La saison des résultats des entreprises américaines s’est terminée. Le bénéfice par action pour les grosses entreprises américaines du SP500 a continué d’augmenter significativement.

Dans le même temps, les taux d’intérêt sont restés relativement bas par rapport à 2018. Baisse du prix des actions, augmentation du niveau de bénéfice par action, baisse des taux d’intérêt, tous les facteurs principaux sont allés dans le sens de la baisse du MQ Multiple.
Les actions aussi bien américaines qu’européennes sont de ce fait devenues attractives.
En 2018, le président de la banque centrale américaine a réussi à piloter l’augmentation des taux d’intérêt tout en gardant la confiance du consensus. Mais en décembre, le consensus a considéré qu’il faisait une erreur de gestion en cherchant à réduire le bilan de la FED avec un rythme qui ne prend pas en considération l’évolution de l’économie.
Lorsque tout va bien, les banques centrales contrôlent l’évolution des paramètres de l’économie dont elles ont la responsabilité (inflation et le taux de la croissance pour la FED) par le truchement des taux d’intérêt de court terme. Ces taux d’intérêt encadrent le financement et le placement des liquidités des banques commerciales, qui créent et/ou détruisent de la monnaie ensuite par le jeu du crédit.
En décembre, le consensus était déjà inquiet par la remise en question des échanges commerciaux internationaux et par l’attitude imprévisible et allant parfois à l’encontre des intérêts économiques américains du président américain. La baisse du prix des actions a été tellement violente que Powell, le président de la FED, non seulement est revenu sur son plan d’exécution de la sortie du « Quantitative  Easing », la réduction du bilan de la FED dont nous venons de parler, mais n’a pas signalé de poursuite de la hausse des taux d’intérêt pour les mois à venir.
 

Mais la question de la dynamique des bénéfices reste posée.

Alors que l’économie avait commencé à se détériorer en fin d’année 2018, elle vient de recommencer à s’améliorer. De manière très légère, juste au dessus de notre limite, mais en amélioration quoiqu’il en soit.
Il est à noter un phénomène très atypique: le découplage de l’économie mondiale.
Souvenez-vous en 2008, DSK, alors à la tête du FMI, parlait pour la première fois de découplage.
Les économies occidentales entraient en récession alors que les économies émergées poursuivaient leur croissance économique. On parlait des BRIC. Il s’est avéré que la Chine est ensuite entrée en phase de contraction. Sans parler du Brésil et de la Russie.
Le découplage actuel est inédit, croissance extrêmement forte aux USA et entrée en récession de l’Allemagne et de la Chine selon certains indicateurs. Le consensus fluctue actuellement au gré des annonces sur l’avancée des négociations commerciales entre la Chine et les USA. Lorsque les annonces sont en faveur d’un accord proche alors le consensus achète des actions, en anticipant un retour à la normal et donc de la croissance en Chine et en Allemagne. Lorsque les discussions sont stoppées, le consensus vend les actions en anticipant que l’économie américaine ne restera pas « découplée » ad vitam eternam.
Il y a ici deux questions de prospectives économiques. C’est un exercice différent de celui du diagnostic de l’économie que nous faisons.
La première concerne le découplage de l’économie américaine. Les tenants de cette thèse comme Alan Tonelson affirme que l’intégration nord Américaine a été perturbée, ralentie et modifiée par la politique de subventions de la Chine, déloyale selon plusieurs critères vis à vis de l’esprit de l’OMC. Dans cette vision, il existerait une source de croissance économique venant d’une meilleure organisation de la chaine de valeur de la production industrielle entre le Mexique et les USA, au détriment de la Chine … et donc de l’Allemagne, dont les exportations de machines/outils dépendent de l’industrie chinoise.
L’autre question de prospective économique concerne l’aboutissement ou non des négociations commerciales entre la Chine et les USA. La question du découplage se pose de manière prégnante uniquement en cas d’échec des discussions.
Dans les deux cas, nous ne pouvons vous apporter une réponse experte. La prospective relève de la croyance. C’est pourquoi, si vous croyez que l’économie des USA peut rester découplée et que les négociations commerciales entre la Chine et les USA vont aboutir, alors vous pouvez appliquer la recommandation traditionnelle de la météo « expansion », c’est à dire jusqu’à 70% d’action avec un budget de risque dynamique. Si vous croyez que les USA ne resterons pas découplés et que les négociations n’aboutiront pas, alors nous vous suggérons de ne pas investir plus de 30% de votre portefeuille en actions.
Dans ce cas, il faut impacter négativement le diagnostic des conditions économiques et financières. Un indicateur « géopolitique » en quelque sorte. Le diagnostic est négativement impacté. Et comme il est déjà à la limite de l’amélioration, l’allocation dans ce cas serait celle suggérée lorsque la météo des marchés est « Récupération ».
 

