Souscrire et alimenter un Plan Epargne Retraite (PER) est, et vous le savez si vous me lisez régulièrement, une option que vous devez sérieusement envisager.
Bien plus qu’une épargne défiscalisante pour préparer votre retraite, le PER est un placement qui a toute sa place dans le cadre d’une gestion globale de votre patrimoine.
C’est d’ailleurs une vision que nous vous avons proposée dans cet visio-patrimoniale » Le PER au coeur de votre stratégie patrimoniale globale » (replay disponible) au début du mois de décembre.
Aujourd’hui, je voudrais vous expliquer comment vous allez pouvoir utiliser votre PER pour financer votre pré-retraite.
Le sujet de l’âge de départ à la retraite est source d’anxiété pour beaucoup d’entre vous qui ne savez pas si vous aurez la capacité de conserver votre emploi jusqu’à 67 ans, âge réel de départ à la retraite prévisionnel pour nombres d’entre nous qui avons commencé à travailler vers 23 ans (Bac+5, sans fausse route).
Avec un minimum de 43 années de cotisations, l’âge légal de départ à la retraite, qu’il soit de 62 ans ou de 64 ans, concerne uniquement ceux qui auraient commencé très tôt à travailler (ou ceux qui accepteraient de partir à la retraite avec une forte décote).
Souscrire un PER pourrait alors être une solution pour financer cette fin de carrière compliquée. En effet, le capital accumulé sur le PER est bloqué jusqu’à l’âge de départ légal de la retraite ou avant si vous pouvez bénéficier du dispositif carrière longue.
Cela signifie, tout simplement, que vous pourrez disposer de votre épargne dès 62 ans (et probablement 64 ans, demain).
Le capital accumulé sur le PER vous permettra donc de « tenir » jusqu’à l’âge de votre retraite à taux plein.
Demain, lorsque vous aurez 64 ans, alors que votre fin de carrière professionnelle sera peut-être délicate, vous pourrez utiliser l’épargne accumulée sur votre PER vous maintenir votre niveau de vie.
L’épargne accumulée sur votre PER pourrait vous permettre d’envisager plus sereinement les dernières années de votre vie professionnelle et une reconversion, un temps partiel qui se caractériserait par un revenu plus faible.
Alors que vos revenus en fin de carrière pourraient être faibles (et votre taux d’imposition également), l’épargne sur le PER vous assurera une fin de vie professionnelle sereine.
En réalité, le PER pourrait vous permettre de profiter de vos revenus élevés de milieu de carrière (45 ans) pour accumuler le capital nécessaire au financement de votre fin de carrière aux revenus plus faibles.
Vers une carrière professionnelle en deux temps ?
Dans une récente tribune, Pierre Sabatier poussait une réflexion intéressant sur notre perception de la vie professionnelle.
Extrait de son article « RÉFORME DES RETRAITES : « LE VRAI ÂGE DE DÉPART DEVRAIT ÊTRE 45 ANS », ESTIME PIERRE SABATIER DE PRIMEVIEW«
La vision caricaturale de l’emploi ne correspond pas aux besoins de la population.
En fait, le vrai âge de départ devrait être à 45 ans ! Le travail, cela correspond à un niveau de revenu pour lequel on est prêt à passer du temps. Or la disponibilité et l’engagement que l’on est prêt à apporter à son entreprise varient en fonction de l’âge.
À 45 ans, on pourrait donc avoir le choix : soit on continue sa carrière, soit on liquide des premiers droits à la retraite pour envisager une carrière différente. Par exemple, pour ne travailler que quatre jours par semaine, ce qui permet aussi à l’entreprise de baisser son coût global.
Il pourrait donc exister un marché secondaire du travail, à partir de 45 ans, dans lequel on réévalue sa carrière en fonction de ses besoins.
45 ans me semble très jeune et l’idée de faire porter ce choix de vie sur les finances de la collectivité totalement inapproprié. En revanche, la démarche intellectuelle qui consiste à accepter l’idée d’une carrière en deux temps me parait pertinente.
Pourquoi devrions-nous accepter d’être directeur général ou encore cadre supérieur jusqu’à 67 ans ? Et si le véritable sujet était d’accepter une carrière moins glorifiante vers 55/60 ans, lorsque l’énergie que nous sommes disposés à consacrer à notre travail est moindre ?
Quel serait le problème à accepter un poste moins bien valorisé et payé sur les 10 ou 15 dernières années de sa vie professionnelle ? C’est une question d’ego, mais n’est pas là LA réponse.
Nous sommes faits pour travailler toute notre vie. Néanmoins, force est de constater que nous ne pouvons pas être au top de notre performance jusqu’à 67 ans. Ce n’est pas grave.
Il faut juste accepter l’idée d’une carrière en cloche avec un début et une fin de carrière moins bien payés !
Le PER et l’épargne accumulée pourrait alors vous permettre de financer cette fin de carrière aux revenus plus faibles (il pourrait vraiment être d’une grande pertinence que nos parlementaires se saisissent de cette philosophie pour conserver l’âge de 62 ans, comme âge à partir duquel le PER serait disponible).
ps : Cela pose aussi la question de la liberté patrimoniale d’accepter une fin de carrière avec un salaire plus faible. Cela suppose de ne plus avoir de dette et de crédit immobilier à rembourser à 55 ans !