À titre personnel, je n’ai pas d’ETF ou presque.
Pourtant, vous le savez tous maintenant, la gestion indicielle en ETF, c’est-à-dire l’investissement en actions qui consiste à suivre bêtement un indice boursier, est une solution qui apparaît, à la fois, moins couteuse et plus rentable, que l’investissement dans un OPCVM ou un fonds gérés dont l’objectif serait de battre ledit indice.
Toutes les études le confirment, cela fait bientôt 10 ans, que nous vous l’écrivons ici dans nos articles, c’est incontestable : Les gérants de portefeuille n’arrivent pas à obtenir durablement des performances supérieures à leur indice de référence.
C’est la raison du succès des ETF ! Pourquoi payer des frais de gestion élevés, alors même qu’un ETF, sans gestion et donc sans frais de gestion, pourrait permettre d’obtenir de meilleures performances.
En réalité, cette sous-performance des gérants de portefeuille est normale et inévitable. En creusant un peu l’écosystème de la gestion de portefeuille, cette réalité devient une évidence. Trois raisons principales permettent de comprendre :
-1 – Les gérants de portefeuille sont « jugés » par leur client et donc leur employeur en fonction de leur performance annuelle vis-à-vis de leur indice de référence.
Les gérants professionnels sont payés pour être comparé à un indice. C’est alors que la composition du portefeuille d’actions d’un gérant de portefeuille sera très souvent, pour ne pas dire toujours, très proche de la composition de l’indice de référence. Les variations du portefeuille seront donc proches des variations de son indice de référence.
Lorsque 80% ou 90% du portefeuille est identique à l’indice de référence, il est quasi-impossible de générer une valeur ajoutée suffisante pour amortir les frais de la gestion. Faites l’expérience par vous-même, et vous constaterez que la composition des OPCVM est presque toujours la même et plus ou moins calquée sur la composition de l’indice de référence.
Un gérant de portefeuille est avant tout un salarié dont le travail sera jugé par son employeur. Un gérant de portefeuille qui souhaite grimper dans la hiérarchie et espérer une augmentation de salaire devra éviter d’obtenir une performance annuelle significativement plus faible que son indice. A minima, il doit faire l’indice s’il ne veut pas perdre son travail. Cette pression à la comparaison annuelle à l’indice interdit toutes initiatives.
Les gérants de portefeuille sont avant tout des salariés qui doivent remplir des objectifs pour obtenir une prime et garder leur emploi.
2- La gestion de portefeuille est normée et limite la capacité des gérants à investir selon leurs convictions.
Saviez-vous par exemple qu’un gérant de portefeuille ne peut investir plus de 5% dans une même ligne ? Cela signifie que la diversification s’impose aux gérants de portefeuille. Un gérant devra donc avoir un portefeuille diversifié d’au moins 20 lignes.
Quand on sait que le CAC40 fait 40 valeurs, comment un gérant peut-il espérer battre l’indice. C’est mission quasi impossible.
Cette diversification obligatoire est évidemment indispensable pour réduire le risque, mais elle a aussi pour conséquence de réduire le rendement. Le gérant de portefeuille ne peut pas avoir de véritables convictions qui lui permettraient d’obtenir une performance supérieure à l’indice de référence.
3- Les frais.
Il faut bien payer toute cette industrie de la gestion d’actif. Gérant, distributeur, compagnie d’assurance, broker … Ces professionnels ne travaillent pas gratuitement malgré l’incapacité du système à générer des performances supérieures à l’indice !
Ces frais, souvent injustifiés, finissent de détruire l’attrait de la grande majorité des OPCVM !
Bref, vous l’avez compris, les ETF permettent d’obtenir de meilleurs rendements que les OPCVM car en réalité, la gestion active n’est pas vraiment active.
Je vous suggère la lecture de cet article complémentaire qui devrait vous permettre de mieux comprendre : Comment repérer la VRAIE gestion active ? publié en 2015 (preuve que le sujet n’est pas nouveau).
La vraie gestion active à t’elle sa place dans votre patrimoine ?
À titre personnel, je n’ai donc pas d’ETF car je préfère choisir les entreprises dans lesquels j’investis à long terme.
Pourquoi investissez-vous dans un bien immobilier en particulier et ne préférez-vous pas investir uniquement en SCPI ? C’est pourtant ce que vous faites lorsque vous investissez en actions.
Lorsque vous investissez en actions via des ETF ou des OPCVM, vous investissez dans le marché. Vous obtiendrez donc la performance moyenne du marché. CQFD. C’est le principe de la gestion indicielle en ETF ou en OPCVM, nous venons de le voir.
Pourquoi n’investissez-vous pas réellement dans le capital des entreprises. Il ne s’agit plus d’investir sur le marché et donc de profiter de la tendance de long terme du marché, mais d’investir dans une ou plusieurs entreprises.
Pourquoi ne pas investir à long terme 2,3, 10 ou même 15 entreprises que vous pourriez accompagner à long terme.
A l’instar de celui qui investit dans un bien immobilier situé à côté de chez lui plutôt que dans une SCPI, pourquoi ne pas chercher à investir dans une entreprise en particulier plutôt que dans un fonds ?
Et si c’était ça la vraie gestion active ? Choisir des entreprises, comprendre leur modèle économique, profiter d’un marché favorable (excès de pessimisme), acheter des actions et accompagner l’entreprise dans son développement pendant les 10 ou 20 prochaines années.
Bien évidemment, une véritable gestion active qui sera souvent synonyme d’un portefeuille mal diversifié qui sera la contrepartie d’une connaissance affutée de l’entreprise dans laquelle vous aurez investi.
Une véritable gestion active qui pourrait pourtant être synonyme de belles plus-values et d’excellentes performances pour ceux qui auront le talent d’investir dans les plus-belles entreprises. Une philosophie que nous vous avions déjà présentée dans cet article : Bourse : Investir avec la véritable « gestion passive » pour tirer profit du dynamisme à long terme des entreprises ? ou encore cet article « Vous devez investir en bourse comme vous investissez dans l’immobilier !«
À titre personnel, j’ai toujours travaillé comme ça. Je n’investis en bourse. Je n’ai pas d’ETF. J’aime investir à long terme dans le capital d’entreprises que je choisis.
À suivre.