Nous sommes dans un jeu de dupes.

  • D’un côté, nous entendons à longueur de journée que les entreprises manquent de capitaux et de financements et que les épargnants doivent arbitrer une partie de leur épargne vers ce financement en latence.
  • D’un autre côté, les épargnants entendent tous les discours alarmistes autour des menaces qui planent au dessus de leur épargne et de leur patrimoine et se sentent dans l’obligation d’arbitrer une part de leur épargne vers les unités de compte des contrats d’assurance vie ou en achetant des actions sur le marchés secondaire.

De surcroît, nous sommes envahis par le discours synchronique des professionnels de la finance qui insistent sur la nécessité d’un mouvement d’arbitrage au profit des marchés financiers et du président de la république qui explique, et met en oeuvre, la mise au banc de l’immobilier, l’actif de rentier sans utilité pour la croissance !

Cette narrative, cette petite musique, cette fakenews, est au cœur de cette première partie de quinquennat et elle pourra se poursuivre demain avec les mesures de la loi PACTE et la prochaine réforme des retraites. 

Il est alors indispensable de conserver votre capacité d’analyse et de discernement afin de prendre les bonnes décisions pour votre patrimoine. Ce n’est pas parce que le pouvoir vous explique ce qui est bien ou pas bien, qui est un bon épargnant ou un mauvais épargnant, que vous devez les écouter et faire ce qu’il vous demande de faire. 

Faisons une rapide synthèse de ce que vous demande le pouvoir (élu démocratiquement, financier ou entreprise) :

  • Sortir du fonds euros pour placer votre épargne dans les unités de comptes ou sur les marchés financiers ;
  • Ne pas investir dans l’immobilier, un actif inutile pour la croissance économique ;
  • Épargner sur les marchés financiers pour vous préparer une retraite par capitalisation qui vous permettra d’espérer une retraite confortable contrairement à la retraite par répartition dont la faillite est certaine ;
  • Ne pas considérer les crypto-monnaies comme un sujet sérieux, mais comme un simple outils spéculatif sans fondement à long terme ;

 

Paradoxalement, et sans verser dans le propos complotiste, je crois qu’il faut nuancer ces propos et se laisser endormir par ces fakenews qui ne serviront pas vos intérêts particuliers mais les intérêts particuliers de ceux qui favorisent la diffusion de ces idées.

 

Faut il vraiment chercher à augmenter la rémunération de votre épargne ?

Oui, il est vrai que le fonds euros des contrats d’assurance vie propose un rendement très faible… mais n’est ce pas normal dans un monde ou l’inflation est faible et la croissance molle ?

 

Pourquoi placer votre épargne sur les marchés financiers ?

Quel est votre intérêt ? Un meilleur rendement à très long terme ? Oui, c’est vrai en théorie mais trop rarement en pratique. Il suffit de regarder le comportement du CAC40 depuis 1987 ! 

 

Les marchés financiers financent ils la croissance économique ?

Non et c’est notre conviction depuis longtemps et notamment cet article « M. Macron, la bourse est elle vraiment plus utile que l’immobilier pour la croissance ? ». Placer votre argent en bourse, ce n’est pas financer l’économie… mais spéculer et espérer toucher une partie des dividendes, conséquences de la capacité des entreprises à générer des bénéfices à long terme.

(et ce n’est surement pas la finance spéculative ou les ETF qui améliore le financement de l’économie)

 

Seul l’investissement dans le capital d’une PME ou via un prêt en direct permet de participer au financement de l’économie. Financer l’économie, c’est :

  • Prêter directement de l’argent à une entreprise pour financer tel ou tel investissement ou recherche (c’est par exemple le cas du crowdlending pour les PME ou les emprunts obligataires pour les grandes entreprises ou tout simplement un prêt entre particulier) ;
  • Participer à une augmentation de capital d’une entreprise pour financer tel ou tel projet ou recherche. C’est le cas par exemple du crowdfunding equity, des augmentations de capital en bourse ou tout simplement des prises de participation dans le capital de l’entreprise d’une connaissance ;
  • Mais c’est aussi, acheter un bien immobilier que vous rénoverez pour le louer et loger un citoyen qui participera à la vie de la cité. ; … 

 

Les épargnants peuvent ils raisonnablement investir directement dans le financement des entreprises et donc de l’économie ?

