Il ne faut pas se faire d’illusion : Nous vivons dans une période caractérisée par un excès d’argent en circulation, et notamment dans la valeur des actifs action, obligation ou immobilier.

Vous avez trop d’argent, vous êtes trop riche ! Combien d’entre vous possèdent un patrimoine dont le niveau très élevé est simple résultat de la hausse des prix de l’immobilier ou du marché action ? Combien ont bénéficié d’un enrichissement apparent sans cause ?

Nous avons tous profité de l’inflation de la valeur de l’immobilier, des actions des obligations grâce à la baisse excessive des taux d’intérêt. Nous sommes tous plus riche que nous devrions l’être ! Demain, ceux qui ont profité de cette augmentation de patrimoine sans cause, pourraient bien subir une baisse de la valeur de leur patrimoine.

Les mêmes causes ayant les mêmes effets, il n’y a pas de raison que le changement de politique monétaire en cours ne soit pas à l’origine d’une baisse tendancielle de la valeur des patrimoines.

Il est impossible de savoir comment cette destruction de patrimoine va se traduire. S’agira t’il d’une lente mais certaine euthanasie des épargnants qui bénéficieront durablement d’un rendement de leur épargne inférieur à l’inflation ou d’un krach violent qui purgera d’un coup ces valorisations excessives sous l’impulsion d’une augmentation des taux d’intérêt comme nous vous le décrivions hier dans cet article dédié à l’assurance vie (cf »2019, risque de faillite de l’assurance vie et des fonds euros ?« ) ?

Il faut détruire cet excès de valeur monétaire ! Dans les prochaines années, certains d’entre nous verrons la valeur de leur patrimoine baisser, soit du fait de la baisse de la valeur de desdits actifs fortement valorisés, soit du fait d’un rendement durablement inférieur à l’augmentation des prix des biens et des services (IPCH).

Ces deux solutions semblent pourtant antinomiques.

Elles correspondent en réalité à deux hypothèses :

  • Soit, nous restons éternellement dans une période « sous contrôle » dans laquelle La banque centrale poursuit à l’infini sa manipulation monétaire et maintient des taux d’intérêt durablement faibles afin de soutenir (à bout de bras) éternellement la croissance et l’inflation. Dans un tel scénario, il n’est plus question de détruire la quantité de monnaie en circulation, mais d’essayer de réduire la création monétaire future. Bref, c’est la période éternelle des taux zéro qui, à très très très long terme, permettra de réduire la dette par l’euthanasie des rentiers. C’est le scénario préféré par tous les gagnants du système actuel qui pourront continuer d’en profiter, mais les épargnants se laisseront t’ils appauvrir ? Ne seront ils pas tenter d’utiliser leur épargne abondante, mais dont la valeur baisse inexorablement ? Seront ils pris aux pièges d’une épargne abondante, mais rendue indisponible par des décisions législatives proches de la spoliation (exemple : Loi SAPIN 2 et blocage de l’épargne placée en assurance vie ?). Cette solution nous paraît la moins désagréable car nous, individuellement, nous pourrons probablement nous en sortir ! Mais est elle raisonnable ? Considérer cette solution comme la plus probable, n’est ce pas prendre le risque d’être l’ultime victime, celui qui n’aura pas su prendre des décisions alors qu’il était encore temps… 

 

 

  • Soit, nous sommes à la veille d’une situation incontrôlable sur fond de perte de confiance dans la monnaie et dans les banques centrales, reconfiguration géopolitique, d’augmentation du prix du pétrole ou autre guerre commerciale et de démondialisation, crise des pays émergents, … C’est le scénario impossible que personne ne veut voir tant les conséquences seraient catastrophiques pour nous tous, et notamment les gagnants du système actuel (c’est à dire les pays développés) qui consomment et vivent sur l’exploitation, l’esclavagisme des habitants des pays émergents (Il ne faut pas sous-estimer les conséquences de notre lecture « Européenne » de l’histoire). Dans sa dernière note de conjoncture Carmignac exprime son inquiétude « Après avoir pris la main pendant des années sur les destinées économiques du monde développé, et plus encore sur les marchés financiers, les Banques centrales sont visiblement arrivées plus ou moins au bout de l’exercice. C’est tout particulièrement le cas de la Banque centrale américaine, qui au lieu de continuer de fournir des liquidités au système a commencé désormais à en soustraire. En fragilisant tout l’édifice des marchés, construit sur dix années de liquidités surabondantes, cette inversion de tendance est d’une importance majeure pour les investisseurs. Mais ce reflux du soutien monétaire fait aussi émerger deux autres forces, jusqu’à récemment mises sous le boisseau écrasant des politiques monétaires exceptionnelles : le cycle économique et les politiques gouvernementales. […] C’est cette collision entre cycles monétaire, économique et politique qui constitue le principal risque pour les marchés aujourd’hui, au-delà de leur focalisation à court terme sur sa seule composante politique. »

 

La prospective en la matière est impossible… mais, une certitude : Après 10 ans de création monétaire à crédit qui a autorisé des valorisations toujours plus élevée des actifs financiers et immobiliers, nous entrons dans une phase de réduction de la quantité de monnaie en circulation, et donc probablement de la valeur de ces mêmes actifs (cf »La déflation monétaire à l’origine de la baisse de la valeur des actions, obligations et immobiliers ? »).

