Ce matin, je vous propose d’analyser le patrimoine d’alain. Alain est lecteur du site depuis de nombreuses années. Vendredi, il m’a sollicité pour faire son bilan patrimonial.
Alain, 73 ans, marié avec Claire sous le régime de la communauté, deux enfants majeurs et indépendants, il dispose d’environ 500 000€ d’épargne sans risque répartie entre livret A, fonds euros et autre PEL. Il est propriétaire de sa résidence principale qu’il valorise 300 000€.
Alain et claire perçoivent approximativement 4200€ de retraite mensuelle. Un revenu qui leur convient pour satisfaire leurs besoins de consommation, mais sans extra.
Alain est craintif pour l’avenir. Il n’a pas confiance dans l’indexation des retraites face à l’inflation et a peur du coût que pourrait représenter une éventuelle dépendance.
Ainsi, il a construit des projections qui l’amène à craindre qu’il n’aurait pas assez de capital épargné pour vivre jusqu’à la fin de sa vie.
La situation d’alain est difficile à vivre.
Objectivement, la situation patrimoniale d’alain est confortable. Il ne faut pas faire d’excès, mais entre l’épargne et l’éventuelle vente de la résidence principale pour financer la maison de retraite, alain et claire devraient avoir les moyens de vivre sereinement leur vie.
Malheureusement, ce n’est pas la visio d’alain. Alain a peur pour son avenir financier. Il cherche donc à tout prix une stratégie pour améliorer le rendement de son épargne afin de mieux couvrir l’inflation et ainsi réduire le risque de manquer.
Alain est donc à la recherche d’un meilleur rendement pour son épargne.
Néanmoins, deux contraintes importantes : Il ne veut pas investir dans l’immobilier (trop de contraintes et pas envie de s’embêter avec ça), ni investir en actions (il ne veut pas investir à long terme et prendre le risque de la volatilité des cours de bourse).
Au final, Alain recherche une solution pour améliorer le rendement de son épargne, sans contrainte, sans risque et sans bloquer son argent à moyen ou long terme.
Pas facile.
Comment aborder une telle situation ? Quels conseils pour Alain ?
Soyons franc. Face à une telle situation et surtout de telles contraintes, ma réponse est très rapide : Il n’y a pas de solution.
Le bilan est vite réalisé :
- Soit Alain modifie ces objectifs et acceptent de revoir ses contraintes d’investissement,
- soit, il est condamné à l’appauvrissement.
Le constat est un peu raide, mais c’est pourtant le seul qui soit valable. Il n’existe aucune solution d’épargne qui puisse lui permettre d’atteindre ses objectifs.
Bien évidemment, on peut travailler à la marge, trouver quelques zones de diversification qui pourraient lui permettre de trouver un meilleur rendement, mais des diversifications sources de risques qu’alain ne souhaite pas supporter.
Cela fait des années qu’alain est face à ce dilemme. Des années qu’ils cherchent. Il y a quelques mois, il a placé 50 000€ en SCPI. La promesse était belle. On sait aujourd’hui, qu’elle était fausse et que finalement, il aurait dû rester sur son fonds euros.
S’il ne trouve pas de réponse, c’est qu’il n’existe pas de réponse à ses exigences.
Pendant cette consultation patrimoniale, ma mission aura donc consisté à aider alain à prendre conscience de l’impossible équation.
J’ai essayé de lui faire comprendre qu’il n’y avait pas de solution en l’état actuel des choses et qu’il lui fallait modifier ses critères de recherche et notamment son refus d’investir dans l’immobilier ou en actions.
L’investissement en action n’est pas accessible pour des montants suffisamment significatifs. La courbe d’apprentissage apparaît comme trop rude pour alain. Accepter la volatilité et comprendre la dynamique de l’investissement en actions n’est pas aisé.
Je n’insiste pas sur la question de l’investissement en actions.
Je creuse donc les raisons de son refus d’investir dans l’immobilier. Même à 73 ans, (espérance de vie -+ 15 ans) investir dans l’immobilier reste une excellente stratégie pour protéger un patrimoine contre l’inflation.
Je cherche donc une solution pour lui faire accepter cette contrainte. Pas simple, mais en réalité, alain n’a pas le choix. Soit il accepte cette contrainte, soit il accepte cet appauvrissement.
