Dans notre article « En 2020, Face à une politique monétaire nuisible, la politique budgétaire va financer le front populaire écologique« , j’essaie d’introduire l’idée selon laquelle la politique monétaire serait devenue déflationniste alors même que l’unique mission d’une banque centrale est de lutter contre la déflation et d’agir pour la stabilité des prix.

J’introduis le propos avec ces mots :

La politique monétaire engagée par les banques centrales à pour unique objectif la stabilité des prix que la communauté considère comme étant une inflation fixée à 2% par année. Toute la politique monétaire est orientée vers cet objectif d’inflation.

Pour y parvenir, le raisonnement des banques centrales est simple : Puisque l’inflation est le résultat d’une économie dont l’offre de production ne parvient pas à répondre à la demande, il suffit de baisser les taux d’intérêt pour relancer l’économie et donc l’inflation. Le raisonnement paraît étrange, mais c’est bien celui qui est au cœur de la politique monétaire des banques centrales comme l’explique très bien cet article publié dans Alternative Économique sous le titre « D’où vient l’inflation ?. Extrait :

« Spécialiste des phénomènes monétaires, l’économiste américain Milton Friedman part d’une idée simple : toute augmentation de la masse monétaire au-delà de ce qui est nécessaire pour assurer les transactions entraîne celle du niveau général des prix.  » La cause immédiate de l’inflation est toujours et partout la même : un accroissement anormalement rapide de la quantité de monnaie par rapport au volume de production « 

[…]

L’inflation ne serait donc possible que si les banques centrales l’autorisent, par une politique trop laxiste au regard de la maîtrise du crédit. L’abondance de crédit nourrirait alors une demande excessive par rapport aux capacités de production, ce qui se traduirait par une hausse des prix. »

Ce postulat de base est simpliste et nous, les hommes de la rue, ceux qui n’ont pas le pouvoir de savoir, comprenons intuitivement que ce n’est pas vrai, ou du moins que ce n’est pas vrai passé un certain niveau : Faciliter les crédits n’est pas nécessairement source d’inflation si la production est excessive face à une population qui n’a pas les moyens (ou le besoin) de consommer. On ne fait pas boire un âne qui n’a plus soif…

Pourtant, les politiques monétaires persistent et accélèrent même dans cette idée d’une nécessaire baisse des taux de crédit pour relancer l’activité et donc l’inflation. Nous sommes même arrivé au point ou la politique monétaire devient déflationniste.

 

Je crois qu’il est important d’approfondir ma réflexion sur cette question importante qui pourrait remettre en cause de nombreuses certitudes. Car, si demain, la narration dominante en vient à considérer que la politique monétaire des taux bas est effectivement déflationniste, c’est toute nos certitudes qui seraient questionnées, notamment la question des taux d’intérêt négatif et de l’impossible remontée de taux.

 

Pourquoi la politique monétaire pourrait elle être devenue déflationniste ?

La baisse excessive et durable des taux d’intérêt enferme l’économie dans la stagnation et limite la croissance économique.

D’après vous, quelle est la conséquence d’une baisse durable et excessive des taux d’intérêt, c’est à dire des taux d’intérêt des crédits, mais aussi, par répercussion, des taux de rentabilité exigés par les investisseurs ? Ma réponse est simple : Une moindre pression sur la hausse des prix du fait d’une moindre contrainte de rentabilité.

Lorsque les taux d’intérêt sont à 10%, lorsque le taux de votre crédit est de 10%, vous devez exploiter votre entreprise, votre actif pour générer un bénéfice suffisant qui vous permettra de payer ce taux de 10% ; Pour générer un effet de levier, votre taux de rendement doit être supérieur à 10%. Vous avez une contrainte de rentabilité forte pour justifier votre exploitation.

Lorsque les taux d’intérêt sont à 0%, votre contrainte de rentabilité est moindre car il suffit de générer un taux de rendement de 1% pour justifier votre effet de levier et donc votre activité. La contrainte de rentabilité est moindre. Ainsi, l’économie se stabilise progressivement autour de ce taux d’intérêt faible. L’économie stagne puisque l’ensemble des investisseurs se contente d’un rendement faible.

Ainsi, la baisse des taux d’intérêt ne relance plus l’activité et une forme de trappe à rentabilité enferme l’économie dans une stagnation qui n’est pas source d’inflation (ce mot « trappe à rentabilité » est une invention maison construit autour de l’idée que la « trappe à liquidité » – La trappe à liquidité pour les nuls !).

