Assurance vie et gestion de patrimoine

Lorsque vous ouvrez un livre de macro-économie et que vous cherchez à comprendre le rôle des banques centrales dans l’économie, vous pourrez y lire que la banque centrale Européenne a pour objectif la stabilité des prix et qu’elle dispose pour ce faire du pouvoir de fixer les taux d’intérêt de court terme. Étonnement, pour la banque centrale, stabilité des prix, ne rime pas avec inflation nulle, mais avec inflation égale à 2%, soit une perte de pouvoir d’achat de la monnaie et de ses détenteurs.

L’action de la banque centrale est contre-cyclique :



  • La banque centrale augmente les taux d’intérêt pendant les périodes d’expansion économique afin de freiner une croissance économique source d’une inflation trop forte ;
  • La banque centrale baisse les taux d’intérêt pendant les périodes de récession économique afin de relancer une croissance économique trop faible source d’une inflation trop faible, voir même de la déflation.

Néanmoins, depuis 2008, nous vivons une crise déflationniste d’une telle puissance que les outils traditionnels à disposition des banques centrales ne sont plus suffisants. Le taux d’intérêt qui résulterait naturellement d’un activité normale de la banque centrale seraient trop élevé et insupportable pour l’économie surendettée (les états, les entreprises et les particuliers).

C’est alors que les banques centrales ont innové et en mettant en oeuvre une politique monétaire dite « non conventionnelle » qui consiste simplement à créer massivement de la monnaie en achetant des actifs obligataires disponibles sur le marché secondaire. Les banques centrales ont, depuis 2012, artificiellement fait baisser les taux d’intérêt en achetant des obligations.

On ne peut pas vraiment parler de planche à billet. En effet, le rôle de la banque centrale européenne n’est pas de détruire lest actifs qu’elle achète, mais simplement de les porter pour soit attendre leur échéance et se faire rembourser par l’émetteur de l’obligation, ou la revendre sur le marché lorsque l’économie sera assez forte pour accepter des taux d’intérêt plus élevé.

La banque centrale européenne est donc « propriétaire » d’obligation et elle continue toujours d’en acheter au rythme de 30 milliards de dollar par mois jusqu’en septembre 2018. Progressivement, la banque centrale européenne réduit l’ampleur de sa politique monétaire, c’est à dire de son impact sur la déformation des taux d’intérêt. Car c’est bien l’objectif majeur de la politique monétaire non conventionnelle dite « Quantitative Easing » : Faire baisser les taux d’intérêt de manière excessive pour améliorer la situation budgétaire des agents économique à l’endettement trop élevé. 

Cette répression financière conduit à favoriser les emprunteurs en réduisant leur charge de crédit… mais le corollaire c’est l’euthanasie des épargnants qui sont les créanciers du système.

Mais attention, le rôle de la banque centrale qui pratique ce quantitative easing n’étant que de « porter » les obligations avant de la remettre dans le circuit, la baisse excessive des taux d’intérêt (constatée pendant la phase d’achat des obligations) devrait être suivie d’une phase de hausse excessive des taux d’intérêt (constatée pendant la phase de revente des obligations). 

Cette seconde partie de la phrase est fondamentale pour comprendre ce qui va se passer en 2018. En effet, en 2018, et cela pour la première fois depuis le début de la crise, la banque centrale américaine va commencer à réinjecter les obligations achetées pendant les multiples quantitative easing.

Ce mouvement de politique monétaire non conventionnel n’est pas limité à la zone Euro. Tous les pays développés procèdent à cette même politique monétaire, à des seuils plus ou moins avancés. La banque centrale des états-unis est avancée dans le cycle et commence tout doucement à vendre les obligations accumulées depuis le début de la crise. En zone euro, nous sommes dans un cycle de ralentissement des achats, alors qu’aux états unis, ils en sont dans une phase de vente du stock d’obligation.



La Banque centrale Européenne devrait parvenir à ce stade en septembre 2018 et nous pourrons alors envisager des hausses de taux d’intérêt à partir de 2019 en zone euro.

 

 

Une tentative de normalisation trop lente ?

Bref, vous l’aurez compris, tout cela est très très lent. N’est ce pas trop lent ?

Est il bien raisonnable de poursuivre une politique monétaire aussi expansionniste alors même que l’économie tourne à plein régime ? Et oui, c’est un paradoxe, mais avec un niveau de croissance économique à 1.80% en France… nous sommes à plein régime et probablement au dessus du niveau de croissance potentiel estimé à 1.25%.