Croyez vous que les Français sont capables d’investir dans le capital de PME ou de prêter de l’argent aux entreprises ? Non, Non, Non , c’est le travail de professionnels aguerris qui savent analyser et comprendre le bilan et compte de résultat d’une entreprise et anticiper l’évolution future d’un modèle économique !

Les épargnants n’ont aucune compétence sur le sujet et ne doivent donc pas y placer leur argent ! C’est le métier des professionnels que sont les banquiers, les compagnies d’assurance vie ou les investisseurs en capital ! 

Il est suicidaire d’encourager les épargnants à investir en direct dans l’économie et dans le capital des entreprises. Les épargnants n’ont qu’un seul objectif : Valoriser leur patrimoine et pouvoir l’utiliser à une certaine échéance (retraite, financement d’un achat, transmission aux enfants, …).

Les épargnants ne veulent pas gérer et assumer le risque ! Ils veulent transférer cette gestion à un intermédiaire professionnel capable d’assumer le risque !

C’est la véritable raison du succès des fonds euros et de l’assurance vie !




49 Comments

  1. Merci pour ce coup de gu…. !
    Ça fait du bien de lire de la logique pure et implacable, contrairement à ces théories du « Monde Nouveau de Macron ».

  2. Je ne suis pas expert, mais étrangement cette incitation se combine avec des marchés ayant atteint leurs plus hauts depuis 2008, ou l idée de bulle revient régulièrement et que les banques centrales entament la diminution du rachat d actions…….Et cette façon de pousser les petits épargnants en sapant les autres investissements m inquiète encore plus, merci pour analyse qui me conforte dans ma prudence.

    • OlivierSPb says:

      Les banques centrales n’achètent pas et n’ont jamais acheté d’actions. Elles souscrivent à des obligations ou les rachètent dans le cadre du QE mais n’interviennent JAMAIS sur les actions.

      • Faux, vous parlez des BANQUES CENTRALES, hé bien la banque centrale du JAPON achètent des actions et depuis plusieurs années !

        • OlivierSPb says:

          Le Japon est un cas à part qui fonctionne en circuit fermé. 90% de la dette de l’État est détenue par les ménages.
          C’est donc l’exception qui confirme la règle.
          Et c’est un comportement unique au monde parmi les pays dévellopés et très critiqué.

          • C’est vrai ! Quand le crack (la crise de la dette) arrivera Le Japon règlera ses problèmes en interne. Le Japon c’est aussi le pays qui est allé le plus loin dans la « parasitocratie » et « l’argent falsifié » et il sert en quelque sorte de modèle (imbécile) aux autres nations super endettées qui ne savent plus clore un budget sans augmenter chaque année le méga déficit (+60 Mds en 2018 pour la France). Ces pays devraient plus s’inspirer du modèle Allemands qui prévoir pour la 2ème ou 3ème année consécutive d’un excédent budgétaire.
            Petite remarque « philosophique » : connaissez-vous « une exception qui a confirmé une règle » selon l’expression usitée

            • OlivierSPb says:

              Tous des cons sauf moi? (Je plaisante). 😉
              C’est l’expression d’usage mais il en est pas moins vrai qu’il n’existe peu de règles en économie sans exception.
              Une exception amusante en physique: tous les corps se contractent en baissant la température sauf l’eau!

