2013 aura été une année pleine de rebondissements et pourrait être l’année de la manipulation des marchés financiers par les banques centrales. Entre assouplissement quantitatif et autre planche à billet les banques centrales déversent des trombes de liquidités dans le système économique pour tenter de lutter contre la déflation.
Malheureusement, cette politique monétaire est un échec, la croissance économique de la zone euro est faible et devrait rester timide en 2014 et 2015.

Taux de croissance dans la zone euro

Sans croissance économique, les marchés financiers, dont le moteur de performance doit rester la croissance des bénéfices des entreprises, ne pourront éternellement s’affranchir du contexte économique morose (du moins dans la zone euro). Faute d’amélioration de la croissance économique pour 2014 et 2015, les bourses de la zone euro ne peuvent continuer à croître de manière pérenne.
Comme nous l’écrivions, il y a quelques mois, la hausse des marchés en 2013 s’explique principalement pas la spéculation (cf article « Le retour d’une bulle spéculative sur les actions ? » mais également par la détermination des banques centrales à manipuler les taux d’intérêt et le cours des actions.
Ne cherchez pas plus loin, la hausse 2013 des marchés actions trouve sa raison dans les politiques monétaires des banques centrales, déterminées à lutter contre le cercle vicieux de la déflation, et non dans l’amélioration de la conjoncture.

 

2014, une année tournée autour de la liquidité mondiale et des taux d’intérêt

 2014 devrait être une année pleine de défis pour les marchés financiers :

  • La croissance économique semble repartir aux états unis mais peut elle résister face à un ralentissement de la politique monétaire trop généreuse,
  • Le risque de déflation dans la zone euro semble s’accélérer, la BCE ne peut plus se permettre sa rigueur monétaire, les rotatives de la planche à billet devront s’accélérer
  • La croissance du Japon est elle vraiment pérenne ? Le Japon peut il vraiment se sortir facilement de 15 ans de déflation ?

 
 

La crise de l’endettement des pays de la zone Euro est elle vraiment terminée ?

Avec un taux d’endettement qui ne cesse de croître, des prix qui approchent dangereusement de la déflation, comment peut on croire que la crise de l’endettement des états de la zone euro est terminée.


 
Les réformes structurelles tardent à venir, la pression fiscale augmentent dangereusement et la déflation semble inévitable. Pas de croissance économique, pas d’investissement des entreprises ….
 
En 2014, la banque centrale européenne (BCE) qui doit ABSOLUMENT lutter contre la déflation  pourrait accélérer les rotatives de la planche à billet en assouplissant encore sa politique monétaire. Cette décision destructive à long terme pourrait encore favoriser les marchés actions en 2014.
Avec une accélération de la politique monétaire de la BCE et une augmentation irréversible de la liquidité mondiale pour lutter contre la déflation, la bourse pourrait encore afficher une performance positive en 2014 (cf article « L’irréversibilité des politiques monétaires non-conventionnelles ? Plus rien n’arrête la liquidité mondiale …« .
Néanmoins prudence, il ne s’agit que d’une valorisation spéculative basée sur une baisse des taux d’intérêt, le retour de bâton (à savoir l’augmentation des taux d’intérêt lorsque les politiques monétaires seront moins généreuses) pourrait être encore plus violent.
 
 

La banque centrale américaine réussira t’elle à éviter le krach obligataire ?

Annoncée lors de la dernière réunion de la Fed (Banque centrale États Unis), la politique monétaire devraient progressivement devenir moins accommodante. Il ne s’agit pas encore de l’annonce d’une prochaine hausse des taux d’intérêt court terme, mais simplement de l’abandon progressif (« tapering » = progressif) de la politique monétaire « non conventionnelle ».
Depuis le début de la crise économique de 2008, la Banque Centrale Américaine procède mensuellement à des rachats d’actifs (principalement des emprunts d’état et autre créance douteuse). Ces rachats atteignent 85 Milliards de dollars par mois. Les rachats d’actifs de la Fed sont déterminants et permettent de maintenir les taux à des niveaux particulièrement bas.

Taux d’emprunt des États Unis – 10 ans

 
A partir du mois de Janvier, les rachats devraient se réduire de 10 milliards par mois pour s’éteindre totalement vers le mois d’Octobre 2014.
Selon les propos de la FED, cette dernière devrait donc cesser de peser sur les taux d’intérêt au cours de l’année 2014 : Les taux seront donc librement fixés par les investisseurs.

