Petit à petit les choses se mettent en place et on croit comprendre un peu mieux l’obsession du gouvernement Français à maintenir l’objectif de réforme de la retraite par répartition et l’instauration de la retraite par points et comptes notionnels.

Vous le savez, il n’y a aucune urgence à se lancer dans cette grande réforme du système des retraites : Le système de la retraite par répartition est « presque » à l’équilibre à long terme grâce aux précédentes réformes, et notamment la réforme Fillon de 2003. Et oui, je sais qu’il est difficile pour vous d’entendre ce discours, mais c’est pourtant un fait ! Le système de la retraite par répartition n’est pas en faillite.

Pour vous en convaincre, je vous encourage à relire ces deux articles « La retraite par répartition est sauvée ! La faillite s’éloigne et le retour à l’équilibre devient une réalité » et « Réforme des retraites : L’équilibre du système repoussé à 2040. Et alors ?!« . Dans ces deux articles, nous vous faisions part de notre optimisme quant au contenu de la prochaine réforme des retraites. Effectivement, dans la mesure ou l’équilibre de long terme semble acquis, la réforme des retraites ne peut être construire autour d’un objectif de baisse du déficit et donc de baisse des pensions. Je crains d’avoir fait preuve d’un optimisme béat.

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Malheureusement, quelques mois plus tard, la narration du gouvernement a changée … mais l’obsession à baisser les pensions retraites semble inaltérable.

Hier, nos gouvernants expliquaient qu’il fallait baisser les pensions retraites futures pour sauver le système d’une faillite certaine à cause de déficits structurels ; Aujourd’hui, alors que le déficit structurel ne peut plus être avancé du fait de réformes passées, le gouvernement explique qu’il faut baisser le montant des retraites pour réduire les dépenses de l’état. 

 

La baisse des retraites, l’obsession inaltérable du gouvernement ?

La semaine dernière, le conseil d’analyse économique, organe de conseil et de prospective du premier ministre, nous expliquait que la seule manière de réduire la dépense publique était de s’attaquer aux retraites et aux prestations sociales aux personnes. C’est un rapport du CAE que nous vous dévoilions dans cet article « Baisser les retraites et les prestations sociales sont les solutions pour réduire la dépense publique ! ».

A la mi-janvier 2019, à l’occasion du grand débat, Emmanuel MACRON a confirmé que la réforme des retraites qu’il porte pourrait avoir pour conséquence de baisser les pensions de réversion des futurs retraités comme nous vous l’annoncions déjà dans cet article « Réforme des retraites : Des pensions de réversion revues à la baisse pour les futurs veufs ou veuves ».

Dans la communication autour de la pension de réversion est d’ailleurs passionnante. Jean Paul DELEVOYE affirme haut et fort que les pensions de réversion ne baisseront pas … mais aussi, et ils le disent un peu moins fort, que la prochaine réforme des retraites devra probablement modifier les modes de calculs de ladite pension 😉

Regardez cet extrait de l’intervention du président devant les maires. Le propos est limpide pour celui qui sait écouter et lire entre les lignes !



 

Marisol TOURAINE, ancienne ministre des Affaires sociales et de la Santé dans les gouvernements pendant toute la présidence de François Hollande vient d’ailleurs de publier une tribune intéressante dans laquelle est s’inquiète des nombreux perdants qui pourraient subir la réforme des retraites

Quelques extraits de cette tribune « Gare aux injustices créées par le régime de retraite universel » :

« Malgré le contexte social tendu de la rentrée, Emmanuel Macron a confirmé une réforme des retraites en 2019 pour passer à un régime universel à points. Le sentiment des Français que tout le monde n’est pas logé à la même enseigne, et que le système est compliqué, la rend attractive. Mais très vite, les futurs retraités sortiront leur calculette et il y aura des déceptions. « 

On peut s’interroger sur la nécessité d’un chantier d’une telle complexité, alors que l’équilibre des régimes de retraite a été rétabli depuis 2016 et que, contrairement aux idées reçues et savamment entretenues, fonctionnaires et salariés du privé perçoivent en moyenne une retraite équivalente par rapport à leur dernier salaire (environ 74-75 %), les règles de calcul plus favorables dans le public étant compensées par la faible prise en compte pour la retraite des primes versées. Le succès de la réforme dépendra donc du sens que lui donnera le gouvernement.

Car la mise en place d’un régime unique risque d’être perçue comme une manœuvre pour faire des économies si au moins trois grands sujets ne sont pas traités.

Le premier est celui de la compensation des perdants, qui peuvent être nombreux comme le montre l’exemple suédois : 92 % des femmes ont perdu à l’instauration du régime par points, et 72 % des hommes, ce qui a été compensé par des retraites complémentaires ([NDLR = par capitalisation ?] ; Cela suppose que des compensations soient apportées, alors que la marge de manoeuvre budgétaire est réduite et que les « gagnants » de la réforme n’auront pas le sentiment de l’être.

Le deuxième défi est celui des règles de transition : on ne sait rien de la façon dont seront transformés en points les trimestres déjà acquis. La modalité de calcul retenue affectera directement le montant des futures pensions.

Le risque est donc que le système à points potentiellement plus équitable ne débouche en fait sur de nouvelles injustices. Et que ce soit une réforme purement organisationnelle qui fasse les délices des experts mais soit décevante pour les Français.

