En France, il est de bon ton de critiquer le régime de la retraite par répartition et de louer la retraite par capitalisation comme LE système vers lequel nous devons progressivement tendre.

La récente réforme des retraites et la mise en place du PER s’inscrit d’ailleurs dans cette dynamique d’une retraite minimum assurée par la collectivité, et une indispensable retraite par capitalisation qui permettrait de survivre décemment.

Il n’y a plus de mystère sur ce sujet maintenant : Malgré un régime de retraite par répartition qui n’est plus menacée grâce aux réformes passées (Nous sommes en quasi-équilibre budgétaire à long terme), le gouvernement semble vouloir s’acharner à réformer le régime actuel afin de prendre le contrôle sur une baisse future encore plus prononcée.

L’actuel régime des retraites est quasi à l’équilibre ! Il faut arrêter de croire que la présente réforme est obligatoire pour éviter la faillite ! C’est là une fakenews. En ce sens, vous pouvez relire cet article : Réforme des retraites : La baisse des retraites est il l’objectif caché du gouvernement ?

Demain, la retraite par point est un régime de retraite qui repose quasi-intégralement sur la valeur du point fixée, directement ou indirectement par le gouvernement. Ainsi, et contrairement à la situation actuelle, dans un système de retraite par point c’est le pouvoir politique qui décidera du niveau futur des retraites. L’exemple de la Suède ne doit pas nous rassurer !

Le rapport Delevoye sur la réforme des retraites confirme ce basculement majeur. Extrait : « Si la règle de revalorisation du point par défaut tiendra compte de l’évolution du revenu moyen par tête (RMPT), le Conseil d’administration aura la possibilité de proposer une autre règle de revalorisation, au regard d’une analyse pluriannuelle de la situation du système. » cf »Réforme des retraites : Ces préconisations inquiétantes du rapport DELEVOYE. 

Bref, nous avançons lentement mais surement vers une dégradation accélérée du montant de la retraite. Aujourd’hui, l’équilibre budgétaire est assuré par les partenaires sociaux ; Demain, le pouvoir politique pourra organiser la dégradation du régime de retraite (via une moindre revalorisation du point) afin d’imposer un régime de retraite par capitalisation complémentaire, mais indispensable.

Malheureusement, la retraite par capitalisation n’est pas le régime de retraite le plus performant du monde.

Aux USA, Selon Bloomberg, alors même que les marchés financiers sont au plus haut historique, c’est à dire que les valorisations des comptes de retraite par capitalisation doivent être au plus haut, à la fin 2018, il y a 560 milliards de dollars d’engagements de retraite sous-financés :

  • 22,4 milliards de dollars de GE représentent le déficit le plus important.General Electric va même suspendre la retraite par capitalisation de 20 000 de ses salariés ;
  • Boeing 2e déficit de retraite de 15,3 milliards de dollars ; 
  • Exxon 3e de 12,9 milliards de dollars ; 
  • Lockheed 4e de 12,5 milliards de dollars ;
  • GM 5ème de 11,5 milliards de dollars ;

 

 

En Allemagne, ce sont 120 milliards de sous-engagement qui sont à déplorer :

  • VolksWagen € 33 milliards représentent le déficit le plus important.
  • 2e Siemens avec € 8,9 milliards de déficit de retraite,
  • Allianz avec € 8,9 milliards,
  • Bayer avec € 8,4 milliards,
  • BASF € 7,4 milliards

 

La question est alors de s’inquiéter sur le sort de la retraite par capitalisation, demain, lorsque les marchés financiers ne seront plus à leur plus haut historique. 

Dans un monde ou le rendement n’existe plus, dominé par les taux d’intérêt négatifs comment peut ont encore croire que la capitalisation est un régime de retraite viable ! La retraite par répartition est au contraire un régime parfaitement adapté. (cf »L’avenir de la retraite n’est pas la capitalisation. Il faut sauver la retraite par répartition« ).

 

L’herbe n’est pas toujours plus verte ailleurs… Je me demande encore comment nous pouvons considérer ce pays comme un modèle tant les dérives sont inquiétantes. Par exemple, un taux de chômage apparent à 3.50% aux USA, mais une réalité nettement moins favorable comme nous vous l’expliquions dans cet article « Le « vrai » taux de chômage est il plus faible en France qu’aux États-Unis ? Serions-nous en plein-emploi ?« .

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35 Comments

  1. Capitalisation ou répartition est un faux débat.
    Si l’un fonctionne, l’autre Aussi car les 2 reposent sur le Meme fondement : la croissance.
    Pas de croissance, pas de dividendes ou de progression du cours des actions ni de cotisations sociales.

    Cela relève davantage à un débat sur l’individualisme ou la solidarité.
    À chacun son avis.

    • Il y a pourtant de la croissance aux Etats-Unis

      • Philippe says:

        J’ajouterai au commentaire de Laurent que le capital retraite d’une entreprise aux USA dépend de sa croissance et du rendement et du nombre de retraités. GE a vu son nombre de salariés gonflé au fils des années, face à un rendement médiocre et une croissance moins vive que chez Google, que va-t-il se passer ? Je parie sans trop de risque et si les conditions ne bougent pas à une implosion de GE et pas de la retraite par capitalisation.
        Regardez les déficits de Google, SAP en allemagne etc… nuls.

        Donc au lieu de voir un état défaillir (la France) on aura une ou des entreprises qui n’auront pas su ou pu évoluer. Perso, le moins pire est la faillite d’une entreprise. Pour Guillaume, un petit goût de communisme bien réconfortant et « équitable » au premier abord lui semble plus sûr. Je propose de diviser la France en 2. D’un côté, ceux qui veulent vivre avec un risque étatique et de l’autre ceux qui pronent la distribution des risques.

  2. Comment peut on prétendre être gestionnaire de patrimoine en faisant la promotion d’un système de retraite par répartition qui est une composante d’un système communiste de sécurité sociale en faillite (et dire le contraire…) et en même temps, dénigrer le système de retraite par capitalisation en sélectionnant des exemples de mauvaise gestion….?

    Est-ce à dire que vous êtes un fonctionnaire d’État ?

    Reprenez vos instincts d’entrepreneur Monsieur et cessez de tout attendre d’un État prédateur de richesses qui n’a plus aucune pitié pour ses administrés.

    Et si vous mettez un peu de sérieux dans vos enquêtes, parlez donc du capitalisme de connivence que pratique l’Etat Français avec par exemple des fonds de pension comme Blackrock…

    Raisonablement et statistiquement, il y a plus de chances d’avoir un retraite décente d’une société comme BlackRock que de la part d’un expert en mauvaise gestion nommé État Français….

