-Un édito écrit par Julien Bonnetouche, notre lecteur passionné de la matière patrimoniale –

Les lecteurs du blogpatrimoine ont conscience d’être quelque peu privilégiés dans la mesure où ils possèdent un patrimoine pour la plupart d’entre eux, sous la forme de résidence principale, d’immobilier locatif ou encore d’un épargne débordante sur les contrats d’assurance-vie.

Mais si 65 % des français sont propriétaires, combien partagent la propriété de leur maison avec l’organisme de prêt ?

Et puis n’avons nous pas appris, avec la «prime inflation» de 100€ que 38 millions de français gagnaient moins de 2000€/ mois ? Ça fait beaucoup  ! et cela ne leur laisse pas une grande marge de manœuvre pour économiser, sous une forme ou une autre.

Malgré tout, la bonne tenue des marchés financiers, ainsi que des prix de l’immobilier, y compris provincial, peut donner le sentiment d’une sorte d’enrichissement, apportant un soulagement certain dans un univers de revenus assez peu dynamiques comme nous allons le voir.

« 20 % des gens possèdent 80 % des richesses ».

« La mondialisation bénéficie à 20 % des gens qui sont des anywhere alors que 80 % qui sont des somewhere n’en bénéficient pas ».

Cette loi empirique des 80/20 que j’ai moi même souvent reprise à mon compte reste sans doute valable à l’échelon mondial, mais semble de moins en moins vérifiable pour notre pays.

Tout commence avec l’euro, ou plus exactement il y a 30 ans avec Maastricht.

Et avec un mensonge d’État, il faut bien le dire, nous assurant que la monnaie unique nous rendra plus forts,

Alors que cela signifiait une perte de souveraineté et notre inféodation à l’Allemagne, puisque ce sont les allemands qui ont les sous.( ils ne les avaient pas à l’époque de la réunification, mais il était évident que cela viendrait).

Mais ce n’est pas l’essentiel :

L’essentiel est la surévaluation de l’euro, pour les pays du sud globalement, (en même temps qu’une sous-évaluation pour l’Allemagne) rendant notre industrie non compétitive, et entraînant la délocalisation massive qui s’en est suivie.

Pas étonnant donc, que nous subissions un appauvrissement général.

Il y a un autre mensonge d’État permanent : le calcul de l’inflation.

L’INSEE, organisme d’État, ne prend pas en compte le prix du logement dans ses calculs d’inflation.

0 % pour les propriétaires ou accédants, considérant que c’est un investissement.

6 % pour les locataires sans raisons claire.

Alors que la réalité tourne pour tous, autour de 30 % des revenus, et cela s’est trouvé accentué ces 20 dernières années avec l’augmentation  des prix de l’immobilier.

Le deuxième biais de calcul de l’INSEE est celui de la minoration du prix des objets manufacturés en fonction des progrès technologiques qu’ils contiennent :

Exemple :

un rasoir 2 lames coûte x

un rasoir 4 lames coûte 2x (à peu près)

Mais comme il y a un progrès technologique on va ramener son prix à x, et le comptabiliser comme tel.

Or, comme nous le savons tous, un rasoir 2 lames et un autre 4 lames rendent à peu près le même service…..

Cette règle est généralisée à l’ensemble des objets que nous consommons.

Il a été calculé que ce seul mécanisme correspondait à une inflation de 1 à 2 %/an.

Le résultat cumulé de tous ces facteurs, a modifié progressivement la richesse et surtout les revenus des différentes couches sociales françaises, celles ci ayant tendance à se confondre dans un magma  «intermédiaire» avec un écrasement des revenus des anciennes classes qui se pensaient favorisées ( les fameux 20% qui se rapprochent maintenant plutôt de 1 %), chose que chacun ressent plus ou moins intuitivement. A 9.000€/mois/1 personne on entre  dans les 1 % des meilleurs salaires, à 23000€/mois dans le club des 0,1 %, même là il faudra du temps avant de devenir millionnaire si l’on ne part de rien !!

-Les grilles de salaires au sortir des grandes écoles n’ont quasiment pas évolué.

Il n’est plus possible aujourd’hui d’espérer acquérir le statut de «bourgeois aisé» pour un polytechnicien par exemple sauf a devenir trader et encore !!

-Le niveau des études et des étudiants ne cesse de baisser, même en série scientifique.

-Le taux de fécondité lui aussi ne cesse de baisser, ce qui n’est pas bon signe, car élever des enfants pour leur donner un avenir digne de ce nom coûte cher.

L’ascenseur social n’existant plus, les moyens de devenir (assez) riche au cours de sa vie, c’est à dire posséder les 10 ou plutôt 20 millions nécessaires pour mettre un pied dans le porte du club des «petits riches» se réduit à quelques rares possibilités : ( par comparaison 10 millions $ aux USA est courant dès que l’on a un peu réussi)

Il faut donc soit :

-Hériter si possible d’une grande fortune

-Réussir en créant une start up à succès, ou une aventure du même genre.

-Être inspecteur des finances et faire des allers retours  entre haute fonction publique et direction d’entreprise ( pas beaucoup de postes et réservés aux énarques de la botte ..)

– s’exiler vers des contrées où l’on paye mieux les talents, (mais justement c’est ce qu’il faudrait éviter)

Les gilets jaunes descendus sur les ronds points pour quelques dizaines d’euro, soutenus par 70 % des français qui se sentaient aussi un peu concernés, témoignaient de la fragilité du niveau de vie de la population.

Nous en étions là fin 2019, et ça n’allait donc pas très bien. Mais heureusement comme dans les bons westerns, la cavalerie est arrivée et avait pour nom : COVID 19.

Tous les problèmes ont été mis sous cloche d’un coup, et l’argent s’est mis à couler à flots !!

Au plus profond de la bataille Mme Merckel elle même a accepté des sortes d’eurobonds, impensables auparavant. Petit à petit l’idée qu’une possible financiarisation de l’économie par la planche à billets prenait forme dans l’esprit allemand.

Et maintenant nous avons le nouveau gouvernement allemand, avec Olaf Scholz, composé pour une bonne part de verts, qui ont obtenu par un tour de passe passe financier, évitant les contrainte constitutionnelles rigoristes,  des émissions d’obligations rachetées par la BCE, avec pour but le «verdissement» de l’économie. 

Ils ouvrent la voie à  un fédéralisme européen, une idée qui a du corps, mais va à l’encontre des doctrines politique françaises de tous bords qui se pensent encore indépendantes ( à tort).

Nul doute cependant que ce «fédéralisme» si il prend forme sera sous commandement allemand….

Dans le même temps, le marché chinois se referme sérieusement. Cela tombe à pic puisque l’Allemagne devra réorienter ses exportations vers l’Europe (y compris du sud) et par conséquent la BCE pourra et devra continuer à actionner la pompe à finance pour donner à ces populations les moyens d’acheter les fameuses berlines de luxe, qu’elles ne pourraient s’offrir autrement.

C’est artificiel, on copie ce qui a si bien réussi aux les États Unis, mais il s’agit  là d’une véritable révolution idéologique et monétaire.

A suivre.

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