Gérer son patrimoine n’est surtout pas qu’une question d’argent. Accumuler pour le bonheur d’accumuler, c’est n’est pas gérer son patrimoine, c’est de l’avarice.

Quand on prend un peu de recul, lorsqu’on réfléchit aux motivations réelles de l’épargnant, on s’aperçoit rapidement que l’on est trop souvent dans un objectif d’accumulation sans besoin réel, sans objectif réel à atteindre.

Nous sommes en effet nombreux à nous priver excessivement à court terme pour espérer mieux en profiter à long terme.

A quoi bon se priver toute une vie pour être plus riche à la retraite ?

N’est il pas étonnant de se priver au moment ou vous en avez le plus besoin pour avoir trop de revenus au moment ou vous en avez le moins besoin ?

Vous allez très rapidement comprendre l’incohérence de nos stratégies patrimoniales visant à préparer votre retraite.

Entre 30 et 50 ans, vous avez des enfants à charge, vous avez plein de projet à financer, des études à financer, une vie à finir de construire, parfois à reconstruire. C’est le moment de votre vie pendant laquelle vos besoins financiers sont maximum.

Pourtant, c’est aussi pendant cette période que vous investissez, parfois massivement, pour préparer votre retraite.

Pour ce faire, vous vous endettez avec un taux d’endettement maximum autour de 35%, sans compter l’épargne financière

Cela signifie simplement qu’alors que nos besoins de dépenses sont maximum, nous renonçons à 1/3 de vos revenus pour vous préparer une retraite plus douce.

Il pourra s’agir d’une épargne retraite, d’investissement en immobilier locatif…. [L’achat de la résidence principale n’est pas concerné par cette réflexion du jour car à défaut d’être propriétaire, vous devrez être locataire et payer un loyer souvent équivalent à la mensualité du crédit immobilier]

De manière pragmatique, cela signifie que vous allez consacrer, pendant une longue partie de votre vie active, 33% de votre revenu pour espérer avoir une belle retraite.

Alors même que vos besoins sont maximums, vous allez vivre avec seulement 66% de vos revenus !

Ainsi, pendant toute notre vie active ou presque nous sommes très nombreux à consentir à cet effort. Bien évidemment, certains d’entre nous n’aurons pas l’impression de faire un effort tant leur revenu professionnel seront élevés, mais on doit pouvoir considérer qu’il s’agit d’une minorité d’entre nous.

Cet effort d’épargne pour préparer la retraite est d’autant plus surprenant qu’à la retraite, le système de la retraite par répartition nous « assure » une pension retraite qui représente aujourd’hui autour de 75% de notre dernier revenu, même si les hauts revenus auront probablement un taux de remplacement plus proche de 50%.

C’est ce que l’on appelle le taux de remplacement.

Un taux de remplacement objectivement suffisant en comparaison avec les besoins. A 65 ans, vous n’avez plus d’enfant à charge, vous êtes propriétaire de votre résidence principale, vous êtes déjà propriétaire de tout le mobilier dont vous avez besoin.

Bref, un taux de remplacement qui doit permettre de vivre. En revanche, un taux de remplacement qui ne permet pas d’acheter le camping car, voyager 6 mois de l’année, ou s’offrir multitude de loisirs ou plaisir du quotidien.

Pourtant, à la retraite, au terme d’une vie d’épargne et de préparation de la retraite, vous aurez des revenus beaucoup plus élevé, des capitaux disponibles … mais vous n’aurez plus de besoin.

Bref, vous ne saurez plus quoi faire de cette épargne, fruit d’une vie de sacrifice. A quoi bon ? Au final, il est clair que vous avez trop épargné, trop investi, vous avez fait trop de sacrifices pendant votre vie active.

Il serait probablement plus cohérent de moins épargner, moins vous priver pendant votre vie… au risque d’avoir moins de revenu à la retraite. Ce n’est pas grave, de toute manière, vous n’en aurez pas l’utilité !

Objectivement, un retraité qui toucherait une pension retraite de 1500€ / mois tout en étant propriétaire de sa résidence principale et sans enfant à charge doit avoir un niveau de vie équivalent à un salarié de 40 ans, avec 2 enfants à charge, un crédit immobilier à rembourser qui gagnerait 4000€ / mois.

En réalité, l’objectif de préparation de la retraite ne devrait concerner que les hauts revenus, ceux d’entre nous qui ne pourront espérer un taux de remplacement autour de 30% à 40% et qui voudraient maintenir leur train de vie ou le niveau social que leur procurait leur vie active.

Pour ceux qui seraient choqués par cette analyse. Voici quelques élements chiffrés qui semblent démontrer l’absurdité de certaines stratégies :

  • Niveau de vie médian des retraités Vs les actifs

Extrait de « Niveau de vie des retraités » :

Le niveau de vie médian des retraités est légèrement supérieur à celui de l’ensemble
de la population : leur revenu en moyenne moins élevé est en effet contrebalancé par
le fait qu’ils ont plus rarement des enfants à charge. Les pensions de retraite représentent l’essentiel du revenu disponible des ménages dont au moins un des membres est retraité.
Les personnes retraitées sont sous-représentées parmi les deux premiers déciles du niveau de vie. Aussi, les retraités sont environ deux fois moins souvent pauvres que l’ensemble de la population. La redistribution réalisée par le système fiscal (impôt sur le revenu,
contribution sociale généralisée [CSG], contribution au remboursement de la dette sociale [CRDS], taxe d’habitation, etc.) et social (minima sociaux, aides au logement, etc.) réduit le taux de pauvreté des retraités de 4,0 points en 201

source : Niveau de vie des retraités
  • Taux d’épargne des retraités ;

Pourquoi cette réflexion sur l’épargne retraite est fondamentale ?

Épargner ou investir n’est jamais anodin.

Investir, c’est renoncer aujourd’hui à quelque chose pour avoir davantage demain ; C’est aussi devoir consacrer un flux notoire de ces revenus pour ce projet lointain.

Un flux qui ne pourra pas être consacré à d’autres investissements, et parfois même à des investissements nettement plus rentables comme l’éducation des enfants, leur formation ou encore des changements de vie professionnels, l’entrepreneuriat…

Investir à long terme, c’est accepter de perdre une partie de sa liberté de décision. Lorsque vous êtes engagé à verser 30% de votre revenu dans ce projet de préparation de retraite… vous n’avez pas d’autres choix que de continuer à gagner ce revenu, vous ne pouvez plus bifurquez et vous autoriser à prendre des risques souvent salvateurs.

A suivre.

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