La baisse progressive de l’interventionnisme massif de la FED devrait conduire à une augmentation des taux d’intérêt. Le niveau des taux d’intérêt étant le fruit de la confrontation entre offre d’emprunt d’état (Emis par les états pour assurer le financement de leur déficit budgétaire) et de la demande d’emprunt d’état (demande des investisseurs pour placer l’excédent d’épargne de certains agents économique), la baisse progressive des rachats d’actif t de la FED devrait donc conduire à une hausse des taux d’intérêt. :  Moins de demande + Offre identique = Hausse des taux d’intérêt.
 
Comment maîtriser la hausse des taux d’intérêt après 5 années de manipulation ? La Banque centrale Américaine va t’elle réussir à convaincre les investisseurs que la hausse des taux d’intérêt long terme sera faible et maîtrisée ? 
Les bourses mondiales terminent l’année dans la douce euphorie persuadées que la banque centrale américaine réussira à éviter le krach obligataire. 2014 sera très certainement l’année du pari impossible de la banque centrale Américaine :

Comment réussir à sortir de la politique monétaire « non conventionnelle » et du rachat d’actif sans être à l’origine d’un krach obligataire ?

 
De mon analyse, la tâche sera nettement plus délicate que ce que pourrait nous laisser croire l’euphorie boursière de cette fin d’année.
J’ai le sentiment que la banque centrale américaine ne pourra pas tenir son engagement initial d’arrêt de sa politique monétaire non conventionnelle d’ici la fin de l’année 2014  : La hausse des taux d’intérêt induite par le « tapering » sera trop violente et pourrait compromettre fortement la croissance économique; La FED serait alors dans l’obligation de continuer ses rachats d’actifs et sa fuite en avant. Dans le même sens, vous pouver relire notre analyse : « L’irréversibilité des politiques monétaires non-conventionnelles ? Plus rien n’arrête la liquidité mondiale … »  ou encore « Le piège de la planche à billet se referme. Comment désintoxiquer le monde de ses excès de liquidités ? »
 
La FED me semble trop impliquée dans la manipulation des taux d’intérêt pour se faire prendre au piège du krach obligataire. Devant son incapacité à mettre fin à sa politique monétaire non conventionnelle, 2014 pourrait être, comme 2013, une année de croissance de la liquidité mondiale, signe favorable à court terme pour les marchés financiers, mais véritable bombe à retardement à long terme.
Il me semble utopique d’espérer la fin de la politique monétaire « quantitative easing » non conventionnelle sans casse. Le refus d’accepter une destruction de valeur lié  un surendettement du passé signera l’irréversibilité de la planche à billet.
Les marchés actions pourront donc continuer à croître, car la planche à billet continuera de les alimenter généreusement. Tout cela s’inscrit naturellement dans la continuité de cet article « Stratégie d’investissement : La fabrication de la bulle ultime à l’éclatement incertain…« .
 

Concrètement, que pouvons nous anticiper pour 2014 :

  • En Zone Euro : Retour de la crise de l’endettement avec des taux d’intérêt souverains non soutenables. La BCE devrait mettre en œuvre une politique monétaire non conventionnelle à l’instar des États-Unis et du Japon. L’objectif est simple : lutter contre la déflation et l’étranglement des pays surendettés qui ne pourraient survivre à une hausse des taux d’intérêt. Les taux d’intérêt doivent rester bas.
  • Au Etats- Unis : Tentative de réduction de la politique monétaire non conventionnelle, mais la hausse des taux d’intérêt induite sera trop violente et affaiblira la croissance économique. Nous nous dirigeons lentement mais surement vers l’irréversibilité des politiques monétaires non conventionnelles (cf article « L’irréversibilité des politiques monétaires non-conventionnelles ? Plus rien n’arrête la liquidité mondiale …« . La croissance est trop dépendante des taux d’intérêt pour autoriser de mettre un terme à la manipulation des taux d’intérêt par la FED.

 
 
Ps : L’avantage (ou l’inconvénient) d’internet et de l’écrit en général, est qu’il est toujours possible de relire, à postériori, les écrits du passé. Voici donc notre analyse de décembre 2012 sur l’année boursière 2013 : « 2012, année de la macroéconomie ; 2013, année de la microéconomie ? et « Quel investissement, quel meilleur placement en 2013 ?
 

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