Nous avons terminé la semaine dernière avec cet article anxiogène « Se préparer à l’idée d’un conflit mondial à brève échéance ?« . L’année 2025 est difficile pour les optimistes tant la politique des petits pas nous mène vers l’impensable, et nous nous y habituons.
Ce qui nous semblait totalement impossible au début de l’année 2025 est aujourd’hui accepté et parfois même approuvé. L’année 2026 s’annonce encore un cran supérieur tant on peine à identifier les zones d’optimisme.
Bref, il faut se préparer, on ne sait pas à quoi, mais il faut se préparer. Pour moi, se préparer, c’est anticiper le pire pour espérer le meilleur.
Se préparer devrait être à la base de tous les patrimoines. Se préparer, c’est chercher à protéger son patrimoine avant même de chercher à le valoriser, c’est l’extraire d’une économie vacillante pour ne pas la subir.
Essayons de réfléchir ensemble aux différentes étapes de la préparation patrimoniale qui s’imposent. D’ailleurs, je me rends compte, à titre personnel, que j’ai inconsciemment mis en œuvre une partie de ces mesures dans ma propre vie.
1- Protéger sa famille.
La vie, c’est la famille. Il apparaît alors indispensable d’organiser la protection de sa famille. J’y vois deux angles :
- Un logement agréable et confortable, source de sécurité. On parle de qualité de construction, de confort thermique, de coût de fonctionnement, mais également d’emplacement. Souvenez-vous du confinement. Les maisons à la campagne avec jardin ont été plus confortables que les petits appartements dans des zones de tension sociales que sont parfois les très grandes métropoles. On parle ici d’organiser sa résilience et sa capacité à vivre le plus sereinement possible, loin des tensions sociales.
- Réduire sa dépendance économique. Protéger sa famille, c’est aussi une question de liberté financière en réduisant sa dépendance économique. Réduire sa dépendance, c’est réduire son effet de levier et rembourser ses crédits pour retrouver des marges de manœuvre si vos revenus devaient varier à la baisse (baisse des revenus professionnels ou baisse du revenu locatif). De manière générale, il s’agit d’augmenter sa capacité d’épargne en réduisant les charges facultatives, mais forcée et retrouver la liberté d’utiliser son revenu.
2 – Cash is king, mais…
Se préparer, c’est aussi augmenter la part de liquidité dans votre patrimoine. Des liquidités indispensables, au cas où, les autres placements moins liquides devenaient vraiment moins liquides.
Depuis quelques années, nous avons tendance à sous-estimer nos besoins de cash pour financer nos projets de vie à 5 ou même 10 ans. Vous devez augmenter vos liquidités ou à défaut, la part d’épargne sans risque, mobilisable à tout moment pour vos projets de vie.
On ne finance pas ses besoins et ses projets à court, moyen et peut-être même long terme (10 ans) avec de l’investissement, on les finance avec de l’épargne.
En cas de choc, il faut réduire le poids de votre patrimoine exposé à l’économie. À nouveau, réduisez l’effet de levier.
3- Mais attention à l’inflation…
Cash is king, mais pas trop pour ne pas subir l’inflation qui pourrait s’imposer comme une porte de sortie naturelle. Il faut donc suffisamment de liquidité et d’épargne sans risque pour s’adapter à la situation, mais de manière raisonnable pour ne pas subir l’euthanasie de l’épargnant.
L’épargnant qui aura réduit sa dépendance économique via un moindre effet de levier et moins de dettes pourra plus facilement trouver le juste équilibre.
4 – Investir dans des actifs refuges.
Une valeur refuge, c’est un actif dont le prix est déterminé par un usage primaire et une valeur fondamentale (Cf. « Investissement : C’est quoi une valeur refuge ?« ) :
- Immobilier valorisé sur le prix de construction (vs immobilier spéculatif dont le prix dérive du prix de construction) ; (usage primaire : Loger (soi-même ou un tiers) / Valeur fondamentale : Prix de construction)
- Entreprises / Actions : Investir dans le capital des entreprises qui fournissent les services nécessaires à la satisfaction de ces besoins primaires doit pouvoir être qualifié de valeur refuge, même s’il est impossible de supprimer la volatilité du marché et l’impact du marché sur les prix. Privilégier les entreprises dites value ?
- Forêt (usage primaire : Chauffage, construction / Valeur fondamentale : Prix du bois) ;
- Terre agricole (usage primaire : Nourrir, alimentation / Valeur fondamentale : Prix contrôlé par l’AFER) ;
- Monnaie forte ; (usage primaire : Echange, monnaie / Valeur fondamentale : Economie forte)
- OR (mais à court terme, l’OR n’est pas un bon investissement à long terme) – (usage primaire : Échange, monnaie, industrie, joaillerie / Valeur fondamentale : Spéculative – Raison pour laquelle ce n’est pas vraiment une valeur refuge de long terme, la spéculation est variable et donc le prix aussi, et cela, sans lien réel avec la valeur d’usage) ; La volatilité du cours de l’OR ne permet pas de le considérer comme une valeur refuge de long terme.
- Bitcoin (besoin primaire : ?? aucun / valeur fondamentale : ?? aucune). Ce n’est pas une valeur refuge.
À suivre.
