Un lecteur régulier a récemment publié un commentaire intéressant auquel cet article va essayer de répondre :

« Quand on vous lit il ne faut investir dans rien: le marché des actions est trop haut, l’immobilier est trop cher et les SCPI sont trop chères voir un placement ringard!
Mais vous ne proposez pas grand chose … Voir rien car vos articles nous empêchent d’agir ! »

 
Il est vrai que je n’aime pas adopter la position du gourou qui explique ou il faut investir ou non pas investir. Je multiplie donc les articles dans lequel je développe un sujet… et, si je pose beaucoup de questions et aime remettre en cause les certitudes de la place, je n’ai pas toutes les réponses ; Je n’ai aucune certitude. Bref, je sais que je ne sais rien … mais j’adore essayer de comprendre.
Ces analyses ne sont pas toujours compréhensibles en l’état, elles nécessitent un travail de la part du lecteur qui devra comprendre l’analyse, juger de sa pertinence au regard de son expérience afin de pouvoir prendre une décision qu’il assumera. Je refuse d’endosser la responsabilité de la réussite ou de l’échec d’un investissement ou d’un placement. Je ne fais que vous faire part d’une analyse subjective, la mienne, que chacun devra juger, analyser, critiquer pour se donner les moyens de prendre la bonne décision.
Aussi, chaque article relatif aux placements ou investissements doit être lu avec une double lecture : Une lecture de court terme et une lecture de long terme.
Je vous propose donc de répondre avec précision à cette question : Comment investir en 2020 ? avec cette double lecture de court terme et de long terme. Mais attention, il ne s’agit pas d’un conseil objectif ! Ce n’est que mon avis subjectif.
Cette analyse détaillée repose sur nos 3 articles stratégiques :

En 2020, Face à une politique monétaire nuisible, la politique budgétaire va financer le front populaire écologique ; 

En 2020, un marché immobilier partagé entre une réduction de l’accès au crédit immobilier et recherche d’une valeur refuge ?

En 2020, les marchés actions chutent face à l’impuissance des banques centrales et la grève du consommateur

 

Comment placer son argent en 2020 ? Quels investissements privilégier ?

 

Assurance vie en fonds euros.

A court terme : Le rendement sans risque est le meilleur qu’il est possible d’obtenir pour un placement sans risque et relativement disponible. Mais attention, les fonds euros sont sans risque jusqu’au jour où l’ont se rendra compte que ce n’était pas vrai. N’oubliez pas que la loi SAPIN 2 permet de bloquer les rachats en cas de risque majeur et notamment de hausse des taux d’intérêt.
A long terme : Ce rendement est insuffisant pour espérer s’enrichir et valoriser son épargne. A long terme, le fonds euros est source d’appauvrissement relatif dans un monde ou l’inflation monétaire et les taux d’intérêt négatifs détruisent la valeur de l’épargne et de la monnaie.
 

Assurance vie Eurocroissance.

A court terme : Ce n’est pas un placement à court terme. La lecture et la compréhension du rendement à court terme est difficile et probablement source de déception en cas de hausse des taux d’intérêt ou baisse des cours des marchés action (cf »Quel rendement pour l’assurance vie Eurocroissance ? »).
A long terme : L’assurance vie Eurocroissance est un produit séduisant dont le rendement à long terme devrait être supérieur au rendement de l’assurance vie en fonds euros sauf en cas de forte hausse des taux d’intérêt (mais dans ce cas là,  garantie du fonds euros ne serait pas une meilleure solution ; Cette garantie serait illusoire et l’argent serait probablement bloqué en application de la loi SAPIN 2).
 

Assurance vie en unité de compte.

A court terme / A long terme : Les frais de gestion supplémentaires pénalisent le rendement. Seuls les épargnants qui recherchent le dénouement « hors succession » des contrats d’assurance vie doivent y épargner. Pour les autres, le PEA ou le compte titre seront probablement moins onéreux (et donc plus performants) – cf »Assurance vie, PEA, Compte titre : Quel conseil financier pour gérer votre épargne ? ».
 

PEL, livret bancaire

A court terme : L’excessive faiblesse des rendements fait perdre de l’argent aux épargnants sauf ceux qui ont la chance d’avoir de vieux PEL
A long terme : idem, même si la garantie totale du capital et sa liquidité permanente (et non remis en cause par la loi SAPIN 2 contrairement à l’assurance vie en fonds euros) peut permettre de saisir l’opportunité d’une baisse des marchés actions ou immobilier. Ce sont les seuls véritables produits financiers disponibles qui permettront à l’épargnant d’être habile dans son allocation d’actif.
 

