Depuis quelques années maintenant, nous vous tenons un discours parfois « alarmiste » sur le risque systémique qui pourrait se matérialiser en cas d’augmentation forte des taux d’intérêt (cf »Pourquoi la hausse des taux d’intérêt est dangereuse pour votre patrimoine ?).

Les arguments qui justifient cette crainte d’augmentation des taux d’intérêt sont très nombreux : Déficit structurel de l’économie des pays développés, dette publique exponentielle qui dépasse 100% du PIB, instabilité politique, risque géopolitique, … Bref, tout semble justifier une augmentation future des taux d’intérêt, mais … (En 2011, j’écrivais : « L’inévitable hausse des taux d’intérêt des crédits immobiliers, Epargne … alors que le taux de l’OAT 10 ans était à 4%… il est aujourd’hui à 0.80%. Je suis un véritable visionnaire).

Néanmoins, mois après mois, années après années, les taux d’intérêt continuent de baisser et la bulle obligataire ne cesse de croître. A l’époque, en 2011, nos analyses étaient basée sur des réflexes de l’ancien monde : Le taux d’intérêt devait être représentatif du risque.

Aujourd’hui, cette analyse de bon sens est dépassée par la détermination de la banque centrale à maintenir les taux d’intérêt au plus bas grâce aux divers politique monétaire non conventionnelle mais également par l’installation durable de la déflation. Relire cette analyse de 2011 permet de comprendre à quel point le monde à changé !

L’impossible de l’époque est devenu la norme d’aujourd’hui. A l’époque, il y a seulement 4/5 ans, il  (m’) était intellectuellement impossible de se projeter dans le niveau actuel des taux d’intérêt. C’est pourtant une réalité durable aujourd’hui

 

evolution oat 10 ans

 

 

La question est aujourd’hui toujours la même : Les taux d’intérêt vont ils augmenter et être la l’origine d’un krach obligataire systémique ou vont ils rester éternellement à ces niveaux faibles ?

Nous sommes là au cœur de toutes les analyses économiques. C’est la question 100 milliards. Autant, vous le dire tout de suite, personne n’a la réponse.

Dans une récente étude, Patrick ARTUS, responsable de la recherche économique de NATIXIS, propose son analyse et essaie de répondre à cette fameuse question : Peut on éviter un krach obligataire ? L’explosion de la bulle obligataire est-elle inévitable ?

Vous ne croyez pas possible l’idée de taux d’intérêt faibles pendant une très longue période, c’est pourtant la réalité vécue par le Japon depuis plus de 15 ans : Les taux d’intérêt du Japon sont inférieurs à 2% depuis la fin des années 1990, soit plus de 15 ans.

 

Taux d'intérêt au japon depuis 2000

 

 

Le service de la recherche économique de Natixis identifie deux causes possibles à l’augmentation future des taux d’intérêt :

– L’arrêt par les banques centrales de politiques monétaire non conventionnelles et l’arrêt des rachats d’obligations. Un changement de politique monétaire au profit d’une politique moins expansionniste. En effet, dans une telle hypothèse, la zone euro subirait probablement un violent krach obligataire qui détruirait la valeur de votre patrimoine (cf »Pourquoi la hausse des taux d’intérêt est dangereuse pour votre patrimoine ?« ).

C’est là un élément essentiel de la fuite en avant des banques centrales pris au piège des bulles spéculatives : La politique monétaire non conventionnelle est à l’origine des bulles spéculatives, et l’arrêt de ces politiques monétaires seraient à l’origine de l’explosion de ces bulles et entraînerait la faillite de nombreux institutionnels (notamment les compagnies d’assurance vie), rendant impossible l’arrêt de ces politiques monétaires (cf »L’irréversibilité des politiques monétaires non-conventionnelles ? Plus rien n’arrête la liquidité mondiale …). – cf « Dans la zone euro comme au Japon, le besoin d’une explosion illimitée du bilan de la Banque Centrale ?« 

–  Le retour non-anticipé de l’inflation. Une remontée non anticipée de l’inflation forcerait les Banques Centrales à accroître leurs taux d’intérêt directeurs bien au-dessus du niveau qui est anticipé, ce qui ferait monter les taux d’intérêt à long terme provocant un krach obligataire. Cette inflation non anticipée pourrait provenir d’une augmentation du prix des matières premières et notamment du pétrole, d’une hausse rapide des salaires dans les pays approchant du plein emploi, une dépréciation forte du taux de change.