    • Pouvez vous m’expliquer comment faire pour capitaliser dans un monde à taux négatifs ?

      La répartition est au contraire un système sain et équilibré pour peu que les retraités et les travailleurs aient conscience de leur interdépendance.

      • Certes, mais ce n’est déjà pas le cas en France et la tendance ne risque pas de s’inverser de sitôt surtout à l’heure où la pyramide des âges est inversée…

        La solution des retraites n’est pas dans l’assistanat des États en faillite, elle est plutôt dans une meilleure gestion individuelle des revenus de chacun d’entre nous.

        Pour la France, supprimer demain la sécurité sociale c’est retrouver immédiatement 10 à 20 points de PIB, RENOUER avec la compétitivité des entreprises et de la croissance, réduire massivement le chômage et solutionner rapidement le financement des retraites par capitalisation.

        Quand à faire des affaires en période d’inversion des taux et de taux d’intérêts négatifs, ce n’est semble t’il pas un problème pour certaines sociétés ou multinationales réellement libérales. Vous observerez que celles qui performent à l’international de nos jours, sont celles qui savent s’affranchir totalement d’un rapport de gestion qui dépend d’un État ou d’un capitalisme de connivence….

      • « Pouvez vous m’expliquer comment faire pour capitaliser dans un monde à taux négatifs ? »: parce que les obligations seraient le seul instrument patrimonial pour capitaliser ???

        J’avoue avoir de plus en plus de mal à démêler dans vos interventions ce qui relève de la gentille provocation volontaire, du parti-pris, de la méconnaissance de certains instruments, et de l’intérêt professionnel lorsqu’il s’agit de ‘vendre’ de l’immobilier locatif dans des zones detendues…

        • C’est pourtant bien le principe actuellement imposé aux gestionnaires de la retraite par capitalisation, telle que les compagnies d’assurance vie. Les ratios prudentiels sont construits autour d’une allocation diversifiées entre les différentes classe d’actif à dominante obligataire.

          • C’est faux.
            Les retraites futures sont estimes en utilisant les taux sans risques (pour faire simple) donc LA raison principale du déficit des fonds de pensions est justement le fait que les taux d’intérêts soit négatifs et que leurs actifs ne se soient pas valorises aussi vite.

            Concernant les ratios prudentiel, chaque classe d’actifs a un poids et la compagnie d’assurance doit mettre du capital en face. Détenir des actifs risques est très pénalisant en termes de capital donc la plupart d’entre elles ont beaucoup réduis leur investissement en actions depuis 2009.

            J’apprécie vos articles Guillaume mais je constate trop souvent que vous parlez sur des sujets techniques sans vraiment connaitre le sujet en question ce qui peut conduire vos lecteurs a de la désinformation.

            • Guillaume FONTENEAU says:

              « Les ratios prudentiels sont construits autour d’une allocation diversifiées entre les différentes classe d’actif à dominante obligataire. »

              Cette phrase n’est peut être pas très juste, mais avouez tout de même que la finalité est la même n’est ce pas ? La capitalisation est une allocation diversifiée entre les différentes classe d’actif avec un poids important donné aux obligations actif le moins gourmand en fonds propres.

              Sinon, pouvez vous nous expliquer comment est investie la capitalisation ?

              • Le portefeuille d’actifs est peut-être diversifie mais pas le passif qui lui est obligataire a 100%.
                Or le problème ici dont on parle est une question de passif essentiellement.
                Si votre passif a une durée moyenne de 30Y et que les taux passent de 2.5% a 0.5% (Comme c’est le cas sur la dette française a 30y depuis 5 ans, avant le début de QE), votre passif a augmente de 90% environ.

                Or sur 5 ans, regardons la perf des actions:
                – MSCI Europe +34%,
                – MSCI World +46%
                – S&P500 +67%

                Bref vous voyez bien que même si votre portefeuille diversifie a bien préforme, c’est toujours moins que la valeur du passif d’ou le déficit massif des fonds de pension dans le monde aujourd’hui.

    • Moi je pense que vous avez tout deux raison… G Fonteneau a raison en disant que la motivation principale de l’état n’est probablement pas l’équité universelle du système, mais plutôt la réduction du coût de ce système pour un état qui n’arrive pas à vivre dans la limite de ses moyens. Et Bart a raison en disant que dans ce contexte, on a probablement plus intérêt à faire confiance au capitalisme pour assurer (ou au moins compléter) nos retraites… 🤷🏻‍♂️

      • Je crois qu’il est un erreur de croire que la retraite par répartition ne repose pas sur le succès du capitalisme. La retraite par répartition suppose la réussite du capitalisme … mais, j’en conviens, pas du libéralisme, dont la volonté du tout marché suppose la réduction drastique des allocations sociales (y compris le retraite) qui sont vus comme un protectionnisme qui réduit la force du marché.

    • Jean Paul says:

      Ne soyez pas caricatural. Poser la question est légitime. Je crois pour ma part que confier la gestion d’un fonds de retraite à une entreprise constitue une mauvaise option, même si ce système fonctionne bien dans certains cas.
      Il faut également rappeler que les fonctionnaires bénéficient d’une retraite par capitalisation avec la Prefon. Le sujet est difficile et sérieux et doit être commenté avec modération

  3. Bonjour
    Je rappelle que dire bonjour, même à monsieur Fonteneau dont je partage de moins en moins le point de vue peut rester une façon courtoise d’entamer une reponse.
    Je crois que vous avez raison sur la volonté du gvt de réduire le coût des retraites. 26% des dépenses de l’état.
    Mais opposer un régime de retraite par capitalisation géré par une entreprise qui peut sous évaluer ses provisions, à un régime individuel géré par le citoyen n’est pas très correct car on ne parle pas de la même chose.
    Cordialement

    • Merci, vous avez raison de faire cette précision bienheureuse sur la différence entre la retraite par capitalisation à l’américaine et la retraite à point.

      J’ai en réalité « sauté » une étape dans mon raisonnement : La retraite par point aura pour conséquence la baisse de la pension retraite obligeant les citoyens à une retraite par capitalisation.

      • Oui car ce n’est pas a ma génération (25-35 ans) de payer pour les largesses des générations précédentes (60 ans +) et la seule raison pourquoi le système est a l’équilibre est parce que les cotisations sont trop élevés.
        On baisse les retraites, on baisses les cotisations et on redonne du pouvoir d’achat aux actifs. On arête enfin cette hérésie d’être le seul pays au monde ou les retraites gagnent mieux que les actifs.

