N’avez-vous pas l’impression d’un mal profond dans le monde du travail. D’un côté, les entreprises et les recruteurs dépriment devant le manque de main d’œuvre.
On a l’impression qu’il n’y a plus de chômeurs. Serions-nous déjà au plein emploi ? Oui et non. Nous sommes clairement en plein emploi pour les actifs diplômés (Bac+2 et plus) âgés entre 24/64 ans ; En revanche, le taux de chômage des jeunes et des faiblement diplômés ne montre pas de plein emploi (bien au contraire), mais leur nombre est faible car les jeunes sont majoritairement (en nombre) en études.
Difficile à dire, mais il faut reconnaître que ceux qui n’ont pas de travail aujourd’hui, ne sont pas les plus employables. On notera qu’il y a 2 millions d’allocataires au RSA ; Une population qui doit pouvoir être considérée comme très éloignée de l’emploi, probablement en perte de connexion avec le monde du travail et le rythme de production imposé par le travail aujourd’hui.
Ceux qui sont au chômage aujourd’hui ne sont-ils que les personnes qui ne sont plus capables de suivre le rythme de productivité imposé par les entreprises en 2023 ?
En 2022, en France, 73,6 % des personnes âgées de 15 à 64 ans sont actives, c’est-à-dire en emploi ou au chômage. Ce taux d’activité moyen diffère selon l’âge : 42,2 % pour les 15 à 24 ans ; 88,3 % pour les 25 à 49 ans et 69,7 % chez les 50 à 64 ans.
Le taux d’activité des jeunes a baissé depuis 1975, en lien avec l’allongement de la durée des études. Celui des seniors (50 à 64 ans) s’est redressé depuis le milieu des années 90, sous l’effet du recul de l’âge de départ à la retraite. En 45 ans, le taux d’activité des femmes s’est rapproché de celui des hommes.
Les fluctuations du taux d’activité sont liées à celles du taux d’emploi : 34,9 % des jeunes sont en emploi en 2022 contre 53,8 % en 1975. À l’inverse, le taux d’emploi des seniors et celui des femmes ont progressé. Fin 2021, 29,9 millions de personnes occupent un emploi. En cette année marquée par la reprise de l’activité économique, avec la fin des restrictions d’activité liées à la crise sanitaire, l’emploi a augmenté de 1 115 000 par rapport à fin 2020, soit + 3,9 %. L’emploi salarié privé, et, en son sein, le secteur tertiaire marchand, sont les principales composantes des fluctuations d’ensemble.
La grande majorité des personnes en emploi sont salariées (86,9 % en 2022) avec un contrat à durée indéterminée ou fonctionnaire (72,4 % des personnes en emploi). La composition par statut d’emploi, type de contrat ou catégorie socioprofessionnelle diffère selon l’âge. Parmi les jeunes en emploi il y a bien plus de contrat en alternance (28,1 %) et ils sont plus souvent en intérim (4,9 %) ou en contrat à durée déterminée (19,8 %) que leurs aînés. Ils occupent majoritairement des postes d’employés (38,4 %) ou d’ouvriers (27,7 %) ; à l’opposé les seniors sont plus souvent artisans, commerçants ou chefs d’entreprise (8,8 %) ou agriculteurs (2,7 %) que les moins de 50 ans.
Le taux de chômage des jeunes atteint 17,3 % en 2022 chez les 15-24 ans, contre 6,6 % chez les 25-49 ans et 5,2 % chez les 50 ans ou plus. Le taux de chômage est calculé au sein des seuls actifs ; or, avant 25 ans, la plupart des jeunes sont encore en études et peu sont donc actifs. Le taux de chômage des jeunes est aussi plus sensible aux retournements conjoncturels.
En 2022, le taux de chômage atteint 13,2 % pour les actifs ayant au plus le brevet des collèges, contre 4,7 % pour ceux diplômés du supérieur. Il se situe à un niveau intermédiaire pour les titulaires d’un BEP ou CAP ou du baccalauréat. Pour tous les niveaux de diplômes, plus le temps depuis la sortie de formation initiale est grand plus le taux de chômage est bas.
Le taux de chômage est très hétérogène selon les catégories socioprofessionnelles : en 2022, celui des ouvriers est 3 fois supérieur à celui des cadres.
En moyenne en 2022, 2,2 millions de personnes sont au chômage et 1,9 millions souhaitent travailler, sans pour autant être au chômage au sens du BIT. Elles forment le « halo » autour du chômage.
(NDLR : Notez enfin que 2 millions de personnes sont au RSA).
Source : INSEE
Quelques graphiques qui permettent d’illustrer :
Bref, les entreprises ne trouvent plus de main d’œuvre ! Et ceux qui sont aujourd’hui au chômage sont principalement non diplômés et ont perdu la capacité à travailler au rythme imposé par les entreprises en 2023 !
Dans ce contexte, la recherche des talents est un combat de tous les jours. Heureusement, l’innovation et notamment l’intelligence artificielle devraient permettre d’accélérer la productivité des employés, et notamment des diplômés dans le tertiaire.
Une indispensable hausse de la productivité par l’innovation car la croissance future ne pourra pas être remplacée par l’arrivée de nouveaux salariés. La très forte baisse de la natalité et le vieillissement de la population ne permet pas d’espérer l’arrivée de nombreux futurs salariés. La démographie doit nous confirmer que nos enfants ne connaîtront pas le chômage de masse.
Une indispensable hausse de la productivité qui autorisera une poursuite de la croissance économique sans main-d’œuvre supplémentaire. De toute manière, nous n’avons pas d’autres solutions : Il n’y a plus de main d’œuvre qualifiée disponible !
Aujourd’hui, c’est la catastrophe dans les entreprises. La pression est maximale sur les salariés. La croissance est forte, il y a du boulot partout… mais pas assez de salariés et les recrutements sont quasi impossibles faute de main d’œuvre. Ce sont alors les salariés en poste qui subissent la pression.
On assiste alors à une France de salariés noyés sous le travail à accomplir, certains menacent de couler tant la pression est difficilement tenable. Ne cherchez pas ailleurs pourquoi le burnout se généralise : Le rythme imposé par le plein emploi est difficilement tenable !
Il est urgent que l’intelligence artificielle arrive dans les entreprises. Il faut soulager les salariés ! En améliorant la productivité, l’intelligence artificielle permettra aux entreprises de faire plus de travail, plus de bénéfice avec le même nombre de salariés ! Vite, ça urge !
Des gains de productivité et l’intelligence artificielle qui permettra aux entreprises de faire plus de chiffre d’affaires, plus de bénéfices sans avoir besoin d’embaucher des salariés qui n’existent plus. Des gains de bénéfices qui permettront de mieux rémunérer les capitaux, mais aussi les salariés.
Et si les trente glorieuses étaient devant nous ?
À suivre;