C’est incompréhensible en apparence : Comment les marchés actions peuvent ils continuer à monter alors même que l’incertitude sur l’économie mondiale se propage au rythme du coronavirus ? Depuis maintenant 5 ou 6 semaines, nous vivons une démondialisation accélérée.
Les échanges commerciaux avec la Chine sont rompus et c’est toute la chaîne de production du monde qui menace de s’arrêter tant la Chine est un acteur incontournable. Pourtant, les cours de bourse ne réagissent pas (ou pas encore – On verra se matin après l’annonce de 15 000 nouveaux cas sur la seule journée d’hier contre -+2000 / jour en temps normal) et en profitent même pour atteindre des records.
Comment une telle résilience est elle possible ? Comment ne pas voir que les conséquences sur l’économie mondiale vont être désastreuses ? Comment est il possible d’être aveugle à ce point ? Comme nous vous l’expliquions dans cet article « La crise du coronavirus ne sera pas sans conséquences car l’économie est un système complexe irréversible« , il y aura nécessairement des conséquences.
Il n’est pas raisonnable de croire que le rebond économique après résolution de cette crise sanitaire sera suffisant pour compenser les semaines ou même mois de paralysie d’une des principales économies du monde. Ce n’est pas raisonnable. Les banques centrales et la promesse d’une monnaie toujours plus abondante ne peut justifier la dégradation de la capacité des entreprises à générer des bénéfices. Ce n’est pas en injectant toujours plus de liquidité que les entreprises vont faire du chiffres d’affaires pendant les quarantaines.
Les liquidités ont pour objectifs de fluidifier les échanges ; Elles ne peuvent les remplacer.
Essayons de comprendre pourquoi les cours de bourse se maintiennent à des niveaux très élevés malgré la dégradation annoncée de l’économie.
 

Entre perte de pouvoir d’achat de la monnaie (=inflation) et baisse de la capacité bénéficiaire des entreprises.

Pour fixer le prix d’une action, deux phénomènes interagissent : La capacité de l’entreprise à générer des bénéfices et la valeur de la monnaie dans laquelle cette valeur est exprimée. C’est la nuance importante entre le prix et la valeur sur laquelle nous travaillons depuis quelques mois.
Pour le moment l’inflation et la hausse des prix des actifs est plus puissante que la baisse de la capacité bénéficiaire des entreprises.
La politique monétaire accommodante est inflationniste, c’est à dire qu’elle fait baisser la valeur de la monnaie : Il faut toujours plus de quantité de monnaie pour acheter la même chose. C’est ce qui explique l’augmentation du prix des actions. Puisque la monnaie perd de la valeur, le prix des actions exprimée dans cette monnaie doit augmenter.
C’est le phénomène désormais d’inflation du prix des actifs qui trouve son origine dans une politique monétaire agressive.
Inflation qui ne se traduit pas dans l’économie réelle à cause de puissant relai déflationniste qui trouve leur origine dans une mondialisation et l’exploitation d’une main d’œuvre et le non respect de l’environnement dans les pays de production,  une déflation technologique qui réduit toujours plus les coûts de fabrication et une satiété relative des consommateurs qui n’ont plus de besoin à satisfaire (et qui font grève de la consommation pour protéger l’environnement : La grève du consommateur va t’elle accélérer la mutation du capitalisme ? Who is John Galt ?).
Bref, la perte de valeur de la monnaie qui résulte d’une politique monétaire particulièrement accommodante a pour conséquence une hausse inexorable des cours de bourse. Pour s’en rendre compte, il faudrait pouvoir traduire l’évolution des cours de bourse en fonction du cours d’OR. Vous constateriez alors une baisse ou stabilité dans les cours de bourse : Ce n’est pas la valeur des entreprises qui augmente, mais la valeur de la monnaie dans laquelle cette valeur est exprimée qui baisse !
 
Néanmoins, le prix d’une entreprise est surtout fonction de sa capacité à long terme à générer des bénéfices. 
Même chèrement, investir dans le capital d’une entreprise capable de s’adapter et de générer des bénéfices à long terme sera toujours plus rentable que d’investir dans une obligation dont le rendement est négatif, du moins si l’on croit la récession temporaire et surmontable rapidement.
En cas de dépression, la situation pourrait en revanche être moins facilement contrôlable. Car si la récession s’apparente à une respiration dans un cycle global de croissance économique, la dépression est destructrice de capital. La dépression, c’est une diminution importante et durable de la production qui remet en cause la capacité des entreprises à générer de la valeur à long terme.
La question est alors de savoir si nous sommes face à une simple respiration, une récession normale après 10 années de croissance économique ou une dépression plus grave qui pourrait remettre en cause la capacité des entreprises à générer des bénéfices à long terme ?
Pour le moment, les marchés actions valorisent une poursuite de la croissance économique et à la rigueur une petite récession sans conséquences importantes. La lecture des cours de bourse laissent à penser que le coronavirus sera très vite oublié et sera sans conséquence majeure.
Néanmoins, au gré du temps qui passe et du nombre de cas de Coronavirus qui augmente, la petite récession qui suivra l’arrêt des relations commerciales avec la Chine pourrait s’aggraver pour se transformer en véritable crise économique voir en dépression. C’est à ce moment là que la capacité bénéficiaire des entreprises pourrait être durablement remise en cause et donc que la valeur des entreprises pourrait baisser franchement.
 
Vous l’aurez compris, le prix des actions est un combat entre deux forces opposées :

– 1 – L’inflation qui trouve son explication dans une politique monétaire accommodante et qui est anticipée comme toujours plus accommodante au gré de la dégradation de l’économie ;

-2- La dégradation de la capacité bénéficiaire des entreprises qui dégrade la valeur des entreprises du fait d’une moindre capacité bénéficiaire.

 
Pour le moment, l’inflation actuelle et surtout l’inflation anticipée par une politique monétaire qui serait toujours plus accommodante (et donc destructrice de la valeur de la monnaie) est plus puissante que les conséquences négatives de la dégradation de la capacité bénéficiaire des entreprises.
La question est alors de savoir jusqu’à quand cet équilibre précaire est tenable ? En effet, détruire la valeur de la monnaie n’est pas une solution pertinente à long terme ; Les inconvénients peuvent rapidement devenir plus nombreux que les avantages et une remise en cause de cette politique monétaire n’est pas impossible !
Et dans le même temps, l’aggravation du coronavirus et un arrêt prolongé des relations commerciales avec la Chine peut dégrader de manière très importante et durablement la capacité bénéficiaire des entreprises.
Pour le moment, tout va bien … mais il n’est pas raisonnable de croire que cela va durer si la crise sanitaire du coronavirus n’est pas rapidement résorbée, d’autant plus que les effets négatifs de la politique monétaire accommodante sont d’ores et déjà prégnants .
A suivre .

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