    • Le régime de retraite par capitalisation, qu’il soit géré par une entreprise ou par un régime individuel géré par le citoyen de toute façon ne sera plus viable dans un monde de taux négatif. Il y a pourtant de la croissance aux USA, Le régime de retraite par capitalisation n’est plus viable, alors, imaginez ici … . D’ailleurs les Allemands l’ont vraiment mauvaise sur le sujet en ce moment.

  4. Philippe says:

    Si la logique des taux négatifs et de la décroissance rend toute épargne illusoire et stupide, pourquoi ne pas arrêter d’imposer cet épargne aux salariés ?

  5. Bonjour
    Pourquoi il y a un système de retraite par répartition alors que le système ancien était un système par capitalisation (les rentier)?
    Parce qu’après la guerre 14/18, la crise de 29 et la guerre 39/45 ou ce qui n’avait pas été déménagé en Allemagne avait été copieusement bombardé par les alliés ce système était simplement en faillite comme toute l’Europe. Tout le stock d’or était aux usa ce qui explique le système de Bretton Woods. Il a bien fallu trouver quelque chose. Le système par répartition s’est imposé car il est plus résiliant que le précédent.

    Je suis étonné de retrouver GM dans la liste car je croyait qu’il s’était débarrassé de sa dette des retraites lorsqu’il avait déposé son bilan il y a environ 10 ans. Aucune certitude mais à vérifier.

  6. Stupéfiant la passion dogmatique de Bart, qui nous récite la messe du libéralisme béat! Je vois que Rigal a fait le rappel nécessaire: la capitalisation s’est totalement plantée en France au 20 eme siècle, c’est la raison de la naissance de la répartition…
    Quand quelque chose ne fonctionne pas on fait autre chose, les théologiens du libéralisme donnent des leçons de réalisme en même temps qu’ils s’accrochent à leurs dogmes contre toute évidence!

  7. Bonjour Messieurs,

    Le système par répartition a pu fonctionner lorsque nous étions dans un plein emploi avec une croissance ++ et une espérance de vie générale moindre qu’aujourd’hui. Les paramètres essentiels sont beaucoup plus d’actifs que d’inactifs et une croissance suffisante.
    Actuellement, l’espérance de vie augmente mais pas celle en bonne santé. (Demain la dépendance sera un des sujets centraux, lorsque le capital transmis aura été consommé, qui assurera les 3 000€ mensuels de maison de retraite par parents ? La solidarité familiale est en voie de disparition ?)
    Les entreprises sont écrasées par la fiscalité et les charges sociales, comment créer des excédents de richesse et de croissance ? Comment augmenter les salaires, embaucher ?
    Concernant la retraite par répartition, je vous invite à comparer le taux de cotisation des actuels retraités lorsqu’ils étaient dans la vie active dans les années 70-80. Comment expliquer à un travailleur actuel diplômé qui gagne en province péniblement 2 000€ que certains retraités de la fonction publique, territoriale, éducation nationale, régimes spéciaux ont pu partir à 52 ans à la retraite avec 2 500€ de pension ???
    Je pense que la question sous-jacente est : la retraite est-elle un droit ou un privilège ? On peut étendre cette réflexion à la santé, éducation, etc.

    • Jean-Luc says:

      Je pense justement qu’il est beaucoup plus difficile d’expliquer à un travailleur actuel diplômé à 2000 € que non seulement il paye actuellement les régimes spéciaux mais qu’en plus il va se faire ratiboiser sa retraite dans l’avenir.

      • Philippe says:

        Pas seulement aujourd’hui. Déjà dans les années 80, il était clair que nos cotisations retraite serviraient à d’autres tout en ayant aucun espoir de revenu étatique pour mes vieux jours.

  8. Triboulin says:

    D’après ce que je comprends, le sous-financement des fonds de pension US est de l’ordre de 3%, ce qui est du même ordre de grandeur que le déficit de la CNAV, il donc est tout à fait abusif de prétendre que le système par capitalisation US serait en faillite alors que le système par répartition serait en quasi-équilibre !

    D’autre part, il ne faut pas se leurrer, la baisse tendancielle des retraites par répartition est inéluctable, car inscrite dans la démographie et la faillite de l’éducation nationale (cf taux de chômage des jeunes !), et ne résulte pas d’une volonté politique perverse d’imposer la capitalisation .

    Un complément par capitalisation semble donc indispensable pour ceux qui voudraient partir à 62 ans en préservant leur niveau de vie, pour les autres, il leur faudra se résoudre à travailler jusqu’à 65, voire 70 ans.

    Au demeurant, il est réducteur d’affirmer que le rendement n’existe plus pour condamner la capitalisation, c’est seulement vrai du rendement « sans risque », mais les actions offrent des perspectives de rendement à long terme d’environ 5 à 6% dividende réinvesti, même avec des marchés « au plus haut », soit sensiblement mieux que la retraite par répartition (retour sur cotisations), ce qui montre que le système par capitalisation est tout aussi viable.

    Par ailleurs, les deux systèmes, qui ne sont jamais que des règles de partage de la création de richesse, sont tout autant vulnérables à un cataclysme économique.

  9. Ce débat entre capitalisation et répartition me fait vraiment bien rire. Rare sont ceux qui ont compris qu’au niveau macro économique… c’est EXACTEMENT la même chose. Et pour une raison bien simple: d’une manière ou d’une autre, ce sont toujours les actifs qui paient les pensions que des retraités. Après, que ce soit sous forme de cotisations sociales prélevées directement sur les salaires, de dividendes prélevés sur le résultat des entreprises (ce qui les empêche d’augmenter les salaires) ou de loyers (qui diminuent directement le pouvoir d’achat des locataires)… ce sont juste des modalités techniques. Dans tous les cas, ce sont les actifs qui paient pour les ‘vieux ». Et dans un monde qui vieillit, où les gains de productivité et la croissance s’épuisent, où les prélèvements obligatoires ont déjà atteints des sommets dans la plupart des pays développés (au 1ier rang desquels la France bien sur)… la seule issue est une diminution des pensions. Le seul avantage de la répartition est qu’elle permet de repartir la pénurie de manière plus egalitaire…

  10. Je suis rassuré Que la majorité des contributeurs (à part quelQues abrutis qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez) aient compris que répartition et capitalisation ne s’opposent pas.
    Un Bon système de retraite se compose des 2. Tout Comme une allocation d’actifs.

