« Je ne sais pas ». Ces quatre mots sont probablement les mots les plus importants pour vous qui cherchez à investir votre épargne.
Je ne sais pas. Je n’en sais rien. J’aime réfléchir, j’aime croire que je sais, j’aime essayer d’anticiper, mais au fond, je n’en sais rien, au moins à court terme.
À long terme, je me raccroche à l’idée que l’histoire nous explique que le capitalisme a besoin d’une croissance économique pour perdurer et que c’était déjà le sujet pour l’empire romain 😉 – Il n’y a donc pas de raison que cela change de sitôt. On se rassure comme on peut.
Je ne sais pas. Je ne suis pas capable de vous dire si les prix de l’immobilier vont augmenter ou baisser dans les 6 ou 8 prochains mois. Je ne peux pas vous dire si le CAC40 va continuer son chemin vers le haut ou au contraire si nous sommes à la veille d’un krach historique.
Je ne suis pas capable de vous prédire l’évolution de l’inflation à court et moyen terme.
Douter n’est pas très vendeur pour celui qui se prétend expert, mais c’est pourtant le meilleur conseil que vous recevrez avant longtemps. On attend, à tort, d’un conseiller en gestion de patrimoine qu’il soit capable de connaître l’avenir pour vous assurer de faire le bon investissement.
Malheureusement, il faut l’accepter : Personne n’en sais rien ! et l’accepter est fondamental.
On espère, on essaie de construire une narration rassurante qui confirmerait le bon déroulement d’un scénario, on manie les chiffres pour essayer d’encadrer sa décision, mais en réalité, on ne sait pas.
Le doute est au cœur de la gestion de votre patrimoine. Il faut l’accepter et l’intégrer dans votre processus de décision.
Ne pas savoir et l’accepter est essentiel, car cela vous évitera de prendre de (trop mauvaises) décisions. Dans votre vie, vous prendrez de mauvaises décisions, inévitablement, mais en acceptant l’hypothèse de ne pas savoir, vous limiterez l’impact de cette erreur.
En effet, celui qui croit savoir est tenté de foncer tête baissée dans tel ou tel investissement dont il juge la qualité incontestable.
Parfois, cela tourne même à l’obsession et au dogmatisme. On le voit aujourd’hui avec la secte des cryptos ! Certains ont tellement l’impression d’avoir raison contre tout le monde, qu’ils en deviennent agressifs, arrogants et insupportables.
Peut-être ont ils raison, peut-être pas. On verra. Moi, je ne sais pas, j’aime croire que je sais, mais en fait, je n’en sais rien.
Au contraire, celui qui doute agira avec mesure et tempérance. Un doute qui lui permettra d’accepter l’hypothèse d’une erreur d’analyse et de jugement, et donc lui évitera de prendre une décision trop radicale qui pourrait s’avérer le fruit d’une mauvaise analyse.
Celui qui doute aura donc à cœur de diversifier afin de multiplier les décisions d’investissement et ne pas mise sa réussite sur le bon déroulement d’un seul scénario.
Mais un doute permanent qui ne doit pas vous empêcher de prendre des décisions.
Le doute permanent ne doit pas vous paralyser. Vous devez prendre des décisions. Celui qui attend d’être certain avant d’agir ne prendra jamais la décision d’investir.
Il ne prendra pas de risque de se tromper… mais non plus celui de réussir. La pire décision est celle qui consiste à ne rien faire et attendre le bon moment pour investir. Le bon moment, qui ne viendra jamais.
Vous trouverez toujours une bonne excuse pour trouver que ce n’est pas le bon moment pour investir… alors qu’en réalité, c’est toujours le bon moment.
Il me semble préférable de faire, même quelque chose de médiocre, que de ne rien faire.
Ainsi, celui qui doute doit réussir à investir. Il faut simplement accepter l’idée que malgré toute la bonne volonté du monde et votre travail de réflexion sur le projet d’investissement, il est possible que vous ne preniez pas la bonne décision.
Bref, je n’en sais rien, mais j’adore croire que je sais tout en sachant qu’en réalité tout cela me dépasse et que je ne sais pas.
Comment dépasser le doute pour réussir à prendre la décision ?
Comme expliqué ci-avant, si vous attendez de ne plus douter pour investir, vous ne ferez jamais rien.
En revanche, il est possible de prendre une décision en modifiant les critères qui la motiveront.
Prenons un exemple facile à comprendre l’investissement immobilier : Si vous avez peur d’investir dans l’immobilier à cause de prix trop élevés, faites le avec une motivation différente que l’argent. On n’achète pas une résidence principale ou secondaire pour gagner de l’argent, on le fait pour construire son foyer, se faire plaisir, construire des souvenirs…, L’argent n’est jamais l’objectif, ce n’est que la conclusion.
Peut-être que vous réaliserez une bonne opération financière… à défaut, vous aurez au moins de superbes souvenirs dans votre maison au bord de la mer 😉
Idem pour l’investissement en actions. Si vous le faites pour maximiser votre rendement/risque et valoriser votre capital, vous risquez d’être stressé et de ne pas réussir. Au contraire, si vous le faites parce que ça vous fait plaisir de participer indirectement à l’aventure entrepreneuriale de telle ou telle entreprise dont le modèle économique vous parle, probablement que vous y arriverez plus facilement.
L’important est de réussir à prendre une décision d’investir. D’accepter de douter en permanence, mais d’agir.
Le pire est d’attendre, ne rien faire et attendre le bon moment qui ne viendra jamais.
À suivre.