      • Sauf la BOJ, il me semble…

  3. OlivierSPb says:

    Toujours cette rengaine sur l’investissement direct.
    Une société a besoin d’actionnaires et investir en actions cotées n’a rien de de différent avec le fait d’acheter des actions d’une PME en direct.
    Et les ETF sont un investissement indirect puisque l’argent sera investi par le gérant de l’ETF dans les actions qui constituent le référentiel de l’ETF. Pareil pour une ETN.
    Quand au prêt en direct bonjour l’illiquidité et les risques. Quand les épargnants en auront pris plein la gueule avec les plate-formes de peer to peer, on en reparlera. Mais ce sont des investissements dans l’économie réelle.
    Les banques en finançant les entreprises et les ménages financent l’économie réelle.
    L’actionnariat privé ou en Bourse finance l’économie réelle.
    L’immobilier en soit ne participe pas à l’économie réelle, seules la rénovation et la construction de logements neufs y participent, mais quand j’achète un appartement pour le louer en l’état, je ne crée aucune valeur ajoutée et ne participe pas à l’évolution du PIB sauf pour les honoraires du notaire, des agences, etc.
    Sans nier la contribution importante du BTP à l’économie, rappelons que le secteur ne pèse « que » 1.15 millions d’emplois (1,6 millions avec les indirects) et ne pèse « que » 5-7% du PIB. (les chiffres divergent selon les sources entre 8 et 13% pour l’immobilier en général y compris les infrastructures financées par l’état).
    C’est certes un secteur important pour l’économie qui peut contribuer à la croissance mais qui a peu de chances d’être une véritable locomotive sauf programmes de grands travaux d’infrastructure. Mais la construction privée hors résidence principale, votre sacro-saint investissement immobilier, pèse peu.
    S’il existe des pays ou la majorité de l’économie est fondée sur des ressources minières ou des services ou encore sur l’industrie manufacturière, il n’en existe pas fondés principalement sur le BTP/immobilier.
    Les choix fiscaux du gouvernement ne sont pas dénuées de raisons macro-économiques mais on peut en effet argumenter là-dessus.
    Quant au spéculateur, le vrai, il est indispensable au bon fonctionnement des marchés. Il apporte la liquidité et permet le transfert de risque. Si une grande entreprise souhaite faire un swap taux fixe/taux variable, il ne trouvera en contrepartie qu’un « spéculateur » qui acceptera le transfert de risque moyennant une marge et qui essaiera de diminuer son risque en utilisant des techniques financières très sophistiquées. Les drames viennent quand les acteurs économiques se risquent à la spéculation en achetant des produits auxquels ils ne comprennent rien, cela donne des affaires comme les fameux emprunts toxiques des collectivités locales.
    Une fois de plus la sacro-sainte règle d’or « on n’achète que ce que l’on comprend » avait été enfreinte.
    Mais les banques sont toujours à l’affut pour refiler aux entreprises ou aux ménages des produits structurés hyper-complexes bourrés de marge et de commissions.
    La vraie spéculation est un jeu pour adultes très avertis, où l’amateur se fera immanquablement plumer.
    Par contre l’investissement (ou placement) boursier peut se faire sur des critères assez simples. Par exemple, je crois en l’avenir de la voiture électrique (Moi, pas du tout) et j’achète les entreprises du secteur ou un ETF ou un FCP spécialisé, je pense que la société X va surperformer son secteur parce que je connais personnellement l’exceptionnelle valeur de son équipe dirigeante, etc.
    Quant à ce que vous appelez la spéculation comme l’investissement dans des ETF, ce n’est jamais qu’une décision sur un ratio risque/rendement car on connait la liaison entre les 2.
    Et par pitié arrêtez de nous bassiner avec le CAC 40 mais prenez le CAC 40 avec dividendes réinvestis. Il, est vrai que vos comparaisons seront beaucoup plus laborieuses mais au moins plus honnêtes intellectuellement.

    • Pouvez m’expliquer comment acheter des unités des comptes dans un contrat d’assurance vie ou des ETF permet de participer au financement de l’économie ?

