La précédente réforme des retraites n’est pas encore totalement digérée qu’on nous prépare à une nouvelle réforme de la retraite complémentaire. Ce n’est malheureusement une surprise pour personne, sauf peut être pour nos politiques qui essayent de nous faire croire que cette fois c’est bon, le problème de la retraite par répartition est réglé.
Comme nous vous l’annoncions dans cet article « Retraite : Devant la faillite annoncée, la véritable réforme est déjà en marche.« , la question n’est pas de savoir si le système de la retraite va à la faillite, mais Quand!.
AGIRC puis ARCCO, la faillite pour demain matin ?
La prochaine réforme des retraites concerne les retraites complémentaires ARCCO et AGIRC. En effet, comme nous le présentions dans cet article « La baisse du montant des retraites dès 2017 ?« , les caisses de la caisse de retraite complémentaire des cadres AGIRC seront vides dès 2017 et les caisses de l’ARCCO seront vides en 2027.
Face à l’évidence de la faillite annoncée de l’AGIRC puis de l’ARCCO, les partenaires sociaux doivent faire des choix et proposent d’ores et déjà plusieurs scénarios :
- L’allongement de l’âge légal du départ à la retraite à 65 ou 67 ans pour les personnes nés après 1955 ;
- Abattement fortement pénalisant pour les personnes qui prendrait la décision de partir à la retraite « jeunes » (c’est à dire entre 62 ans et 67 ans) ;
- Réforme de la pension de réversion ;
Comme toutes les autres réformes, la réforme annoncée de la retraite complémentaire AGIRC et ARCCO n’a qu’une seule visée : Retarder l’âge légal ou effectif de départ à la retraite. Il n’existe pas de solution alternative (sauf à envisager de baisser le niveau de pension de retraite des retraités actuels)
Et pourquoi pas, une réforme de la retraite complémentaire supportée partiellement par les retraités ?
Les réformes des retraites s’accumulent et elles ont toutes le même objectif d’allonger la vie active au profit d’un âge de départ à la retraite toujours plus lointain.
Ces réformes sont nécessaires et indispensables et permettent une harmonie entre allongement de l’espérance de vie, pénibilité du travail et pension retraite.
Un homme de 62 ans en 2015 a une espérance de vie statistique de 20 ans. Il n’est pas possible de cotiser -+ 7% de son revenu pendant 40 ans pour espérer recevoir entre 55% et 75% de son dernier salaire pendant 20 ans. Ne cherchez pas, ce n’est pas viable.
Le ratio entre durée de la vie active, montant des cotisations, niveau des pensions et durée de la retraite n’est plus équilibré :
- L’âge légal de départ à la retraite est régulièrement modifié par les réformes successives (augmentation du nombre de trimestre, allongement de l’âge légal …) et doit être allongé ;
- La durée de la retraite est mécaniquement réduite par l’allongement de la durée de cotisation ;
- Le niveau des cotisations ne cesse de croître ;
- Mais en aucun cas la question du niveau des pensions retraites n’est remis en cause!
La prochaine réforme des retraites devra être supportée par les retraités eux-mêmes via une baisse du niveau des retraites des retraités actuels.
Il n’est plus possible de faire supporter la réforme des retraites sur les actifs sous risque d’affecter leur consentement au paiement des cotisations retraites.
Cotiser pour la retraite par répartition est important dans la mesure ou chaque partie en tire un profit : Les actifs acceptent de payer les cotisations retraite parce qu’ils espèrent percevoir une retraite par répartition. Mais le jour ou seule une partie tire profit du système des retraites, c’est à dire les retraités, l’implosion du système est proche.
Les actifs ne peuvent plus supporter de payer la retraite par répartition de leurs aînés, sans perspective pour eux de percevoir un jour un traitement comparable.
La prochaine réforme des retraites doit être supportée, au moins partiellement par les retraités, il pourrait s’agir par exemple :
- D’une baisse des pension retraites pour certains (et probablement pour les retraites les plus élevés – Mais qu’est ce qu’une retraite élevée ? + 2000€ / mois ; + 4000€ / mois … ? ) ;
- Une baisse de la pension de réversion ou du moins la mise en place de conditions plus restrictives pour l’obtenir
- Une augmentation de la pression fiscale de l’impôt sur le revenu affectée au système des retraites avec par exemple, la suppression de l’abattement de 10% pour frais professionnels dont bénéficie les retraités… ;
- De faire cotiser les retraités au système de retraite afin d’insérer une solidarité inter-retraités : Les retraités les plus aisés cotiseraient ainsi pour aider au paiement des retraites les plus faibles.
Pour chacune de ces quatre solutions la finalité est la même : Le niveau de revenu disponible pour les retraités doit baisser !
Et vous qu’en pensez vous ?