Tout le propos pourrait être résumé dans la récente intervention du nouveau directeur d’AXA dans une interview publiée dans les échos. Je vous cite un extrait de cet article publié sous le titre « Epargne : le PDG d’AXA France annonce une nouvelle donne« 
 

« On ne peut plus fournir des taux élevés sur l’épargne sécurisée. Le fonds en euros [capital garanti, moins risqué et moins rémunérateur, NDLR] reste le bon choix pour une personne ayant une forte aversion au risque. Mais cela ne peut pas correspondre à un projet de long terme ou à la préparation de la retraite »
« Plus il y a d’affaires nouvelles, et plus le rendement des fonds en euros est dilué ». 
Outre le retour sur terre du fonds en euros, le jeu consiste surtout à orienter davantage les clients vers des fonds dits en « unités de compte » (ou UC), des placements plus risqués, car investis pour partie en actions, mais potentiellement plus rémunérateurs.

 
Ces quelques lignes suffisent à comprendre la stratégie des assureurs (et la raison pour laquelle ils ne souhaitent pas s’investir massivement dans la commercialisation du support Euro-croissance malgré l’engouement initial manifesté lors du lancement en 2014). Les assureurs sont tous d’accord sur un point :
Le fond euros est mort ! et au delà d’un éventuel problème de liquidité en cas de remontée des taux d’intérêt, il ne sera plus possible d’espérer rémunérer son épargne grâce à l’assurance vie en Euros. Le fonds euros existera toujours, mais la faiblesse future de son rendement ne permettra plus de la considérer comme un placement de long terme. (cf  » Que faire du fonds euros de votre assurance vie ? Un rachat ? Le conserver ? Diversifier sur les unités de compte ?« )
Le rendement moyen en 2015 était proche de 2% en 2015, il pourrait atteindre 1.50% en 2016 et encore moins  en 2017.
 
 

Pousser les épargnants à investir en unité de compte, une solution parfaite pour les compagnies d’assurance vie.

Il est donc nécessaire de progressivement proposer d’autres formes d’épargne aux assurés qui souhaitent réaliser une épargne de long terme (préparation de la retraite, succession, …). Les assureurs ont tous trouvé la meilleure solution pour améliorer le rendement de l’épargne (et leur compte de résultat) : Pousser les épargnants à investir massivement en unité de compte et sur les marchés financier !
Les compagnies d’assurance vie profitent de la faiblesse des rendements des fonds euros pour forcer la main aux épargnants et les faire investir dans les unités de compte et sur les marchés financiers. Il est vrai qu’investir en unités de compte est la solution parfaite pour les compagnies d’assurance vie : 

– Pas de garantie de capital ;

– Rémunération de l’assureur supérieure et cachée (cf »Assurance vie : La réduction des frais de gestion comme prochaine innovation financière ?« ;

– Moins consommateur en fonds propres que le fonds euros ou l’euro-croissance ;

– …

Au lieu de pousser des cris d’orfraie devant le pseudo scandale des transferts des plus-values latentes des fonds euros vers les Euro-croissance (cf « L’euro-croissance profitera des plus-values latentes des fonds euros et c’est une bonne idée !« , les éditorialistes, journalistes, professionnels de la gestion de patrimoine, … devraient au contraire monter au créneau contre le défaut de conseil permanent auquel nous assistons depuis des mois maintenant. 
Devant la faiblesse des rendements actuels et futurs des fonds euros, les compagnies d’assurance vie (et leur réseau de distribution) poussent les épargnants à investir leur épargne en unité de compte, sans aucune garantie de capital. Certains proposent même l’investissement en SCPI et dans l’immobilier d’entreprise comme l’alternative séduisante aux fonds euros oubliant sciemment les appels à la prudence et les signes de surchauffe d’un actif dont la valeur atteint des sommets (cf »Une bulle sur l’immobilier d’entreprise et les SCPI ? Une surévaluation comprise entre 15% à 30% selon le HCSF« ).
Le réveil pourrait bien être violent pour les épargnants !
 
Ne trouvez vous pas scandaleux d’obliger les épargnants à investir en unité de compte. Sous couvert d’une conjoncture complexe sur les fonds euros, certains assureurs rendent l’investissement obligatoire en unité de compte ! L’accès à certain fonds euros est en effet subordonné à l’investissement de 10%, 20%, 30%, 40%  de la prime en unité de compte…
N’est ce pas là un magnifique défaut de conseil !
 
 

L’euro-croissance, une alternative séduisante au fonds euros qui devrait pourtant satisfaire les principales attentes des épargnants.

La solution parfaite pour l’épargnant se rapproche de l’euro-croissance qui autorise une garanti du capital et un espoir de rendement supérieur au fonds euros… mais une disponibilité garanti à une date déterminée (=le capital garanti n’est plus disponible à tout moment, mais uniquement à date déterminée avec un minimum de 8 ans mais reste disponible sans garanti de capital avant).
Pourtant, derrière ce produit qui pourrait rassembler les principales caractéristiques d’un succès, la mobilisation commerciale des compagnies d’assurance vie ne permet pas d’en assurer le succès.
Vous savez, le succès d’un produit financier est souvent davantage subordonné à la motivation commerciale des distributeurs qu’aux qualités réelles du produit !
Et aujourd’hui, force est de constater que l’énergie des commerciaux des compagnies d’assurance vie est concentrée sur la vente d’unité de compte plutôt que sur la transformation progressive des fonds euros en Euro-croissance ! Lorsque personne ne vend et explique un produit financier nouveau, il est rarement un succès, indépendamment de ses qualités intrinsèques.
Aujourd’hui, seule l’AFER semble vouloir s’engager avec conviction dans le succès de l’euro-croissance ! (cf »Echange baisse de la fiscalité de l’assurance vie contre succès de l’Euro-croissance.« ).
 
Ainsi, puisque l’intelligence collective ne semble pas déterminée à sortir en douceur du fonds euros, deux alternatives se présenteront aux épargnants dans les prochaines années :

– Soit subir la prochaine crise financière et se voir confisquer son épargne par les institutions (cf »Peut on encore conseiller l’assurance vie comme un produit garanti et disponible ?« ) ;

– Soit subir une dégradation de la fiscalité dérogatoire applicable aux fonds euros. Pourquoi ne pas limiter les avantages fiscaux de l’assurance vie aux seuls contrats investis en euro-croissance ?

 
 
A suivre…

Besoin d'un conseil ? Découvrez nos services :
Conseil & services 
Bilan patrimonial
Abonnement patrimonial
Formation
Au service de vos projets de vie 
MonImmoLocatif.fr
MonPatrimoine.io
IA Patrimoniale