      • Bien qu’elle ne me satisfasse qu’a moitié (je ne suis pas un libéral concaincu), la réponse classique – non dénuée de pertinence cependant – est que le marché secondaire assure la liquidité des titres. La Bourse, c’est le ‘marché de l’occasion’ des actions. Accepteriez-vous d’investir dans un bien immobilier – ou une voiture – si vous saviez que vous ne pourrez jamais le revendre ? Probablement pas. Après, je suis d’accord avec vous que l’investisseur qui finance réellement l’economie, c’est celui qui prend le risque d’investir dans une start-up, une PME non côtée ou qui souscrit à une IPO. C’est pourquoi il existe des avantages fiscaux dans ces cas-la (tout comme il existe des incitations fiscales a l’investissement immobilier neuf, lui aussi plus risque…). Pour réduire un peu les risques, on peut aussi souscrire des fonds spécifiques mutualises type FCPI ou FCPR (qui sont souvent gavés de frais…). Mais là on retombe sur le principe des investissements indirects et mutualises, qui font intervenir un intermédiaire (une société de gestion dont la sélection devient de fait l’élément d’analyse prépondérant, et Dieu sait que le meilleur voisine avec le pire dans ce milieu), ce que certains vont qualifier de ‘placement’ et non d’investissement :=) … Éternel débat.

  4. OlivierSPb says:

    Tout simplement parce que l’argent récolté par les gestionnaire de l’UC ou de l’ETF sont placés en actions et/ou des obligations d’entreprises.
    Rappelons qu’ETF veut dire Exchange Traded Funds, c’est à dire que c’est un OPCVM coté.
    Donc le contrat d’AV n’est qu’une enveloppe fiscale car la compagnie détient pour votre compte les supports.
    Et si on déroule plus loin les supports d’UC (SCPI, OPCVM) investissent soit dans l’immobilier direct soit dans des valeurs mobilières cotées ou non cotées.
    Maintenant si vous considérez que le fait qu’une SCPI qui achète un immeuble ne participe pas à l’économie réelle, je ne vois pas en quoi vos investissements directs y participent plus.
    Quant à prétendre que l’achat/souscription d’actions ou d’obligations ne finance pas l’économie réelle, c’est une position qui fera se gondoler même le plus nul des étudiants en économie dans la fac la plus pourrie de France!

    • Merci pour cette réponse.

      Je poursuis ma question : En quoi une entreprise profite de la hausse de son cours de bourse ?

      Lorsque j’achète une action « total », combien touche « Total » pour financer ses investissements ? Combien vont dans la poche de « total » pour financer sa croissance ?

      Ma réponse : ZERO Euro

      Seule une augmentation de capital de « total » lui permet de trouver de nouveaux moyens financier pour investir…

      • OlivierSPb says:

        Tout simplement par le fait qu’une entreprise a besoin d’actionnaires pour exister!
        Personne n’a jamais dit que les transactions boursières rentraient dans le PIB auquel cas on aurait un PIB gigantesque, elles permettent simplement aux entreprises d’exister et de se développer en effectuant de temps en temps des augmentations de capital. Par ailleurs par ses dividendes une entreprise contribue au PIB puisque ceux-ci seront soit réinvestis ailleurs ou dépensés.
        L’actionnariat participe (Et non contribue) à l’économie réelle par le simple fait de permettre à l’entreprise d’exister car pas d’actionnaires pas d’entreprises.Les transactions sur le marché boursier ne contribuent pas au PIB (Hormis les coms comme dans l’immobilier) mais elles sont indispensables à l’existence d’un actionnariat:
        – Donc Augmentation de capital/ Construction d’immeubles: Forte contribution au PIB.
        – Achat en Bourse/Achat d’immobilier ancien: contribution au PIB cachouètesque.

        • OlivierSPb says:

          Ps: N’ergotons pas: si l’augmentation de capital n’est pas comptée dans le PIB, les investissements qui en découlent eux y rentrent.

