Vendre au son du clairon, acheter au son du canon. Celui qui voudrait mettre en œuvre cet adage boursier bien connu doit dès aujourd’hui se séparer d’une partie de ses investissements en actions afin de reconstituer les liquidités qu’il pourra investir à bon compte lorsque les cours chuteront.
C’est inévitable, nous sommes à la veille d’une baisse du cours des actions.
C’est le principe même de l’investissement en action : Le prix est volatile, c’est-à-dire qu’il varie à la hausse comme à la baisse de manière totalement imprévisible. Ne cherchez pas à « deviner » l’évolution à court terme des cours de bourse, c’est impossible.
À court terme, la bourse, ça monte puis ça descend de manière aléatoire et non prévisible. Et comme il est par principe impossible de prédire l’imprévisible, ce n’est même pas la peine d’essayer. De mon côté, je ne sais pas faire (et les quelques fois ou je l’ai fait, je me suis planté).
Pourtant, il paraîtrait logique de s’attendre à une baisse des cours de bourse après un mouvement de hausse aussi important que celui dans lequel nous sommes aujourd’hui. La tentation est immense de profiter des records actuels pour vendre, reconstituer des liquidités qui pourront être investies à bon compte lors de la prochaine et inévitable baisse des cours qui arrive.
Je ne le fais pas. Je ne mets pas en œuvre l’adage « Vendre au son du clairon ». J’achète au son du canon, mais ne vends jamais ou presque au son du clairon.
La raison est simple :
- Si je sais que les cours de bourse vont baisser dans les prochaines semaines ou les prochains mois, je ne sais pas quand et dans quelles proportions.
- Et surtout, je sais qu’à long terme, les cours de bourse sont condamnés à croître…
À long terme, la bourse, ça monte au rythme d’une croissance mondiale inexorable. Vendre aujourd’hui, c’est alors prendre le risque de se priver d’une poursuite de la hausse, et surtout prendre le risque de rater l’inexorable hausse des cours à long terme.
À titre personnel, je suis investisseur de long terme. Je n’ai pas besoin de mon argent investi en actions avant les 15, 20 et peut-être même davantage. Dès lors, ce qui m’intéresse, c’est la tendance de long terme.
Vendre aujourd’hui me permettrait certes de récupérer des liquidités et de cristalliser une valorisation élevée, mais c’est aussi prendre le risque de rater la poursuite de la hausse des cours. Personne n’est capable d’anticiper l’évolution à court terme des cours de bourse.
Un CAC40 à 8000 points est un record, mais les records ne sont-ils pas fait pour être dépassé ?
Enfin, lorsque les cours chuteront, demain, dans 6 mois, dans 8 mois, à partir de combien de % de chute devrais-je réinvestir ? -10%, -15%, -20%. D’expérience, la baisse n’est jamais suffisante et le risque principal est de ne jamais réussir à trouver le bon moment pour réinvestir les liquidités.
Ma conclusion : Si vendre au son du clairon est trop difficile pour celui qui souhaite être investi à long terme et profiter de la croissance de long terme de l’économie.
L’investisseur de long terme doit accepter la volatilité. Il doit comprendre la différence entre le prix de son portefeuille (cotation quotidienne) et sa valeur de long terme.
Accepter la volatilité, c’est accepter le stress d’une variation à + ou – 30%/40% du prix de cotation de son portefeuille, mais garder en tête que c’est l’acceptabilité de ce stress qui permettra de capter l’excellente performance de long terme de l’investissement en actions (cf. « Bourse : Êtes vous capable d’assumer le stress de la volatilité ?« ).
Si vous n’êtes pas capable de gérer ce stress, passez votre chemin : L’investissement en actions n’est pas fait pour vous !