Trois sujets retiennent aujourd’hui notre attention dans cette ambiance estivale, (d’autant plus estivale que nous venons d’apprendre que les journalistes détenus étaient enfin libérés !).

Tout d’abord l’impact de la Grèce, ensuite un point sur la situation de la Chine avec un focus sur l’inflation, et enfin nous essaierons de répondre à une question difficile, faut-il investir dans les banques ?
A priori, le parlement grec aurait adopté les mesures d’austérité avec la même majorité que la fois dernière, 155 sur 300. Depuis deux jours, le marché a joué cette anticipation, c’était tentant, mais risqué ! Nous rappelons encore une fois notre sentiment sur cette question, il est impossible que l’Europe abandonne la Grèce car il en va de sa crédibilité internationale et le risque systémique (ou de contagion) est beaucoup trop important pour l’ensemble de la zone. Maintenant, tout n’est pas réglé et le coût global va être assez élevé pour l’Europe, mais cette dernière a effectivement la possibilité, et la proposition française va dans ce sens, d’ « acheter du temps » et de reporter non pas aux calendes grecques (expression qui trouve ici tout son sens !), mais autour de 30 ans le remboursement des dettes. Ceci s’apparente à une sorte de dilution générationnelle. Un pas vient d’être effectué, mais gardons notre sang froid, il n’est que réglementaire et montre l’acceptation des politiques, mais il faudra s’attaquer aux modalités pratiques de ce remboursement.

 

La situation des pays émergents et en particulier de la Chine continue de faire débat, notamment dans sa problématique croissance, inflation et évolution des taux d’intérêt. L’indice chinois des prix à la consommation (IPC) accélère depuis le milieu de l’année 2010 sous l’effet d’une inflation soutenue des produits alimentaires, imputable à la conjonction de plusieurs facteurs : une hausse des coûts de production, (salaires, importations), l’urbanisation (qui menace les surfaces cultivables), les dysfonctionnements des canaux d’approvisionnements (qui, dans le contexte monétaire actuel, favorisent la spéculation) et la politique de rattrapage des revenus ruraux. Certains de ces facteurs restent conjoncturels et expliquent que les pressions inflationnistes ne soient pas généralisées, y compris parmi les biens agricoles. L’expansion rapide de l’économie entraîne une dépendance accrue aux importations pour certaines matières premières notamment énergétiques qui elle-même contribue à l’alignement de certains prix chinois avec les prix mondiaux. Il est de plus en plus difficile pour le gouvernement de lutter contre ce phénomène au moyen des subventions. Par ailleurs, du fait du vieillissement de la population, la part de la population active stagne et commencera à diminuer dans quelques années, ce qui va durablement exercer des pressions à la hausse sur les salaires. Enfin, et surtout, la politique monétaire chinoise demeure très expansionniste, nonobstant les annonces de durcissement de ces derniers mois. Cette politique monétaire est prisonnière du régime de change qui génère mécaniquement et en continu un volume important de liquidités. Les autorités se livrent à toujours plus de contorsions pour les stériliser et l’absence de canaux de transmissions monétaires efficaces contraint depuis plusieurs années la banque centrale à agir directement sur l’offre de crédit via des mesures administratives. Mais celles-ci semblent de moins en moins suivies par les banques. La problématique de l’inflation en Chine va au-delà des phénomènes d’appréciation réelle que connaissent traditionnellement les économies émergentes.

Elle semble surtout la conséquence d’un modèle de croissance reposant sur l’hypertrophie de l’investissement (notamment public) et financé par le crédit bancaire. Cette situation s’est aggravée avec la politique de relance de 2008-2010. La conjonction d’un niveau de liquidités excessif et du sous-développement des marchés financiers chinois favorise la spéculation sur les actifs tels que l’immobilier ou les matières premières, qui alimentent la hausse des autres prix. Or tant que la croissance du PIB demeure le principal critère de performance de l’Etat (c’est encore le cas dans le 12e plan quinquennal), l’investissement public et donc le crédit resteront les moteurs de cette croissance. Dès lors, le risque inflationniste en Chine sera de plus en plus élevé, a fortiori si le régime de change ne gagne pas en flexibilité. Ceci nous conduit à rester tojours assez méfiants sur cette zone géographique que nous jugeons toujours à risques.

 

Un mot pour terminer sur les banques, la plupart des éléments de valorisation plaide pour une revalorisation de ce secteur. Toutefois, les régulateurs des banques vont exiger qu’elles détiennent davantage de capital. Ceci pourrait conduire les banques à un choix délicat, celui d’augmenter leur prise de risque afin d’éviter la baisse du rendement du capital. En revanche, il est clair que cette recapitalisation va réduire considérablement le risque de défaut des banques, sauf crise grave. Enfin, les nouvelles à venir sur juillet devraient être plutôt positives, le 3 juillet, ce sera la dernière tranche du plan de sauvetage de la Grèce, puis l’Ecofin meeting le 11/12 juillet, la réunion des ministres des finances le 16, le lancement du processus en juillet des privatisations des caisses d’épargne espagnoles. Ce secteur hautement volatil et un peu déllaissé en ce moment pourrait alors redevenir attractif. Mais à consommer avec modération ….. .

Besoin d'un conseil ? Découvrez nos services :
Conseil & services 
Bilan patrimonial
Abonnement patrimonial
Formation
Au service de vos projets de vie 
MonImmoLocatif.fr
MonPatrimoine.io
IA Patrimoniale