Comme vous le savez, je passe mes journées à vous apporter mes conseils et j’aimerais vous faire part d’une évolution de plus en plus prononcée de mes conseils au détriment de l’assurance-vie.

L’assurance-vie a de moins en moins sa place dans mes préconisations et mes conseils. J’aime l’idée d’essayer d’analyser l’évolution de mes conseils. Mon constat est clair : l’assurance-vie est de moins en moins une bonne idée.

Lorsque je réfléchis à ce changement notable dans ma pratique, j’y vois trois raisons principales :

1 – Le succès de l’assurance-vie, c’est surtout l’attrait incroyable du fonds euros ;

Un fonds euros qui a été à l’origine d’un rendement sans risque nettement supérieur à l’inflation sur les 40 dernières années. Aujourd’hui, le regain d’inflation et l’inertie des rendements du fonds euros inversent la mécanique : Le rendement du fonds euros est mauvais, même s’il a pas mal augmenté l’année dernière.

Le fonds euros n’a plus beaucoup d’intérêt pour l’épargnant de long terme. Aujourd’hui, le fonds euros est un bon livret, un bon placement de trésorerie sur lequel pèse le risque d’illiquidité en ces périodes de remontée des taux d’intérêt.

Un placement mal rémunéré qui n’est pas adapté pour recevoir l’épargne de long terme. Le fonds euros est devenu un placement d’attente entre deux projets.

Aujourd’hui, un bon CAT permet d’obtenir un meilleur rendement que le fonds euros. Seule la création récente d’un nouveau fonds euros cantonnés pourrait redonner de l’attrait long terme à ce support. C’est notamment l’idée de ces nouveaux fonds euros : Assurance-vie : Ces très prometteurs nouveaux fonds euros !

Une performance historique des fonds qui trouvait son explication par la baisse des taux d’intérêt et l’effet d’inertie du rendement. Avec la hausse des taux, nous entrons dans un cycle de sous performance du fonds euros.

L’assurance-vie sans fonds euros est elle encore attrayante ?!

Le fonds euros est devenu un placement d’attente au rendement insuffisant ou le support de ceux qui ne veulent pas s’embêter à valoriser leur patrimoine et qui préfèrent voir l’inflation grignoter le capital plutôt que d’accepter la contrainte de l’investissement.

2- Les unités de compte ne sont pas une alternative crédible ; Trop de frais et mauvaise psychologie de l’investisseur tuent les perspectives de rendement.

Tous les professionnels de l’assurance-vie promettent monts et merveille aux épargnants qui accepteraient d’investir en unités de compte.

Des promesses qui restent des promesses tant la réalité n’est pas à la hauteur. Dans cet article « Cherche désespérément épargnants satisfaits des rendements de son assurance-vie en unités de compte« , nous vous avons demandé si vous étiez satisfaits des rendements de vos unités de compte.

Le résultat est sans appel (alors même que nous sommes à un niveau de valorisation élevée des marchés actions) :

Je n’ose même pas imaginer les résultats du sondage, lorsque les marchés baisseront. Mécaniquement, ils baisseront. La bourse, ça monte, puis ça baisse, puis ça monte. C’est la vie des marchés (cf. « Bourse : Êtes-vous capable d’assumer le stress de la volatilité ?« ).

En réalité, comme nous vous l’expliquions dans cet article « Bourse : Pourquoi l’investissement en actions n’est pas aussi rentable qu’en théorie » deux phénomènes s’accumulent :

  • Mauvais timing : Les épargnants ont tendance à investir en actions au mauvais moment, c’est-à-dire après une belle phase de hausse… et juste avant la prochaine baisse ;
  • Des frais trop élevés : Des frais trop élevés qui pénalisent le rendement et qui interdisent de récupérer les pertes liées aux mauvais timing.

Et ne croyez pas que cette fois sera différente ! C’est toujours la même histoire.

3- Une fiscalité successorale dérogatoire qui est que rarement exploitée.

La seule chose qui reste à l’assurance-vie, c’est sa fiscalité décès. Une fiscalité décès dérogatoire qui sera acquise en cas de versement avant 70 ans. L’antériorité fiscale n’a aucun intérêt.

Celui qui aura décidé de décéder à 85 ans, pourrait tout à fait attendre 69 et 11 mois pour souscrire son contrat d’assurance-vie et profiter des avantages fiscaux qui y sont attachés.

De surcroît, et pour analyser quotidiennement des situations successorales, la souscription d’un contrat d’assurance-vie ne permet que très rarement de réduire les droits de succession.

C’est notamment le cas lorsque le conjoint est désigné bénéficiaire dudit contrat d’assurance-vie, le gain fiscal est nul car le conjoint ne paye jamais de droits de succession. Assurance-vie ou non, cela ne change rien du tout sur le montant des droits de succession.

Dans de nombreuses situations, le recours à l’assurance-vie à même pour conséquence d’augmenter les droits de succession payés par la famille.

Au final, entre un rendement médiocre et une fiscalité successorale réelle, mais mal exploitée, il est urgent de reconsidérer la place de l’assurance-vie dans votre patrimoine.

Un PEA , un PER, un compte-titres, quelques investissements immobiliers locatifs accompagnés d’une stratégie de transmission à base de donation avec réserve d’usufruit seront bien souvent beaucoup plus efficaces que l’assurance-vie.

À suivre.

Besoin d'un conseil ? Découvrez nos services :
Conseil & services 
Bilan patrimonial
Abonnement patrimonial
Formation
Au service de vos projets de vie 
MonImmoLocatif.fr
MonPatrimoine.io
IA Patrimoniale