        • OlivierSPb says:

          Pps: Mais dans les deux cas le marché secondaire est une nécessité, personne ne souscrirait à une augmentation de capital s’i ne pouvait vendre ses actions après, personne n’achèterait de l’immobilier neuf s’il ne pouvait le vendre si jugé bon.
          Dans les deux cas le marché secondaire ne contribue pas ou peu à l’économie réelle mais dans les deux cas il y participe car sans le marché secondaire, le marché primaire serait inexistant ou presque.

  5. papigilles says:

    Nos économies placées en assurance-vie chez un assureur ne sont pas dans son tiroir de droite ou de gauche. Il s’en sert et sert l’économie Il gérait jusqu’à présent au mieux des intérêts de chacun en prenant « parfois » quelques risques .Aujourd’hui,la différence,c’est qu’il veut que çà soit vous qui preniez les risques.Et Macron veut simplement qu’il y en ait le plus possible pour financer l’économie et recueillir les impôts au passage.Vue comme çà l’économie est facile .Alors,si vous êtes découragés,c’est simple investissez dans l’immo. Le risque est pratiquement nul (il y a 1000 formules :neuf,à rénover,à louer,…..)

    • OlivierSPb says:

      Bien que je n’y souscrive pas, voici une position qui se défend. Au moins vous admettez que l’économie réelle profite de cet argent.
      Après vous estimez que le ratio risque/bénéfice est meilleur dans l’immobilier en moyenne c’est une opinion que je ne partage pas mais que je respecte. Chacun est libre d’évaluer et d’agir en conséquence.

    • Et le rendement aussi est pratiquement NUL, d’où quel intérêt pour un investisseur ?

  6. papigilles says:

    Dans le fond l’économie c’est facile.L’homme a besoin de quoi : manger,boire dormir et,et ,et d’un toit.Le reste peut être utile mais pas indispensable (pèle-mêle : compagne,voiture, téléphone,jeux ,plaisirs,emmerdes,etc…)Mais le solide,ce qui dure et nous enterre,c’est la pierre et si l’on doit laisser quelque chose à quelqu’un c’est cela…..Certains pourront penser que je suis un peu léger mais j’ai 80 balais et je crois que j’ai raison..

    • OlivierSPb says:

      Si votre définition de la vie se limite à la satisfaction de vos besoins de base pour accumuler de l’immobilier à laisser aux générations futures, vos 80 années ont du vous sembler bien longues et bien ennuyeuses…

  7. voici les propos qui sont aujourd’hui mis en avant par les professionnels main dans la main avec nos gouvernants !
    Il faut « raconter des histoires » aux épargnants pour qu’ils prennent des risques ! Le gouvervenement devient conseiller marketing pour aider les banques et compagnie d’assurance à vendre des unités de compte

    Ce discours est une honte !

    • OlivierSPb says:

      C’est le propos d’un journaliste! Il n’y a pas que les auteurs de blogs qui aiment le sensationnalisme et les titres accrocheurs voire racoleurs!
      Maintenant si vous n’aimez pas le risque ne réclamez pas du rendement.

      • OlivierSPb says:

        Par contre, comme l’assurance-vie n’a plus rien d’une assurance et qu’il s’agit simplement d’une enveloppe fiscale, le gouvernement a parfaitement le droit de se poser la question de la justification de l’existence d’une telle enveloppe fiscale.

        • Alain Labenne says:

          Rappelle-nous QUI a inventé cette enveloppe fiscale, et pourquoi il l’a inventée !
          Le risque générerait du rendement à coup sûr ?
          Ce serait trop facile, Tout le monde sait que s’il y a risque, c’est qu’il y a risque, non seulement de ne pas toucher des intérêts, mais aussi de perdre son capital. Ce qu’il y a tout de même bien dans l’affaire, on ne peut pas perdre plus que son capital !