 

Et Patrick ARTUS de conclure :

« Mais si les Banques Centrales décident de laisser augmenter sans limite la taille de leur bilan (pour éviter les faillites des institutionnels et pertes en capital des investisseurs et épargnants) et si les mécanismes qui provoqueraient la remontée de l’inflation ne se produisent pas (pas de remontée du prix du pétrole, maintien de faibles hausses des salaires avec la déréglementation des marchés du travail, effet seulement transitoire sur l’inflation, comme au Japon, des dépréciations du taux de change), alors les bulles obligataires peuvent persister, ne pas exploser, comme on l’a observé au Japon »

 

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12 Comments

  1. Très intéressants les avis de M Artus , la bulle peut exploser , mais elle peut persister comme au japon .

  2. Même si cela reste un risque important et que nul ne peut aujourd’hui prévoir l’avenir en ce domaine , comment faire pour en limiter l’impact patrimonial ?? avez vous des pistes à nous donner ? doit on liquider les fonds euros ? quid des actions ? de l’immobilier ?……….?????????
    Et comment structurer un patrimoine face à un tel risque ?
    Evidement la période est particulièrement instable et si je lis vos articles régulièrement et avec grand intérêt , j’ai l’impression qui je dois vendre immobilier, AV en euros et actions et attendre que ça se passe sans oublier aussi que même les liquidités ne sont plus à l’abri . En gros la maison brule et c’est la panique à tous les étages.

  3. Cet article montre bien les risques inhérents à une classe d’actif qui était jugée comme étant sans risque. Cela démontre une fois de plus que tous les actifs sont risqués, sans exception, et que c’est une normalité à laquelle il va falloir se faire désormais. Face à ce risque: diversifier sur des actifs qui ne sont pas corrélés entre eux, plusieurs établissements, plusieurs zones géographiques, etc. Par ailleurs, investir dans des outils d’analyse, dans les conseils d’un bon CGPI, dans des formations de qualité, etc. Ceci afin de comprendre toujours un peu mieux le monde dans lequel on vit et se montrer réactif face aux changements de paradigmes que nous vivons.

    • Je suis tout a fait d’accord avec cette analyse, diversification des actifs, des modes d’epargne, des etablissements bancaires et assurances, diiversification des pays des sieges sociaux (banque francaise, luxembourgeoises, etc,), actifs tangibles et utiles (maisons avec jardin, etc). Mais pour cela il faut avoir un patrimoine relativement consequent…

      • Oui, si on possède peu, on a peu à perdre :-)…ce qui peut être un choix, pourquoi pas.
        Si on vise la constitution d’un patrimoine, il conviendra de travailler à une stratégie pour se le constituer avec des objectifs bien définis en fonction de critères personnels.

  4. Patrick DU says:

    Une dette proche « seulement » de 100% du PIB en Europe, alors qu’elle dépasse 200% au Japon, et ça perdure. Des salaires qui resteront bas, notamment par l’influence d’internet (Uber, Blablacar, airBandB… absolument pas créateurs de richesses). Le pétrole pas prêt d’augmenter vu les quantités produites. L’économie Américaine freinée par l’endettement des forages de shiste peu rentables. Les politiques monétaires accomodantes. L’inflation qui ne se décrète pas , mais se constate, a peu de chances de revenir. Pourquoi envisager un prochain krach obligataire, à mon sens improbable avant un profond changement de tous ces critères.

  5. Je ne suis pas spécialiste et j’aimerai savoir quel serait l’impact de cette explosion sur les contrats d’assurance vie existants .
    Et plus pragmaniquement faut il rester à l’écart des ces produis investis en euros ?

  6. Pour réduire le risque de perte des sommes à placer sur une assurance vie, ne conviendrait il pas alors, plutôt que de faire un versement unique à un instant t, d’investir mensuellement sur une durée de 24 à 36 mois ?

  7. Bonjour,

    En fait, la véritable question me semble t il n’est pas de savoir s’il y a un risque de krach obligataire. Dans sa conclusion, M. ARTHUS pointe 2 sujets : l’inflation et le bilan des banques centrales. L’inflation peut être tempérée ou favorisée par les liquidités des banques centrales, donc leur bilan. Il en résulte que la seule question qui reste est la suivante :

    Y a t il des conséquences à ce que les Banques Centrales laissent augmenter sans limite la taille de leur bilan ? Si oui, lesquelles ?

    Car si la réponse à cette question est « NON », alors nous avons trouvé là un amortisseur universel à tout. Il semblerait d’ailleurs que nos politiques et banquiers centraux tendent vers cette réponse…

    Dommage que M. ARTHUS n’y réponde pas.

  8. intéressant comme d’habitude. mais quels sont actions à mettre en place pour se protéger?

  9. Bonjour,

    @ Chris « Y a t il des conséquences à ce que les Banques Centrales laissent augmenter sans limite la taille de leur bilan ? Si oui, lesquelles ? »

    Non, tant qu’elles restent crédibles aux yeux des acteurs économiques (ménages, entreprises, créanciers des états…).

    J’ajouterai donc :

    A partir de quelle moment une Banque Centrale perd toute crédibilité ?

    autrement dit

    A partir de quand la monnaie qu’elle émet perd toute valeur ?

    On doit sans doute pouvoir répondre facilement à cette question en se référant à toutes les fois où cela s’est produit dans le passé.

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