais est ce que cela règle le problème de fonds de la paupérisation de la société ? Est ce un progrès vers lequel nous devons tendre ? Je ne crois pas.

La question est alors de savoir si nous n’avons pas été trop loin dans la mondialisation ?

Ne nous sommes nous pas engagés dans une concurrence perdue d’avance face à des pays qui ne respectent pas les mêmes exigences de protection de environnementale et de protection des salariés

Comment espérer créer des emplois en France alors que des pays peuvent produire la même chose moins chère grâce à des salaires plus bas, mais aussi et surtout des conditions de travail moins respectueuses de l’homme (semaine de 48H, pas de vacances ou très peu, pas de sécurité sociale, pas de retraite, emploi des enfants, …). La question du respect de environnement doit aussi être envisagée. Comment peut on envisager gagner la compétition de la production face à des pays dont les usines détruisent l’envirronnement ? Combien de produits chimiques interdits en France ou soumis à des règles d’usage et de recyclage rigoureuses sont rejetés en pleine nature dans les pays asiatiques, usine du monde. Combien de forêt dévastées au bénéfice du profit de nos entreprises occidentales ?

Mais attention, contrairement aux idées reçues, ce sont les entreprises mondialisées des pays développés, nos entreprises, qui sont à l’origine de cette sur-optimisation des chaînes d’approvisionnement.

L’entreprise Américaine NIKE est un exemple parfait : Nike possède 900 usines de production en ASIE ! 900 sous-traitants qui fabriquent les chaussures ! L’avantage majeur d’un sous-traitant est, pour l’entreprise, de pouvoir fermer les yeux sur les modes de fabrication non conformes aux exigences occidentales ! L’entreprise n’est évidemment pas responsable si le sous-traitant emploi des enfants ou des produits chimiques dangereux pour l’envirronnement ou les travailleurs (SIC!)… il est évident que l’entreprise Américaine ne pouvait pas savoir et qu’elle condamne ces pratiques ;-(

Bref, depuis la fin des années 90 (et l’entrée de la chine dans l’OMC ?), nous assistons à une sur-optimisation des chaînes d’approvisionnement, c’est à dire du process de production. Les entreprises mondialisés profitent des conditions de travail et des moindres protection dans les pays en développement pour y faire fabriquer leur produit moins cher … et capter ainsi toujours plus de valeur, tant sur les travailleurs que sur environnement.

Nous vivons dans un monde de production mondialisée. Les chaînes d’approvisionnement sont optimisées afin de produire toujours moins cher. On utilise la sous-traitance mondialisée pour faire produire toujours moins cher … sans être responsable des conditions (environnementales et salariales) dans lesquelles ladite production est réalisée.

En France, nous nous imposons des règles, de protection de l’envirronnement, de protection des travailleurs, de retraite, de chômage, … qui ne sont pas respectées dans les pays producteur de notre consommateur ! La faiblesse des coûts de production étranger s’explique souvent par une moindre protection de l’envirronnement (destruction des forêt et des biens communs ; Rejet dans la nature de polluants résultants de la production, …) ou par un moindre protection des travailleurs (faibles salaires, pas de retraite, pas de sécurité sociale, …).

Cette sous-traitance massive est à l’origine :

– de la déflation dans les pays développés ; Produire moins cher permet de faire baisser les prix ;
– De l’absence d’emploi pour les non qualifiés et d’une partie du chômage de masse;
– Mais aussi d’une captation de richesse toujours plus grande pour les cadres supérieurs et les actionnaires de ces entreprises qui mettent en œuvre ces process de production sur-optimisé.

Face à cette délocalisation massive des productions, les salariés de l’industrie ne trouvent plus d’emploi… mais, si l’Asie est l’usine du monde, l’occident est le consommateur du monde. Le dilemme est majeur : Comment maintenir de train de vie de l’occident, et donc le train de vie du monde, si les consommateurs ont un pouvoir d’achat en baisse. Une forme de loi d’erain, un cercle vicieux qui paupérise toujours plus les pays, et donc la croissance mondiale.

C’est alors que la politique monétaire, les taux bas et toujours plus d’endettement est la solution pour maintenir, artificiellement, le train de vie de nos pays. Lorsque vos consommateurs n’ont plus de pouvoir d’achat (car chômage de masse par exemple et salaire tirer vers le bas du fait de cette compétition inégale avec les pays peu protecteur de l’environnement et du salarié), il faut les solvabiliser en les endettant d’où la politique monétaire actuelle.

La situation est donc insoluble en l’état actuel des choses, les politiques essaie donc de limiter la casse en essayant de réduire le niveau de protection, principalement des travailleurs, afin d’espérer un minimum d’alignement avec ces pays à faibles protections. Une forme d’alignement par le bas pour espérer retrouver de la compétitivité face à ces pays ? Il s’agit de remettre en cause la retraite par répartition, réduire la générosité de la sécurité sociales, …

Cette solution me semble être sans issue. Nous ne pourrons aller toujours plus bas, car il y aura toujours moins cher quelque part.