Analyse propre à l’auteur : le monde est actuellement en guerre cyber.

A partir de maintenant, de manière à mieux structurer la Weekly, nous séparons le commentaire des indicateurs de la météo des marchés, des commentaires relatifs aux aspects géopolitiques et sociaux en lien avec les marchés financiers mais dont la mesure ne peut pas se faire de manière quantitative et systématique.
Thomas Gomart, dans un ouvrage s’appelant « L’affolement du monde » propose une synthèse qui a attiré fortement notre attention. A lire.
Tout d’abord, le monde est actuellement en guerre cyber. Et comme vous le savez, l’économie est la science des échanges productifs en période de … paix. Est-ce qu’une guerre cyber remet en question l’état de paix ? Les services de renseignement européens ont rappelé cette semaine à la conférence de Munich sur la sécurité l’importance de cette guerre cyber.
Nous avons la Chine qui cherche à surveiller le monde via les infrastructure produite par Huawei et de l’autre nous avons la Russie qui intervient massivement dans les processus électoraux des démocraties occidentales. Sans même savoir si le président américain travaille pour une puissance étrangère, il est maintenant avéré et reconnu, y compris par le sénat américain à majorité républicaine, que trois proches du président ont favorisé les intérêts de la Russie. La question en suspens consiste à savoir si cela en constitue pour autant une collusion ou pas.
Thomas Gomart, spécialiste de la Russie, nous éclaire une nouvelle fois sur ce point. Tout d’abord la Russie est un état autoritaire mais pas totalitaire. Et le but de la Russie n’est pas de contrôler le résultat des urnes mais de discréditer le processus démocratique occidentale. En cela, il est indéniable qu’entre les discussions autour d’un report du Brexit, les enquêtes autour de Trump et jusqu’à chez nous les appels à remettre en question la légitimité du président Macron, l’objectif de politique étrangère de la Russie a été atteint.
Du côté de la Chine, l’absence de tentation totalitaire est moins évidente. La numérisation du contrôle initiée par Xi Jinping peut légitimement inquiéter. C’est pourquoi l’arrestation des dirigeants de Huawei a été soutenue par l’ensemble des démocraties occidentales. On peut à ce stade se demander si la guerre cyber a des conséquences économiques telles que nos diagnostics perdraient en pertinence.
Les conséquences économiques aux USA pour l’instant se limite à l’explosion incontrôlée de la dette, la mauvaise allocation des fonds publics et une destruction du « goodwill » autour des marques made in America. La chute des ventes d’Apple en Asie au dernier trimestre pourrait en être le premier symptôme.
Au Royaume-Unis, le coût d’un Brexit sans accord semble pouvoir se chiffrer en pourcents voir en dizaine de pourcents de points de PIB. Pour les gilets jaunes en France le coût semblerait se monter en quelques dixièmes de pourcent de point de croissance.
En dehors, du Brexit au Royaume Unis, la guerre cyber ne semble donc pas avoir le même impact qu’une destruction similaire à des bombardements.
Afin de conclure, nous croyons que l’esprit des lumières, à l’origine des démocraties occidentales est un feu qui ne peut s’éteindre. Nous croyons qu’au contraire, les démocraties occidentales vont apprendre à vivre avec les réseaux sociaux.
L’explosion des inscriptions aux New York Time ou au Washington Post en est une première illustration. Par exemple, les 1% des français les plus pauvres correspondent à la classe moyenne mondiale. 80% des inégalités dans le monde dépendent de la géographie.
Thomas Gomart parle aussi de myopie européenne (ou de naïveté). L’Europe ne perçoit pas encore les défis de puissance en cours. Cela change avec les tous derniers discours d’Angela Merkel, discours de fin d’année et discours à la conférence de Munich sur la sécurité. Ils pourraient pourtant transformer nos territoires en zones pauvres du monde. Il évoque par exemple le risque, en cas d’implosion de l’Europe, de voir les pays européens devenir des acteurs, non pas de second rang, mais de troisième rang.

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