Depuis le 17 novembre 2018, première journée de manifestation des #giletsjaunes, la France est en grève. C’est inimaginable. Cela fait maintenant plus d’un an que l’effondrement a commencé, et chaque jour, nous nous enfonçons un peu plus.
Hier, une journée classique de manifestation dans une démocratie d’un pays développé, c’est terminée avec des images insoutenables.
- Des combats de rue entre des manifestants qui revendiquent un droit d’exprimer un mécontentement et un gouvernement qui refuse le dialogue et envoi sa police réprimer ce droit de manifester ;
ou
- Des combats de rue entre des manifestants qui utilisent la violence contre les forces de l’ordre pour remettre en cause un gouvernement démocratiquement élu.
(c’est à vous de choisir la phrase qui répondra le mieux à votre sentiment du moment … mais la conclusion est la même)
La situation est grave et inquiétante. Ce qui ce passe depuis 15 mois en France n’est pas digne d’une grande démocratie. Nous sommes au bord d’une rupture qu’il convient d’anticiper. Jour après jour, mois après mois, nous nous enfonçons… Il est illusoire de croire qu’il nous allons pouvoir nous en sortir sans heurt.
Ça craque de partout ! Il faut être aveugle pour ne pas voir que nous vivons un moment grave. La situation est en train de dégénérer et nous allons bientôt le payer.
En démocratie, il ne semble pas possible de gouverner constamment contre la population. Deux options sont alors envisageables :
- Soit nous abandonnons la démocratie et nous enfonçons dans un régime autoritaire, seul capable de continuer à maintenir l’ordre face à une population qui refuse l’impérium libéral en marche ;
- Soit, la démocratie reprend le pouvoir et le ressentiment accumulé impose une révolution sociétale sur le sens de nos valeurs.
Dans les deux cas, nous allons le payer. Protégés de cette agitation, nous les gagnants des 30 dernières années, nous avec nos questions existentielles autour de stratégies pour nous enrichir toujours plus, nous nous rendons pas compte de la désespérance de la société.
Nous sommes les gagnants d’un modèle économique et social qui s’effondre. Nous serons les boucs émissaires d’une société qui ne veut plus de ce système.
Cela ne fait aucun doute et nous devons nous y préparer. Dans le meilleur des cas, on parle de spoliation par l’impôt. Les gagnants du système qui est remis en cause vont devoir payer le ressentiment des perdants, si ces derniers réussissent à prendre le pouvoir et imposent une nouvelle norme sociétale.
A suivre…
ps : L’étrange défaite d’Emmanuel MACRON ne cesse de se confirmer comme nous l’écrivons depuis le début de la crise des gilets jaunes : #giletsjaunes : L’étrange défaite d’Emmanuel MACRON et De « l’étrange défaite » à la « grande transformation » d’Emmanuel MACRON ?
Voici l’extrait des premières pages du livre d’Emmanuel MACRON, alors candidat à l’élection présidentielle. Tout y est pourtant ; L’analyse était parfaite :
« Affronter la réalité du monde nous fera retrouver l’espérance.
D’aucuns pensent que notre pays est en déclin, que le pire est à venir, que notre civilisation s’efface. Que le repli ou la guerre civile constituent notre seul horizon. Pour se protéger des grandes transformations du monde, nous devrions remonter dans le temps et appliquer les recettes du siècle dernier.
D’autres imaginent que la France peut continuer de descendre en pente douce. Que le jeu de l’alternance politique suffira à nous faire respirer. Après la gauche, la droite. Les mêmes visages et les mêmes hommes, depuis tant d’années.
Je suis convaincu que les uns comme les autres ont tort. Ce sont leurs modèles, leurs recettes qui ont simplement échoué. La pays, lui, dans son ensemble, n’a pas échoué. Il le sait confusément, il le sent. De là naît ce « divorce » entre le peuple et ses gouvernants.