 

 

Face à l’incertitude, il est fondamental de s’investir dans la notion fondamentale qu’est l’usage.

La prospective est impossible et dangereuse ! Bien malin celui qui pourra prétendre connaître l’avenir ! Avoir des doutes, se questionner est une manière de réfléchir et d’anticiper qui permet de prendre les bonnes décisions.

Ainsi, face à cette situation qui semble inextricable, il me paraît fondamental de se concentrer sur les fondamentaux, seuls protecteurs à long terme de la valeur. L’usage, c’est la valeur ! Il n’y pas de valeur sans usage ! Ainsi, celui qui possède un actif dont l’usage est irréfutable devrait pouvoir protéger la valeur relative de son patrimoine.

Lorsque toutes les valeurs baissent, la valeur des actifs d’usage devrait moins baisser !

 

Vous devez vous poser la question de l’usage de votre patrimoine !

Quelle est l’utilité de votre épargne placée en obligation ? Quelle est la valeur d’usage de votre assurance vie ?

Quelle est la valeur d’usage que vous pouvez tirer de la propriété d’action d’une entreprise qui réalise telle ou telle exploitation ? Être actionnaire (en direct ou indirect), c’est être propriétaire d’un actif dont le modèle économique est fondé sur l’usage.

Lorsque je suis propriétaire d’action Total, je tire profit de la valeur d’usage du pétrole,

Lorsque je suis propriétaire d’action Air liquide, je tire profit de la valeur d’usage de l’hydrogène,

Lorsque je suis propriétaire d’action Facebook, je tire profit de la valeur d’usage des données personnelles.

 

Quelle est la valeur d’usage de votre résidence principale ? De votre résidence secondaire ? De votre résidence locative ?

Quelle est la valeur d’usage de la terre agricole, de la forêt ?

Quelle est la valeur d’usage de l’Or, des diamants, du bitcoin ?

 

Si l’usage est une valeur refuge incontestable, sa valeur est dépendante du marché et donc de l’offre et de la demande. 

La valeur d’usage d’un bien immobilier est élevée, il s’agit de loger un foyer (le votre, s’il s’agit d’une résidence principale ou le foyer d’un autre s’il s’agit d’une résidence locative).

Mais la valeur pécuniaire de cet usage incontestable dépendra de la quantité de biens immobiliers disponibles et du nombre de personnes qui a besoin de cet usage.

L’usage d’un bien immobilier à Paris est le même que l’usage d’un bien immobilier à Niort… mais sa valeur n’est pas la même du fait du principe même de l’offre et de la demande.

 




11 Comments

  1. vous écrivez n’importe quoi : Credi agricole, CGG, total, Catana, etc
    toutes les bios sont à des niveaux très bas de valoristation ! Faut pas confondre les indices US des actions avec les indices français qui suivent à la baisse et peu à la hausse !
    PRC a même pas monté ! Nicox Poxel n’en parlons pas ! Il n’y a que des gadins !
    oN NE TIENT PLUS COMPTE des bonnes nouvelles ! Vous dites n’importe quoi !

    Quant au bien immobilier, à part les régions particulières, tel Paris, elles se sont prises une belle CHUTE !
    Cessez de voir par le prisme parisien !

  2. le mecreant says:

    Je partage cette analyse a 100%

  3. Sénèque says:

    « toutes les bios sont à des niveaux très bas de valorisation »: combien cela vaut une société qui ne propose que des potentialités quant à une molécule, avec des essais cliniques, des démarches lourdes avec un aléa très élevé sur le succès à terme et qui nécessite de mobiliser beaucoup de trésorerie ? « on ne tient plus compte des bonnes nouvelles »: parce que les marchés actions considéraient toutes les mauvaises nouvelles mircoéconomiques ou macro lors des 4/5 dernières années ?? Je ressens une certaine déception boursière sur des dossiers très volatils à la hausse…comme à la baisse: espérer faire X10 sur une valeur présuppose que celle-ci puisse également voir son cours dévisser substantiellement !! Mais bon, ne nous arrêtons pas sur ces considérations boursières, et de psychologies d’investisseurs.

    Je rejoins le propos de Guillaume dans la mesure où l’usage revêt de mon point de vue une dimension « qualitative », « essentielle », tandis que les espérances de gain sur des actifs où chacun connaît le mieux le véritable prix que les autres (…) s’inscrit dans une démarche « quantitative » (d’ailleurs, les banques centrales parlent de quantitative easing…), dans une dimension « solidifiée », non nécessaire à l’essentiel. Sur ce dernier terme, j’apprécie la phrase d’Edgar Morin: « A force de sacrifier l’essentiel pour l’urgence, on finit par oublier l’urgence de l’essentiel ».

