Ce matin, j’étais sur le plateau de BFM Business dans le cadre de l’émission « Intégrale Placements ». Avec Christian FONTAINE, rédacteur en Chef de la revue Le REVENU, nous avons essayé de répondre à cette question délicate de la recherche de rendement en 2019.

 

 

Quelles solutions pour protéger et dynamiser son épargne en 2019 ?

Voici une question qui intéressera probablement une grande partie d’entre vous … mais question à laquelle je ne pourrais très certainement pas apporter une réponse satisfaisante tant le contexte est délicat pour les épargnants.

Comment pouvons-nous encore parler de « meilleur placement » ? Ne sommes-nous pas davantage à la recherche du « moins mauvais » placement ?

Mais avant de rentrer dans les détails, il est important de préciser ce que j’entends par placement. Une épargne est une somme d’argent, une réserve de monnaie, en attente d’une utilisation ultérieure. Il ne faut pas confondre « épargne » que je définis comme une réserve de monnaie et « investissement » qui est une forme d’utilisation de la « monnaie ». L’épargne est un stock de monnaie dans l’attente d’utilisation … alors que l’investissement est une dépense, l’achat d’un actif d’usage qui l’on espère rentable.

Il est fondamental de comprendre cette nuance entre « placement d’épargne » et « investissement » !

En 2019, les épargnants devraient en effet se rendre compte, et ce sera la première année depuis la grande crise de 2008, qu’ils seront les véritables victimes de la crise dont nous payons encore les conséquences 10 années après.

Depuis 2008, nous nous interrogeons régulièrement pour savoir qui payera les conséquences de la crise, qui payera les conséquences de la crise de l’endettement des états ! Qui réglera la note finale ? Après avoir partiellement écarté les risques de bail in et de défaut de certains états, après avoir partiellement écarté une austérité excessive, après avoir partiellement écarté une hausse massive d’impôt … nous sommes maintenant assuré que ce seront les épargnants qui payeront !

Les banques centrales ont trouvé la solution pour réduire la dette excessive des états… tout en limitant le risque de réformes exigeantes qui pourraient remettre en cause l’ordre établi : A défaut de réussir à faire ressurgir l’inflation… les banques centrales ont drastiquement réduit les taux d’intérêt court et long terme. Nous sommes dorénavant, et durablement, dans une situation de taux d’intérêt réel négatifs :

  • Les emprunteurs, et notamment les états, mais également les entreprises et les particuliers grâce au taux de crédit immobilier (cf »Barème personnalisé des meilleurs taux de crédit immobilier« ), bénéficient de taux d’intérêt très faibles et inférieurs à l’inflation et/ou à la hausse de leur revenu : Grâce au taux d’intérêt réels négatifs, les emprunteurs remboursent leurs dettes avec un effort réduit ;

 

  • Les créanciers, les préteurs, au premier rang desquels se trouvent les épargnants, sont pénalisés par ces taux d’intérêt réels négatifs : A cause des taux d’intérêt réels négatifs, les épargnants voient fondre le rendement de leur épargne pour atteindre un niveau inférieur à l’inflation et subissent un déclassement ! Les épargnants ne voient pas la valeur de leur patrimoine baisser … mais subissent, années après années, un appauvrissement relatif par rapport aux autres agents économiques !

 

Comment pouvons-nous encore parler de « meilleur placement » ? Ne sommes-nous pas davantage à la recherche de la « moins pire » des situations ?  Ne devrions-nous pas plutôt mettre en œuvre des stratégies efficace pour transformer l’épargne en actif d’usage, seule source de valeur à long terme ?

L’épargne est donc la cible des banques centrales et la conséquence directe est une rémunération durablement trop faible. Cette faible rémunération concerne les livrets et notamment le livret A, mais également le fonds euros des contrats d’assurance vie du fait de la grande quantité de quasi-monnaie que sont les emprunts d’états.

Les fonds euros des contrats d’assurance vie ne sont plus de bons placements pour une valorisation à long terme de votre capital. Il s’agit probablement du « moins mauvais » des placements pour stocker votre réserve de monnaie dans l’attente d’une utilisation à moyen ou long terme.