Chercher à valoriser un patrimoine est source de contraintes. Celui qui ne l’accepte pas s’appauvrit face à la dynamique économique et l’inflation. C’est là une règle que chacun doit comprendre et intégrer.
Le cœur de ma mission est alors psychologique.
J’essaie de trouver la faille qui permettra à alain de le comprendre et d’accepter d’investir dans l’immobilier sans que cela constitue une contrainte source de stress et d’angoisse.
C’est là, tout mon métier.
Trouver la narration dans laquelle alain réussira à se projeter. Raconter une histoire dans laquelle alain réussira à se projetter. Une histoire dans laquelle, il inscrira un projet de vie qui sera compatible avec l’investissement immobilier, quelqu’il soit. Résidence principale, secondaire ou locative peu importe. L’immobilier stock de la valeur à long terme et protège contre l’inflation.
Ma conviction est limpide :
- 1- Si alain veut se protéger contre l’inflation et valoriser son épargne, il doit investir dans l’immobilier. L’actif immobilier se valorise à long terme avec la dynamique économique.
- 1 bis – Il pourrait également investir à long terme dans le capital des entreprises via les actions, mais la courbe d’apprentissage me semble trop longue et difficile pour alain, même si l’investissement en action est probablement leur meilleur investissement pour celui qui est capable de gérer le stress de la volatilité.
- 2- Alain ne sera jamais satisfait par le rendement de son épargne. L’épargne est par nature source d’appauvrissement en période inflationniste. Il n’existe aucun placement qui lui apportera satisfaction, surtout si alain ne souhaite pas accepter le risque de la volatilité des marchés actions. L’épargne n’est pas faite pour valoriser un capital à long terme.
- 3- Alain doit donc réapprendre à investir et comprendre qu’il doit avoir moins d’épargne passive. Pas facile, mais indispensable.
Je dois donc réussir à trouver un projet de vie qui permettra de mettre en œuvre ces convictions : Trouver une narration qui permette à alain d’investir dans l’immobilier avec plaisir :
- 1 – La résidence secondaire. Premier projet de vie proposé : L’achat d’une résidence secondaire. Acheter une résidence secondaire aujourd’hui et laisser le temps valoriser son épargne investie pour les 15 prochaines années tout en permettant à la famille de se retrouver dans un cadre agréable. Acheter une résidence secondaire, c’est convertir de l’argent qui dort dans un actif qui stock la valeur et se valorise au gré d’une dynamique démographique porteuse.
- 2 – Acheter un T3 dans la grande ville à côté de chez alain et claire. Second projet de vie proposé : Alain a peur de vieillir et surtout, il a peur du coût de la dépendance. Sa maison pourrait rapidement devenir lourde à gérer. Pourquoi ne pas acheter aujourd’hui un T3 dans la grande ville à côté de chez alain et claire. Un T3 dans laquelle claire pourrait aller habiter si alain devait disparaître. En attendant, un T3 qui serait mis en location et qu’alain et claire pourront reprendre le jour venu. C’est une solution qui pourrait permettre à alain de gérer sa peur de la dépendance… tout en lui permettant de convertir son épargne en investissement immobilier.
- 3 – Co-investir dans un bien immobilier locatif à proximité du lieu d’habitation de l’un de ses enfants. Si Alain s’estime trop « vieux » pour s’embêter dans l’immobilier, pourquoi ne pas réaliser un investissement avec son fils, qui lui adorerait investir ? Pourquoi ne pas confier à son fils le soin de réaliser et gérer cet investissement ?
L’exercice est difficile et le travail de fonds est ici important. Réussir à déconstruire 50 ans d’épargne est très difficile.
Réussir à faire comprendre à alain qu’il ne doit plus stocker son argent et qu’il doit l’investir pour espérer mieux le rémunérer est un challenge.
Réussir à lui faire comprendre qu’il n’existe pas de solution, et qu’il doit donc modifier sa manière de réfléchir pour (enfin) trouver une solution. L’épargne et trouver une meilleure épargne n’est clairement pas une solution. Ce n’est pas un CAT à 3% au lieu d’un PEL à 1% ou même des obligations datées high yield pour 20 000€ ou 50 000€ de SCPI qui lui permettront d’atteindre ses objectifs.
Le problème est plus profond.
À suivre.