Alors que nous avions déjà enterré le régime de la retraite par répartition et déjà annoncé l’indispensable recours à la retraite par capitalisation, voilà que le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) annonce un retour à l’équilibre du système de retraite par répartition dès 2025 !

 

Le déséquilibre du système de la retraite par répartition depuis 2002

equilibre du système de retraite 2016
L’équilibre du système de retraite depuis 2002 jusqu’à 2015

 

 

Décidément, les récentes réformes et notamment l’allongement de la date du départ à la retraite pour toucher la retraite complémentaire à taux plein (cf »Baisse des retraites de 18% ? N’est ce pas exagéré ? La vérité sur la baisse des pensions retraite depuis l’accord ARRCO – AGIRC« ) devraient pleinement produire leurs effets ! Arrêtons de jouer les Cassandre à la recherche de la prochaine catastrophe financière et économique, la perspective d’un équilibre prochain du système des retraites est une excellente nouvelle qui doit lever de très nombreuses incertitudes.

Le lobbying des assureurs et autres gestionnaires d’épargne longue vont devoir s’y habituer, il ne leur sera bientôt plus possible d’agiter le spectre de l’effondrement du système pour forcer les Français à épargner (cf « La revanche de la retraite par répartition face à la retraite par capitalisation du fait des taux bas ?« )

Bien évidemment, l’équilibre du régime de la retraite par répartition est le fruit d’un équilibre subtile entre différents facteurs qu’il est délicat de prédire avec certitude, mais avouons que la simple perspective d’un espoir nouveau du non effondrement du régime des retraites par répartition est une excellente nouvelle !. Déjà, il y quelques mois, nous vous expliquions que les mesures pour atteindre l’équilibre ne semblaient inaccessibles (cf »Non, le régime de retraite par répartition n’est pas mort ! Voici les solutions pour le sauver définitivement.« ).

 

 Projection de l’équilibre du régime de la retraite par répartition entre 2015 et 2060.

equilibre du système de retraite 2015-2060
Projection de l’équilibre du système de retrait en fonction du taux de croissance (entre 1% et 2% à long terme).

 

 

 Un retour à l’équilibre dépendant du niveau de croissance.

Bien évidemment, cet équilibre du système de la retraite par répartition est précaire et très largement dépendant au niveau de la croissance économique. L’équilibre serait ainsi atteint dès le milieu des années 2020-2030 avec une croissance économique comprise entre 1.50% et 2%. Une croissance plus faible à 1.30% ou 1% ne permettrait pas un retour rapide à l’équilibre.

En projection, le solde financier du système de retraite serait, comme les dépenses, très sensible au rythme de croissance des revenus d’activité (ou de la productivité du travail). À l’horizon de 2020, les scénarios économiques considérés ne sont pas différenciés et le solde financier du système de retraite est par conséquent identique entre tous les scénarios jusqu’à cette date. Il s’établirai tà -0,2% du PIB en 2020.

Le système de retraite pourrait toutefois,en cas de croissance suffisante des revenus d’activité, revenir à l’équilibre financier et dégager des excédents à plus long terme ; l’équilibre serait ainsi atteint dès le milieu des années 2020 dans les scénarios 1,5%, 1,8% et 2%.

À l’inverse, le système de retraite resterait durablement en besoin de financement en cas de croissance des revenus d’activité inférieure à 1,5% par an à long terme. Dans le scénario 1,3%, le besoin de financement se stabiliserait à environ 0,2% du PIB à partir du milieu des années 2030. Dans le scénario 1%, les besoins de financement augmenteraient chaque année pour atteindre 1,4% du PIB en 2060.

 

et du niveau du chômage…

De manière moins sensible que le niveau de la croissance économique, le taux de chômage impact également le retour à l’équilibre du système de retraite.

équilibre retraite par répartition taux de chômage et croissance économique

 

 

Une croissance économique à 1.50% et un taux de chômage proche de 10% ne rend pas impossible le retour à l’équilibre du système de retraite, mais le repousse à 2035-2040 contre 2025 pour un taux de chômage à 7%.