Je suis convaincu que notre pays à la force, le ressort, l’envie d’avancer. Il a l’histoire et le peuple pour le faire.
Nous sommes entrés dans une nouvelle ère. La mondialisation, le numérique, les inégalités croissantes, le péril climatique, les conflits géopolitiques et le terrorisme, l’effritement de l’Europe, la crise démocratique des sociétés occidentales, le doute qui s’installe au cœur de notre société : ce sont les symptômes d’un monde en plein bouleversement.
À cette grande transformation nous ne pouvons répondre avec les mêmes hommes, les mêmes idées. En imaginant que revenir en arrière serait possible. En pensant simplement réparer ou ajuster nos organisations et notre «modèle », comme certains aiment à l’appeler, alors que personne, et au fond pas même nous, ne désire plus s’en inspirer.
Nous ne pouvons pas non plus demander aux Français de faire des efforts sans fin en leur promettant la sortie d’une crise qui n’en est pas une. De cette attitude indéfiniment reprise depuis trente ans par nos dirigeants viennent la lassitude, l’incrédulité et même le dégoût.
Nous devons regarder ensemble la vérité en face, débattre des grandes transformations à l’œuvre. Où nous devons aller et par quels chemins. Le temps que ce voyage prendra. Car tout cela ne se fera pas en un jour.
Les Français sont plus conscients des nouvelles exigences du temps que leurs dirigeants. Ils sont moins conformistes, moins attachés à ces idées toutes faites qui assurent le confort intellectuel d’une vie politique.Nous devons tous sortir de nos habitudes. L’État, les responsables politiques, les hauts fonctionnaires, les dirigeants économiques, les syndicats, les corps intermédiaires. C’est notre responsabilité et ce serait une faute que de nous dérober ou même de nous accommoder du statu quo.
Nous nous sommes habitués à un monde qui nous inquiète. Qu’au fond nous ne voulons pas nommer ni regarder en face. Alors on se plaint, on râle. Des drames arrivent. Du désespoir aussi. La peur s’installe. On en joue. On veut le changement, mais sans vraiment le vouloir.
Si nous voulons avancer, faire réussir notre pays et construire une prospérité du XXIe siècle dans le droit fil de notre Histoire, il nous faut agir. Car la solution est en nous. Elle ne dépend pas d’une liste de propositions qui ne se feront pas. Elle ne saurait émerger de la construction de compromis bancals. Elle se fera grâce à des solutions différentes qui supposent une révolution démocratique profonde. Elle prendra du temps. Elle ne dépend que d’une chose : notre unité, notre courage, notre volonté commune.
C’est cette révolution démocratique à laquelle je crois. Celle par laquelle, en France et en Europe, nous conduirons ensemble notre propre révolution plutôt que de la subir.
C’est cette révolution démocratique que j’ai entrepris de dessiner dans les pages qui suivent. On n’y trouvera pas de programme, et aucune de ces mille propositions qui font ressembler notre vie politique à un catalogue d’espoirs déçus. Mais plutôt une vision, un récit, une volonté. Car les Français, eux, ont une volonté, souvent négligée par leurs gouvernants. C’est cette volonté que je veux servir. Car je n’ai pas d’autre désir que d’être utile à mon pays. C’est pourquoi j’ai décidé de me porter candidat à l’élection du président de la République française.Je mesure l’exigence de la charge. Je sais la gravité de notre époque. Mais aucun autre choix ne me paraît plus honorable, parce qu’il est à l’unisson de celui que vous voulez faire, celui d’une France à rebâtir, retrouvant dans cette action notre énergie et notre fierté. Celui d’une France entreprenante et ambitieuse.
Je suis intimement convaincu que le XXIe siècle, dans lequel enfin nous entrons, est aussi plein de promesses, de changements qui peuvent nous rendre plus heureux.C’est cela que je vous propose.Ce sera notre combat pour la France et je n’en connais pas de plus beau ».