Nous vivons dans le monde merveilleux de l’entrepreneuriat qui ne doit pas faire faillite et qui doit être sauvé de la méchante crise financière par nos impôts et la solidarité nationale. C’est une erreur ! Face à la crise qui frappe violemment notre économie, des entreprises doivent faire faillites, le chômage doit augmenter, des entrepreneurs doivent perdre la valeur patrimoniale de leur succès passé, les entreprises qui n’ont pas les moyens de s’adapter doivent disparaître, des modèles économiques doivent être renouvelés.
Croire que l’état doit remplacer le marché pour aider les entreprises à ne pas disparaître pendant cette crise est une grave erreur qui nie les fondements même de notre société économique. L’état et les banques ne doivent en aucun cas remplacer le marché.
Les banques ne doivent pas accorder des prêts à toutes les entreprises qui se trouveraient en difficulté ; Les modèles économique périmés, les imprévoyants qui n’ont pas 3 semaines de trésorerie devant eux doivent faire faillite. Il en va de la survie de notre société et surtout de la construction de la croissance économique de demain.
Une économie dans laquelle plus personne ne fait faillite, et dans laquelle le chômage est interdit est une société qui meurt économiquement. Chacun s’endort sur ses gloires passées et surtout le capital ne se renouvèle plus interdisant une nouvelle création de valeur et donc la croissance économique.
Pour créer, il faut accepter de détruire les modèles économiques inadaptés. C’est la base de notre économie capitaliste.
 

La garantie ne fait pas le crédit !

Une banque ne doit accorder un prêt à une entreprise ou un particulier uniquement si elle est certaine que les revenus de ce dernier lui permettront de rembourser sa dette. Ce n’est pas parce que l’état apporte sa garantie que les banques doivent donner de l’argent à n’importe qui le demanderait.
C’est là un principe fondamental du métier de banquier. La garantie ne fait pas de crédit. Les banques ont un rôle majeur dans cette crise que nous traversons : Elles doivent accompagner les entreprises capables de se renouveler et les plus solides à faire le dos rond ; Il ne faut surtout pas tomber dans le soutien abusif. Les entreprises fragiles avant la crise alors que la croissance était « forte », ne doivent pas être accompagnées. Elles doivent disparaître, sauf à considérer que leur production est stratégique pour l’indépendance du pays comme les agriculteurs ou autres professions dont la rentabilité est accessoire au regard de leur nécessité pour l’équilibre du pays.
Nous devons accepter la faillite, le chômage, c’est là une condition indispensable pour construire la croissance de demain. C’est le risque ! Celui qui n’accepte pas le risque de perdre, ne doit pas entreprendre et ne peut se prétendre capitaliste.
Entreprendre, c’est créer, c’est partir de zéro pour imposer un modèle économique, une vision, une création de valeur, mais c’est aussi être capable de se remettre en question pour survivre. Celui qui n’accepte pas l’échec, ne doit pas entreprendre.
Entreprendre, c’est vouloir prendre la place d’un modèle économique périmé par le temps et l’incapacité d’un autre entrepreneur de s’adapter à l’évolution de la société ou à la conjoncture. Si plus personne ne fait faillite, il n’est plus possible de prendre la place des faibles dont le modèle économique est périmé et incapable d’une création de valeur suffisante.
Si plus personne ne fait faillite du fait d’un soutien abusif de l’état, c’est la croissance de demain qui disparaît car si les entreprises sont trop fragiles aujourd’hui, pourront elles créer de la valeur demain. C’est à craindre que non ou du moins insuffisamment.
Nous tombons alors dans une société de rente qui s’endort sur ses acquis ; Si plus personne ne peut faire faillite, plus personne ne se donne les moyens de se renouveler, de créer, de se remettre en cause pour créer davantage de valeur.
 

Mais il ne faut pas tomber dans le libéralisme naïf qui nie l’inégale concurrence entre les modèles économiques.

Pourtant derrière ces belles phrases qui théorisent le capitalisme et la destruction créatrice, il ne faut pas nier l’exigence d’une concurrence juste et égale entre les acteurs économiques.
Qu’est ce qu’un modèle économique périmé ?
Est ce qu’un marché de chaussures en centre ville qui subit la concurrence illégale du commerce en ligne est vraiment périmé ? Lorsque Amazon ou autre Sarenza, uber ou encore airbnb ont incapables de générer des bénéfices depuis l’origine de leur modèle économique. Lequel des deux est il vraiment périmé ? Le petit commerçant qui génère une petite croissance mais qui reste rentable, ou le géant de la distribution sur internet, qui optimise sa fiscalité dans les paradis fiscaux et reste incapable de générer des bénéfices sur son activité de vente sur internet ?
Est ce une concurrence équitable entre celui qui produit en France dans le cadre d’une protection stricte de ses salariés (prestation sociale, smic, ;..) et de l’environnement face à des producteurs des pays émergents qui détruisent leur environnement et nie la protection des salariés pour pouvoir produire moins chère à tout prix ?
Dans un tel contexte de naiveté, n’est il pas vain soutenir abusivement des entreprises en leur prêtant de l’argent alors même qu’elles ne peuvent être rentable du fait de cette concurrence inégale ? Ne serait il pas davantage constructif de s’attacher à imposer une concurrence équitable et instaurant une forme de protectionnisme environnemental ou social (TVA carbone ou TVA social) ?
En revanche, si le libéralisme est une donnée incontestable et que le marché est considéré comme une valeur supérieure à toutes les autres, si le protectionnisme est une gros mots réservé au populiste, alors, oui, nous n’avons pas d’autres choix que de sauver de la faillite toutes les entreprises car si elles disparaissent, ce seront leur concurrent étrangers qui prendront leur place.
Si le marché auto-régulateur est un dogme indépassable, nous n’avons pas d’autres choix que de nous appauvrir pour nous adapter au moins disant.
Socialiser l’entrepreneuriat, sans envisager un protectionnisme qui assurerait une concurrence équitable entre les pays est un échec assuré qui ne mène nul part, sauf à l’appauvrissement certain. Socialiser l’entrepreneuriat est la seule solution face aux excès de la mondialisation, même si c’est un échec assuré à long terme.
Il est urgent de remettre en cause les excès de la mondialisation pour sauver nos entreprises, nos emplois et donc notre niveau de vie. L’état ne peut seul assumer l’équilibre financier du pays, car l’état c’est nous, ce sont nos impôts futurs. Nous ne pouvons durablement accepter cette concurrence inégale imposé par un libéralisme naïf.
A suivre.

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