          • OlivierSPb says:

            Si vous vous servez de bon sens, le risque génère une espérance de rendement. Quant à écrire que « Le risque générerait du rendement à coup sûr » c’est une absurdité intellectuelle car qui dit certitude de rendement dit absence de risque.
            Il faudrait alors écrire « Le rien du tout générerait du rendement à coup sûr? »

          • Sauf que le risque a changé de camp ! Les fonds Euros ne deviendraient-ils pas plus risqués que les UC (actions principalement) ? Pour vous en convaincre, cet article issu des Echos:
            « Dans Les Echos : « Assurance-vie : Bercy divise assureurs et épargnants » – (Machiavélique Bercy qui diviserait les gens pour mieux régner).

            « Le gouvernement envisage de faire évoluer les contrats en euro très prisés par les Français. »

            « L’association d’épargnants AFER redoute un projet complexe, tandis que de nombreux assureurs y sont favorables. »

            Pour rappel, les contrats en euro sont les plus plébiscités.

            Largement ventilés en obligations, ils sont peu rentables, mais dans la croyance populaire, ces derniers seraient plus sûrs. L’Etat français remboursera toujours ses obligations…

            La raison officielle de ce soudain intérêt ? La volonté affichée par le président Macron – et notamment grâce à la loi dite « Pacte », « au bénéfice des entreprises » – est de venir réalimenter l’économie réelle en capitaux. Donc pousser les gens à souscrire aux fonds actions présents dans les contrats dits en unité de compte des assureurs.

            Ce qui n’est pas écrit pas noir sur blanc, c’est, ce sont les raisons sous-jacentes.

            Les assureurs ont une grande crainte : celle de la sortie des assurés de leurs contrats en unités de compte (support obligataire) sur fonds de hausse de taux.

            Voyez, lorsque Madame Dupont voit que son contrat d’assurance-vie rapporte un minable 1,5% et apprend par ailleurs que, sur le marché obligataire, on trouve des obligations à des taux de 3%, 4%, elle veut retirer ses billes et aller voir ailleurs.

            Lorsque ce phénomène de retrait est cantonné à quelques individus, tout va bien, les nouveaux entrants compensent les sorties de capitaux. Mais lorsque cela s’intensifie, c’est la panique. Car qui dit hausse des rendements obligataires dit baisse des « vieilles » obligations émises à des taux inférieurs. Si les assureurs les vendent, ils encaissent des pertes.

            En effet, les assureurs, contrairement aux banques, ne peuvent recourir à des effets de levier, de sorte que leurs engagements (ce qu’ils doivent) doivent être couverts par leurs actifs (ce qu’ils ont).

            Voici alors l’enchaînement fatal qui se met en place :

            Madame Dupont veut retirer de l’argent de son assurance-vie en euro ;
            l’assureur doit vendre des vieilles obligations qu’il a en portefeuille et qui rapportent 1,50%, alors que les nouvelles obligations émises sur le marché rapportent 2% ;
            il vend donc à perte ;
            il doit taper dans ses réserves pour compenser les pertes.

            Vous comprenez pourquoi des lois spoliatrices comme Sapin II ont été mises en place. Il faut pouvoir fermer les portes de sortie pour empêcher l’assureur de faire faillite. Donc geler vos contrats d’assurance-vie dans de telles circonstances.

            La baisse continue des rendements: en ce qui concerne le rendement, il se réduit comme peau de chagrin :

            « Le taux moyen du marché devrait […] tomber à 1,48% (selon les prévisions de Good Value for Money), alors qu’il atteignait l’année dernière entre 1,80% (selon la Fédération française de l’assurance) et 1,93% (d’après l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution ACPR) » indique Les Echos.

    • Énorme !!!

