Dans un monde ou le politique est impuissant, le citoyen, réduit en sa qualité de consommateur, est le seul qui détient le pouvoir. Dans une société mondialisée construite autour de toujours plus de consommation superfétatoire, le consommateur est roi.
Le consommateur, c’est d’un côté le #giletjaune qui n’arrive plus à consommer à la hauteur de ses ambitions et qui réclame toujours plus de moyens pour satisfaire une consommation non essentielle qui lui permettra, du moins le crois t’il, de trouver un bonheur intérieur.
Le consommateur, c’est d’un autre côté la jeunesse qui défile dans les rues sous la parole messianique de l’inspirante Greta Thunberg au bénéfice d’une prise de conscience collective d’une société qui ne répond plus aux aspirations des citoyens.
Enfin, le consommateur, c’est vous, c’est moi, c’est nous qui sommes en train de considérablement modifier notre manière de consommer au profit d’une production locale, qualitative et saine, respectueuse de notre environnement, frugale et d’occasion. C’est vous, c’est moi, c’est nous, qui désertons les centres commerciaux et essayons de nous concentrer sur l’essentiel, détaché de l’acte de consommer. C’est vous, c’est moi, c’est nous, qui exigeons de la transparence sur les modes de production et sur les conséquences environnementales et sociales de notre consommation.
Le consommateur, c’est vous, c’est moi, c’est nous, qui prenons conscience que c’est notre consommation qui est à l’origine de la déforestation de l’Amazonie, de l’Indonésie ou de la Malaisie. 
Il suffit alors que le consommateur occidental roi fasse grève pour que l’ensemble de la chaîne de production mondiale se remette en question ! Dans une société dans laquelle le marché est dominant, lorsque la demande évolue, l’offre doit s’adapter pour survivre. Nous assistons en direct à cette remise en cause, à cette mutation du capitalisme face à la nouvelle demande du consommateur.
Le consommateur veut de la proximité, du développement durable, du respect de l’envirronnement, la fin de la consommation jetable, des entreprises avec une responsabilité sociale forte, de la qualité plutôt que de la quantité, … le capitalisme doit donc tout simplement modifier ses modes de production pour répondre à cette demande pour continuer à générer du profit à long terme.
Cette adaptation va être violente, même destructrice à court terme, car l’exigence nouvelle du consommateur est puissante.
La semaine dernière, l’INSEE confirmait la tendance d’une baisse du chiffre d’affaires dans les grandes surfaces alimentaires. Selon l’INSEE, « en juillet 2019, le chiffre d’affaires des grandes surfaces alimentaires baisse de nouveau (−0,4 % après −0,7 % en juin). Cette baisse s’explique par les ventes de produits non alimentaires, qui diminuent plus fortement qu’en juin (−1,6 % après −0,3 %). À l’inverse, les ventes se redressent légèrement dans les produits alimentaires (+0,2 % après −1,6 %) et accélèrent dans les carburants (+1,3 % après +0,8 %). Le chiffre d’affaires se replie dans les supermarchés (−0,9 % après −0,1 %) tandis qu’il se stabilise dans les hypermarchés (+0,1 % après −1,3 %) ».
Pour un secteur dont les taux de marges sont autour de 1%, cette baisse de la consommation est préoccupante et cela devrait entraîner la fermeture de nombreux centre commerciaux dans les années à venir. Un mal pour un bien ? cf »Grande distribution, la fin d’un modèle« , Alternative économique, Septembre 2019.
Toujours la semaine dernière, la société Swedavia, gestionnaire des principaux aéroports suédois, a rendu public les chiffres du trafic passager, confirmant une baisse sensible du nombre de passagers sur les lignes intérieures du pays. En juillet 2019, le nombre de passagers qui a pris des vols domestiques via les dix plus grands aéroports suédois a baissé de 11% par rapport à juillet 2018. Sur les sept premiers mois de l’année, de janvier à juillet, leur nombre a diminué de 8%. Il est facile d’y voir l’impact du mouvement #flygskam ou « de la honte de prendre l’avion » mis en avant par Greta Thunberg.
Argument de la « honte de prendre l’avion #flygskam » à cause de son empreinte environnementale également retenu le même jour de la semaine dernière pour expliquer le grand succès du trafic SNCF cet été dont le trafic à augmenté de 7% à 8% alors que les prévisions n’étaient que de 4% à 5%. Guillaume Pepy aussi y voit aussi un effet « flygskam ».
Corrélation n’est pas causalité, mais nous l’apprenions hier, l’annonce la mise en liquidation judiciaire d’Aigle Azur, la plus ancienne compagnie aérienne Française ne s’inscrit elle pas pleinement dans cette mutation ?
 
Nous sortons de deux mois de vacances pourtant le climat est lourd. Vous n’y croyez plus. Nous sommes loin de l’euphorie. Vous êtes tristes, négatifs, en permanence insatisfait de votre sort malgré un cadre de vie et un niveau de vie enviés par le monde entier. Vous avez envie d’autre chose. Vous semblez ne plus vous reconnaître dans la société que l’on vous propose.
Tout cela est lié. #Giletsjaunes, marche pour le climat, flygskam, morosité, modification de la consommation sont les marqueurs d’une société qui se remet en cause un rythme incroyable ; Les marqueurs d’une société qui entrent en grève pour accélérer la destruction un système qu’elle juge dévastateur au profit d’une nouveau modèle qu’il va falloir inventer.

Le consommateur est plus puissant que les banques centrales et leur politique monétaire. Nous sommes concentrés sur la puissance des banques centrales qui affirment interdire toutes crises économiques et ne sommes pas aveugles face à la multiplication de ces signaux faibles. La grève du consommateur qui semble se mettre en place est de nature à renverser l’économie mondiale à court terme ! Rien que cela ! 
La mondialisation nous lie tous ! Les consommateurs occidentaux entrent en grève et ce sont les pays producteurs, Chine en premier lieu et l’Allemagne qui entrent en récession.
Qui est John Galt, cet idéaliste de l’inspirant roman « La grève » de Ayn Rand qui refuse de participer à une société dans laquelle il ne se retrouve plus et réserve son talent à la construction d’autre autre société qu’il espère meilleure ?
Et si John GALT c’était nous, les consommateurs ?
 
A suivre …

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