 

équilibre retraite par répartition taux de chômage et croissance

 

 

 

Finalement, l’effondrement certain du système de retraite n’aura pas lieu et la perspective du retour à l’équilibre est une excellente nouvelle !

 

Le pire n’est jamais certain.

 

 

Source :Rapport COR

 

 

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19 Comments

  1. Merci pour ce premier décryptage.
    Ce n’est pas l’effondrement du système qui est généralement mis en avant pour inciter à l’épargne. Voyez-vous vraiment de la comm’ d’assureur la dessus? C’est la baisse du taux de remplacement qui est mis en avant. Le rapport apporte-t-il du nouveau là dessus?
    A part ça, une croissance supérieure à 1,5% par an, c’est pas gagné!

    • Non, biensûr j’axagère le propos du lobbying pour essayer de vous faire comprendre que certains ont intérêt à noircir le tableau…

      Oui, la question du niveau de la croissance économique est un sujet mais la bonne nouvelle est que nous connaissons les leviers, le reste n’est qu’un choix de société :

      – Demain, si la croissance de long terme (La croissance 2015-2016-2017 n’a pas d’importance, le plus important est la croissance dans 20 ans) devait être durablement inférieur à 1.50%, la société devra choisir entre repousser l’âge de départ à la retraite ou assurer le déséquilibre par plus d’impôt. Ce n’est qu’une question de choix, mais nous savons maintenant que l’équilibre n’est pas impossible et qu’une question d’équilibre sociétal.

      – Demain, si la croissance devait être supérieur, la société choisira du devenir des excédents… baisse des charges, augmentation des retraites ….

      Au final, ce n’est pas la catastrophe annoncée ! Oui, les retraites vont baisser (un peu) ; Oui, le départ à la retraite est repoussée à 65 ans ou 67 ans ; Oui, les cotisations sont élevés… mais surtout, Non, la retraite par répartition n’est pas morte. Vous toucherez bien votre retraite !

    • Voilà le taux de remplacement moyen pour un salarié non cadre.

      Lecture : pour le cas type né en 1940, la pension moyenne perçue sur l’ensemble de la durée de retraite représente 75,3% du salaire moyen

    • Avec bien heureusement, un meilleur taux de remplacement pour les salariés au SMIC assurant un revenu minimum

      taux de remplacement retraite SMIC

    • La véritable mutation est l’allongement de la durée de cotisation…

      Durée cotisation retraite / espérance de vie en durée

    • Enfin, une statistique passionnante, la durée de vie active (durée de la cotisation) au regard de l’augmentation de la durée de la vie.

      Au final, la génération née dans les années 80 cotisera pendant 40% de sa vie contre 46% pour la génération née en 1955… Voilà une autre manière de voir les choses ….

      Finalement, la génération née en 1980 est une génération privilégiée…

  2. Bonjour Guillaume,
    Lorsque vous dites « si la croissance de long terme (La croissance 2015-2016-2017 n’a pas d’importance, le plus important est la croissance dans 20 ans) … », vous semblez méconnaître le fait que 3 à 5 années à 0 (voire récession) impactent de 1/5 à 1/4 la moyenne sur 20 ans.

    De plus, qu’est-ce qui pourrait laisser planer l’ombre d’un espoir que la croissance économique en France reparte après 2017 ? Une alternance de gouvernement français n’aura strictement aucune efficacité tant que la politique économique sera dictée par Bruxelles.

    Je considère, pour ma part, qu’une croissance moyenne de 1.5% sur 20 ans relève de l’optimisme béat, 1% du fol espoir, 0,5% du réalisme heureux… Je penche plutôt pour un 0, voire une récession moyenne sur 20 ans.

    Quant au chômage, autre paramètre clé, à part les manipulations de chiffres à court terme avant les élections, qui ose croire à sa décrue réelle ?

    Le problème est géopolitique et philosophique : tant que les fondamentaux de notre société resteront fondés sur le libre-échangisme mondial, aucun espoir ne sera raisonnable. Et je ne pense pas que cela change de sitôt, sauf miracle (toujours possible) !

    Je m’attends donc à des années très noires, et je conseille vivement une attitude défensive basée sur des investissements capables de générer du revenu à long terme.