    Libre à chacun d’accumuler, accumuler, posséder de plus en plus de choses qui vous possèderont…et de faire des grandes discussions au demeurant sur l’équité-l’égalité entre les hommes de par le monde, des propos sur l’écolgie-l’environnement, la consommation-le gaspillage, de dénigrer des agissements géopolitiques et stratégiques pour maintenir notre niveau de vie (« le train de vie américain n’est pas négociable », so shocking à l’époque !!! …heu, soit, que pensent d’ailleurs aujourd’hui les européens choqués alors quant à leur niveau de vie?).

    J’entends déjà les objections du style que je fais beaucoup d’amalgames, qu’il y a beaucoup de confusion dans mes propos, voire que je ne sais pas du tout de quoi je parle…
    Pour ma part, je suis convaincu qu’il faut faire « évoluer » ses paradigmes dans un système qui ne cesse de montrer ses limites sur un bon nombre de plans qui s’interpénètrent.

  4. le mecreant says:

    Il y a un épisode économique qui m’a beaucoup donné a penser. C’est l’histoire de Kodack. C’etait une multinationale florissante, qui existait depuis un siècle, implantée dans le monde entier. Son fond de commerce : les émulsions photographiques…
    Et puis est apparu le « numérique » qui en quelques années a rendu l’appareil photo traditionnel totalement obsolète et l’a relégué au musée. Et c’est cela qui rend extrêmement fragile tout raisonnement sur l’investissement de long terme dans les actions. Je ne parle pas du boursicoteur, qui est pour moi un métier a part entière, mais de celui qui pense placer ses économies en vue de la retraite donc a horizon de 20 ou 30 ans alors que les évolutions technologiques peuvent nous laisser penser que des incontournables d’aujourd’hui, n’existerons peut être même plus dans 5 ans. Un autre exemple. je connais un jeune garçon dont le rêve est de devenir mécanicien auto, de travailler dans un garage et de réparer les mécaniques. Le probleme pour lui est que le temps qu’il finisse ses études, l’automobile telle que nous la connaissons encore aujourd’hui n’existera plus ( a part les collectionneurs) Elle n’existera plus techniquement avec l’électricité ou d’autres sources d’énergie, elle n’existera sans doute plus en tant qu’objet que l’on possède, mais en tant qu’objet qu’on loue et qu’on remplace comme un téléphone portable, On peut aussi penser que la voiture sera en grande partie « partagée » dans les agglomérations, hors c’est un constat que les populations sont de plus en plus concentrées dans les agglomérations. Et lorsqu’on dresse de tels constat, d’un monde en totale mutation, on se rend bien compte que la plupart des critères actuels de choix, sont fragiles et sans doute peu pertinents. Je crois qu’il faudra être un tant soit peu visionnaire, et en même temps prendre en compte les réalités profondes de l’humain qui n’ont pas changée depuis un million d’années et ne devraient pas le faire dans les 20 ans qui viennent, pour s’adapter a un monde en devenir dont nous ne savons strictement rien.

    • Vous voulez donc parler du luxe, de la boisson alcoolique et de l’armement comme secteurs à privilégier!!!

      • le mecreant says:

        Oui j’ai une grande tendresse pour le bas armagnac, le cristal roederer, et plutôt les voitures que armes de collections… mais dans ma cave et dans le garage.
        🙂
        A part ça je me demande si je dois rire ou pleurer a votre réaction. En tout cas pour l’armement, allez y sans mesure, ce n’est pas demain que le secteur sera en déconfiture.
        Pour les autres, s’ils trouvent dans mon propos un conseil d’investissement dans un secteur ou un autre, c’est qu’ils attendent d’un conseil qu’il les confortent dans leur pré-supposés et pas qu’il les éclaire et leur ouvre des horizons. Et pour que les choses soient sans ambiguïté, je ne suis pas CGPI, ni conseil en rien du tout d’ailleurs, je ne fais que partager mes expériences et mes interrogations personnelles.

  5. Ça se voulait tout simplement une pointe d’humour sans aucune critique ni malveillance dans un monde où on ne sait plus quoi faire avec ses économies.

    • Je voulais dire « investissements » pour ne pas froisser Guillaume!

    • le mecreant says:

      Je me demande si la question est encore « quoi faire de mes économies »?
      Ou plutôt comment m’assurer des revenus récurrents jusqu’à la fin de mes jours. ou même seulement m’assurer de ne pas être a la rue a la fin de ma vie.
      Il me semble qu’il faut se poser les questions fondamentales en priorité (les besoins primaires de l’homme : manger, s’abriter, se vétir, être aimé et se reproduire etc…) de toute manière c’est toujours le but ultime de nos activités.
      En revenant a ces basiques, la question n’est plus immobilier, bourse, obligation, mais rendement ( pardon pour ce gros mot) On ne doit pas se poser la question de « ou » placer, mais qu’est-ce qui me rapporte… Il faut dépasser l’idée de la rente , pour aller vers la génération de richesse. En fait on en revient a La Fontaine dans la fable du laboureur et ses enfants… travaillez, prenez de la peine, c’est le fond qui manque le moins.

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