1.25%, c’est le niveau de croissance que l’on peut atteindre à moyen terme. (cf « Trésor-Éco n° 206 – La croissance potentielle en France« ). Cela signifie que le niveau actuel de 1.80% est exceptionnel … et qu’il ne peut durer éternellement. Nous ne sommes pas dans un début de cycle de reprise économique … mais au maximum d’un cycle qui devrait faiblir dans les prochains mois.

Ne faudrait il donc pas profiter de cette croissance économique forte (du moins plus forte que son potentiel) pour adopter une politique monétaire plus restrictive afin de préparer l’avenir, c’est à dire se donner la possibilité d’adopter une politique monétaire plus expansive lorsque le cycle économique sera moins favorable ? C’est le sujet qui devrait animer l’année 2018.

Vous l’aurez compris, nous vivons une situation économique parfaite qui doit perdurer pour donner les moyens aux banques centrales d’assainir lentement, mais surement leur bilan. 

Malheureusement, la fin du quantitative easing et la vente des obligations achetées par les banques centrales devraient peser sur le niveau des taux d’intérêt et donc sur les taux d’emprunt (c’est la raison pour laquelle nous vous expliquons depuis des mois que les taux de crédit immobilier vont augmenter en 2018 et 2019). La question centrale est donc de savoir si les économies seront en capacité de maintenir le niveau de croissance malgré une hausse tendancielle des taux d’intérêt. Pourtant, cette croissance et cette situation stable est indispensable pour continuer à sortir en douceur de cette politique monétaire non conventionnelle. 

 

 

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L’année 2018 pourrait être l’année de la tentative ratée de la normalisation des politiques monétaires.

Les économies ne peuvent supporter des taux d’intérêt trop élevés et la phase deux de la politique monétaire non conventionnelle semble donc très délicate à gérer. Il ne faut pas exclure la possibilité que cette phase deux soit un échec.

Que se passera t’il si l’inflation augmente plus rapidement ? ou si le cycle de croissance économique devait faiblir à cause d’une petite, mais trop forte augmentation des taux d’intérêt, causée par le début de normalisation de la politique monétaire ? Pouvons nous espérer encore 4 / 5 années de croissance élevée pour que les banques centrales disposent de suffisamment de temps pour revenir à la normal ?

Tout cela semble peu probable. Il faut se rendre à l’évidence, le quantitative easing va se transformer en « planche à billet » ! Il est fort possible que l’expérience monétaire ne fasse que commencer tant il peu probable que les économies soient capables d’encaisser une hausse des taux d’intérêt.

A court terme, cet échec de la normalisation des politiques monétaires pourrait être le signe d’une baisse forte des marchés financiers … mais la hausse pourrait reprendre de plus belle après lorsque les banques centrales officialiseront leur poursuite de la destruction de la monnaie pour l’adoption de nouvelles politiques monétaires non conventionnelles. 

 

La normalisation impossible et la poursuite de l’aventure monétaire vers l’infini et au delà ?

Les banques centrales ont déployé des masses de liquidités pour un résultat médiocre :  10 ans après la crise, nous n’avons pas retrouvé les niveaux d’avant crise malgré un niveau d’interventionnisme historique. Faire le constat d’une croissance retrouvée est inutile sans le mettre en rapport avec l’importance des efforts qui ont été nécessaire pour atteindre cette croissance.

Ces efforts, ce sont les milliards d’euros qui composent le bilan des banques centrales, mais aussi l’endettement devenu excessif des entreprises qui ont profité des taux d’intérêt trop bas pour racheter leur propre action à bon compte, plutôt que d’investir dans la croissance économique de demain.

Les banques centrales sont allées trop loin dans la perversion du système pour avouer leurs erreurs et revenir dans une économie telle que nous la connaissions avant 2008 : Les banques centrales vont persévérer dans leur expérience monétaire tant qu’il est possible et tant qu’ON les laisse faire. La question fondamentale est de savoir qui est le « ON ». 

Je crois qu’il faut analyser l’émergence du bitcoin comme le début de la remise en cause du pouvoir des banques centrales. Le « ON » est peut être parmi ces fous qui construisent un monde parallèle via les bitcoins et autres crypto-monnaies.