    Si jamais il reste quelque chose du régime de répartition, ce sera toujours un bonus appréciable, mais ne comptez pas dessus pour vivre dignement !

    Bien cordialement.

  3. Dans toutes ces simulations, un paramètre essentiel est la « croissance ».

    Mon avis, que je partage … 🙂 est qu’il n’y aura plus de croissance, ou celle qu’on appelle « technique », soit inférieure à 0.5%

    Je ne serais même pas surpris de la voir (d’en haut) négative en moyenne sur ce siècle.

  4. En ce qui concerne le « le taux de remplacement moyen », vous indiquez (comme presque tout le monde) un taux basé sur le ratio des revenus bruts, en retraite et en activité.

    Ce qui importe réellement, c’est le ratio, en revenu NET, bien plus représentatif du pouvoir d’achat.

    Comme le taux de cotisation est bien plus faible sur les pensions (plus de cotisation retraite à payer en particulier, prélèvements sociaux plus faibles) que sur le salaire d’activité, ça améliore largement le ratio.
    Comme l’IR est progressif, ça améliore encore plus ce ratio sur les revenus nets, pour ceux qui paient l’IR pendant qu’ils sont en activité.

  5. Merci pour les précisions, Guillaume.
    Mais je ne comprends pas pourquoi, sur les graphiques de taux de remplacement, plus la croissance est forte plus le taux de remplacement est faible.

  6. Jean Claude says:

    J’admire l’optimisme de Guillaume ! mais il le fait de facon intentionnelle , alors on lui pardonne . Prenons en compte
    – une croissance quasi nulle pour longtemps
    – l’incapacité de ce pays a se reformer
    – un chomage recurrent quel que soit le niveau de croissance
    – une augmentation importante de l’immigration ( économique , politique , climatique etc ) non cotisante ou
    faiblement
    – une fiscalité progressante concurrencant le potentiel a cotiser ainsi que les prelevements sociaux
    – etc
    Et l’important , c’est le taux de remplacement sur les derniers salaires qui ne peut que baisser, et ce qu’il en reste
    apres fiscalité .
    Le modéle francais est bel et bien condamné , soit il se reforme et ne sera plus le méme , soit il s’effondrera

    • Mais les simulations du retour à l’équilibre sont réalisées avec :

      – Une croissance de 1.5% max ;
      – 10% de chômage

      Je ne suis pas optimiste… seulement réaliste !

      « Le modéle francais est bel et bien condamné , soit il se reforme et ne sera plus le méme , soit il s’effondrera ». Sur quoi appuyez vous cette affirmation ?

      L’âge du départ à la retraite est passé de 60 ans à presque 67 ans … Ce n’est pas une réforme pour vous ?

    • ROLAND GARNIER says:

      @ JEAN CLAUDE
      De plus je crois que l’IR ne concerne que 10 % des français
      Comment un pays peut-il fonctionné si 90 % sont portés par seulement 10 %
      Je sais que c’est un vaste débat sur le partage mais j’aimerais savoir dans ces 10 %, quelle est la proportion contributive de la classe moyenne ?

      • Hors ce fait, le plus gros problème ce sont les niches fiscales.

        Il faut supprimer la quasi totalité, ça coûte une fortune au budget de l’État, pour une efficacité limitée et ciblée politiquement.

        Ne pas oublier les 3S que je rabâchais du temps de l’active! C’est la seule chose bien perçue par le quidam, car bien comprise.

