Vendredi soir, j’ai assisté, en tant que simple citoyen, à la présentation de la prochaine réforme des retraites par Jean Paul DELEVOYE en personne. Jean Paul DELEVOYE, haut-commissaire à la réforme des retraites est venu à NIORT présenter les ambitions de la réforme des retraites dont il va proposer les contours au gouvernement dans les prochaines semaines.
Je vous propose de faire une brève synthèse de ce que j’ai retenu de cette conférence.
Tout d’abord, je dois avouer avoir été agréablement surpris pas l’aspect consensuel de la démarche et des réflexions : Syndicats et citoyens semblent être consultés, entendus et surtout écoutés par l’équipe d’experts chargée de proposer la prochaine réforme des retraites. J’ai l’impression d’avoir assisté à la construction collective d’une réforme.
Voici, les grandes leçons de cette réunion / conférence :

  • La réforme des retraites ne se justifie pas par la contrainte budgétaire ; Il ne semble pas s’agir pas de mettre en place une réforme dont la finalité serait d’organiser la baisse des prestations. La réforme semble s’engager à budget constant ; C’est déjà une bonne nouvelle (cf »Baisser les retraites est il le véritable objectif de la réforme des retraites ? »).
  • Le régime actuel de la retraite par répartition n’est plus en danger de faillite grâce aux réformes passées par les gouvernements précédents ; Il ne s’agit donc pas de « casser » ce qui marche, mais de l’améliorer sans changer les fondamentaux de la répartition ; C’est encore une bonne nouvelle (cf »La retraite par répartition est sauvée ! La faillite s’éloigne et le retour à l’équilibre devient une réalité. »).
  • La réforme des retraites ne semble pas avoir vocation à mettre en place un régime de retraite par capitalisation ; Je crois comprendre que seul ceux d’entre nous dont les revenus sont supérieurs à 120 000€ devront s’évertuer à épargner dans un régime de capitalisation pour se constituer une retraite au-delà de 120 000€ de revenu (cf »L’avenir de la retraite n’est pas la capitalisation. Il faut sauver la retraite par répartition »). 
  • Il n’est pas question de revenir sur l’idée selon laquelle il sera possible de partir en retraite à 62 ans. Mais attention, Jean Paul DELEVOYE est limpide sur le sujet : Ouvrir le droit à partir à 62 ans ne signifie pas taux plein. Dans l’esprit de cette réforme, il devrait toujours être possible de partir en retraite à 62 ans, mais le niveau de la retraite sera probablement peu élevé par rapport à ceux qui partiraient à 63, 64, 65 ou même 67 ans.

 

  • De nouveaux mode de calcul des pensions de réversion sont effectivement en discussion afin d’adopter un système unique et universel pour tous. Je crois avoir entendu une volonté d’inflexion par rapport aux premières propositions du commissaire. Le haut-commissaire a évoqué l’idée d’assurer au survivant des époux au moins 66% des revenus du couple avant le décès (et non plus 50% comme précédemment évoqué) ; cf »Réforme des retraites : Des pensions de réversion revues à la baisse pour les futurs veufs ou veuves ».

 
Et surtout, et je crois qu’il s’agit là du message principal, le haut-commissaire à la réforme des retraites a insisté sur la volonté de reconstruire la solidarité nationale autour de la question de la retraite par répartition. Il ne s’agit pas de détruire la retraite par répartition pour mettre en place la retraite par capitalisation, mais au contraire de renforcer la retraite par répartition afin de remettre en place des schémas de solidarité entre les générations et entre les citoyens les plus aisés et les plus pauvres.
Mais au-delà de ces considérations paramétriques, le haut-commissaire à la réforme des retraites m’a semblé méfiant et attentif à l’égard des décisions des politiques. A ce titre, il a mis en garde les citoyens sur deux aspects qui seront essentiels pour permettre la mise en œuvre de sa réforme :

  • Qui aura le pouvoir de gouvernance sur la gestion du système de retraite par répartition. L’idée selon laquelle les politiques et gouvernants ne devaient pas pouvoir modifier l’esprit de la réforme est apparue très claire. La gouvernance du régime de la retraite par répartition devra être confiée aux partenaires sociaux et autres syndicats. Il faut absolument se prémunir d’un gouvernement qui voudrait « casser » la réforme pour suivre tel ou tel dogme.

 
Et seconde question majeure :

  • Qui a le pouvoir de fixer la valeur du point ? En effet, dans un régime par point, tout le système de la retraite par répartition repose sur celui qui a le pouvoir de fixer la valeur du point ? A quoi bon accumuler des points, si la valeur future du point est aléatoire et fixée selon les intérêts dogmatiques de telles ou telles castes, corporation ou politique. J’ai cru comprendre la nécessité d’écarter le pouvoir politique de cette décision sur la revalorisation du point.

Encore une fois, je crois avoir entendu une méfiance à l’égard du politique dont les motivations pourraient être opposées à la philosophie de la réforme construite par le haut commissaire.

Dans son exposé, le haut-commissaire à la réforme des retraites semblait aimer l’idée selon laquelle la capitalisation des points acquis était réalisée selon l’indexation de revalorisation des salaires alors que le montant de la retraite était revalorisé selon l’inflation.
Pendant la vie active, les points pourraient être revalorisé selon l’augmentation constatée des salaires. A la retraite, une fois la pension liquidée, la pension pourrait être indexée selon l’inflation. Cette proposition d’indexation semble tout à fait cohérente et pertinente.
 

Au final, une réforme utopique éloignée des objectifs du gouvernement ?

Au final, je suis ressorti de cette réunion avec un sentiment contrasté : L’impression de la présentation d’une réforme pleine d’utopie et de vivre ensemble dans une société apaisée et solidaire, mais dont la réalisation repose sur des politiques qui suivent des objectifs qui ne sont pas toujours en ce sens.
Bref, je ne sais pas s’il faut être optimiste. Le projet du haut-commissaire à la réforme des retraites paraît intéressant, équilibré et construit autour de l’intérêt collectif… mais, qu’en feront les politiques ?
Je ne sais pas quoi en penser. La réforme proposée semble belle, mais tellement à contre-courant des discours habituels…
A suivre …

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