Dans le prolongement de notre article d’hier intitulé « Est ce le bon moment pour investir sur le CAC40 ? Obligation ? Cash is King ? Or ? » dans lequel nous avons essayé de vous faire prendre du recul et vous expliquer que dans un monde ou tout est trop cher, vous n’êtes pas obligé d’investir et de placer votre épargne par défaut !
Vous avez le droit de « jouer » avec votre argent pour spéculer sur des marchés financiers sous perfusion de politiques monétaires qui sont en train d’entrer dans une phase de « normalisation » après des années d’excès et de planche à billet. Depuis 2009, les marchés se valorisent grâce aux politiques monétaires qui inondent les marchés financiers… mais alors que la normalisation est en vue, n’est il pas osé de parier sur la hausse future des marchés actions ? (cf « Quelle stratégie d’investissement et de placement pour 2017 ?« ).
Mais attention, spéculer à court terme avec votre argent, ce n’est pas investir à long terme ! Investir à long terme, c’est investir en 2017 en étant capable d’affirmer que l’actif dans lequel vous investissez est en bas de cycle et que son rendement futur sera supérieur ou égal à son rendement actuel. Ainsi, comme nous l’écrivions hier :
Investir au bon moment, c’est surtout ne jamais investir au plus haut. L’investissement en haut de cycle n’est jamais rentable !
C’est tellement simple qu’on oubli les fondements même de l’investissement spéculatif : Il faut investir sur les actifs en bas de cycle, c’est à dire lorsqu’ils ne sont pas chers, et vendre ces mêmes actifs lorsqu’ils sont en haut de cycle, c’est à dire lorsqu’ils sont chers.
Ainsi, pour savoir si c’est le moment d’investir, il suffit de lire les graphiques de long terme et d’en conclure la position dans le cycle (haut de cycle ==> Vendre ; Bas de cycle ==> Acheter).
… et si vous ne trouvez pas d’actifs en bas de cycle, vous n’êtes pas obligé d’investir… il n’est pas interdit de conserver vos liquidités et attendre une éventuelle prochaine baisse avant d’investir.
Investir pour investir n’a aucun sens pour l’épargnant de long terme ! Mais attention, un fonds euros n’est pas un actif liquide et disponible !
Tout le monde n’est pas obligé de jouer au casino avec son argent !
N’écoutez pas les vendeurs de produits financiers payés pour vous vendre du rêve à court terme sans analyse de long terme.
Ne vous laissez pas berner par le discours de court terme des vendeurs de produits financiers qui oublie volontairement les risques à long terme pour mieux vendre leur produit à court terme. Prenons un exemple d’actualité qui illustre parfaitement ce propos que certains trouveront un peu violent à l’encontre d’une profession qui croit possible de réaliser une mission de conseil rémunéré par la vente de produit financier et les retro-commissions.
Depuis quelques semaines, les vendeurs de SCPI communiquent massivement et proposent de faire bénéficier à leurs meilleurs clients un secret de polichinelle : Les prix des parts de SCPI devraient fortement augmenter dans les prochaines semaines… il est donc urgent d’y investir pour profiter de cette revalorisation quasi-certaine que les réseaux commerciaux laissent volontairement fuiter pour booster la collecte.
Cet exemple illustre parfaitement la question de la différence entre la spéculation de court terme et l’investissement de long terme. A long terme, investir en SCPI en 2017 est une hérésie et une prise de risque très important. La valorisation des parts de SCPI est très sensible au niveau des taux d’intérêt. Plus les taux d’intérêt sont faibles, plus la valeur des parts de SCPI augmente (et c’est bien la baisse des taux en 2016, qui explique la revalorisation 2017 des parts de SCPI)… et à contrario, plus le niveau des taux d’intérêt augmente, plus la valeur des parts de SCPI baisse.
Comment peut on parier que les taux d’intérêt resteront proche des niveaux proche de 0 pour les 15 prochaines années (durée moyenne de l’investissement en SCPI). C’est pourtant le raisonnement de celui qui investi aujourd’hui en SCPI (en pleine propriété et en nue propriété – seul l’investissement en usufruit de parts de SCPI est pertinent).
Non, ce n’est pas le moment d’investir en SCPI ! Le prix de l’immobilier d’entreprise est trop élevé et les risques de baisse de la valeur des parts sont importants si les taux d’intérêt augmentent dans les prochaines années. Celui qui spécule à court terme pour bénéficier d’une hausse de 5% en 2017… prend le risque de perdre 40% à moyen long terme ! Quelle affaire!
Quand tout est trop cher, il faut accepter d’attendre et de pas placer votre argent et donc accepter de ne pas rémunérer votre épargne.
L’investisseur de long terme ne doit pas tomber dans le piège de la spéculation de court terme. Prendre la décision de ne pas investir, c’est aussi gérer son patrimoine.
C’est ainsi, que celui qui considère que l’ensemble des marchés sont trop chers (et c’est mon cas) devra :
Accepter de ne pas rémunérer son épargne et attendre un moment plus propice pour investir. Ne pas investir, c’est investir ! Celui qui considère que tout est trop cher doit accepter de ne pas rémunérer son capital, c’est la seule manière de se protéger contre la prochaine baisse et surtout se donner les moyens de mieux investir lorsque le moment sera plus favorable ;
Se concentrer sur le remboursement anticipé de ses crédits immobiliers (cf « Et si le meilleur placement sans risque était le remboursement anticipé de votre crédit immobilier ?« ) pour celui qui ne souhaite plus accumuler de l’argent non rémunéré pour profiter des opportunités futures.
Eviter les fonds euros des contrats d’assurance vie qui seront au cœur de la hausse future des taux d’intérêt (A ce titre, réaliser une avance peut être une bonne idée : « Une avance sur son contrat d’assurance vie pour se protéger contre les risques du fonds euros ?) ;
Ne pas céder aux sirènes spéculatives de court terme ;
Envisager de vendre les actifs qui sont trop chers sur lesquels l’épargnant aura engendré de belles plus-values.