La bourse explose de bonheur devant les perspectives de l’application du programme TRUMP. Je crois que les investisseurs vont très rapidement déchanter. Le contexte économique et monétaire de 2025, n’est pas le contexte économique et monétaire de 2016.

Je n’aime pas cet engouement des investisseurs et de certains économistes. L’euphorie quasi générale m’inquiète.

En 2016, lors de la première élection de Donald TRUMP, le taux d’endettement des États-Unis était modéré et surtout, nous étions dans un contexte de politique monétaire de taux d’intérêt excessivement bas après des années de déflation et de croissance molle post crise de 2008. En 2016, les outrances de D. TRUMP ont été permises par le quantitative easing (QE) et une politique monétaire de taux réels négatifs.

À l’époque, il fallait relancer le système avec une politique volontariste. Il fallait relancer la demande avec les déficits publics.

En 2025, le taux d’endettement des États-Unis est déjà trop élevé, les déficits publics intenables à long terme. Rajouter de la dette publique dans un tel contexte est suicidaire. Mais surtout, la politique monétaire n’est plus aussi accommodante qu’en 2016. Le quantitative easing ne permet plus de contrôler la courbe des taux ;

Contrairement à 2016, en 2025, les taux longs ne sont pas maintenus artificiellement bas par la banque centrale.

Les taux négatifs, c’est fini. En 2025, on ne peut plus faire n’importe quoi, protégé par une politique monétaire excessivement accommodante.

Les déficits publics annoncés par Donald TRUMP, le renforcement du protectionnisme ou encore les guerres commerciales vont relancer l’inflation. Les taux d’intérêt pourraient alors mécaniquement augmenter jusqu’à atteindre un niveau destructeur de croissance et d’activité.

Alors que le bilan de Donald TRUMP aura été relativement bon au terme de son premier mandat, c’est la catastrophe qui pourrait s’annoncer pour ce nouveau mandat.

Malheureusement, en cas de survenance d’une crise, aucune relance budgétaire n’est envisageable. Les déficits sont déjà excessifs avant même que la situation ne se dégrade.

Des taux long terme durablement élevés qui pénaliseront alors le prix des actifs et notamment le prix des entreprises de croissance type GAFA et cie. Des entreprises de croissance aux performances boursières exceptionnelles qui ont propulsé les indices boursiers au plus haut !

Les concentrations de ces entreprises dans les indices boursiers est incroyable. Pourtant, des taux d’intérêt élevé sont négatifs pour les valorisations de ces magnifiques entreprises.

Il faut se préparer à une baisse des valorisations des entreprises de croissance ! Des taux durablement élevés obligent à réduire les valorisations !

Quelqu’un se trompe !

Soit les taux d’intérêt baissent à nouveau, soit ce sont les cours de bourse, mais quelqu’un se trompe.

Ps : Et ce n’est peut-être pas un hasard du Warren BUFFET a vendu une grande partie de ces actions Apple (cf. « Warren Buffett continue de vendre des actions Apple et augmente sa montagne de cash – Berkshire Hathaway, le conglomérat de l’investisseur milliardaire, a cédé 25 % de sa participation dans Apple au troisième trimestre. Le groupe américain affiche un niveau de liquidités record de 325 milliards de dollars. Un trésor de guerre à réinvestir).

Ps 2 : Une crise survient toujours lorsque personne ne s’y attend. L’euphorie des financiers autour du programme de TRUMP me semble être l’image parfaite d’un consensus malsain. Souvenez-vous de l’adage : « Vendre au son du clairon, acheter au son du canon ». N’entendez-vous pas le son du clairon ? Moi, je l’entends…

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