Cette trappe à rentabilité permet à de nombreuses entreprises non rentables de rester en activité ; Leur non disparition n’est pas à l’origine de la dégradation de l’activité, mais leur persistance malgré un rentabilité insuffisante, enferme l’économie dans la stagnation et empêche de nouvelles entreprises de créer et générer une rentabilité meilleure.

 

L’excès de liquidité est à l’origine d’une bulle sur les startups (ou dans le capital investissement) dont les excès sont déflationnistes

De surcroît, la politique monétaire menée depuis 10 ans ne se contente pas de baisser les taux d’intérêt, elle agit également, sur l’offre et la demande d’actif via les quantitative easing : La banque centrale modifient la structure de l’offre et de demande d’actif obligataire. Cela a pour conséquence une baisse exagérée des taux d’intérêt (et cette trappe à rentabilité dans laquelle l’économie s’enferme petit à petit) et participe à un déplacement des masses d’investissement sur les actifs immobilier, les actions et les entreprises non cotées. Les investisseurs protégés par la liquidité apportée par la politique monétaire peuvent investir massivement sur les marchés dits à risque.

La politique monétaire est régulièrement accusée d’être à l’origine des augmentations fortes sur les prix de l’immobilier, des actions et apporte des masses considérables dans le capital investissement, c’est à dire dans la startup nation.

Vous le savez, si vous me lisez régulièrement, je crois cette économie de la startup comme nuisible. C’est le propos que je développe dans cet article « La bulle des startup est destructrice de l’économie ! Ces entreprises zombies doivent disparaître« .

Le petit monde des startups n’existe que du fait d’une politique monétaire excessive et agit donc directement sur le caractère déflationniste de l’économie. La politique monétaire agit comme est une forme de soutien abusif de toutes ces sociétés zombies, ces startups sans modèle économique qui veulent toutes révolutionner le monde.

Ce soutien abusif est une forme de concurrence déloyale qui  détruit des pans entier de notre économie, sans créer de valeur pour personne ! Sans modèle économique viable, ces startups sont incapables d’approcher la rentabilité et disparaissent laissant des secteurs entiers de l’économie dévasté par des années de cette concurrence déloyale.

 

 

Remettre en cause le bien fondé de la politique de taux bas, c’est remettre en cause toutes les certitudes construites autour de l’impossible remontée des taux.

Si cette réflexion est pertinente, il faut craindre le pire car l’augmentation des taux d’intérêt pourrait devenir une nécessité pour lutter contre la déflation !

 

A suivre.

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17 Comments

  1. J ajouterais que cette politique monétaire de merde a fait surpasser la spéculation sur l humain , une histoire qui finira par nous faire retourner à l age de pierre . En tout cas cet article n a pas d egal tant il explique correctement cette situation très grave .

  2. Bonjour

    Suivre le débat

  3. intéressant, un article qui va a contre sens de la pensée dominante.

    le problème c’est qu’un augmentant le taux d’intérêt, on ne vas pas seulement faire diminuer l’offre mais on va surtout faire diminuer la demande sans compter les banques (qui vont devoir encaisser ces faillites d’entreprises) ou les entreprises qui ont leurs passifs en taux variable (je parle même pas des états qui vont voir leur déficits exploser)
    il est donc très difficile de toucher au taux d’intérêt directeur

    comment alors faire baisser l’offre ?
    en jouant sur la réglementation écologique, on pourrait bannir pas mal de produits, ça fera baisser l’offre , il y aura peut être moins de différentiation entre les produits et donc une concurrence qui portera uniquement sur le prix

    un crash boursier, on m’a récemment dit qu’un cash boursier fraisait baisser les fonds propres et donc le passif des entreprises banques, en tout cas ça créerait des difficultés pour se recapitaliser, de plus dans l’article qui parle de la trappe à liquidité il y a cette phrase « es individus préfèrent détenir du liquide plutôt que d’acheter des obligations. » sous entendu les agents n’ont pas confiance dans la solvabilité des entreprises et préfèrent garder leur argent sous le matelas, la trappe à liquide serait donc un indicateur de crise prochaine ?

    bref article intéressant,
    en tout cas il est clair que notre modèle économique n’est pas viable écologiquement et qu’une bonne crise serait une bouffé d’oxygène pour notre planète .

