jeannoelvieilleIl ne faut pas toujours croire les oiseaux de bon augure.

Les investisseurs ont compris cette semaine qu’il ne fallait plus croire les prédictions extrêmement favorables qui ont circulé en ce début d’année, notamment le fameux retour vers les actifs risqués et en particulier vers les actions. Notre conviction, maintes fois rappelée ici, était en effet un peu inverse, à savoir une situation assez difficile sur la première partie de l’année avec un risque de déception sur les résultats et activités de ce premier trimestre.
Sans toutefois envisager une crise durable, nous restons convaincus d’un retour de la volatilité et que, si amélioration il y a, celle-ci ne sera perceptible que sur la deuxième partie de l’année. Néanmoins, nous affinerons quelque peu en conclusion notre scénario en expliquant la stratégie qui a été appliquée au cours d’une semaine assez difficile.
 
 

La croissance mondiale montre des signes d’essoufflement

Les principaux indicateurs mondiaux de ces dernières semaines montrent que la reprise de la croissance au plan mondial est reportée puisque les révisions en baisse se multiplient. Même les Etats-Unis commencent à montrer des signes de ralentissement. Ceci est pour nous le risque principal de déception pour les marchés financiers.
En effet, la relative bonne tenue des marchés financiers en Europe en ce début d’année était liée en partie à la progression des marchés US soutenue par la recovery économique. Ceci a permis aux indices US de retrouver, voire de dépasser, leurs niveaux historiques. S’il s’avérait que les États-Unis entrent prochainement en récession, alors les marchés boursiers locaux devraient baisser et entraîner les autres marchés périphériques.
L’Europe risquerait ainsi de subir une double peine, d’abord celle de ses fondamentaux toujours faibles, puis celle d’un impact d’une baisse US, puisque nous ne croyons pas à une décorrélation des marchés. Parmi les grands pays, seul le Japon fait figure d’exception avec des révisions en hausse liées au changement de politiques économiques, (voir notre précédente lettre).
Ainsi, la croissance des pays développés sera affectée par les ajustements en cours menés par les ménages, les Etats et les entreprises. Même si de plus en plus de contestations se font jour au niveau des programmes d’austérité mis en place un peu partout dans le monde, les marges de manœuvres sont assez faibles.
 

Probable ralentissement US au cours des deux prochains trimestres.

Les dernières données économiques américaines ont été en dessous des attentes ces dernières semaines avec la publication de plusieurs statistiques (ISM, créations d’emplois, ventes au détail, confiance des ménages,…). Après un premier trimestre encore bien orienté, le PIB devant progresser d’un peu moins de 3% au T1, on devrait assister à un ralentissement assez sensible de la croissance américaine au deuxième trimestre. Les raisons de cette inflexion proviendront de l’effet de la hausse des impôts et des coupes budgétaires liées au fiscal cliff. Ceci aura aussi des effets négatifs sur le marché du travail et sur les dépenses de consommation des ménages. La situation américaine restant néanmoins solide, nous pourrions connaître une amélioration en fin d’année.
 

Les pays émergents ne peuvent plus jouer leur rôle de soutien à la croissance.

Les pays émergents ont, au cours des dernières années, joué un rôle de soutien fondamental, voire de moteur, à la croissance mondiale, mais depuis quelques mois les nouvelles sont beaucoup moins bonnes : la croissance chinoise s’est révélée plus faible que prévu au premier trimestre 2013 (7,7% sur un an) et les signes de reprise ne sont toujours pas là. La Chine ne souhaite plus accentuer ses déséquilibres macroéconomiques, ce qui freine sa croissance surtout dans un contexte de changement de modèle économique (plus de consommation interne et moins de dépenses d’infrastructures et d’investissements). Au Brésil, les mesures de soutien à l’économie prises en 2012, n’ont pas eu l’effet escompté. La politique monétaire est orientée vers la lutte contre l’inflation jugée plus prioritaire que la recherche d’une dynamique de croissance.
 

Fortes incertitudes en Europe à cause des mesures d’austérité.

En zone euro, nous ne constatons aucune amélioration de la conjoncture, la situation va rester difficile cette année et les perspectives de reprise pour 2014 sont très incertaines. Les pays du Sud ont opéré des changements significatifs de politique économique mais entrent tous dans le cercle vicieux austérité/récession. La politique de désendettement public freine d’autant plus la croissance que les conditions de financement pour la sphère privée sont toujours très difficiles. En dehors des pays périphériques, la situation n’est pas beaucoup plus favorable, peu de signaux positifs proviennent de la France et même l’économie allemande se contracte en raison de la baisse de la demande des autres pays. Ainsi, on devrait assister à une nouvelle vague de révisions à la baisse des prévisions de croissance en 2013 et en 2014.
 
 

Les banques centrales : toujours le pompier de service !

En conséquence, dans un contexte économique délicat un peu partout dans le monde, les marchés seront guidés par la politique monétaire des banques centrales qui vont devoir arbitrer entre une politique accommodante dont l’excès de liquidités peut engendrer des déséquilibres financiers et une politique de soutien à la croissance. Le marché financier pourrait ainsi se rassurer du maintien du QE 3 aux États-Unis sur l’année 2013 et d’une baisse des taux lors de la prochaine réunion de la BCE.

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