Un article publié pour la première fois en Juin 2018. L’actualité récente sur les marchés financiers me laisse penser qu’il est plus que jamais d’actualité – Nous vivons depuis quelques semaines, une baisse simultanée des marchés « actions » et des marchés « obligataires » – A méditer – J’ai l’intuition, qu’il est important de sortir des cadres analytiques du passé ! Les formules mathématiques d’efficience des marchés élaborée dans les années 50 à 70 sont encore à la base de la finance dites moderne… Ces mathématiques sont elles encore capables de décrire la situation actuelle, je ne crois pas –

 

La gestion profilée est à nouveau à la mode sur l’impulsion des fintechs qui remettent d’actualité un concept ancien développé depuis le début des années 80. Pour la révolution financière, il faudra malheureusement attendre, la principale innovation apportée par ces sociétés est plutôt de l’ordre de la communication ou du marketing.

La gestion profilée, c’est donc un mode de gestion très ancien qui consiste à créer des profils type que les épargnants pourront adopter en fonction de leur aversion au risque. On parle alors de Profil « prudent » , « équilibre », « dynamique » ou autre appellation commerciale derrière se cache une même réalité.

La gestion profilée, consiste donc à construire un portefeuille modèle dont le risque sera plus ou moins élevé. Pour ce faire, les sociétés qui construisent ses portefeuilles s’appuient sur des études académiques et notamment sur la notion de frontière efficiente telle que nous vous le présentions dans cet aticle «6% de rendement avec un contrat d’assurance-vie : la méthode du #défi6%». De manière simple, il s’agit de répartir l’épargne entre :

  • Des obligations ; Réputée moins risquées
  • Des actions ; Réputée plus risquée

Ainsi, et de manière caricaturale mais finalement très proche de la réalité :

  • Le profil « prudent » est souvent composé à hauteur de -+ 80% d’actif obligataire et 20% d’action
  • Le profil « équilibre » est souvent composé à hauteur de -+ 50% d’actif obligataire et -+ 50% d’action ;
  • Le profil « dynamique » est souvent composé à hauteur de -+ 20% d’actif obligataire et -+ 80% d’action ;

 

source : CPR AM

 

La corrélation négative historique entre ces deux actifs permet, en théorie, d’obtenir un rendement satisfaisant à moyen / long terme. L’obtention du rendement repose sur l’idée simplifiée à l’extrême que lorsque les actions montent, les obligations baissent et lorsque les obligations baissent, les actions montent.

Bref, en théorie, la diversification du portefeuille entre des actifs décorrélés permet d’obtenir un ratio rendement/risque satisfaisant.

Mais que se passe t’il lorsque tous les actifs sont corrélés ? Que se passe t’il lorsque les actifs réputés les plus « prudent » s’avère valorisés à l’extrême ?

Plus l’épargnant recherche la prudence, plus la part d’actif obligataire est élevée.

 

Dans une période de remontée prochaine des taux d’intérêt et de corrélation forte entre les actifs, n’est-il pas dangereux de lier « prudence » et « sécurité » avec « investissement en obligation ».

En effet, comme nous le présentons dans le graphique ci-avant, la corrélation est forte entre action et obligation. Cela signifie que lorsque les actions montent, les obligations montent et inversement à la baisse.

Dans un moment, ou tous les actifs sont tous considérés comme fortement valorisé au regard des ratios historiques, n’est-il pas étonnant d’aller chercher la « sécurité » en investissant dans un support obligataire dont la valeur est très élevée ? (cf « Faut il remettre en cause la théorie de la diversification du patrimoine pour réduire les risques ? »).

Que va-t-il se passer demain lorsque les taux d’intérêt remonteront ? La réponse est simple : La valeur des actifs obligataires, facteur de « protection » du portefeuille, baisseront.

Dans un contexte de taux proche de zéro, n’est-il pas imprudent de resté investi sur cet actif dont le potentiel de perte est très supérieur au potentiel de gain ?

N’est-il pas contre-intuitif de continuer à croire qu’un « portefeuille prudent » doit être majoritairement investi en obligation ? Ce n’est pas parce que c’est vrai depuis 30 ans … qu’il s’agit d’une vérité intangible.

N’est-il pas plus prudent de considérer que la liquidité, le cash est la seule véritable sécurité (et encore) ?