  4. Michel 2 says:

    « Ce postulat de base est simpliste et nous, les hommes de la rue, ceux qui n’ont pas le pouvoir de savoir, comprenons intuitivement que ce n’est pas vrai, ou du moins que ce n’est pas vrai passé un certain niveau : Faciliter les crédits n’est pas nécessairement source d’inflation si la production est excessive face à une population qui n’a pas les moyens (ou le besoin) de consommer. On ne fait pas boire un âne qui n’a plus soif… »

    Population qui n’a pas/plus les moyens de consommer, dû pour beaucoup et en progression constante du fait écologique =lavage de cerveau écologiste du citoyen moyen = contraintes, impôts et taxes croissantes …. et ce n’est pas fini avec la mise en place de l’assemblée citoyenne qui va en remettre des strates supplémentaires ! 🙁 🙁

  5. méga-bulle says:

    https://investir.lesechos.fr/marches/actualites/d-anciens-banquiers-centraux-attaquent-la-politique-monetaire-de-la-bce-1875270.php

    A force d’avoir trop écarté les cuisses , il ne lui reste plus rien à vendre il est cuit !!!

  6. Corcondilas says:

    veuillez je vous prie de ne plus m’envoyer vos mail ;et me desinscrire de vos fichiers

  7. Corcondilas says:

    blog interressant.

  8. En plus, l’investissement des entreprises ne relancera pas l’inflation, comme le croit les pontes de la BCE, et Notre Président, mais entrainera tout le contraire. En effet, Qd une entreprise investit dans une nouvelle machine , qui produira avec un ouvrier 100 pièces par jour ( en replaçant une ancienne machine qui ne produisait que 50 pièces/jour), la conséquence sera une baisse de prix de ces pièces, et donc, elle sera où, l’inflation ? Sans compter, que ce ne sera pas très bon pour la planète, en plus… Non, on est coincé. Si la BCE croit que les robots ( les entreprises adorent investir la-dedans) vont contribuer à faire repartir l’inflation, ils se foutent le doigt dans l’oeil 😉

  9. ange LERUAS says:

    Une fois de plus Karl Marx a eu raison de nous mettre en garde en nous disant la monnaie masque la réalité : la production et sa vitesse. Vous donnez à la monnaie ou la politique de la monnaie, un pouvoir qu’elles n’ont pas. Puisque tous besoins de conjuguer les effets de l’inflation des prix (offre) c’est créer des inflations chez les demandeurs laquelle inflation, chez le demandeur, se traduit par l’inflation chez les offrants. Qui le l’œuf ou de la poule est au commencement ne nous intéresse plus. D’autant que nous sommes en période de déflation, les taux d’intérêt en baisant ne justifient plus le rattrapage par l’inflation des revenus.

    Comme chacun le constate, sur une même période, nous pouvons avoir déflation dans un secteur et inflation dans un autre. L’inflation et la déflation originelle a pour seule origine le principe de l’offre et de la demande. Un surplus d’offre produit la déflation un surplus de demande produit l’inflation.

    Régler le problème d’équilibre d’offre et de demande par des artifices monétaire est inopérant tout au plus la politique monétaire peu agir sur les comportements de certain qui épargne trop et de ce fait bloque l’économie de production vouées à devenir consommation, la politique monétaire venant alors, suppléer cette épargne pour relancer l’économie en danger, en mettant de la monnaie en circulation puis le retrait de cette monnaie quand l’épargnant remet son épargne en circulation comme en 2008 quand les épargnant craintifs de la crise ont créé cette dernière.

    Il faut dire que peu gens savent la réalité qui suit : la monnaie n’est que la matérialisation des avances faites aux producteurs des biens et des services lesquelles avances attendent la consommation de la production pour être rembourser et ce remboursement n’est possible que si ces avances sont utilisées à cette fin.

    Quand vous aurez compris que la monnaie n’est que matérialisation vous serez en mesure de comprendre bien des choses que vous ignorez d’elle.

    Dans la production au fur et à mesure cette dernière accumule des valeurs (valeurs ajoutées) pour donner un prix à cette production et en parallèle ces valeurs sont matérialisée par de la monnaie distribuée afin que cette distribution permette, à celui qui la possède, un droit à consommer une production autre que celle produite.

    Celui qui détient cette monnaie qui n’est la matérialisation d’un droit à consommer, détient une avance que seul le consommateur de cette production avec ses avances issues d’une autre production peut rembourser.