      Cela dit, l’AGEFI est une agence de presse économique et financière, ceci explique sans doute cela…

  8. papigilles says:

    Pour Olivier
    Vous m’avez sans doute mal lu.Mais si on fait un peu de philo,mes 80 ans en redemande un peu et je ne m’ennuie pas à vous lire,même quand vous ne dites pas que des gentillesses et des b.t.s.s.

  9. Bonjour
    Je partage les opinions de OlivierSPb et suis très content de voir qu’il y en a qui croient dans l’avenir et sont multi-produits.
    Je suis surpris de ce partit pris en faveur de l’immobilier en évitant d’essayer de comprendre les avantages des autres placements qui sont la base d’une bonne diversification et de la rentabilité.
    J’ai des placements depuis plus de 30 ans ( SCPI, SICAV, FCP, Actions dont BRK de Warren Buffet qui depuis plus de 50 ans fait 20 % par an en $ bien évidemment).
    Bien que je ne connaisse pas l’avenir je pense qu’il est plus profitable de travailler à créer une bonne diversification avec des gérants exceptionnels (qui ont leur propre argent investit dans leur fonds et qui battent régulièrement le CAC 40 avec dividendes…. oui, cela existe….) et des produits différents plutôt que rester statique sur tel ou tel placement avec des certitudes…
    Je crois à la formation et de ce fait ce blog est très intéressant mais je trouve que le biais immobilier est un peu fort, et de là à dire que les SCPI ne contribuent pas à l’économie est une ineptie. Ne pas mettre en avant que dans les SCPI à capital variable ( Immorente et Effimo entre autres) on peut sortir sous 15 jours si nécessaire et qu’on n’a pas de taxe foncière ni de risque de vacance comme en direct, et que cela est un avantage très important, est un peu dommage. Tout à fait d’accord avec Polaris qui a très bien expliqué cela…
    J’ai des SCPI Immorente qui investissent dans les zones commerciales pour créer les locaux commerciaux et les louer ensuite et de ce fait permettre à l’économie de fonctionner.
    Aider les gens à entrevoir d’autres solutions que le fonds en euro et les former afin qu’ils puissent bien comprendre les avantages et risques de chaque formule me semble très bien….
    Aider les gens à grandir en prenant leurs responsabilités me semble positif et nécessaire pour l’avenir car cela demande du travail mais l’adaptation au monde actuel me semble indispensable.
    Désolé d’avoir été un peu long mais je pense que l’ouverture d’esprit et la formation des autres à travers des blogs indépendants est une chance si on est ouvert et on a envie de progresser..
    bien amicalement
    Antonio

    • Oui, attention tout de même avec la liquidité des SCPI: ça reste de l’immobilier, ça se passe globalement bien en ce moment, mais en cas d’accident monétaire (ex forte hausse des taux, même si je n’y crois plus beaucoup ) ça pourrait changer très vite… et même actuellement, quelques SCPI pas très bien gérées ont un marché secondaire très embouteillé…

        • Bonjour Mr Fonteneau
          Vous avez raison dans le cadre de l’assurance vie. Dans mon commentaire je parlais surtout de scpi en direct et à capital variable. Pour la petite histoire Immorente depuis sa création n’a jamais vu sa part baisser mais elle a cependant stagné quelques années parfois.
          amicalement
          Martins

      • Bonjour Polaris
        C’est pour cela que je parle d’Immorente et Effimo qui sont des scpi à capital variable et détenues en direct. Le marché secondaire est fait par la société de gestion directement (sofidy). Je les ai choisies en 2004 car elles étaient à capital variable et la sortie est en principe rapide si nécessaire.
        Je viens de faire des travaux et j’en ai vendu sans soucis très rapidement.
        amicalement
        Martins

        • Oui oui, j’avais bien compris. .. et je confirme également que, même en ce moment où la liquidité des SCPI ne pose en général aucun problème (tout le monde – TROP de monde y investi), le marché secondaire de certaines d’entre elles, à capital variable mais particulièrement mal gérées, pose des problèmes de liquidités avec plus de 6 mois de délai pour revendre des parts… Je ne donne pas ici de noms, ceux qui s’y intéressent les connaissent. Les SCPI gérées par Sofidy (excellente société de gestion au demeurant) n’ont aucun problème.