  7. Jean Claude says:

    Je ne m’appuie pas sur des calculs mais j’essaie d’integrer de nouveaux paramétres tres longs termes que les modélisations ne prennent pas en compte trés vraisemblablement , cf ceux que je cite .
    Les prendre en compte pour certains declencherait un scandale .
    D’autre part lorsque vous dites passer la retraite de 60 a 67 , sauf erreur de ma part , ce n’est pas vrai . On peut toujours partir avant moyennant une baisse substantielle , et c’est tres different que de ne pouvoir rien percevoir avant 67 ! en plus dans le systéme francais , on jongle par les vases communicants entre départ a la retraite et chomage . On ne peut donc pas vraiement raisonner micro ( caisses retraites seult ) , mais macro et il faut integrer les impacts de mouvements recents qui ne peuvent que s’amplifier et non encore pris en compte dans la modelisation

  8. L’âge de départ en retraite est toujours associé à l’espérance de vie qui est une hypocrisie et un prétexte permanent pour justifier les réformes. Sachez que dans les pays industrialisés, l’ espérance de vie a reculé (en France aussi) et qu’elle reculera encore. Les nouvelles générations connaissent le stress les pollutions, les OGM, la mal bouffe, la sédentarité, les cancers, etc…. Allez vous promener dans les cimetières et regarder les dates de naissance et de décès, vous allez comprendre que la réalité est loin des discours des politiques.

  9. Martin, votre raisonnement ne colle pas avec ce qu’on peut déjà observer aujourd’hui. Les taux de mortalité à 30, 40 ou 50 ans d’aujourd’hui sont plus faibles que ceux d’il y a vingt ou trente ans. Autrement dit, les anciennes générations se portaient moins bien étant jeunes que les nouvelles. D’ailleurs la baisse de 2015 de l’espérance de vie, la seule depuis 1969, est due à une surmortalité des plus de 65 ans explicable par des épisodes de grippe et de canicule plus graves que d’habitude.
    Il faut par ailleurs rappeler que « l’espérance de vie » n’est pas une prévision, contrairement à ce que son nom suggère, elle est construite sur la mortalité observée dans l’année. Ainsi, chaque génération dépasse allègrement en moyenne son espérance de vie à la naissance(ou même à un autre âge) depuis un bon siècle, c’est normal l’EV n’a rien de prédictif.

    • Brar, je ne partage pas votre avis. L’espérance de vie est une notion totalement virtuelle, voyez cette vidéo : https://www.ined.fr/fr/tout-savoir-population/videos/animation-mesurer-esperance-vie/
      L’augmentation apparente et actuelle de l’espérance de vie repose principalement que sur la diminution du taux de mortalité des nouveaux nés (comparé aux années 50) et des personnes âgées (mieux soignées aujourd’hui). Cela ne dura pas car les personnes âgées (nées avant guerre, mieux nourries, plus robustes, ect…) vont progressivement disparaitre et la moyenne globale calculée sera donc modifiée. Quant au taux de mortalité des nouveaux nés, on pourra difficilement faire mieux.

      C’est pour cela que je me réfère aux cimetières et aux statistiques personnelles que l’on peut en tirer !

      Pour ce qui est de la baisse de 2015 en France, elle n’est pas circonstancielle et ponctuelle mais elle s’inscrit dans une tendance déjà constatée depuis des années aux USA.

  10. Martin, votre vidéo explique bien ce qu’est l’EV mais je ne vois pas en quoi elle conforte ce que vous avancez.
    Voici en lien des données (Cf T67) qui montrent ce dont je parlais plus haut.http://www.insee.fr/fr/themes/detail.asp?reg_id=0&ref_id=ir-irsocsd2013&page=irweb/irsocsd2013/dd/irsocsd2013_mortalite.htm

    Prenons la génération née autour de 1934 (1932-1936)qui a aujourd’hui autour de 82 ans (est-ce bien celle-là que vous supposez mieux nourrie et plus robuste?). A 30 ans (1962) ils mourraient presque trois fois plus que les trentenaires de 2013 (1,63/1000 contre 0,60/1000), presque deux fois plus à 40 ans. A 50, 60 et même à 70 ans l’écart est net (alors que l’écart d’âge diminue).
    Qu’est-ce qui peut vous faire penser que cette génération qui a continument eu plus de mortalité à tous les âges que les suivantes est plus « robuste » et va soudainement avoir moins de mortalité à l’avenir que les plus « jeunes » ?
    Vous pouvez prendre une autre génération, la mortalité baisse régulièrement à tous les âges, le raisonnement est le même.
    Au passage, l’EV augmente aussi aux USA: http://www.statistiques-mondiales.com/esperance_de_vie_par_pays.htm

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