Pour améliorer le rendement de votre capital, les détenteurs de fonds euros pourront envisager un transfert au profit des nouveaux supports Euro-croissance. La part consacrée aux emprunts d’état est moindre au profit d’une allocation plus dynamique en actions et obligations à risques. Ces supports devraient être moins pénalisés par les taux d’intérêt réels négatifs… même s’il ne faut pas s’attendre à des miracles.

L’épargne n’est donc plus une stratégie pertinente pour une valorisation à long terme de votre patrimoine ; Vous devez donc progressivement arrêter d’épargner … et préférer l’investissement, c’est-à-dire, dépenser votre stock de monnaie pour l’acquisition d’un actif, physique ou papier, dont la valeur dépendre son usage.

Il pourra s’agir de l’investissement dans un actif immobilier ou dans un actif financier tel que l’achat d’actions d’entreprise ou de prêts à risque. L’épargnant devra abandonner l’idée d’une épargne rémunérée, sans risque. Investir, c’est « dépenser », c’est acheter quelque chose dont l’usage sera source de valorisation à long terme.

Il pourra s’agir d’investir dans le capital d’une entreprise dont le cours de bourse sera jugé attrayant au regard de sa capacité à générer des bénéfices à long terme ; L’investisseur qui ne serait pas capable de sélectionner lesdites entreprises pourra confier son épargne à un gérant de portefeuille qui se chargera de prendre les décisions d’investissement à sa place. Mais attention, un gérant ne fera pas de miracle si vous lui confiez votre épargne dans une période de trop forte valorisation du marché. On ne fait pas de bons investissements en achetant trop cher ! Vous devrez confier votre argent à un gérant lorsque vous considérerez le marché comme attrayant dans son ensemble, c’est-à-dire après une baisse des cours … et non après 9 années de hausse.

Il pourra s’agir d’investir dans un bien immobilier dans lequel il sera apporté une valeur ajoutée telle qu’un changement d’usage (passage d’une location nue à la location meublée par exemple ; Transformation de bureaux en logement ou inversement ; rénovation énergétique d’un logement ; ….). Cette valeur ajoutée pourra être directe … ou indirecte grâce aux SCPI. Mais attention, n’oubliez pas « On ne fait pas de bons investissements en achetant trop cher ! »

 

Maintenant, au boulot ! A vous de vous investir pour vos investissements !




11 Comments

  1.  » Les fonds euros des contrats d’assurance vie ne sont plus de bons placements pour une valorisation à long terme de votre capital. »
    Il serait intéressant de comprendre pourquoi la majorité des Français malgré l’effet « ne sont plus de bons placement », avec des taux ridicules et globalement négatifs si on y soustrait l’inflation, achètent encore ou conservent des fonds euros.
    Ils ne sont, me semble t-ils pas plus idiots que les autres communautés, alors pourquoi ?

    Je me risque à une réponse: les Français ont peur !
    En effet, les fonds euros sont détenus majoritairement pas des personnes qui ont un certain âge (pour pas dire vieux) et outre l’avantage successoral, ce sont des gens qui ne veulent pas prendre de risques et pourquoi rejettent-ils autant le risque ?
    Là encore, la réponse, me semble t-il est que ces personnes qui ont un certain vécu, n’ont pas CONFIANCE en l’avenir, cet avenir incertain que leurs proposent ces hommes et femmes politiques français et ce monde géopolitique globalisé, sous fond de confiscation fiscale, d’immigration excessive, de montée générale de populisme, etc…
    C’est un peu du Jean de La Fontaine: « Un tien vaut mieux que deux tu l’auras !  »

    D’ailleurs cette peur, ce manque de confiance ont aussi été le principal handicap à notre croissance et à notre incapacité à faire baisser ce chômage endémique.
    Regardez les débuts de Macron, la confiance a remonté et la croissance aussi, puis les affaires, les taxes, les mauvaises lois « ASSUMEES » envers et contre tous et patatras la confiance s’affaiblit et la croissance aussi …