    La monnaie n’a pas de rôle dans la production ce sont les valeurs ajoutées qui joue un rôle lesquelles sont la rétribution des actifs ou des attributions pour des inactifs où encore des contributions à des dépenses collectives ou de santé que les lois sociales ont mise en place.

    Comprenez que toutes ces avances faites avant que la production soit consommée, en économie, doivent être équilibré par le remboursement. Une production non consommé et à l’origine des avances faites et l’absence de remboursement nous met en crise.

    La monnaie n’étant que matérialisation d’un droit à consommer, ce droit à consommer peut être transférer pour donner ce droit à un autre qui lui rembourse l’avance. C’est pourquoi les politiques monétaires doivent vérifier cet équilibre entre avance et remboursement et à chaque fois que l’épargnant ne fait pas lui-même un transfert de droit à consommer, il faut intervenir par un flux de monnaie pour que la production soit consommée et l’avance remboursé.

    Pour bien comprendre ce mécanisme il ne faut pas oublier que la production des uns devient la consommation des autres.

    C’est ainsi que celui qui investit dans l’outil de production transfère ce droit de consommer à celui qui va produire l’outil (non consommable) et sera remboursé, de ce transfert, par les amortissements sur les investissements.
    C’est ainsi que celui qui boursicote transmet son droit de consommer à l’autre boursicoteur et la production à l’origine de l’avance peut être consommée par celui qui a retrouvé son droit de consommer perdu par l’autre.

    Le système des startups est identique et les bulles sont alors sans effets, puisque, à chaque fois, il y transfert d’un droit de consommer que l’un perd et l’autre gagne.

    De crise il ne peut y avoir que si la production n’est plus au rendez-vous faute de circulation de monnaie (l’avance n’est plus remboursée) et arrêt de production par manque de confiance, ou fautes aux règles structurelles qui font que les prix manquent de compétitivité où la production ne correspond pas aux besoins de la population, notamment par des consommations obligatoire peu agréables et utile.

    Ce n’est que par la confiance et l’abolition des règles structurelles mises en place pour freiner la production, de l’utile et de l’agréable, que nous n’aurons plus de crise.

  10. Pas d’accord. Exagération sur les startups et QE européen n’ont pas grand chose à voir, à part qu’ils se produisent en même temps.

    Un exemple : wework. Financé essentiellement, via Softbank, par les pétroliers arabes, qui espéraient un gain facile. Raté.

    Je vois plutôt, pour la situation européenne, et spécifiquement française, un effet de la surfiscalité écologiste (taxes carbones, taxes sur l’électricité pour financer les éoliennes et les panneaux solaires des copains, malus automobile qui pousse à reporter un achat, montée des prix alimentaires, …). Plus de fiscalité écologiste, c’est moins de pouvoir d’achat.

    Ajoutez-y le vieillissement de la population (on consomme moins quand on est vieux), la violence qui monte depuis trente ans, et les comportements défensifs que ça entraîne, y compris au niveau de la consommation, la disparition de la classe moyenne, le marketing qui fonctionne moins bien depuis que les marketeux se sont mis en tête de nous faire des leçons de morale à longueur de pub plutôt que de vendre leur soupe, et vous avez quelques éléments qui mis bout à bout vous cassent la plus espérée des croissances.

  11. Les arbres ne montent pas au ciel… Et les bulles financières ne gonflent pas à l’infini…

    C’est difficile à croire mais les marchés sont tellement valorisés qu’on manquerait de dollars… Les banques mainstream peuvent créer de l’argent mais du fait des réglementation, elles sont contraintes par leur bilan. Elles vont donc spéculer dans le shadow banking (sans réglementation); la seule contrainte est qu’il faut y injecter des dollars (via le marché des repo de la Fed) et pour cela vous avez besoin de collatéral (le top c’est bien-sur l’emprunt d’état).

    Dans le shadow banking, l'(euro)dollar est une matière première, si vous en avez beaucoup, les actifs montent et si vous en manquez, les actifs baissent. C’est pas de l’économie, c’est de la mécanique.

    Ils semblent que depuis quelques semaines déjà, on manque de collatéral de bonne qualité donc la banque centrale US injecte de l’argent directement dans le repo, principalement à destination du shadow banking… C’était bien-sûr une solution temporaire…. mais qui a déjà été prolongée jusque la fin de l’année… Ben voyons!