    Ce qui est regrettable en france (à mon sens), eSt de ne pas disposer d’un Fond de pension à la norvégienne, en complément du système par répartition , qui permettrait de mieux soutenir le capitalisme domestique et d’assurer de meilleurs pensions à nos concitoyens.

    • Bravo !
      Entre le noir et le blanc, il existe une grande palette de gris. Comment feraient les salariés les moins bien rémunérés pour épargner dans un contexte de retraite par capitalisation ?
      On peut faire un peu des deux pour tout le monde, une partie des salariés/indépendants, moins pour les hauts revenus …. Bref, la solution est dans la sagesse de Laurent !
      A mon humble, très humble avis.

  11. Guillaume, autant je suis assez souvent daccord avec vous, autant là, je ne peux pas l’être.
    Vous écrivez « L’actuel régime des retraites est quasi à l’équilibre ! »
    => c’est faux et archi faux !

    Oui, le COR nous dit chaque année que ça va passer, et que l’équilibre est à venir, d’ici 10 ou 20 ans (ou 30 …), mais dans le scenario favorable, avec une croissance et un taux de chômage qu’on n’a pas vus depuis plus de 20 ans, et ce, de manière continu, pas juste une année. QUi peut raisonnablement croire au retour des 30 glorieuses pendant les 20 ans qui viennent ?
    Dans le scenario moyen, ça ne passe pas, et dans les secnario défavorable, c’est carrément foutu. D’ailleurs, pour information, le scenario défavorable repose sur les conditions …. actuelles ! Grooooooooossssssssssse blague de la part des gouvernements pécédents qui ont toujours voulu nous rassurer. En effet, si jamais on dit aux jeunes aujourd’hui qu’ils vont payer plus qu’avant (les taux de côtisation ont augmenté régulièrement ces dernières années), beaucoup plus longtemps que leurs parents, pour toucher nettement moins, je ne suis pas sûr que tous aient l’esprit de sacrifice suffisant pour en redemander.

    D’ailleurs, plus globalement, on est passé d’environ 5/6 actifs par retraité ds les années 50 à moins de 2 en 2010 et à peine 1.5 ds qq années. Comment verser les retraites promises dans ces conditions tout en restant à l’équilibre ? En demandant à chaque salarié de verser 1000 à 1500e ds le système de retraite chaque mois ? En plus de son impôt sur le revenu, sa taxe d’habitation (pour ceux qui la paieront) et de sa taxe foncière (ceux qui la paient paieront davantage), en plus du loyer ou le remboursement du crédit immo ou le loyer ? EN mangeant des pâtes à tous les repas ?

    Soyons sérieux ! Le système par répartition a bien fonctionné car il fallait subvenir aux besoins de ceux (pas très nombreux) qui ont survécu à la guerre et à des conditions médicales bien plus rudes qu’aujourd’hui, le tout financé par les nombreux baby boomers tous au boulot pendant les 30 glorieuses.

    Maintenanty il faut financer les retraites de ces nombreux papy boomers, avec leux enfants qui sont pour certains au chômage. C’est nettement moins facile. Et en plus, l’espérance de vie a beaucoup augmenté dont cette situation de financement compliquée va durer.

    Pour résumer, en forçant le trait pour être clair : il était plus facile de financer les besoins de quelques uns pendant un temps limité grâce à beaucoup de salariés (rarement au chômage) que de financer les besoins de beaucoup de retraités pendant plus longtemps grâce à moins de salariés et plus de chômeurs (qui en plus doivent faire face à des prix de l’immobilier qui ont beaucoup augmenté entre deux).

  12. D’accord avec Laurent sur toute la ligne : le régime qui pourrait perdurer repose a mon sens sur un régime « mixte » répartition / capitalisation ce système fonctionne en Norvège!!
    Répartition: cotisations obligatoires et taux limités a 50% des cotisations actuelles pour tout les salariés , TNS , et fonction publique (petite retraite de base pour les « cigales »!)
    Capitalisation : régime facultatif mais déductible fiscalement a hauteur de 50% des cotisations annelles versées sur l’année avec sortie en rentes défiscalisées partiellement ou capital pour inciter les salariés a cotiser!
    deux avantages : diminution importante des charges sociales (création d’emplois et moins de chômage)
    augmentation du pouvoir d’achat ,donc de la croissance , qui sera de toute façon nécessaire a la pérennité des deux régimes!
    a vous lire!

  13. Il serait bien que les uns et les autres lisent le dernier rapport du COR publié en Juin 2019.

    Par exemple, le COR a simulé avec certaines hypothèses l’impact des mesures venant des réformes de notre système de retraite pour les 50 ans à venir.

    Ainsi si la masse des pensions versées en 2018 représente 13,8% du PIB (325 milliards), elle représenterait à peine 14% du PIB pour un taux de croissance en volume moyen annuel du PIB de 1% et tomberait en dessous de 12% pour un taux de croissance de 1,8%.

    Grosso modo cela signifie qu’avec l’augmentation du nombre des retraité.e.s, les pensions seront réduites entre 20 à 30% dans le futur, alors qu’elles ont déjà baissé (mon exemple: ayant toujours cotisé au dessus du plafond de la Sécu pendant ma carrière complète, ma pension de base dite Sécu représente seulement 42% du plafond actuel au lieu des 50% auxquels on avait droit avant ces réformes régressives).

    Une des questions posées avec le projet Macron-Delevoye est de savoir si celui-ci va aggraver et/ou accélérer ce recul du niveau de pension et conjointement de l’âge de départ en retraite.

    Pour le COR, le déficit du système n’est que de 0,5% alors que les gouvernements successifs ont décidé de ne pas compenser en totalité les exonérations de cotisations sociales, entrainant de ce côté un manque à gagner en 2019 de 4,5 Milliards.

    Les régimes spéciaux dont celui de la Fonction Publique portent ce qualificatif car à la création de notre système après la seconde guerre les opposants qui sont les aïeux de ceux qui aujourd’hui veulent lui porter un coup fatal ont refusé d’intégrer les meilleures dispositions de ces régimes préexistants dont celle de la reconnaissance de la pénibilité de certains métiers.

    Ces régimes du fait de l’arrêt depuis des lustres des embauches aux statuts correspondants comme de la réduction des effectifs sont ainsi mis volontairement en difficulté financière et vont disparaitre progressivement si rien ne change.