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7 Comments

  1. Guillaume

    Je reste réservé sur le prétendu équilibre des retraites, il suffirait d’une nouvelle crise d’ampleur 2008, pour créer un nouveau déséquilibre. Ceci étant, vous avez sans doute raison sur les causes profondes de cette réforme, on est en plein dans le sujet de la réduction des dépenses publiques.
    Et si vous considérez qu’aller vers un système unique où les mêmes règles s’appliquent à tous va créer des perdants, c’est que le système actuel entretient des gagnants qui ne sont pas tous légitimes. Alors il y aura à faire des ajustements, mais je constate que c’est difficile de bouger les choses. Mon voisin, ancien haut fonctionnaire, me disait en rigolant qu’il touchait plus à la retraite qu’en travaillant grâce à la bonification apportée par les 3 enfants qu’il a élevés. Je lui ai dire de se montrer discret…il fera partie des perdants. Et les régimes spéciaux, vous croyez comment ils sont financés ? par vous et moi en grande partie. On est en plein dans le grand débat….

    • Le prétendu équilibre des retraites est basé sur des hypothèses du COR (Comité d’Orientation des Retraites) pour le moins farfelues, avec un taux de croissance très élevé, comme on en rêve depuis longtemps et ce, tous les ans, ainsi que sur des prévisions de chômage carrément grotesques avec un niveau proche de celui des années 70.
      La seule hypothèse du COR qui est vaguement plausible est l’hypothèse pessimiste, alors que pourtant l’atteindre serait déjà un gros progrès pour la France.
      Qui pense encore raisonnablement que le chômage va baisser à 7% ? (malgré l’arrivée de la robotisation) Eh bien même avec un tel taux, le système de retraites continuerait à être déficitaire jusque 2029. ET pourtant, il s’agit du scenario optimiste !
      Alors imaginez un peu le scenario moyen, et encore mieux, le scenario pessimiste, qui pourtant exige des taux de chômage et de croissance que l’on rêvrait d’atteindre aujourd’hui.
      Bref,, le but du passage au système à points est de pouvoir ensuite ajuster la valeur du point en fonction de la réalité. Et cette réalité est que le système des retraites sera encore déficitaire tant que la plupart des papy boomers en bénéficieront.
      Rappel : les papy boomers sont les retraités issus du baby boom après guerre, essentiellement de 1946 à 1955 (secondairement jusqu’au début des années 1970), dont une grande partie a pu partir en retraite vers 60 ans (ou un peu après), a côtisé pendant 37,5 ans, mais a une espérance de vie de +/- 85 ans (attention à ne pas confondre espérance de vie à la naissance et espérance de vie à 60 ans).
      Et je ne parle pas des conducteurs de locomotives pour lesquels les syndicats ont bloqué la France en 1995, qui ont pu partir en retraite à 50 ans, qui passent plus de temps en retraite qu’à travailler, alors que les côtisations chaque année quand on est actif sont très largement inférieures aux pensions de retraites quand on est retraités.
      Bref, à 60 ans cette catégorie de retraités a d’ores et déjà consommé davantage qu’elle n’a versé pendant sa courte carrière (pour les régimes spéciaux, fonctionnaires, ça dépend ; pour beaucoup c’est l’Etat qui verse, donc les impôts et taxes en fait, et l’endettement surtout).
      Et pour financer tout ça, eh bien les jeunes d’aujourd’hui côtisent toujorus plus chaque année (cf les hausses en 2014, 2015, 2016, …) et côtiseront pendant 43, 44, 45, 46, 47, 48, … 50 ans ? Eh oui, car pour ne pas avoir le malus, il faut travailler toujours plus longtemps. Il faut bien financer les retraites de ceux sui sont partis en retraites à l’âge où les jeunes d’aujourd’hui seront à peine à mi-carrière, pour une espérance de vie pas beaucoup plus longue.

  2. Bonjour
    Cotiser pour acquérir des points dont la valeur sera variable et dépendra de la « direction des vents  » des prochains gouvernements .
    Je redoute ………… je dirai même énormément .

    • Mettre en place un système par points permet d’ajuster en temps réel le montant des dépenses de retraite. Un déficit budgétaire plus important ? Facile, on baisse la valeur du point d’autant et on est à l’équilibre.
      Si les Années 80/90 ont été l’âge d’or des retraites, celle des Années post 2030 seront celles des vaches maigres

  3. On pourra discourir longuement, on ne pourra pas tordre la réalité : les retraites sont payées par les biens produits par les actifs. Par répartition ou par capitalisation ne change rien à ce fait massif.
    Dans le système actuel français , deux problèmes :
    1. certains sont plus égaux que les autres,
    (certains = ceux des régimes spéciaux),
    Bien évidemment les avantagés du système actuel vont tout faire pour saboter la démarche d’y mettre fin, en prétendant qu’il s’agit de baisser toutes les retraites, par exemple.
    Mais quand on aura mis fin à ce problème particulièrement criant, restera le second :

    2. le partage des biens produits par les actifs, entre les actifs et les retraités.

    Dans une société très dirigiste et étatique comme la société française aucun espoir de voir une solution d’autonomie individuelle de décision émerger.

    « Réduire les retraites pour réduire la dépense publique », oui, si on veut, mais ça n’avance à rien.
    Le problème n’est pas le montant de la dépense publique en lui-même, le problème est l’inefficacité de l’état, qui a beaucoup de dépenses de fonctionnement -hors retraites- pour un résultat médiocre : éducation en est l’exemple le plus évident : plus de fonctionnaires et profs dans l’éducation en France que dans n’importe quel autre pays au monde, et malgré ça, des résultats en baisse constante depuis 40 ans.

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