Le bitcoin est une folie, une spéculation sans intérêt pour celui qui a confiance dans la résilience monétaire du système actuel. C’est une opportunité incroyable pour celui qui n’a plus confiance et cherche une autre solution à la folie des banques centrales qui iront toujours plus loin pour sauver l’égo de leurs dirigeants.

 

Dans cette configuration de politique monétaire irréversible (comme l’affirmait déjà Patrick Artus en 2013 « L’irréversibilité des politiques monétaires non-conventionnelles ? Plus rien n’arrête la liquidité mondiale …« . ), l’hyperinflation de la valeur des actifs pourrait se poursuivre.

Ainsi, comme nous l’écrivions dans cet article « La hausse de la bourse et des prix de l’immobilier est elle devant nous ? » : 

Dans un monde ou l’argent n’a plus de valeur à cause d’une offre abondante de monnaie par les banques centrales, c’est la valeur exprimée dans la monnaie locale qui explose.

La hausse des prix de l’immobilier ou des cours de bourse n’est pas le fait d’une appréciation de la valeur fondamentale de ces actifs … mais le simple fait de la perte de valeur de la monnaie dans laquelle la valeur de ces actifs est exprimée.

En 1997, vous étiez riche avec votre maison valorisée 1 000 000 FF, c’est à dire avec 150 000€. 20 ans plus tard, vous êtes pauvre avec votre maison valorisée 250 000€. Que valent vraiment 300 000€ lorsque l’on considère qu’un couple aux revenus moyens pour obtenir cette somme sans difficulté via un crédit immobilier sur 25 ans ? 

Vous devez revoir votre manière de valoriser les choses ! L’argent n’a plus de valeur… Il faut donc beaucoup plus d’Euros pour acheter la même chose. 

L‘hyperinflation monétaire détruit les patrimoines non investis :  L’inflation de la valeur des actifs (immobilier, bourse, …) détruit la valeur de votre épargne exprimée en Euros. En Euros, votre patrimoine est stable et progresse même un peu… mais en valeur relative, vous vous appauvrissez parce que tout le monde s’enrichit plus vite que vous !

Malheureusement pour les épargnants dont le patrimoine n’est pas investi, l’irréversibilité des politiques monétaires conduit à considérer la poursuite de cette hyperinflation de la valeur des actifs du fait de la destruction continue de la valeur de la monnaie : La valeur des actions et les prix de l’immobilier pourraient bien reprendre le chemin de la hausse au gré de la poursuite de la destruction de la valeur de la monnaie par les banques centrales…(cf »Comment se protéger contre l’effondrement de la monnaie ? Bitcoin, Or, valeur d’usage, immobilier ? »).



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5 Comments

  1. Bel exercice de propective. Mais qui vivra verra!

  2. charlotte 2 says:

    Bonjour,
    J’ai bien compris le risque que l’on court : mais quelle est la solution quand on a 70ans et que l’on a la majorité de ses placements en fonds Euros, parce que il y a à peine 4 ans , il était recommandé de prévoir des liquidités, que l’on pourrait retirer des ses assurances-vie pour compenser la baisse des retraites ?
    Faut-il se résoudre à s’appauvrir quand on passe la barre des 70 ans et compter sur qui pour financer une maison de retraite médicalisée quand ce que l’on avait « mis de coté » ne suffit plus pour financer la dite maison ???

  3. Fredy Gosse says:

    j’adore les explications 1.80 % c’est bien avec un déficit annuel qui caracole au moins à 3%….
    les experts ne savent plus quoi nous dire…
    Charlotte 2 gardez vos liquidités et dépensez les pour vos vieux jours et oubliez la notion de s’enrichir.Avec un peu de chance ,vous ,comme moi,n’aurons pas à mendier à nos enfants ou à l’Etat de quoi finir dans la dignité..nous changeons de modèle parait il ,je n’ai pas compris le nouveau mais à lire à Droite à gauche ,il y a beaucoup de verbiage et zéro certitudes.maintenant je ne suis pas un gourou ,faites comme vous le sentez

    • charlotte 2 says:

      Bonjour,
      C’est en effet ce que je fais : j’ai mis une croix sur la notion de « s’enrichir » depuis 2 à 3ans environ . je suis toujours à l’affût du bon conseil , mais je n’en vois pas qui soit adaptés aux plus de 70ans à qui on a si longtemps enseigné de se reporter sur les fonds en Euros à cet âge là ; je ne vais pas basculer vers les UC bien que les conseillers fassent forte pression.

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