    Des solutions de financement existent au delà des causes venant du chômage, du blocage des salaires et des inégalités de carrière entre les hommes et les femmes: ainsi la part de la masse salariale dans notre PIB a chuté de 70% dans les années 80 à 62% aujourd’hui, soit un manque de 180 Milliards pour les salarié actifs et retraités!

    Il faut donc intégrer dans l’assiette toutes les rémunérations comme la participation, l’intéressement, l’abondement, certains avantages en nature.

    Il faut arrêter les exonérations, remplacer la CSG par une cotisation, rétablir la répartition (40% pour les salariés, 60% pour les employeurs) et asseoir la part employeur des cotisations sur la valeur ajoutée des entreprises en mettant en place un système de bonus-malus sur la base de critères sociaux (emplois, salaires, formations, conditions de travail) et économiques (investissements en liaison avec ces critères sociaux).

    Il faut faire cotiser les produits financers des entreprises au même niveau que la part employeur.

    Nous sommes face à un choix de société, un choix de civilisation: l’espérance de vie a augmenté parce que nous travaillons moins, moins durement et moins longtemps. IL est désespérant de vouloir voler les meilleures années potentielles de retraite, celles en bonne santé alors que tant de nos jeunes ne trouvent pas de boulot ou seulement des boulots précaires qui leur interdisent de construire une vie normale.

    Notre pays n’a jamais été aussi riche, connaissant une croissance permanente même si parfois faible, mais les inégalités de distribution des richesses créées par le travail n’ont jamais été aussi grandes. Amplifiées aussi par inégalités fiscales qui correspondent à la seconde phase qui est celle de la redistribution!

  14. Ange Leruas says:

    RETRAITE PAR REPARTITION OU PAR CAPITALISATION
    Les commentaires le prouve le sujet est loin d’être tranché et il est normal puisque l’essentiel s’oublie
    La monnaie a, en plus d’être de transfert d’une main à l’autre, d’avoir en parallèle un transfert d’un bien ou d’un service qui va circuler dans une chaîne de production pour devenir consommation.

    Si la monnaie circule sans disparaitre ce n’est que parce qu’elle est matérialisation de valeurs qui dans la production sont des avances de droit à consommer et, au passage à la consommation, sont des remboursements de cette avance. Les valeurs (avances) se créent lors de la production pour être des valeurs :
    – de rétributions des actifs
    – d’attributions pour différentes catégorie d’inactifs
    – de contributions pour des dépenses de santé
    – de contributions à des dépenses collectives

    Tout le long de la production la valeur change (valeurs ajoutées)
    Et à la consommation la valeur (les quatre avances citées ci-avant) rembourse pour effacer l’avance.
    La monnaie redevient, alors, par une nouvelle production une nouvelle avance.

    Si vous le pouvez démontrez : que notre réalité économique où la monnaie (devise nationale) n’est pas une matérialisation de valeurs d’un – droit de consommer- qui peut se transférer d’une main à l’autre pour céder une droit à consommation ou bien pour consommer ce droit de consommation.

    Si vous n’y arrivez pas à démontrer que cette réalité n’existe pas, pensez alors que ces valeurs (avances), décomposées suivant les quatre postes indiqués ci-avant, ont deux aspects
    1° l’aspect purement économique : la circulation des productions, ou des patrimoines
    2° l’aspect social le partage des consommations nationales entre actifs/inactifs ou entre types de consommations familial, mutuel ou collectif :

    La monnaie (devise) pour usage de la consommation a donc cet aspect économique et social ce qui fait que les monnaies du type hypermarché mondial ( LIBRA) ou petit commerce local (SEL) ne peut plus être nommée monnaie (devise) et sont donc illégale dans une nation pour un usage de consommation, faute de ne pas avoir cet aspect social qui se traduit dans la construction du prix des choses qui sont des valeurs partageable en des dizaines de composantes votées par nos gouvernances qui en finalité se recompose en seulement quatre.

    Tout est dit sur la monnaie matérialisation de valeur qui trouve son origine dans la production (droit de consommer) (*) qui peut se transférer ou s’éteindre par la consommation

    Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

    (*) la production des uns devenant la consommation des autres, chacun dans sa vie doit produire (de va-leurs ajoutées) pour les autres autant que les autres produisent pour lui.

    Partant là : la retraite par répartition c’est celle institué qui a pour particularité d’être une des composante du prix des choses, et particulièrement l’attribution faite à des retraité en droit de consommer une partie de la consommation nationale soustraite à la consommation des actifs qui sont à l’origine de cette con-sommation (consommation non exportée plus importation en remplacement des importations). En fait nous n’avons pas une retraite mais une solidarité des actifs envers les inactifs, comme pour le chômage ou tout autre droit à attribution pour inactivité.

    Le vrai problème qui se pose est alors qu’elle part de consommation nationale réserver aux actifs, aux ensemble des inactifs, à chaque types d’inactivité, et à chaque ayant droit dans chacun des types, mais encore quelle par attribuer au dépenses collectives ou au dépenses de santé ?

    Est-ce un problème d’équation mathématique issue de règles sociales, où une décision démocratique qui dirait que la consommation nationale va se répartir ;
    • la consommation familiale des actifs avec une partie de leurs rétributions.29,7%
    • La consommation familiale des inactifs avec une partie de leurs attributions 25,3%
    • la consommation mutuelle des actifs et inactifs avec une partie de leurs rétribution ou attributions 13%
    • la consommation collective des actifs et des inactifs avec une partie de leurs rétri-bution ou leurs attributions.32%

    Puis pour satisfaire l’iniquité entre ménage, à capter les progrès de la société, ins-tituer une solidarité où les ménages captif offre 11% de leurs consommation fami-liale aux ménages moins captif.

    Tous ces taux ne sont que ceux que nos statistiques nous disent. Faut-il en chan-ger ? A qui lever pour donner ?
    La réponse doit être démocratique, mais ne faudrait-il pas avant mettre de l’ordre entre ayants-droit dans chacune des catégories ?

    La retraite par capitalisation.
    Que capitalisons-nous ?
    Des avances (droit à la consommation) qui prennent naissance dans lors de la production et sont rembourser par la consommation de cette production.
    Epargner (capitaliser) ces droit à consommation n’est-ce pas supprimer le rem-boursement de l’avance faite et ne pas consommer à hauteur de cette capitalisa-tion, donc produire pour rien, arrêter la production, d’où chômage ?
    Sauf si cette épargne devient un transfert de droit à consommer (un différé de consommation) pour d’autres (consommation anticipée) et attendre que ces transfert droits soit rendus plus tard par ce qui ont fait une consommation anticipée?
    Résoudre la certitude que le consommateur par anticipations se dispensera de consommer le moment voulu pour restituer la consommation à celui qui l’avait différé, auras la capacité de le faire, ou, que l’investissement fait porte ses fruits reste, alors le problème.