  2. Les Français ont investi plus de 20 % en U.C. cette année.
    Mais les français ne sont ne sont pas fous… Ils ne vont quand même pas investir actuellement au delà du raisonnable alors que les marchés baissent et sont incertains….
    Ceux qui ont pris des gamelles en savent quelque chose. Combien de temps leur faudra t-il pour remonter les moins 15 % de perte alors que tout le monde les incitait à prendre des U.C….au mauvais moment…..
    Evidemment il faut investir à long terme….mais il faut aussi investir quand le marché est opportun …

  3. julien bonnetouche says:

    Au cours où elles sont tombées, il faut acheter des actions !!
    En gardant un peu de sous si par hasard elles baissent encore un peu….

    • « Au cours où elles sont tombées, il faut acheter des actions !!
      En gardant un peu de sous si par hasard elles baissent encore un peu…. »

      Vous dites ça de manière très assertive, vous remboursez si ça ne se passe pas comme prévu ?

      Non sérieusement si un -15% vous font penser que la baisse à déjà eu lieu vous allez y laisser des plumes.

      Je vous recommanderai plutôt une stratégie de gestion passive (« Lazy Investing ») qui consiste à investir à un rythme régulier peu importe les cours, l’idée étant de lisser le risque.

  4. Je pense que OC. à raison …
    Méfiance encore de rigueur…
    et d’accord pour le conseil de OC pour lisser le risque…

  5. julien bonnetouche says:

    Je ne suis pas contre le fait d’étaler les achats.
    Cela dit autour de 5000 pour le CAC on a une fenêtre d’entrée très raisonnable. Mais ça peut descendre momentanément à 4800.
    N’oublions pas que si elle ne monte jamais jusqu’au ciel, elle ne tombe pas à terre non plus… Sinon on meurt tous de faim.
    Mon sentiment est que la bourse est en retard parce que déstabilisée par Trump entre autres.
    Après c’est une question de vision sur la bourse. Si on n’y croit pas mieux vaut acheter de l’immobilier ( à Paris c’est le plus sur)
    Et si on est encore plus frileux il reste l’OR.
    On peut aussi mixer le tout.

  6. A chacun son choix.
    Pour ce qui me concerne je préfère investir dans les entreprises
    Pour l’immobilier j’ai donné je n’y reviendrai plus sauf peut être dans une très bonne SCPI.

  7. julien bonnetouche says:

    La bourse ce n’est pas des entreprises ?
    Quant aux SCPI vous n’avez sans doute pas connu les années 90 où elles étaient totalement invendables.

    • Moi si, (80/90)mais à cette époque leur marché n’était pas aussi fluide qu’aujourd’hui. Mais malgré cette amélioration j’ai encore gardé une petite méfiance, à tort sûrement, car aujourd’hui tout change tellement vite que tout placement doit être surveillé comme le lait sur le fe et se tenir prêt à modifier ses allocations.

  8. En réalité, ce qui est compliqué, c’est qu’il faut s’investir personnellement dans son patrimoine et ça coute (temps, formations, énergie, argent) pour comprendre ce dans quoi vous investissez. Cf Warren Buffet. La notion du risque est primordial. Privilégiez les actifs tangibles, avec une forte visibilité sur les rendements futurs. Pour info, un souscripteur d’assurance-vie est en rang hypothècaire N°7 en cas de défaut. Et le fond de garantie des assureurs-vie représente 10% du montant des avoirs. Ca fait réfléchir. Et puis il y a Sapin II, la directive de l’union bancaire, etc. Finalement les meilleurs placements ne pourraient-ils pas être des actifs non financiers (formation à un métier d’avenir, investissement favorisant la cohésion familiale et/ou d’un groupe d’amis, investissement dans des solutions qui vous mènent à l’autonomie énergétique et alimentaire…) ? Le sujet est plus porteur de sens que d’attendre le dernier rapport de gestion d’une société de gestion, vous trouvez pas ? Et puis c’est un bon traitement contre nos peurs 😉 Chiche ?

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*