A côté de cela, nous ne sommes que des consommateurs hypocrites qui refusons de travailler plus de 35h / semaines, mais acceptons d’acheter très chers des « Nike » fabriquées par des enfants en Asie…

Nous sommes disposé à payer très cher un maillot de l’équipe de France … dont le prix de revient est de 3€ dans une usine en Asie , sans nous poser la question de la légitimité de ce prix de vente. Qui peut payer un tel prix pour un T-shirt ? Que produit celui qui achète ce t-shirt ? est il ce chômeur qui paye la conséquence de cette sur-optimisation des production ? Croyons nous réellement qu’il s’agit d’un modèle durable ?

 
La crise du coronavirus est en train de répondre à ce dilemme car le consommateur se rend compte de la fragilité de nos sociétés et impose un changement. C’est ce que nous appelons la grève du consommateur depuis quelques mois. Dans cet article par exemple : « La grève du consommateur va t’elle accélérer la mutation du capitalisme ? Who is John Galt ? », rédigé en septembre 2019″.
Extrait :

« Dans un monde ou le politique est impuissant, le citoyen, réduit en sa qualité de consommateur, est le seul qui détient le pouvoir. Dans une société mondialisée construite autour de toujours plus de consommation superfétatoire, le consommateur est roi.

Le consommateur, c’est d’un côté le #giletjaune qui n’arrive plus à consommer à la hauteur de ses ambitions et qui réclame toujours plus de moyens pour satisfaire une consommation non essentielle qui lui permettra, du moins le crois t’il, de trouver un bonheur intérieur.

Le consommateur, c’est d’un autre côté la jeunesse qui défile dans les rues sous la parole messianique de l’inspirante Greta Thunberg au bénéfice d’une prise de conscience collective d’une société qui ne répond plus aux aspirations des citoyens.

Enfin, le consommateur, c’est vous, c’est moi, c’est nous qui sommes en train de considérablement modifier notre manière de consommer au profit d’une production locale, qualitative et saine, respectueuse de notre environnement, frugale et d’occasion. C’est vous, c’est moi, c’est nous, qui désertons les centres commerciaux et essayons de nous concentrer sur l’essentiel, détaché de l’acte de consommer. C’est vous, c’est moi, c’est nous, qui exigeons de la transparence sur les modes de production et sur les conséquences environnementales et sociales de notre consommation.

Le consommateur, c’est vous, c’est moi, c’est nous, qui prenons conscience que c’est notre consommation qui est à l’origine de la déforestation de l’Amazonie, de l’Indonésie ou de la Malaisie. 

Il suffit alors que le consommateur occidental roi fasse grève pour que l’ensemble de la chaîne de production mondiale se remette en question ! Dans une société dans laquelle le marché est dominant, lorsque la demande évolue, l’offre doit s’adapter pour survivre. Nous assistons en direct à cette remise en cause, à cette mutation du capitalisme face à la nouvelle demande du consommateur.

Le consommateur veut de la proximité, du développement durable, du respect de l’envirronnement, la fin de la consommation jetable, des entreprises avec une responsabilité sociale forte, de la qualité plutôt que de la quantité, … le capitalisme doit donc tout simplement modifier ses modes de production pour répondre à cette demande pour continuer à générer du profit à long terme.

Cette adaptation va être violente, même destructrice à court terme, car l’exigence nouvelle du consommateur est puissante. »

 
6 mois plus après avoir rédigé ces mots, nous y sommes : Les chaînes de production mondialisées sont à l’arrêt et le consommateur se rend compte de sa puissance. La mutation engagée accélère !
 

La grève du consommateur rend inutile un plan de relance de l’économie par la consommation.

Face à ce nouveau monde que nous devons inventer, les réflexes de l’ancien monde sont puissants et nombre d’annonces de plan de relance illustrent parfaitement cet anachronisme. Malheureusement, ces plans de relance de l’économie sont inutiles car ils sont à contre-courant de l’histoire.
La relance de l’économie ne passera pas par davantage de consommation mondialisée, mais par la relance de la production dans les pays traditionnellement considérés comme consommateurs. Il ne sert à rien de donner plus de pouvoir d’achat à des consommateurs qui ne veulent plus consommer inutile.
Le plan de relance par la production des pays consommateurs mais désindustrialisés est un mal nécessaire. Il est source d’appauvrissement des émergents et d’inflation, mais avons nous d’autres alternatives pour enfin retrouver le chemin de la création de valeur ? Je ne crois pas.
Le citoyen consommateur de l’inutile des années 2000 doit redevenir un citoyen producteur de richesse. Comme nous vous l’expliquons dans cet article « La révolution du développement durable est inflationniste et pourrait inverser le sens des valeurs. », nous pourrions assister à la revanche des « producteurs »  au détriment des bullshit job.
Un plan de relance de la production nationale doit être notre priorité et pour cela, le protectionnisme sera probablement indispensable pour abattre les excès destructeurs du dogme du marché autorégulateur.
Nous le constatons tous les jours avec cette crise du coronavirus, le marché auto-régulateur est un mythe. Il vient de s’effondrer.
Il nous faut donc maintenant reconstruire notre société après des années de destruction de nos économies par les excès du libéralisme.
 
A suivre …

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