    DE toute façon un % ne nous dit rien puisque ce n’est que quelques chose et ce quelque chose c’est la production donc c’est de productioin que nous devons parler.

    Voila pourquoi Karl MARX nous à dit  » la monnaie masque la réalité: la production et sa vitesse »

  15. https://www.ft.com/content/c95deea4-03e2-11ea-9afa-d9e2401fa7ca

    «Leur maison est en feu»: la crise des retraites déferle sur le monde

    Traduction google trad :

    « Jan-Pieter Jansen, un retraité néerlandais âgé de 77 ans, avait de grands espoirs de prendre une retraite sans souci après avoir épargné avec diligence une pension pendant sa vie active.

    Mais M. Jansen, un ancien dirigeant de l’industrie métallurgique, a été contraint de réévaluer ses plans après avoir été informé par son régime de retraite, l’un des plus importants fonds du secteur des Pays-Bas, de son intention de réduire sa pension jusqu’à 10%. Naturellement, les nouvelles ont frappé comme une massue.

    «Cela me cause beaucoup de stress», déclare M. Jansen, qui a pris sa retraite il y a 17 ans et espérait utiliser son fonds de pension pour soigner ses petits-enfants et s’offrir de bons hôtels en vacances. «Les coupes dans ma pension vont signifier des milliers d’euros de moins que je peux dépenser pour la famille et les vacances que nous aimons. Je suis très fâché que cela se produise après avoir économisé si longtemps.  »

    M. Jansen n’est pas le seul à éprouver des douleurs liées aux retraites. Des dizaines de millions de retraités et d’épargnants dans le monde sont confrontés à la même insécurité à la retraite que M. Jansen, car la baisse des taux d’intérêt depuis la crise financière a bouleversé le financement des régimes. Alors que l’espérance de vie moyenne augmente, les retraites sont devenues un problème politique déterminant dans des pays aussi divers que la Russie, le Japon et le Brésil.
    C50TRK Une journée de grève des enseignants et des fonctionnaires pour protester contre les modifications apportées aux retraites – groupe de membres du syndicat UCU avec des pancartes
    Des enseignants et des fonctionnaires britanniques protestent contre les modifications apportées à leurs retraites © Jenny Matthews / Alamy

    Le conglomérat industriel américain General Electric a récemment annoncé son adhésion à un nombre croissant d’entreprises mettant fin à des régimes de retraite garantis du type «salaire final», touchant environ 20 000 de ses employés. Au Royaume-Uni, des dizaines de milliers d’universitaires se préparent à la grève face à la forte augmentation de leurs cotisations de retraite.

    Un facteur commun à ce bouleversement mondial des retraites a été la suppression des rendements obligataires.

    Les obligations ont toujours fourni un appariement simple aux flux de trésorerie devant être versés aux membres des régimes de retraite tels que M. Jansen. Mais des décennies de baisse des rendements obligataires ont rendu beaucoup plus difficile pour les fonds de pension d’acheter un revenu à leurs membres, les poussant davantage vers des actions et d’autres investissements plus risqués et non négociés, tels que l’immobilier et les capitaux privés.

    À ce jour, les marchés financiers dynamiques ont permis aux régimes de retraite d’accroître considérablement leurs investissements. Pourtant, compte tenu de leur passif à long terme, les perspectives de gains futurs à la baisse sont à l’origine d’angoisse.
    Un graphique sans description

    «Leur maison est en feu», explique Alex Veroude, directeur des investissements pour les États-Unis à Insight Investment, qui gère l’argent pour le compte de nombreux fonds de pension. «Et les taux peuvent et vont probablement baisser à partir d’ici. Même si la maison est en feu, il ne reste que le premier étage. Nous pensons qu’il peut également atteindre les deuxième et troisième étages. »

    Ce n’est pas simplement un danger pour des personnes comme M. Jansen, qui risquent de voir leur pension réduite, cela pourrait également avoir un impact plus large sur l’économie. Si les gens réservent plus d’argent pour leur retraite, cela pourrait entraver la croissance économique en réduisant la consommation – le contraire de l’intention des banques centrales de réduire les taux. La Riksbank suédoise a fait allusion à cela en annonçant récemment que cela ramènerait les taux d’intérêt à zéro d’ici la fin de l’année, affirmant que «si les taux d’intérêt nominaux négatifs sont perçus comme un État plus permanent, le comportement des agents pourrait changer et la situation négative. des effets peuvent survenir.  »

    Il peut même y avoir des conséquences plus systémiques. Le mois dernier, le FMI avait averti dans son rapport annuel sur la stabilité financière mondiale que la ruée des fonds de pension vers des actifs «illiquides» entraverait «le rôle traditionnel qu’ils jouent dans la stabilisation des marchés en période de crise», car ils disposeront de moins d’argent pour écoper. des bonnes affaires.

    La mise en place de stratégies d’investissement moins orthodoxes inquiète certains acteurs du secteur, qui préviennent qu’ils pourraient exacerber les replis du marché. «Nous assistons à des comportements vraiment inhabituels et à des retombées positives», explique Con Michalakis, directeur des investissements de Statewide, un régime de retraite australien. «La question d’un billion de dollars, c’est quand? Je fais cela depuis assez longtemps pour ne pas vouloir prédire quand cela se produira.  »
    Un graphique sans description

    Lorsque Christopher Ailman a étudié la science économique à l’Université de Californie à la fin des années 1970, le président de la Réserve fédérale, Paul Volcker, avait augmenté les taux d’intérêt, faisant monter les rendements obligataires à la hausse. Peu de temps après avoir obtenu son diplôme en 1980, le rendement du Trésor américain à 10 ans atteignait un record de près de 16% – et le concept de rendements inférieurs à zéro semblait absurde.

    «À l’école, mes manuels scolaires disaient qu’il n’existait pas de taux d’intérêt négatifs», explique M. Ailman, désormais directeur des investissements chez Calstrs, le régime de retraite des enseignants californiens, d’une valeur de 238 milliards de dollars. « Mais nous y sommes. »

    À la suite de la crise financière, de nombreuses banques centrales ont déployé de nouveaux outils non conventionnels pour redynamiser l’économie mondiale lorsque les taux d’intérêt sont passés à zéro. Au début, cela signifiait principalement des programmes massifs d’achat d’obligations de plusieurs milliards de dollars, mais en 2009, la Suède est devenue la première banque centrale à expérimenter des taux d’intérêt négatifs.

