Il n’est décidément pas simple de passer un été serein pour les conseillers en gestion de patrimoine. Depuis le 10 Août dernier, le CAC40 enregistre une baisse supérieure à 10% passant de 5195 points le 10 Août à 4630.99 points au 21 Août 2015.
Aux Etats-Unis, même orientation, le Dow Jones Industrial chute de plus de 1000 points durant ce mois d’Août. Les cinq dernières fois qu’une telle baisse a été enregistrée, ne nous laisse que très peu optimiste pour la suite des événements.
Faut il craindre le retour d’une crise financière sur fonds de doutes sur la réalité de la croissance mondiale et notamment chinoise ou au contraire profiter de cette consolidation pour investir à nouveau sur les marchés financiers ?
Fallait il croire à une hausse en ligne droite. Une consolidation n’est elle pas saine ?
La question n’est plus de savoir si c’est la valeur de l’entreprise qui augmente mais si c’est la valeur de la monnaie dans laquelle la valeur de l’entreprise est exprimée qui diminue ?
Les marchés financiers alternent depuis quelques mois entre :
- Doutes sur la réalité de la croissance économique mondiale (Etats unis avec la baisse du cours du pétrole et Chine principalement – Cf « La véritable croissance chinoise à 2% au lieu de 7% officiel, selon Patrick ARTUS » publié le 21 Juillet) ; Comment espérer que les bourses mondiales continuent à croître alors même que la croissance mondiale tant espérée s’essouffle déjà (à peine sortie d’une crise, qu’une autre s’annonce ?). A chaque fois, le scénario se répète, doute sur la croissance, doute sur la capacité des entreprises à continuer de faire leurs bénéfices ? …. Doute sur la valorisation actuelle des marchés, … Le retour du bon sens financier fait craindre le pire pour la valeur des actions. En effet, depuis toujours, le cours d’une action, c’est à dire la valeur d’une entreprise dépend de sa valeur à augmenter sa capacité bénéficiaire.
Une croissance faible induit mécaniquement une faible croissance des bénéfices et donc une faible croissance de la valeur des entreprises – CQFD- Comment peut on espérer une augmentation de la valeur des entreprises dans un monde sans croissance ?
- Certitudes que les banques centrales, par leur politique monétaire permettront une déconnexion toujours plus grande entre l’économie réelle et la valeur des actifs. (cf « Pourquoi la hausse des actions ne fait que commencer… (idée et réflexion) » publié le 24 avril 2015.
Finalement, qu’est ce que la valeur d’une entreprise ? Cette capacité à dégager des flux (= capacité bénéficiaire) n’est elle pas différente selon la monnaie dans laquelle cette valeur est exprimée ?
Lorsque la quantité de monnaie en circulation augmente très fortement (effet des politiques monétaires non conventionnelles mise en oeuvre depuis le début de la crise financière), n’est il pas normal que la valeur d’une entreprise internationale, qui réalise ses bénéfices dans le monde entier, et dont le pays de résidence et donc de cotation n’a que très peu d’importance, augmente au gré de la destruction de la valeur de la monnaie par les banques centrales ?
La question centrale du niveau de valorisation des actions réside dans cette dichotomie entre la valeur fondamentale de l’entreprise via sa capacité à dégager des bénéfices dans le temps, pondérée par la valeur de la monnaie dans laquelle cette valeur est exprimée.
Les politiques monétaires sont créatrices d’inflation, non sur les biens et les services, mais sur les actifs (immobiliers, action, obligation, …). Cette inflation de la valeur des actifs augmente le sentiment de déconnexion entre la valeur fondamentale d’une entreprise et sa valeur financière.
S’agit il pour autant d’une bulle financière ou au contraire du début d’un grand mouvement de valorisation des actions ? Une certitude, plus les banques centrales détruiront la valeur de la monnaie, plus la quantité de monnaie nécessaire pour valoriser une entreprise dégageant des bénéfices sera importante, et plus les cours de bourse des entreprises augmenteront.
