Drôle de titre n’est ce pas ? Comment lier la bonne collecte sur les contrats d’assurance vie avec la bonne santé du marché de l’immobilier ? En fait, pour être très honnête avec vous, c’est une intuition très ancienne dont je viens de lire la confirmation dans un rapport récent publié par le ministère du logement : Lorsque le marché de l’immobilier est dynamique, c’est à dire lorsque le nombre des transactions augmente, une partie des prix de vente se déversent naturellement dans les contrats d’assurance vie et peuvent expliquer la bonne tenue de la collecte.
Vous allez comprendre pourquoi, mais revenons d’abord sur la bonne tenue de la collecte en assurance vie depuis quelques mois.
La bonne tenue de la collecte de l’assurance vie depuis quelques mois.
Le rythme de la collecte sur les contrats d’assurance vie semble s’accélérer depuis quelques mois et atteint des niveaux relativement satisfaisants au regard des années passées et notamment de la décollecte de 2012.
Et, bonne nouvelle, le niveau de l’investissement en unité de compte reste proche des niveaux des mois précédents et cela malgré la forte baisse des marchés entre Mai 2015 et Février 2016. Malgré la baisse, les épargnants ont continué à investir. C’est une excellente nouvelle !
En Février, 16.52% de l’épargne collecté était investie en unité de compte contre 16.66% en Février 2015.
Au final, et en tenant compte des rachats ou décès de souscripteur, la collecte nette continue d’augmenter et atteint 2.6 Milliards d’euros en Février 2016.
Pourquoi le lien entre collecte des contrats d’assurance vie et bonne santé du marché de l’immobilier est une évidence ?
Pour faire un marché immobilier, il faut un acheteur et un vendeur. Statistiquement :
– L’acheteur est jeune et a moins de 56 ans ;
– Le vendeur est moins jeune et à plus de 56 ans.
Cela fait de nombreuses années que nous évoquons avec vous cet âge pivot de 56 ans (repris d’une analyse du CGEDD). Et c’est la combinaison du vieillissement de la population et cet âge pivot qui conduit PRIMEVIEW à prévoir une baisse majeure des prix de l’immobilier dans les 5 à 10 ans à venir (cf »Primeview confirme une baisse de 30% des prix de l’immobilier dans 5 à 10 ans.).
Ainsi, vous avez un transfert massif de liquidité entre une jeune génération qui s’endette pour acheter un bien immobilier au profit des générations les plus âgés qui vendent leur bien immobilier.
Il est évident que les générations les plus âgées, vendeuse net d’immobilier, n’ont pas nécessairement besoin du prix de vente. Elles vendent pour se simplifier la vie (résidence locative ou secondaire) ou lors du départ dans une maison de retraite (résidence principale).
Le prix de vente ne sera probablement pas dépensé et thésaurisé sur le placement préféré des Français, c’est à dire l’assurance vie !
L’endettement massif des jeunes générations profite à l’abondante épargne des plus âgés et au succès incroyable de l’assurance vie.
Ce cycle anormal doit également nous permettre de comprendre le problème de la croissance dans les pays développés vieillissant. En effet, la création monétaire, c’est à dire l’argent créé par les nouveaux crédits immobiliers octroyés aux acheteurs d’immobilier, ne profite pas à la croissance économique et est thésaurisé par les vendeurs d’immobiliers, c’est à dire les plus âgés.
Au final, on constate que la dette immobilière à augmentée au même rythme que la collecte en assurance vie (mais ce ne sont évidemment pas les mêmes personnes qui s’endettent et qui épargnent).
Le sur-endettement d’une génération se retrouve dans l’épargne assurance vie de la génération précédente. Vous comprendrez alors pourquoi l’assurance vie pourrait être mise à contribution pour régler la question de la relance de la croissance.
La création monétaire (c’est à dire l’augmentation de la dette immobilière) n’a pas profité à la croissance économique et n’a pas été l’occasion d’une augmentation de la consommation ou de l’investissement. La dette immobilière d’une génération à juste été l’occasion à la génération précédente de s’enrichir.
Demain, il ne semble pas incohérent de chercher à réinjecter la résultante de l’endettement immobilier d’une génération pour favoriser la croissance, c’est à dire d’utiliser l’assurance vie pour favoriser la croissance économique : Euro-croissance, financement des PME par les compagnies d’assurance vie, hausse de la fiscalité pour une meilleure redistribution, …