    Une fois de plus avec les banques centrales, on est à la limite du hold-up. Et quand Draghi annonce un nouveau QE, c’est plus pour forcer les banques européennes à acheter des Fed funds que pour relancer l’inflation en Zone Euro.

    Il faudra qu’un jour ces banquiers centraux rendent des comptes.

  12. Draghi serait un descendant de Law ?

  13. julien bonnetouche says:

    Bonjour Guillaume, et à tous,

    Votre approche de la déflation par la baisse des taux est hyper-intéressante, dans la mesure où personne n’en a encore fait écho à ma connaissance.

    Je résumerais volontiers cela en disant que tout ce qui concours à une baisse des prix est par nature déflationniste, et naturellement en abaissant le coût du crédit on joue sur le prix final des objets ou services.

    Il faudra quand même le signaler aux banquiers centraux pour qu’ils en prennent conscience afin qu’ils n’appuient pas trop sur ce levier là !!!! (si une inflation proche de 2 % est toujours dans leur mission, ce qui n’est plus certain)

    Pour essayer de faire le tour de la question, depuis la crise de 2008 et le début des QE, les experts mondiaux se penchent sur ce problème d’absence d’inflation, et ne comprennent pas pourquoi malgré les quantités énormes de monnaies injectées dans le circuit financier elle ne refait pas surface.

    La digitalisation de l’économie est souvent mise en avant parmi d’autres facteurs, mais il est nécessaire de pointer exactement ce dont il s’agit.

    Les esprits sont troublés car ils n’ont pas toujours conscience que le tournant du « tout digital » se situe à peu près à la même période (fin des années 2000) et ne comprennent pas la violence de ce mouvement (qui n’en est qu’à ses débuts) ainsi que son incidence sur le mode de fonctionnement des entreprises, la rationalisation de leurs coûts, tout cela se traduisant directement par une baisse du coût final des produits et services.

    Deux notions sont essentielles à retenir :

    -la désintermédiation

    – la globalisation du savoir de plus en plus en open source.

    Ces deux notions mettent à bas le système de fonctionnement des entreprises du passé, basé sur toute une série d’intermédiaires, à la fois au sein de l’entreprise ( les diverses bureaucraties et individus jaloux de leurs pouvoirs, freinant des quatre fers pour ne rien changer à leurs habitudes) mais aussi à l’extérieur des entreprises de production, dans la chaine de distribution.

    Donc concernant la désintermédiation, c’est évident, la suppression des intermédiaires facilite la productivité et la distribution tout en réduisant les coûts.

    On pense d’abord à l’exemple d’Amazon, mais en cette fin de décennie 2010, toutes les entreprises mondiales et de toutes les tailles ont déjà intégré, ou commence à prendre conscience de cette révolution structurelle.

    Walmart qui était au plus mal, et obligée de fermer de nombreux magasins, refait surface semble t il en prenant modèle sur Amazon.

    La globalisation du savoir, met à la portée de tous, une quantité de connaissances sans équivalent, et qui autrefois tenaient du secret, jalousement gardées par les entreprises dans le but évident d’éviter l’arrivée de nouveaux concurrents.

    Dans la réalité, et dans quasiment tous les domaines d’activité, à commencer bien sur par le digital, le secret n’est plus de mise puisque tout est à la portée de tous en consultant les sites appropriés sur le net.

    D’ailleurs, des gens comme Elon Musk ont par exemple décidé de mettre à disposition de tous ceux qui le souhaitent les procédés de fabrications des tesla ou des space x.

    Lui même a réussi à développer des engins que l’on croyait jusqu’ici seulement réalisables par des États, uniquement en utilisant les connaissances universellement accessibles .

    L’explication réside non pas dans l’exploitation directe de la connaissance mais dans la création permanente de cette connaissance (ce que l’on appelle l’innovation disruptive) au moyen d’équipes formées d’experts venus d’horizons, de cultures, de formations différents, mais travaillant en symbiose sur des objectifs communs ce qui s’oppose au travail sur des tâches pré-définies, visant à l’amélioration de techniques déjà existantes (ce que l’on appelle l’évolution incrémentale)

    Il faut donc admettre, que ce ne sont pas les les savoirs qui sont importants, mais l’utilisation interactive que peuvent en faire des groupes d’individus motivés, et qui vont faire naitre des idées nouvelles parmi lesquelles s’en trouveront certaines de révolutionnaires.