 




24 Comments

  1. « En théorie, la diversification du portefeuille entre des actifs décorrélés permet d’obtenir un ratio rendement/risque satisfaisant. »

    Cela date des années 50 et on sait que c’est obsolète au moins depuis 2002: cf. Prix Nobel Kahneman & Tversky, puis Nobel Thaler …

    … pourtant toujours enseigné et toujours diffusé. Salutations à Marty McFly & Dr Emmet Brown

  2. cartephi says:

    Bonjour

    il faut savoir que beaucoup de fonds patrimoniaux ont des échéances sous 1,2 ans donc si la remontée des taux a lieu , cela les sauvera.
    En revanche si elle a lieu dans 3 ans, seuls les fonds patrimoniaux pouvant avoir des sensibilités négatives sortiront leur épingle du jeu.
    donc bien choisir ses fonds patrimoniaux aujourd’hui est important.

    • Bonjour. Pourriez-vous indiquer plus précisément comment choisir les bons fonds patrimoniaux, et où trouver les paramètres techniques à regarder ? Merci d’avance

  3. Que veut dire « sécurisé »? @Guillaume Fonteneau

  4. La Bank of England a compilé des données sur 250 ans pour analyser la supposée corrélation inverse des obligations et des actions

    Le Blog de la BOE s’est fait l’écho du résultat de ce travail
    https://bankunderground.co.uk/2016/10/20/bitesize-250-years-of-the-bond-equity-correlation/

    voir aussi cet article
    https://economicszero.wordpress.com/2017/01/29/bond-equity-correlation/

  5. Cela voudrait-il dire que la sécurité se trouverait plutôt dans une sélection de fonds décorélés entre eux plutôt que dans une distinction actions/obligations ?

    • Oui, mais la décorrélation existe t’elle vraiment dans un monde ou tous les actifs sont survalorisés ?

      • Les métaux précieux sont-ils surévalués ? Les terres agricoles et certains GFV ? Certains secteurs liés aux énergies alternatives ?
        C’es possible, mais l’instant ils sont moins couteux à acheter qu’il y a 10 ans pour certains et varient indépendamment des cours des marchés actions et obligations. Il y a à mon sens de nombreuses pistes intéressantes dans le non coté.

  6. Une sélection de fonds décorélés entre eux ?

    Mais c’est une chimère, tout est interconnecté, il suffit de voir leur composition ou indice….

    Le jeu du « je te tiens par la barbichette.. »

  7. Vous écrivez : « Faut-il remettre en cause la théorie de la diversification du patrimoine pour réduire les risques ? »
    Vous faites la confusion en gestion de patrimoine et gestion de portefeuille, ce qui est étonnant pour un CONSEIL en GESTION de PATRIMOINE !
    Dommage que vous fassiez aussi la confusion entre diversification du patrimoine et diversification du portefeuille pour réduire les risques, dernier terme, qui sous entend que tous les marchés géographiquement ne sont pas forcément corrélés. etc…

  8. Sécurisé, prudent…. dans le contexte actuel remontée des taux ou pas, l’épargnant perd souvent de l’argent. Heureusement que l’ISF a disparu pour les placements financiers, car il mangeait peu à peu son capital financier. Placer en actions, pourquoi pas, à condition d’avoir une gestion active, qui toutefois ne met pas à l’abri des incidents géopolitiques.
    Guillaume, en recommandant le cash, ne vous tirez vous pas une balle dans le pied ? à quoi sert un gestionnaire de patrimoine dans ce cas ? placer dans l’immobilier, merci avec les impôts qui ne cessent d’augmenter … que reste t-il ? consommer et donner un max à ses enfants

    • « Guillaume, en recommandant le cash, ne vous tirez vous pas une balle dans le pied ? à quoi sert un gestionnaire de patrimoine dans ce cas ?  »

      Justement, c’est la raison pour laquelle mon unique rémunération est un honoraire de conseil qui rémunère le conseil ! Comme je n’ai rien à vendre, je peux conseiller librement et notamment de rien faire ou du moins de ne pas faire certaines choses 😉

  9. lol
    « à quoi sert un gestionnaire de patrimoine dans ce cas ? »
    Eh bien à vous dire qu’il ne faut rien faire présentement et rester liquide, un conseil qui vous épargne le laminage, c’est donc toujours un conseil…
    Il est parfois opportun de ne rien faire, temporairement.

    Ou de réfléchir à la fiscalité au préalable.

    Ceci étant, le problème reste entier du cash et de sa sécurisation dans nos hexagonales banques pourries

    • Oui voilà, rester liquide est un risque à cause des encours en emprunt des banques et de l’effet de levier que jamais personne ne voit faire effet massue.
      Le mieux est d’apprendre à perdre un peu (investissement en monétaire – frais de gestion) en attendant que les taux remontent franchement.

