Vous le savez, je radote avec « mes projets de vie ». Pour moi, un patrimoine n’a aucun intérêt s’il ne sert pas un projet de vie. Avoir du patrimoine pour le plaisir d’avoir du patrimoine est un non-sens. À quoi bon se sacrifier à se construire un patrimoine, s’il ne sert pas votre vie ou votre famille.

Parfois, avec l’âge souvent, les projets de vie se font plus rares. On cherche, mais on ne trouve plus de projets de vie. C’est alors, qu’il faut bien trouver une stratégie d’épargne.

On ne va quand même pas laisser cette épargne croupir sans rendement. Ce n’est pas parce que vous n’avez pas de projet qu’il ne faut rien faire.

Mais avant d’en arriver à cette conclusion, il faut réaliser un indispensable travail d’introspection que nous réalisons ensemble lors de nos consultations patrimoniales. Il s’agit d’essayer de trouver ce projet qui vous fait vibrer, trouver comment utiliser cet argent pour être plus heureux, s’épanouir.

Rassurez-vous, cette situation est très fréquente. Vous êtes nombreux, avec l’âge, à ne plus savoir que faire de votre épargne. Vous en avez suffisamment pour être serein votre les 15 ou 20 prochaines années d’espérance de vie, et savez pertinemment que vous ne dépenserez jamais tout.

Après avoir exclu l’hypothèse d’une donation de ces sommes à vos enfants qui ne sont probablement pas dans la même situation que vous, vous pouvez alors vous résoudre à « placer » cet argent.

Essayons de réfléchir à la forme que pourrait prendre ce placement.

Hypothèse de base :

  • Vous n’avez pas besoin de cet argent, ni aujourd’hui, ni demain ;
  • Même si vous vieillissez, votre espérance de vie est parfois importante. À 70 ans, votre espérance de vie est de 20 ans. La durée prévisible du placement est donc d’environ 20 ans à 70 ans, 25 ans à 65 ans. Malgré votre âge, il s’agit clairement d’un placement long terme.
  • Sur une telle durée de placement, il n’est pas raisonnable de sélectionner un placement disponible à tout moment ! Nous venons de dire que vous n’en aurez pas besoin, pourquoi iriez-vous chercher un placement disponible ? – CQFD – La disponibilité d’un placement a pour corollaire un rendement faible.
  • Comme toujours, l’espérance de rendement d’un placement dépend fortement du niveau de frais prélevés par les différents intermédiaires. La chasse aux frais est essentielle.

Mais alors, on fait quoi ?!

Comme je vous l’expliquais dans cet article « Épargner en 2024 « mode d’emploi ». Quel meilleur placement ? Quels frais ? Quel rendement ?« , il s’agira pour l’essentiel de sélectionner une allocation entre actions et obligations selon la répartition suivante :

Le fonds euros n’est plus une solution envisageable.

Une allocation entre actions et obligations qui devra être effectuée dans un cadre tarifaire le plus faible possible, à base d’ETF large par exemple, et dans des contrats d’assurance-vie ou PER aux frais de gestion les plus faibles (0.50% à 0.60%) ou plus simplement un Compte Titre Ordinaire (CTO).

Pour ceux d’entre vous qui n’auraient pas l’envie de construire cette allocation entre actions et obligations, certains acteurs ont construit des ETF d’allocation. On peut par exemple citer les ETF LIFESTRATTEGY de Vanguard.

Ce n’est finalement pas compliqué ! Qu’en pensez-vous ?

Le secret pour que cette allocation vous permette de générer un rendement élevé est d’être capable de respecter « le prix à payer du rendement » (cf. « Épargne : Connaissez-vous le « prix à payer » pour obtenir un rendement élevé ?« )

Lorsque vous souscrivez un placement, vous signez une forme de « contrat » avec les statistiques et la théorie financière.

La théorie, c’est qu’une répartition entre actions et obligations est la clef de toute épargne :

  • Les actions pour générer de la performance à très long terme ;
  • Des obligations pour réduire la variation erratique de votre épargne à court terme et assurer une performance plus faible, mais plus stable.

Néanmoins, tout cela ne fonctionne que si :

  • Vous respectez la durée du placement. Si vous effectuez un placement sur 20 ans, vous ne devez rien faire pendant 20 ans et acceptez des variations aléatoires de votre portefeuille à court et moyen terme ;
  • Vous stockez cette épargne dans un environnement de frais au plus bas ; Les frais sont l’ennemi de la performance ;
  • Vous ne surestimez pas votre capacité à encaisser les variations de cours. La partie « actions », c’est un niveau de perte maximum autour de -40%. Avec une répartition 50% actions / 50% obligations, ce niveau de perte maximum passe à 20%. Le rendement sera moins bon, mais la baisse du cours à court terme en période de crise sera aussi plus facile à accepter. C’est tout l’enjeu : Gérer votre capacité à ne rien faire, ne pas vendre, ne pas paniquer lorsque les cours s’effondrent à court terme. C’est le principe même de l’aléa de l’investissement en actions.

A suivre…