    On retrouve ici le lien entre globalisation du savoir et suppression des freins à son utilisation.

    Il devient alors facile de comprendre que cette nouvelle façon de concevoir la création est infiniment plus souple et rapide et beaucoup moins coûteuse que l’ancienne que l’on pourrait imager par une tour au sommet de laquelle se trouverait les bureaux du PDG puis les divers services administratifs et enfin en bas les contremaitres et les petites mains ouvrières.

    On oppose ainsi l’organisation « verticale « à l’organisation « horizontale »

    ( Mark Zuckerberg a installé ses bureaux au milieu d’un open space)

    Mais d’autres innovations de ruptures sont dans les tuyaux en particulier les objets connectés ( on en prévoit 100 milliards en 2025 ). on ne sait pas encore où cela nous mènera, mais d’importantes économies globales sont à prévoir :

    Juste un exemple facile à comprendre : le réfrigérateur connecté gérera les dates de péremption, proposera des recettes avec les produits existants, commandera uniquement ceux qui pourraient manquer etc ….

    On ne jettera donc plus qu’un minimum de choses….

    Je m’inspire ici l’un petit livre passionnant que j’ai lu ce weekend..

    « transformation digitale : l’avènement des plateformes » de Gilles Babinet en collection poche.

    Qui traite de l’ensemble de ces problèmes ainsi que du nouveau management, du nouveau marketing de l’entreprise qui devient plateforme, bref de l’inversion de la chaine de diffusion qui remonte depuis le consommateur vers le producteur au lieu de l’inverse.

    • Je crois néanmoins que la digitalisation n’explique pas tout. La digitalisation accélérée ne s’explique t’elle pas par la soutien abusif des startups qui détruisent leur environnement concurrentiel du fait de cette concurrence déloyale introduite par … l’abondance de liquidité introduite par la banque centrale.

      Je crois que la digitalisation est un véritable sujet mais qui n’est pas nouveau. Auparavant, la contrainte de rentabilité ralentissait la diffusion de ces innovations rarement rentables à court ou moyen terme. Aujourd’hui, ces entreprises non rentables sont soutenues par la politique monétaire et elles peuvent donc s’affranchir de cette contrainte de rentabilité.

      Leur rentabilité sera pour plus tard, lorsque la concurrence traditionnelle sera morte et qu’elles pourront à nouveau augmenter leur prix.

      C’est alors que la boucle est bouclée.

      N’êtes vous pas d’accord ?

  14. julien bonnetouche says:

    C’est une question de proportion :

    La digitalisation qui s’accélère de plus en plus, concerne toutes les couches de la société et de la population entrepreneuriale.

    les USA et la Chine en premier dont les tailles respectives sont très éloignées de nos start up françaises;.

    les entreprises du digital ( las GAFA et les BATX) sont évidemment les premières concernées, ( cela se traduit dans leurs bénéfices gigantesques) mais petit à petit les entreprises plus classiques s’y mettent ou seront condamnées à mourir.

    la taille des ces entreprises, qui est sans commune mesure avec les start up leur confère un rôle prépondérant dans le processus déflationniste.

    l’innovation de rupture ( celle des start up, et du digital d’une manière générale), s’oppose à l’évolution incrémentale pour deux raisons essentielles :

    les risques d’échec sont beaucoup plus importants et plus nombreux quand il s’agit de trouver un idée complètement nouvelle que d’améliorer un processus existant :

    Par exemple si l’on veut améliorer le rendement d’un moteur thermique les chances de succès sont important, mais les gains seront faibles.

    Si comme Elon Musk on projette de créer un système de motorisation complètement nouveau, les chances de succès sont minces, mais le progrès sera considérable si l’on y parvient.

    Cette différence entrainera fatalement la disparition de ceux qui n’auront pas choisi la première option pour des raisons concurrentielles et de dynamisme évidentes.

    Les start up sont donc un passage obligé, pour ne pas rester sur le bord du chemin.
    Elles coûtent ce l’argent certes, mais celles qui réussiront remplaceront les entreprises traditionnelles.

    Alors oui vous avez raison sur un point, leur rentabilité viendra plus tard, ou bien elles échoueront avant.

    Mais les entreprises qui restent dans le modèle ancien de la verticalité, sont elles condamnées à terme.

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