    Il a ensuite été suivi par le Japon et le reste de l’Europe, avec la ruée désespérée sur les obligations qui font baisser les rendements. Les inquiétudes grandissantes quant à la santé de l’économie mondiale, les perspectives d’inflation atténuées et les attentes d’une politique monétaire encore plus souple ont maintenant porté la pile de dettes à rendement négatif à environ 13 milliards de dollars.

    Les régimes de retraite investissent dans un large éventail de catégories d’actifs, mais avec de nombreux marchés boursiers atteignant ou atteignant des sommets inégalés, les perspectives de gains s’atténuent. AQR Capital Management estime que le fonds classique d’obligations équilibré 60/40 pourrait ne générer que 2,9% en moyenne par an après l’inflation de la prochaine décennie, contre 5% en moyenne depuis 1900.
    Christopher Ailman, directeur des investissements du California State Teachers ‘Retirement System, prend la parole lors d’une interview accordée à Bloomberg Television à New York, aux États-Unis, le lundi 1er avril 2019. Ailman a évoqué les marchés et sa stratégie d’investissement actuelle. Photographe: Christopher Goodney / Bloomberg
    Christopher Ailman, directeur des investissements chez Calstrs, le régime de retraite des enseignants californiens, d’une valeur de 238 milliards de dollars, a déclaré: «À l’école, mes manuels scolaires disaient qu’il n’existait pas de taux d’intérêt négatifs. Mais nous y sommes. © Christopher Goodney / Bloomberg

    «Les prix plus élevés entraînent simplement un retour toujours plus important dans le futur», explique Andrew Sheets, stratège chez Morgan Stanley. «C’est formidable pour les propriétaires d’actifs d’aujourd’hui, en particulier ceux qui approchent de la retraite. C’est beaucoup moins bon pour quiconque tente d’économiser, d’investir ou de gérer l’avenir, qui fait face à un paysage de retour de plus en plus stérile.  »

    La chute des rendements obligataires est particulièrement problématique pour les régimes de retraite à «prestations définies», qui promettent aux membres un versement spécifique. Ils utilisent des rendements obligataires de haute qualité pour calculer la valeur de leur passif futur, et chaque petit mouvement à la baisse approfondit leurs problèmes de financement.

    Une baisse d’un point de pourcentage des taux d’intérêt à long terme augmenterait d’environ 20% le passif d’un régime de retraite typique, mais la valeur de leurs actifs n’augmenterait que d’environ 10%, estime Ros Altmann, ancien ministre britannique des Pensions. . «Il est clair que le financement du régime va se dégrader et que les employeurs devront augmenter le financement», ajoute-t-elle.

    De nombreux régimes de retraite britanniques ont maintenant recours à des stratégies sophistiquées de «placement axé sur le passif», se protégeant contre l’impact de la baisse des taux sur leur passif. Cela commence lentement à faire son chemin en Europe et aux États-Unis.

    Mais les régimes qui n’ont pas pris de mesures pour se protéger du risque de taux d’intérêt font maintenant face à des augmentations énormes de leurs déficits et doivent prendre des décisions difficiles sur la manière de combler le déficit de financement.
    DISCUSSION SUR LA TABLE RONDE DE LA TABLE RONDE SUR LES PENSIONS ET L’ARGENT Ros Altmann, ancien ministre des retraites aux bureaux du FT, à Londres. Crédit: David Parry / FT
    Roz Altmann, ancien ministre des retraites, a déclaré qu’une baisse des taux d’intérêt à long terme d’un point de pourcentage augmenterait les engagements d’un régime de retraite typique d’environ 20% © David Parry / FT

    Dans tout le monde occidental, les gestionnaires de fonds de pension font face à des défis similaires. Les perspectives de l’industrie sont désormais aussi sombres que jamais depuis que Peter Damgaard Jensen a passé deux décennies au sommet de PKA, un fonds de pension danois.

    « Dans certains pays, le système de retraite ne peut pas survivre si les choses ne changent pas », prévient-il. « Ils doivent soit payer plus, soit réduire les prestations. »

    Aux Pays-Bas, le gouvernement a subi des pressions pour modifier les règles du système de retraite afin que les régimes puissent effectivement réduire les déficits, assommés par des rendements obligataires négatifs. Selon Anna Grebenchtchikova, experte néerlandaise en matière de retraite, les taux de capitalisation, qui mesurent le montant des fonds investis par rapport à leurs engagements, ont chuté à environ 90%. «Le ratio de capitalisation de 90% signifie que des réductions d’avantages sont probables, à moins que les taux d’intérêt et / ou les marchés des actions ne augmentent sensiblement avant la fin de l’année», dit-elle. « En conséquence, de nombreux partis d’opposition et organisations pour les personnes âgées ont appelé à un assouplissement des règles. »

    Le Stichting Pensioenfonds Zorg en Welzijn, le deuxième plus grand fonds de pension néerlandais, est un de ces fonds. Alors qu’il a généré 39 milliards d’euros de gains d’investissement au cours des neuf premiers mois de cette année, la baisse des rendements l’a obligée à mettre de côté 54 milliards d’euros supplémentaires pour répondre à la demande actuelle et future des titulaires de pensions. Il avertit maintenant qu’il devra peut-être réduire ses prestations pour la première fois en 50 ans d’histoire.
    Crédit obligatoire: Photo de KOEN VAN WEEL / EPA-EFE / REX / Shutterstock (10255669a) Des militants prennent part à une manifestation demandant de meilleures pensions à La Haye, Pays-Bas, le 29 mai 2019. Les syndicats CNV, FNV et VCP ont appelé à une grève à grande échelle pour renforcer leurs souhaits de pension. Inscrivez-vous en lisant l’image « Une bonne pension est une question de décence. » Des militants manifestent pour de meilleures pensions, La Haye, Pays-Bas – 29 mai 2019
    Les gens réclament de meilleures pensions lors d’une manifestation à La Haye © Koen Van Weel / EPA-EFE / REX / Shutterstock

    «Pour éviter une réduction, nous avons un besoin urgent de l’aide des politiciens à La Haye», a déclaré Peter Borgdorff, directeur de la PFZW, dans un article publié plus tôt ce mois-ci. « L’horloge tourne. »

    Pour contrer les perspectives de rendement déclinantes des marchés obligataires et boursiers traditionnels, de nombreux régimes de retraite renforcent leurs investissements dans des actifs «alternatifs» ou «privés», tels que les capitaux propres privés, l’immobilier, le capital-risque, les infrastructures et les prêts non négociés.

