On a coutume de différencier désinflation ( baisse de l’inflation) de la déflation (baisse des prix durable accompagnée autrefois de dépression de l’activité économique comme dans les années 30, les ménages attendant que les prix baissent pour acheter).

On a aussi coutume d’entendre que le taux d’inflation le plus favorable à l’économie tourne autour des 2% sans pour autant que l’on sache précisément d’où sort ce chiffre, si ce n’est la supposition que cela faciliterait les échanges, le commerce donc la production.

Un peu d’inflation est important pour encourager le commerce et le passage à l’acte ;

Trop d’inflation n’est pas souhaitable car alimenterait un cercle vicieux qui réduirait le potentiel de croissance économique. 2% semble être un juste milieu. Ce pourrait être 1.50% ou 2.50% que cela ne devrait pas changer grand chose en réalité.

Jusqu’en 2020, c’est à dire jusqu’à l’arrivée du Covid-19, nous étions persuadé que l’inflation n’existerait plus. Les banques centrales injectaient des milliards et des milliards d’euros et de dollars dans l’économie, mais rien n’y faisait. L’argent injecté restait dans les marchés financiers et ne retombait pas dans l’économie.

On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif.

Depuis le COVID19, les états ont pris le relai des banques centrales et ont dépensé sans compter ou presque. L’argent des banques centrales qui était resté bloqué dans les marchés financiers s’est soudainement déversé dans l’économie via les taux d’emprunt historiquement faibles des états.

Les états ont profité des taux bas pour faire des chèques et financer le confinement.

Résultat, l’excès de monnaie en circulation conduit à l’inflation que nous connaissons aujourd’hui ; Une inflation très forte d’après Covid à laquelle se rajoute les effets de la guerre en Ukraine sur les prix de l’énergie.

Néanmoins, une inflation excessive temporaire qui devrait progressivement refluer pour retrouver des niveaux moins excessifs, probablement supérieur à l’ère d’avant Covid19, mais moins excessive.

Une inflation qui devrait donc naturellement baisser. On parle alors de désinflation. L’inflation, c’est la hausse des prix. Les prix de l’énergie et des matières premieres ne vont pas continuer d’augmenter de 100% tous les ans ;

Bref, l’inflation va baisser, le niveau général des prix lui devrait se maintenir à un niveau supérieur, et la vie va reprendre une forme de normalité. Les marges des entreprises pourraient bien être meilleures.

Une inflation qui devrait être néanmoins supérieure à la période d’avant Covid19, car nous sommes en train de recréer des besoins de consommation et d’investissement. Le réchauffement climatique est un argument historique pour profondement renouveler les besoins de consommation des agents économiques.

Les entreprises doivent investir massivement dans leur décarbonation de leur production ; Les taxes carbones aux frontières vont redessiner la géographie de la production au profit d’une régionalisation des échanges et les particuliers vont devoir accepter de payer plus cher leur consommation pour protéger la planête (sic!)

Formidable.

Avant le Covid19, il n’y avait plus d’inflation car « on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif ». Aujourd’hui, grâce au réchauffement climatique, l’âne est assoiffé ! Vous (particulier et entreprise) ne saviez plus quoi faire de votre argent (vous accumuliez passivement sans avoir d’objectif d’investissement), maintenant, vous avez des montages d’investissements à financer :

  • Rénovation énergétique de votre logement ;
  • Achat d’une nouvelle voiture suite à la péremption et interdiction des voitures thermiques ;
  • … Bref, grâce au réchauffement climatique, vous avez maintenant de très nombreuses occasion pour investir et dépenser votre argent.

De leur côté, les banques centrales auront parfaitement joué la comédie.

En faisant semblant de vouloir lutter contre l’inflation (alors que dans les faits, elles se sont contentées de maintenir des niveau de taux d’intérêt très inférieurs au taux d’inflation), nous sommes sortis des taux négatifs sans gros dégats.

Certes la bulle de la cryptomonnaies et la bulle .tech post Covid ont éclaté, mais c’est plutôt une bonne nouvelle tant ces excès n’étaient pas sain.

Maintenant, les taux d’intérêt ont retrouvé des niveaux plus acceptables, même s’ils sont toujours très inférieurs à l’inflation et soutiennent toujours activement la croissance économique. Nous sommes sortis des taux négatifs.

Demain, la baisse programmée de l’inflation va réduire les taux d’intérêt réels négatifs (qui ne devraient néanmoins pas redevenir positifs), le soutien monétaire à la croissance économique sera encore bien présent et surtout les banques centrales disposeront à nouveaux de munitions pour faire face à la prochaine récession qui ne manquera pas d’arriver.

Bref, une année 2023 qui s’annonce très intéressante.

A suivre.

Ps : Un article écrit avec le soutien précieux de Julien Bonnetouche qui m’a inspiré le thème.

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