À titre personnel, j’adore investir en actions. Je le fais depuis mes 18 ans au travers d’un PEA, d’un compte-titre et plus récemment via mon PER Compte-titre.
J’aime me sentir actionnaire de long terme d’une entreprise, recevoir les rapports annuels et les convocations aux assemblées générales. J’aime accompagner passivement le développement d’une entreprise à très long terme.
Je détiens certaines lignes de mon portefeuille depuis plus de 15 ans et je crois que je les détiendrais encore très longtemps. J’achète et je ne vends presque jamais.
D’un caractère contrariant par nature, j’aime chercher les belles entreprises dont le modèle économique est chahuté à court terme, mais dont le potentiel de développement m’apparaît comme important à long terme.
Je ne sais pas investir dans des entreprises à la mode, au sommet de leur modèle économique. Je ne sais pas faire.
Par exemple, Air Liquide qui est la seconde ligne la plus importante de mon portefeuille. À l’époque, j’ai attendu que l’entreprise ne soit pas à la mode pour y investir, j’ai acheté la majorité de mes actions Air liquide lorsque la bourse boudait l’entreprise. Jamais je n’achèterai des actions air liquide aux sommets actuels. Je n’en suis pas capable.
Idem pour la première ligne de mon portefeuille. J’ai été en moins-value pendant 10 ans avec cet investissement, jusqu’au jour où le modèle économique de l’entreprise a révélé sa puissance… et le cours de bourse rattrapé toutes ces années de médiocrité.
Ne me demandez pas d’investir dans Nvidia et compagnie, je n’en suis pas capable. J’aurais l’impression de jouer à la roulette russe ou au casino ! En revanche, lorsque j’investis dans Valéo ou worldline, même avec une moins-value actuelle de 30% aujourd’hui, je suis serein. Je n’ai pas l’impression de jouer avec mon argent.
Drôle de paradoxe. Bizarre.
J’aime chercher des entreprises qui ne sont pas à la mode, qui sont parfois maltraitées par la bourse à court terme, mais des entreprises qui se transforment, qui s’adaptent pour créer toujours plus de valeur ajoutée à long terme. Je crois qu’il s’agit plus ou moins d’un style dit « value ».
Parfois, je trouve les bonnes entreprises, mais pas toujours. Mais ce n’est pas grave, je me raccroche alors au temps long pour espérer rentabiliser mon investissement. J’essaie néanmoins de construire un portefeuille diversifié autour de 20/25 lignes afin de réduire les risques.
C’est cet exercice d’investissement à très long terme que je partage avec vous dans le portefeuille de gestion pilotée – 100% actions – titres vifs. J’ai ouvert un petit portefeuille actions dans lequel j’investis 500 € / mois dans des actions avec cette philosophie d’investissement.
À court terme, les performances de ce portefeuille sont médiocres comparativement aux excellentes performances du portefeuille ETF.
Une contreperformance normale et attendue. Investir à long terme dans le capital des entreprises ; Chercher à investir dans des entreprises qui ne seraient pas à la mode ne peut pas être plus performant qu’investir dans un indice à court terme. C’est impossible.
L’indice est porté par la mode. Il est porté par des entreprises dont le cours de bourse atteint des sommets, par des entreprises en pleine réussite dont le cours de bourse reflète naturellement cette réussite.
Mon portefeuille de gestion pilotée est au contraire composé d’entreprises qui ne sont pas à la mode, d’entreprises dépréciées par la bourse, car jugée comme ayant un modèle économique mal adapté à court terme (mais dont je juge la situation temporaire et en voie d’amélioration à long terme).
La performance du portefeuille de gestion pilotée ne peut donc pas suivre les performances de l’indice à court terme. C’est IMPOSSIBLE.
Je gère mon portefeuille personnel de cette manière depuis bientôt 22 ans. 22 ans que j’ai l’impression de me prendre des « tôles » à court terme. Pourtant, avec le recul, je m’aperçois que les performances sont au rendez-vous, car les modes changent 😉
L’investisseur qui aura les yeux fixés sur les performances de l’indice, celui qui ne cessera pas de comparer les performances de son portefeuille avec l’indice, pourrait ne pas comprendre l’intérêt de l’investissement en titres vifs.
Je le comprends. Il peut paraître totalement idiot de se casser la tête à investir dans des entreprises, avoir l’impression de se tromper en permanence, alors même que l’indice, lui, afficherait des performances incroyables.
Pourquoi s’embêter à sélectionner des entreprises alors même que les performances de l’indice (et donc de l’ETF) sont meilleures à court terme ?
Deux réponses :
- 1 – Ce n’est pas le court terme qui importe, c’est le long terme ;
- 2- Investir en actions n’est pas une question de performance, c’est une question de gestion du stress face à la volatilité. Lorsque vous connaissez précisément la composition des entreprises de votre portefeuille, la gestion de ce stress paraît plus aisée ; Il est alors plus facile de gérer son portefeuille dans le temps.
- 3- J’aime ça 😉 Et je sais qu’à long terme, mes décisions d’investissement seront rentabilisées même si à court terme, ce n’est pas facile d’encaisser la volatilité et le stress qui va avec.
- 4- Je crois que gestion indicielle et gestion en directe sont en réalité complémentaires.
À suivre.