    Pour les investisseurs à long terme qui peuvent accepter l’illiquidité en contrepartie de la promesse de rendements supérieurs, cela a du sens. Un projet domiciliaire ou une route à péage peut générer un flux de revenus régulier semblable à une obligation. Pourtant, presque tous les investisseurs institutionnels ont exploré cette avenue, ce qui a entraîné une expansion des «marchés privés».

    «Il y a des dangers», déclare M. Damgaard Jensen. «Cela peut créer des bulles lorsque les gens se rendent dans de nouveaux domaines. Ce ne sont pas les classes d’actifs les moins chères. Et il y a beaucoup de frais. Souvent, les seuls qui deviennent riches sont les gestionnaires de fonds. Et vous devez vous assurer que vous pouvez tenir le coup car il est difficile de vendre.  »

    Ces investissements sur le marché privé consistent à affecter de l’argent à des fonds de capital-investissement ou à des fonds immobiliers, qui seront «appelés» lorsque leurs dirigeants voudront faire une grande acquisition. Mais cela pourrait réduire les sommes disponibles dans les fonds de pension. Le FMI estime que les allocations de retraite aux actifs non liquides ont doublé au cours des dix dernières années et que, pour environ un cinquième des fonds, ces engagements représentent plus de la moitié de leurs actifs liquides.

    «Compte tenu des risques de liquidité plus élevés, les fonds de pension devront probablement mettre davantage de liquidités de côté pour couvrir les sorties de fonds potentielles pendant et après les périodes de tension, surtout si les financements de marché deviennent plus coûteux», indique le FMI dans son Global Financial Stability Report. «Cela leur rendrait plus difficile l’achat d’actifs négociés à des cours en difficulté, ce qui limiterait leur capacité à investir de manière anticyclique et jouerait donc un rôle stabilisateur pendant les périodes de tension sur les marchés.»
    Tempête tempête pour frapper le Royaume-Uni … LONDRES, ANGLETERRE – 21 OCTOBRE: Les travailleurs de la ville traversent le pont de Londres alors que le soleil matinal perce les nuages ​​le 21 octobre 2014 à Londres, en Angleterre. Malgré les avertissements météorologiques émis par le Met Office en raison de vents violents et de la pluie derrière l’ouragan Gonzalo, ces prévisions ne se sont pas matérialisées à Londres. (Photo de Dan Kitwood / Getty Images)
    Des travailleurs municipaux marchent sur le pont de Londres pour se rendre au bureau © Dan Kitwood / Getty

    Confrontés à des perspectives de retour sur investissement toujours modérées, les gestionnaires de fonds sont confrontés à la perspective déplaisante d’infliger encore plus de souffrances en demandant des cotisations plus importantes aux adhérents des retraites et aux employeurs, en imposant une réduction des prestations ou en fermant leurs systèmes.

    La baronne Altmann a estimé qu’une intervention s’imposait pour limiter l’impact de la crise des retraites sur l’ensemble de l’économie, car les entreprises détournaient les liquidités de leurs investissements pour les dépenser davantage pour combler les déficits des régimes de retraite.

    «Le gouvernement et les régulateurs devraient prévoir d’aider ces régimes de retraite et leurs promoteurs, qui pourraient ne jamais être en mesure de s’offrir le rachat intégral d’une rente, sans devenir insolvables», a-t-elle déclaré. « Le développement d’un régime de » liquidation « plutôt que de » liquidation « , qui ne nécessite pas l’achat de rente et qui verrait les pensions payées à partir d’un fonds commun d’actifs, serait plus susceptible de générer des pensions plus élevées globalement. »

    Sans intervention, la société est également exposée à des risques plus importants, car davantage de travailleurs pourraient être contournés des systèmes de garantie garantis par l’entreprise et adoptés dans des accords prévoyant que leur pension est à la merci du marché boursier.

    « Dans 20 ans, nous risquons de nous retrouver face à une véritable crise mondiale sans épargne suffisante pour la retraite », déclare M. Ailman, de Calstrs. «Les rendements peuvent fluctuer, mais la longévité a été considérablement étendue. . . Nous devons juste expliquer aux Millennials que leurs parents pourraient être obligés de revenir vivre avec eux. ”

  16. Aux Pays-Bas, la crise des fonds de pension reflète un système financier sous pression

    https://www.mediapart.fr/journal/international/181119/aux-pays-bas-la-crise-des-fonds-de-pension-reflete-un-systeme-financier-sous-pression

    ors des dernières réunions de la Banque centrale européenne, le gouverneur de la banque des Pays-Bas, Klaas Knot, fut un des critiques les plus virulents de la politique de Mario Draghi sur le départ, et notamment de sa décision de relancer son assouplissement quantitatif (quantitative easing). Et ce n’est pas par hasard. L’ensemble du système de retraite des Pays-Bas est au bord de l’apoplexie.

    Des années de taux bas, voire négatifs, accompagnés par une montée du nombre de retraités, en raison du vieillissement de la population, sont en train d’ébranler le système de retraite néerlandais, présenté jusqu’alors comme un modèle par tous les défenseurs de la retraite par capitalisation. Le système préféré des néolibéraux, pilier indispensable du recyclage de la dette.

    Depuis des mois, les manifestations de retraités et de salariés se succèdent aux Pays-Bas pour s’opposer à une diminution de leurs pensions. Des négociations ont été engagées avec les partenaires sociaux au printemps en vue d’étudier une refonte générale du système. Dans la semaine, le gouvernement néerlandais doit présenter une série de mesures, censées répondre à l’urgence et éviter une réduction du montant des pensions dès janvier.

    Report de l’âge de la retraite à 67 ans dès 2021 (aujourd’hui à 65 ans), aides financières de l’État, abaissement de la réglementation… toutes les pistes sont à l’étude pour déminer un sujet politiquement sensible, et pour sauver une industrie financière qui pèse 1 600 milliards d’euros.

    Mais le sujet risque aussi de s’inviter lors de la prochaine réunion de la BCE. Car la politique monétaire ultra-accommodante de la banque centrale, son choix de soutenir des taux négatifs, de relancer le rachat de titres obligataires, dans l’espoir de soutenir la croissance européenne, sont désignés comme les principaux facteurs de troubles actuels.

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