      • OlivierSPb says:

        Il ne faut pas exagérer non plus, je ne pense pas que un souscripteur de SCPI ou d’UC SCPI exige la liquidité immédiate.
        Quant aux SCPI mal gérées, l’embouteillage prouve qu’il y a des souscripteurs qui réfléchissent.
        Par contre essayez de vous sortir d’un Pinel mal fichu je pense que vous trouverez que le détenteur de parts de la la plus illiquides des SCPI est au paradis

  10. Si le gouvernement et Macron distillent des fakes news maintenant !! ( :=)))

    Pourrai-je les dénoncer en bon citoyen à l’autorité ad hoc ???

  11. De manière générale, il semble qu’il y ait effectivement une volonté générale de transférer le risque des acteurs institutionnels, dont le métier était précisément de gérer ce risque, vers les particuliers.

    Ainsi il semble que les banques, les assureurs et les sociétés d’investissement ne veuillent plus financer les entreprises, surtout celles qui présentent le plus de risque (phase d’amorçage, TPE etc). Donc on incite le ‘petit épargnant ‘ à se substituer à eux…

    C’est exactement la même chose dans l’immobilier: l’État n’ayant plus les moyens d’investir dans le logement social, il incite les petits bailleursoucis privés a se substituer à lui. Certes côté pile il offre une belle carotte fiscale pour attirer le chaland (le Pinel par ex.), mais côté face il multiplie les exigences et réglementations qui fragilisent objectivement l’investisseur et lui font prendre d’énormes risques: plafonds de revenus qui imposent de louer à un public fragile, plafonds de loyers, exigences techniques normatives démesurées, loi ALUR qui impose de vendre 25% minimim d’un programme de logement collectif de plus de 2000m2 à perte à un bailleur social (ce qui mécaniquement surenchérit le prix du m2 pour l’investisseur individuel), environnement légal démesurément favorable au locataire (2 ans et 8000 euros de frais en moyenne pour une expulsion), baisse probable à venir des APL, hausse des taxes foncieres… Tout est fait pour pousser le petit investisseur immobilier à prendre de très gros risques (sans l’en informet), alors même que bien souvent il n’a pas l’assise financière pour y faire face…

    Ce mouvement de transfert massif et concerté du risque sur l’épargnant individuel est effectivement très preoccupant. Et quand je lis dans une contribution de ce fil ‘si vous n’y comprenez rien investissez dans l’immobilier, au moins c’est sans risque’, tout d’un coup j’ai très peur…

  12. « si vous n’y comprenez rien investissez dans l’immobilier, au moins c’est sans risque’, tout d’un coup j’ai très peur… »

    Inutile d’avoir peur,c’est un processus normal, le grand transfert se mettra effectivement en place quand les souris « investisseuses » verront qu’elles sont dans la nasse…..mais trop tard….

    C’est ainsi depuis la nuit des temps économiques, Jean qui rit/qui pleure

  13. On demandera aux artisans de la CAPEB si les bailleurs ne font pas fonctionner l’économie (locale)

  14. OlivierSPb says:

    je ne connais pas la CAPEB mais d’après ce que j’ai vu sur leur site Internet, a priori il me semble que les bailleurs cherchent à la faire fonctionner le moins possible!

  15. Olivier où sur leur site?

    La CAPEB ce sont les petits artisans. Un bailleur fait plutôt travailler les artisans autour de chez lui.
    Il va rarement les chercher à Pétaouchnok

    • OlivierSPb says:

      Je voulais simplement dire qu’il s’agit d’artisans pour des réparations et un moins un bailleur a de réparations à faire mieux il se porte. Donc moins, il fait appel à la CAPEB mieux il se porte.

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