  10. Solution « la moins pire » ?
    Placer ses liquidités en assurance vie sur des fonds en euros de compagnies d’assurances réputées solides ( Generali ?), n’est ce pas ce qu’il y a de mieux à faire pour l’instant … à condition d’avoir aussi par ailleurs d’autres fonds répartis sur des livrets (mal) rémunérés – moins de 80 000 € par livret- dans l’hypothèse où les fonds placés en assurance vie seraient temporairement bloqués ?

    • Bonsoir à tous,
      Après lecture de vos différents propos, je me permets de réagir !
      2 belles solutions de diversification existent :
      1/. Immobilier : Investir dans un appartement en résidence de services (LMNP étudiants et/ou séniors autonomes).
      2/. Épargne financière – Assurance Vie : Produits structurés avec rentabilité très favorable de 5 à 8% AVEC une protection du capital jusqu’à – 40%.
      Bien à vous et à vous lire !
      0786263907

      • Ce sont des solutions, pourquoi pas, mais attention à mon sens:
        1. LMNP: faire attention à ne pas acheter du neuf à un prix boosté aux hormones, ce qui est généralement le cas. Difficile à vendre par la suite, surtout lorsqu’on est en hait de cycle.
        2. Produits structuré: l’indice de ref est souvent retraité (EWC equipondéré par exemple ou avec un retrait de X% chaque année). Là aussi, attention aux cycles, malgré la garantie. Dans ce cas, je lui préfère un eurocroissance, avec une varie garantie à terme.
        Mais tout ça n’est que question de point de vue…

      • L’idée c’était de trouver des solutions de diversification de portefeuille uniquement.
        En ce qui concerne les produits structurés plusieurs choses me gênent beaucoup :
        D’abord, la garantie de protection ne va que jusqu’à – 40%. J’étais déjà dans le métier lors de la crise des subprimes et je peux vous dire que ce seuil a été percé et a justement fait sauter beaucoup de garanties notamment sur les EMTN.
        Corrélativement, sur les produits structurés vous avez en général des fenêtres de sortie à des conditions relativement avantageuses mais ceci implique que vous attendiez la fenêtre. Or, les marchés n’ont pas le temps d’attendre.
        Ensuite, lorsque le marché est en forte hausse, vous perdez le bénéfice de la hausse! Votre rendement est limité à 8% par an! Et vous ne l’obtenez que si vous sortez dans la fenêtre. Encore une fois, cela interdit le time-picking.
        Il est plus avantageux de mon point de vue de surveiller son portefeuille et de l’arbitrer régulièrement.
        Les produits structurés c’est NON pour moi.

        • Tout à fait d’accord avec Damien
          * concernant les produits structurés, c’est également NON pour moi, pour les mêmes raisons
          * concernant la gestion de mon portefeuille, je retiens là aussi son commentaire du 22/10 à 14h52 : « Le mieux est d’apprendre à perdre un peu (investissement en monétaire – frais de gestion) en attendant que les taux remontent franchement » … ce qui se traduit pour moi par : Solution d’attente « la moins pire » et la plus confortable ?
          Placer ses liquidités en assurance vie sur des fonds en euros de compagnies d’assurances réputées solides ( Generali ?), n’est ce pas ce qu’il y a de mieux à faire pour l’instant … à condition d’avoir aussi par ailleurs d’autres fonds répartis sur des livrets (mal) rémunérés – moins de 80 000 € par livret pour des raisons de garantie – dans l’hypothèse où les fonds placés en assurance vie seraient temporairement bloqués, du fait de la nouvelle règlementation ?

      • @ cleret

        Encore un guignol qui réinvente l’eau chaude et vient faire sa pub//////

  11. les liquidités sur l’Avie en fonds euros ?
    Sapin 2 et autres ça vous parle ?

    Lol et les garanties du fonds de remboursement, ça me rappelle les baux commerciaux « garantis » par l’exploitant….

    Donnez moi vos sous, je vous les rendrai avec en plus un intérêt, je vous le garantis et signe un papier….

    • Fonds euros dynamique ok, fonds général non. Il y a des obligations d’état sur le fonds général.
      Sinon il y a aussi les UC.
      Choisir un assureur qui n’est pas totalement exposé à l’état. Mieux, un assureur qui n’est pas totalement exposé à l’assurance-vie.

  12. Le cash est très risque si l’inflation revient.

    Il faut définir quel est votre actif sans risque. Le loyer implicite de sa résidence principale? Les prix a la consommation? Un indice de prix a la consommation représentatif de vos dépenses (Un retraite n’a aucune exposition aux prix des études, beaucoup plus a celui des services de santé ou de tourisme) ect…

    Bref, ce n’est pas facile et assez théorique mais je pense que c’est nécessaire afin d’avoir une vrai gestion a long terme de son patrimoine (humain et financier)

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*