Immobilier d’habitation et le logement

A court terme : L’excessive faiblesse des taux de crédit immobilier permet de justifier le niveau actuel des prix. Néanmoins, certaines grandes métropoles (Paris, Bordeaux, Lyon) ont déjà vu leurs prix augmenter de manière considérable depuis 10 ans contrairement au reste de la France.
A long terme : La faiblesse des taux d’intérêt semble s’inscrire dans la durée. Les taux d’intérêt durablement faibles devraient permettre de justifier une nouvelle hausse des prix de l’immobilier dans les régions dans lesquelles les prix sont stables depuis 10 ans. Pour les autres (notamment, Paris, Bordeaux, Lyon), le potentiel de hausse semble très réduit, mais la non remontée des taux d’intérêt devrait permettre de maintenir les prix à ces niveaux stratosphériques – ( cf »Êtes vous prêt pour la hausse des prix de l’immobilier et des terrains constructibles ?« ).
Toujours à long terme, la crise sociale que nous traversons pourrait modifier en profondeur le développement de la cité. Le mythe de la métropolisation de la société et le retour de l’attrait pour les villes moyennes ne doit pas être négligé (cf »Quelle stratégie d’investissement immobilier pour 2019 ? Vers le renouveau des villes moyennes ? »).
De surcroît, une remise en cause de la politique monétaire particulièrement accommodante ne doit pas être niée comme nous vous le détaillons dans notre analyse stratégie. La certitude de taux excessivement bas éternellement bas est elle raisonnable ? Je ne sais pas, mais ne pas se poser la question serait une erreur.
Dans le prolongement de cette idée d’une remise en cause des taux excessivement bas, la récente exigence du haut conseil de stabilité financière visant à interdire les prêts aux emprunteurs dont le taux d’endettement serait supérieur à 33% pourrait avoir des conséquences non négligeables sur certains pans du marché immobilier et notamment pour les biens dont l’usage unique est le locatif (cf »Meilleurs taux de crédit immobilier en Février 2020 : Des taux en hausse et plus compliqués à obtenir »).
 

Immobilier d’entreprise – SCPI- de bureaux et de commerces.

A court terme : L’excessive faiblesse des taux de crédit immobilier permet de justifier le niveau actuel des prix. La non remontée des taux d’intérêt devrait permettre de maintenir les prix à ces niveaux très élevés.
A long terme : Le marche de l’immobilier d’entreprise est au cœur d’une profonde mutation des usages qui remet en cause sa valeur intrinsèque. L’obsolescence immobilière et énergétique qui en découle oblige l’épargnant à la plus grande prudence. Les prix et les rendements pourraient baisser dans les prochaines années compte tenu des coûts importants liés à l’adaptation à ces nouveaux usages – cf »Faut il encore investir en SCPI en 2019 ? Quel rendement espérer ? ».
A long terme, l’absence d’une baisse future des taux d’intérêt ne pourra pas permettre d’expliquer la hausse future des prix. Les qualités intrinsèques devraient être les seuls moteurs de performance, or, celle-ci semblent remise en question avec la mutation des usages. La faiblesse des loyers au regard du prix des actifs immobilier d’entreprise ne permet pas d’amortir ces travaux pour s’adapter à ces nouveaux usages.
L’immobilier d’entreprise est un actif dont la valeur est très sensible aux taux d’intérêt ;  Je ne vois pas d’actifs qui n’auraient profité de la baisse des taux constatée depuis 2016 ;
 

Investissement dans le capital des entreprises – Les actions

A court terme : L’excessive faiblesse des taux d’intérêt et la perspective d’une non remontée de ces derniers à court / moyen terme devrait permettre de maintenir un haut niveau de valorisation au regard des bénéfices ; Néanmoins, en application de la théorie des cycles, il ne semble pas incohérent d’anticiper une récession à court terme qui aurait pour conséquence de faire baisser les bénéfices … et donc les cours, mais sans remettre en cause leur niveau relatif élevé grâce au taux d’intérêt excessivement faibles.
En synthèse, à court terme, la ralentissement de la croissance devrait entrainer une consolidation qui ne devrait pas remettre en cause le niveau relativement élevé des cours liés à la faiblesse des taux d’intérêt. Attention donc à la narration montante qui remettrait en cause la certitude des taux négatifs éternels.
Néanmoins, la tendance à la déconsommation pourrait ne pas être sans conséquence sur la capacité bénéficiaire d’un nombre important d’entreprise mondialisée (cf »La grève du consommateur va t’elle accélérer la mutation du capitalisme ? Who is John Galt ? »).
A long terme : L’investissement dans le capital des entreprises est l’une des seules stratégies d’investissement qui permettra à l’épargnant d’éviter son appauvrissement relatif. L’épargnant devra donc investir à long terme dans le capital d’entreprises leaders, dont le marché ne sera pas remis en cause dans les prochaines années, et surtout sans chercher à être meilleur que le marché et la spéculation à court terme – cf »Bourse : Investir avec la véritable « gestion passive » pour tirer profit du dynamisme à long terme des entreprises ? ».
Il est impossible de savoir si c’est le bon moment pour acheter des actions, même pour une détention à long terme. Il me semble alors cohérent de se constituer progressivement son portefeuille au gré des excès du marché comme nous le décrivons dans cet article « Faut il profiter des baisses sur le marché action pour investir à très long terme ? Notre mode d’emploi. »
 
 

Investissement dans l’OR

Je n’ai pas d’avis particulier en l’absence d’usage suffisant pour justifier une valeur patrimoniale. L’OR est un valeur refuge dont la valorisation est irrationnelle car n’est pas fondée sur l’usage que l’on peut en tirer.
L’OR est une monnaie dont l’augmentation de valeur traduit la baisse de la valeur des monnaies fiduciaires (cf »Investir ou épargner dans l’OR (lingots, pièces) pour se protéger de la destruction des monnaies ?« ).

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