Les giletsjaunes auront donc été cette étincelle qui aura lancé la remise en cause d’un système économique construit sur le tout marché, le libre échange et l’hypermondialisation de la production.

La crise du Covid19, puis la guerre en Ukraine ne font de conforter le constat d’une indispensable remise en question d’un modèle économique naïf qui met la consommation au centre des objectifs de vie au risque de nier le développement durable, le respect de l’environnement et surtout le bien être des hommes et femmes qui participe à l’économie par leur travail.

Aujourd’hui, en 2022, à la veille d’une élection présidentielle qui oppose mondialisme et souverainisme, ce sont deux mondes qui s’affrontent.

Pour vous en convaincre, il faut relire « La France sous nos yeux » écrit par Jérôme FOURQUET qui met en avant cette France fracturée entre :

  • La France qui fait ses courses chez Action, gifi, roule en Dacia Duster et regarde Cyril Hanouna, le soir en revenant du travail ; Cette classe moyenne qui ne cesse de se paupériser et qui voit son statut social menacer au profit du statut de travailleur pauvre ; Ce sont les artisans, travailleurs du bâtiment, les enseignants, les éducateurs, les travailleurs du commerce, … Cette France qui travaille dur pour 1800€ / mois, possède un BAC+2… qui s’accroche, coûte que coûte, à un mode de consommation auquel il n’a plus les moyens d’accéder.
  • La France qui fait ses courses chez Fresh ou va acheter ses légumes bio dans les magasins de producteur, pratique le yoga ou la course à pied le matin avant d’aller au bureau, et regarde Quotidien, le soir en revenant du travail ou lorsqu’il termine le télétravail ; Cette classe moyenne qui résiste et profite de la mondialisation et qui se doit de la montrer dans sa consommation qu’elle croît responsable. Une classe moyenne qui travaille dans le secteur tertiaire, qui possède un BAC+5 et gagne 2500€ / mois ; Une classe moyenne qui a encore les moyens de sa consommation et qui se doit de le montrer pour s’en convaincre.

Cette France fracturée qui s’affronte à l’occasion de l’élection présidentielle. Deux France qui ne se comprennent pas, qui ne se côtoient pas, deux France qui s’ignorent.

Deux France qui ont chacune leur candidat à la présidence de la république.

D’un côté, le monde d’avant hier qui veut faire croire que le bonheur collectif est dans la souveraineté, la défiance de l’autre et une économie qui prône la priorité nationale au détriment de l’efficacité et du prix. Le monde d’avant hier dont l’histoire démontre qu’elle est une impasse absolue. Pour autant, un monde d’avant hier qui rassure les plus inquiets d’entre nous ; Un monde d’avant hier qui a pour lui de mettre en avant les problèmes d’une société qui ne tourne plus rond.

D’un autre côté, le monde d’hier qui construit le bonheur de tous dans la consommation superfétatoire et l’hyper richesse de quelque uns, le tout grâce à l’hyper-mondialisation des modes de production, l’exploitation des populations les moins protégées par un système social ou encore par l’exploitation excessive d’une nature aujourd’hui menacée. Le monde d’hier que la crise du Covid19 et la guerre en Ukraine permettent de révéler les faiblesses et la dépendance à une bienveillance diplomatique et mondiale qui n’existe pas. Le monde d’hier qui nie les réalités d’une société fracturée qu’une mondialisation excessive a fait émerger, mais aussi le monde d’hier qui à ses défauts, mais qui aura réduit globalement la pauvreté même si les inégalités ont tendance à augmenter (les pauvres sont moins pauvres et les riches sont plus riches).

Bref, deux visions du monde qui paraissent avoir dépasser la date de péremption. Pourtant, l’une des deux sera élue à la présidence de la république dimanche soir.

S’il est élu, le monde d’avant hier devra remiser le populisme qui l’a fait élire au profit d’un indispensable pragmatisme s’il ne veut pas être à l’origine de l’effondrement de la société s’il devait appliquer son programme à la lettre. Un pragmatisme qui doit nous rappeler le tournant de la rigueur de François Mitterrand en 1983.

S’il est élu, le monde d’hier devra remiser son dogme du tout marché au profit d’une économie qui se soumet et qui doit s’adapter au réalité économique, sociale et environnementale. Ce n’est pas la société qui s’adapte à l’économie ; C’est l’économie qui s’adapte à la société. Le monde d’hier devra alors apporter l’espérance aux classes moyennes qui se paupérisent : Relocalisation, politique industrielle, souveraineté, remise en cause des excès de la mondialisation devraient alors être au cœur du projet présidentiel.

Au final, la société est un système complexe qui s’adapte en permanence. La question est alors d’élire celui ou celle qui sera le mieux capable de s’adapter.

L’émergence de ces deux visions du monde est le symbole d’une société qui cherche à se construire, une société qui cherche son nouveau projet de société. Et ça, c’est une bonne nouvelle. Nous avançons ; Nous ne savons pas ou nous allons, mais nous y allons.

Les présidents passent, les électeurs restent.

A suivre.

ps : Je ne fais pas de politique.

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